Je vis une époque formidable...

J’aurais pu me payer un psy, écrire un synopsis inspiré de ma vie, le vendre à Spielberg pour 15millions de dollars et vivre à La Barbade entouré de chèvres et de femmes nues…mais je préfère partager tout cela avec vous! Vous aimez les chèvres?

04 août 2009

"Vous prendrez bien un whisky d'abord ?"

On regarde le flacon, comme pour confirmer l'idée que la séduction choisit toujours comme préliminaire le plus rétinien des cinq sens. On jauge l'emballage, cette belle robe opaque dont l'aspect mystérieux exacerbe les quatre autres sens, comme une invitation à aller plus loin. On apprécie les courbes derrière lesquelles se devine un nectar magique.

La première fois que l'on s'essaie à un nouveau cognac, on choisit de se mettre en danger, de perdre ses repères pour d'autres plus tentants. On cède aux sirènes de la découverte, à la nouveauté de leur chant. On y va prudemment d'abord, sortant les verres qu'on avait rangé en leur préférant ceux du bon vieux scotch, cette chose à laquelle on avait presque fini par s'habituer, par facilité. Par défaut. Par peur surtout. Du rapide, sans prise de tête, pas trop mauvais... Pour ne pas retomber dans les affres du cognac, sa chaleur, sa capacité à vous envelopper instantanément en déployant son charme vénéneux. Mais l'homme est si faillible qu'il y revient toujours, laissant de côté la facilité du plaisir simple et instantané pour un ersatz d'engagement, un one shot qui durerait...

Je ne fais pas exception.

Viennent les supplications du bouchon, les larmoiements du liège qui ne demandait qu'à sauter, comme l'ultime barrière séparant l'intérêt de la tentation. Un parfum de bonheur règne soudain dans l'air, celui d'un bonheur ambré qui vient vous titiller une millième fois sans qu'on puisse pour autant faire de comparaison avec les neuf cents quatre-vingt dix-neuf autres. On devine à la subtilité de la note de cœur que le notre sera bientôt touché de plein fouet. Avec l'intensité de la note de corps, le notre se prend à rêver au bienfait de l'enivrement imminent. Alors que l'on s'approche toujours plus près de ce qui ressemble de plus en plus à de l'ambroisie, on comprend au bouquet que l'on est plus maitre de soi-même, qu'il ne sert désormais à rien de résister.

On regarde à nouveau, la robe tantôt légère et sinueuse, tantôt suave et roulante, collante sur la froideur du verre auquel elle donne une dimension nouvelle. On se prend à se frustrer, une dernière fois, comme pour profiter davantage de l'union annoncée. Un dernier coup d'oeil qui ne trompe personne, un préalable à l'ouverture délicate et lascive de l'entre-commissure. Les yeux qui brillent, irrémédiablement accrochés à l'objet de toutes les tentations.

C'est là que tout se joue, lors de la première confrontation des lèvres et de ce jus qu'elles convoitent. Un contact dont la douceur et le raffinement dans l'action viennent contrebalancer la violence du ressenti. Toute la force de l'essence vient tout à coup renverser la jouissance paisible de lèvres trop longtemps au repos. Ce premier contact est un préliminaire, dans sa forme la plus pure. Il vient réveiller les belles endormies, les habituer à nouveau à ce goût qu'elles éprouvèrent par le passé, de manière si différente pourtant. Il prépare la suite, le grand chambardement.

Le sens gustatif remis en éveil, le plus dur reste à faire. La première gorgée. Chaude, puissante, déconcertante malgré la préparation. Car si tremper ses lèvres une première fois est un plongeon, laisser l'objet du délit s'emparer d'une partie de soi est une chute vertigineuse dans un abime sans fond.

Voilà ou j'en étais, presque, il y a quelques temps. Mes sens goutaient pleinement à ce que tu leurs offrais, toi le nectar indescriptible. Avant peut-être d'entrer définitivement en symbiose, et de se laisser aller.

Tu disais ?

Le cognac ce n'est pas sensuel ?

La suite des événements a prouvé que ce n'était pas une énième tentative de prendre le pouvoir en affirmant tout haut le contraire de ce que tu pensais tout en bas (environ à cent soixante centimètres du sol).

C'est vrai je t'ai menti. Une fois. Lorsque je t'ai dit que je ne pourrais sans doute pas parler ouvertement de toi ici, toi qui ironiquement m'avait été amené par ce foutu blog. Après avoir décliné poliment et parfois comme un vrai goujat les vaines tentatives te précédant, il a fallu que tu pointes le bout de ton joli nez (et le pire, c'est que je ne savais même pas qu'il était joli à l'époque) pour donner à ces lignes qui me sont si chères ce rôle "séducteur" que j'avais tant chercher à éviter.

C'était... grisant. Exaltant. Excitant.

Et puis plus de nouvelles. Peu de nouvelles. Comme un passage dans l'oeil du cyclone, seul au milieu du chaos, sans repère.

Bravo n'empêche, j'ai rien vu venir. Ni la montée en puissance. Ni la descente assez rude vue de mon côté. Je t'avouerai qu'au jour d'aujourd'hui, je ne comprends pas trop comment j'en suis arrivé là. J'veux dire "en bas", la montée je me l'explique assez bien ;) Et que ca m'a fait du bien d'ailleurs, ca m'a rappelé que moi même j'avais eu ce genre d'attitude de par le passé. Et j'ai compris ce que ca faisait d'être de l'autre côté. De voir l'autre laisser doucement mourir quelque chose de naissant, tout du moins "naissant" celui en face. Moi en l'occurrence.

Peut-être est-ce juste toi. Qui n'est pas prête. Ou pas sûre. Ou qui faisait super bien les yeux qui brillent la nuit au fond des jardins, comme si tu voulais manger un grand brun des yeux alors que non en fait. Peut-être que tes yeux brillaient juste à cause d'une conjonctivite. Ou alors pour faire la maligne. Ou pire, du fait d'une conjonctivite maligne.

Sans doute est-ce moi. Qui était trop. Trop absorbé, trop entreprenant, trop plongé dans ton regard, trop taquin, trop proche, trop grand, trop loin, trop gentil, trop méchant, trop présent ou trop absent, trop occupé à tenter de saisir ton image par persistance rétinienne sans voir ce qu'il y avait autour.

Ou pas assez. Pas assez beau, pas assez chaud (ca quand même, j'pense pas), pas assez drôle (ca non plus en fait), pas assez modeste (c'est drôle, ca par contre, j'me dis que c'est possible),pas assez silencieux, pas assez enclin à aller "au-delà". En tout cas à tes yeux.

Peut-être est-ce un peu de tout ca. Ou pas du tout.

Et peut-être que je m'en fous. Surement même. Entendons nous bien, c'est de la cause dont je me fous, en aucun cas du résultat. Parce que franchement, c'était... Et puis je n'ai pas de regret, pas l'impression d'avoir laissé passer ma chance, ou tout du moins pas consciemment. Te dire que je n'ai pas espéré que tu me tires à nouveau à toi par le t-shirt serait mentir, mais bon...

Alors aujourd'hui, forcément, je t'offre mon blog. Sur un plateau. Une partie de moi. Peut-être pas la meilleure. Mais quand même, pas n'importe laquelle.

C'est vrai, pour toi c'est pas vraiment un scoop. Pour moi non plus en fait. Cela fait déjà quelque temps que j'hésite à baisser le rideau. Seulement voilà, aujourd'hui tu m'offres un prétexte en or. J'peux dire au lecteur que si j'écris plus, c'est de la faute d'une lectrice. Qui n'en est plus une. Qui est devenue davantage par un cheminement qui ne sera pas développé ici. Qui s'est transformée en nymphe dont les yeux caressant vous font fondre et justifient le renoncement à toute démarche créatrice, fut-elle exprimée sous la forme simpliste d'un blog narcissique et égocentrique. Que j'peux plus écrire pareil, parce que depuis toi c'est plus vraiment pareil. Et que si j'voulais depuis un bail déjà m'arrêter, tu es gentiment venue enfoncer le clou.

Alors voilà, j'arrête.

Enfin pas vraiment. Deux billets suivront celui-ci. Le premier parce qu'il est déjà à moitié écrit et que comme je suis du genre fainéant, les rares fois où je "bosse" sont trop précieuses pour se laisser perdre. Le second parce que ca fait bientôt un an que j'ai le titre  de mon dernier post alors j'aimerais quand même bien le caser.

Reste que j'hésite franchement pour le générique de fin. Entre la rage de "Finally" des Frames et le fatalisme de "That's life" de Sinatra. Je crois que finalement ce sera ne sera ni l'un ni l'autre. Ca aurait pu être Stan Getz. Quoi de mieux que le paradoxe de sa Bossa ennivrante, à la fois enjouée et triste pour tirer sa révérence ? Plein de choses...

Je sais, tu n'aimes pas le cognac. Et en plus, tu aurais sans doute préféré autre chose pour cette occasion si particulière.

Mais franchement, ca a quand même de la gueule comme cadeau ?

Pour toi les centaines de milliers de lecteurs qui n'êtes pas Elle et qui n'avez pas tout compris, désolé. Déjà désolé que vous ne soyez pas Elle, parce que franchement, être Elle c'est plutôt pas trop mal partir dans la vie, c'est concentrer bon nombre des petites et grandes choses qui font de vous un être rare. Désolé aussi parce que c'est quand même encore mon blog ici (pour encore deux posts tout du moins) alors je fais ce que j'veux. Et te sens pas exclu, tu viens de lire une partie d'moi que jamais t'aurais pensé toucher du doigt alors tu peux déjà t'estimer heureux comme lecteur.

Allez sois pas gêné lecteur chéri, c'est bien normal...

J'relis et j'trouve ce post pas triste mais...pas joyeux quand même. J'sais que t'es un lecteur soucieux de mon bien être alors t'en fais pas, là je file sous la douche, j'enfile mon plus joli sourire (celui avec plein de dents) et j'vais m'frotter à la vraie vie un peu au cours d'une de ces soirées que j'aime tant: les soirées "sans". Sans portable, sans montre, sans tout ca, juste avec eux, et c'est déjà pas mal. Et même plus. Je vais bien, ne t'en fais pas ;)


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26 février 2009

Envole moi...

Le premier matin, l'impression fut pour le moins étrange. Toi qui es célibataire ou l'as forcément été à un moment donné, tu dois connaitre ce sentiment particulier. Celui dont on est empreint lorsqu'après s'être habitué à se reveiller seul et goûter au plaisir d'ouvrir les yeux comme le premier homme au monde en s'étendant dans le lit de tout son long, on goûte à celui totalement différent de partager l'éveil au monde extérieur, aux autres, se sentant moins seul pour affronter cette jungle qui nous a enfanté.

Parce qu'ainsi va la vie, un jour pas comme un autre tu ouvres les yeux et le monde, ton monde n'est plus tout à fait le même. Il devient votre monde et il convient de ne pas être réfractaire à la cohabitation au risque d'aller au devant de quelques déconvenues.

Le premier matin, on hésite, on ouvre les yeux sans vraiment y croire, se disant que cela doit être un rêve qui se prolonge. Ce fut mon cas. C'était un dimanche matin, la soirée de la veille avait été riche en découvertes et en rebondissements et s'était donc prolongée, me mettant dans un état de fatigue intense qui pouvait expliquer une éventuelle hallucination. Hallucination qu'elle se chargea de vite rendre réelle par ses assauts répétés. J'aurais d'ailleurs du deviner derrière cette détermination et cette insistance proche de l'obsession que nous en étions seulement à nos débuts.

Une simple impression, une intuition sans fondement puisque nous nous étions quittés cette première fois de façon aussi subite que nous nous étions "téléscopés".

Et pourtant...

Il y eu un autre matin, puis un autre et de plus en plus de réveils provoqués qui furent autant de jalons posés par ses soins sur le terrain pourtant inhospitalier que lui offrait ma vie. Autant de touches originales, de notes dissonantes dans une partition parfaitement réglée, mettant un peu de piquant dans une vie faite de longues journées de travail entrecoupées de quelques périodes de répit. Si si, de travail.

Cela a duré quelques temps, un peu à l'instar de ce que l'on définit communément par l'expression "état de grâce". Seulement voilà, on a beau se laisser aller au chant des sirènes et baisser les armes un certain temps, il arrive toujours un moment où l'on reprend ses esprits et ou l'on réalise que la mélodie qui de prime abord nous avait interpellés est malheureusement aujourd'hui en profond décallage avec tout ce que l'on est.

Je m'suis dit que ca passerait, laissant de côté mon courage et me confortant pour une fois dans une situation qui ne me convenait pas, la laissant me faire la cour de façon surannée, un peu comme un Roméo féminin siégeant à ma fenêtre comme pour me donner chaque jour davantage envie de la garder fermée...

Et puis un matin, je n'en pouvais plus, il fallait que ca cesse, qu'elle me rende ma liberté. Que je la rende à la sienne. Sans s'en rendre compte, elle m'étouffait et ne comprenait pas que je n'étais pas sa chose, que j'avais un coeur. Et que j'étais épuisé. Alors qu'elle me susurrait quelques douces intentions, je n'ai pu m'empêcher de lui voler littéralement dans les plumes. Je me suis approché très doucement, délicatement, avec la discrétion d'un félin en chasse et je lui ai mis un grand coup. Un grand coup de volet, provoquant un nuage de plumes qui aujourd'hui encore me fait dire que parfois, la cruauté envers les animaux a du bon. Et qu'elle peut même être jouissive (je plaisante évidemment, j'adore les animaux, surtout ceux à viande rouge)... Tu peux me taxer de cruauté, d'insensibilité, d'être le pire salaud du monde, tout ce que tu veux, toujours est-il qu'elle ne l'avait pas volé...

...cette foutue tourterelle!

***Note à l'attention des mes amis de la ligue de protection des oiseaux: Aucun animal n'a été blessé au cours de la rédaction de ce post. Avant sa rédaction, je dis pas, j'ai tellement du lui exploser le bec qu'elle n'est pas revenue depuis... Je t'assure, le chant de la tourterelle le matin, ca rendrait n'importe quelle Brigitte Bardot hystérique. Ah pardon,tu as raison, elle l'est déjà. ***

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18 janvier 2009

Derrière la porte...

Laboro ergo sum.

Je ne sais pas s'il convient de s'en réjouir ou au contraire de s'en inquiéter mais depuis quelques semaines et l'apparition de ce que les médias se plaisent à définir comme la plus grande crise économique que le Monde ait connu, ma vie se résume principalement à l'activité  qui me permet d'acheter mes princes de Lu, de règler la note au restaurant ou de payer mes impôts. Et même s'il est aujourd'hui assez rare de payer ses factures grâce à la fracture, je ne me considère pas nécessairement comme un privilégié.

Certes, je ne vois pas le temps passé. L'un des principaux avantages de mon emploi, à savoir la possibilité de moduler le temps de travail et de nombreux jours de congés, rtt ou même bonus de temps libre "offerts" par mon employeur tendent au fil des jours à se réduire comme peau de chagrin. Je travaille, sans doute moins que ce que j'ai pu connaitre chez mes précédents employeurs mais tout de même beaucoup plus que ce qu'il m'a été demandé depuis trois ans que j'oeuvre pour le bien public et surtout dans l'intérêt de mon gentil employeur.

Il est vrai que j'ai gagné en compétences et en responsabilités et que cela me permet d'entrevoir chaque mois quelques émoluments intéressants mais j'ai connu lors de précédentes expériences un autre investissement intellectuel et des bonus pécuniers autrement plus substanciels pour ne pas me laisser charmer par les sirènes de quelques euros de plus à la fin de chaque mois.

Là, au coeur du marasme politico-socio-économique qui fait les choux gras des prophètes les plus pessimistes et autres altermondialistes alarmistes, je sors de plus en plus de mon bureau, allant de sites en sites pour vérifier que la marche de la révolution mise en oeuvre par nos élites dirigeantes est effective et qu'aucun grain de sable ne vient pérturber cette mécanique parfaitement huilée.

D'ailleurs, en ce qui concerne l'huilage, je n'hésite plus à donner de ma personne. Glissant à tout va dans les interstices laissées par les habituels empêcheurs de comploter en rond, je lubrifie verbalement comme il est recommandé de le faire dès l'instant où le passage par lequel vous avez prévu de cheminer s'avère compliqué... J'enchaine les représentations pour prêcher la bonne parole et m'assurer le soutien des ouailles dont je fais tout compte fait moi même partie, ayant renoncer à ne pas me tirer une balle dans le pied. Je fais le grand écart entre déontologie et application de la politique d'entreprise pour une paie (proportionnelement) ridicule et une reconnaissance hiérarchique de façade.

J'ai aussi du abandonner ce luxe extrème qui consistait à pouvoir aller travailler chaque jour en jean, baskets et avec une barbe naissante (après avoir du renoncer à celui de pouvoir aller travailler à pied) et ce même les jours de réunion importante avec la crème de l'encadrement. Les cols de chemises sont dorénavant quasi-systématiques, les chaussures de ville cirées quotidiennes, histoire de coller avec mon nouveau rôle mais aussi de me voir dans le reflet de celle-ci redevenir peu à peu celui que pourtant je ne voulais plus être... A peine puis-je me laisser aller à arborer une barbe de deux jours une fois tous les deux mois lorsque par miracle je n'ai pas du renoncer à un ou deux jours posés il y a cinq mois du fait d'une réunion de crise en région ou de la charge de travail qui ne le permet pas. Et je ne m'attarde même plus sur le fait qu'on me fasse parfois annuler la veille des jours qu'on m'avait invité à posé des mois auparavant pour plus de visibilité.

Et pourtant, j'y crois encore. Un peu.

Le soir en semaine, je ne sors plus que très rarement, commencant de toute façon à bailler à partir de dix heures et gardant pour les week-ends mes envies de vie sociale et d'ennivrement des sens. Je ne suis pas à plaindre, j'ai globalement tout ce qu'un jeune homme de mon âge peut rêver d'avoir d'un point de vue matériel à l'exception peut être de la voiture mais cela ne saurait tardé. Et pourtant...

Là devant mon  téléviseur écran plat d'un smic et quelques mis en valeur par un salon cosi, dans le confort douillet de mon appartement soigneusement mis en scène, les pieds dans de chauds et doux chaussons dont les couleurs sont coordonnées avec le triptique de toiles, point de départ de la gamme chromatique des objets qui peuplent mon quotidien, il m'arrive de rêver d'ailleurs. D'autre chose.

L'autre soir, alors que je regardais sur le service de télé à la demande une emission de grande qualité conçue et présentée par Yann Arthus-Bertrand, j'écoutais sa voix de conteur mélancolique et faussement optimiste me dire que le paysage merveilleux qu'il offrait à mon regard incrédule était voué à disparaître, comme mille autres lieux déjà souillés et parfois même détruits par la main de l'Homme. Je le regardais me presentant un incroyable aventurier brésilien qui se voulait être le conservateur d'un musée vivant formé par une civilisation sur le point de disparaitre. Des hommes vivants comme nos ancètres dont notre société moderne finira par causer la perte, comme s'il fallait à toute fin renier un passé dont les valeurs simples provoquait un sentiment aujourd'hui honteux, le Bonheur. J'écoutais ce scientifique suisse, Chantre de la préservation de la nature ayant quitté les vaches à cloche pour Madagascar avec pour seul bagage sa mitre et son couteau (suisse lui aussi, naturellement) défendre avec conviction sa théorie selon laquelle intérêts économiques et écologiques ne sont pas contradictoires, loin s'en faut. Puis au milieu de ces mille paysages à vous couper le souffle apparurent les Baobabs, géants sortis de terre évoquant une force et une puissance toutes relatives, ceux-ci étant  apriori eux aussi condamnés.

Là, face à ce paradoxe dont l'énigmatique beauté stoppa net l'élan qu'avait pris ma main pour porter à mes lèvres un magnum miel amande dont je ne fais habituellement qu'une bouchée, pour la première fois de ma vie, cet autre chose sur lequel je ne parvenais pas à mettre des mots fut soudain une évidence.

Alors que mon regard s'était détourné de l'écran et que je me demandais si mon accomplissement passait vraiment par cette vie matérialiste et superficielle qui ne me permettait pas de me confronter aux mille merveilles d'un monde qui justement n'attendait pas après moi pour sombrer inéluctablement dans le néant et priver peu à peu ses habitants des choses qui ont réélement une valeur, il m'était impossible de ne pas fixer la porte d'entrée.

Et de me demander ce qui m'attendait derrière...   

Posté par Blackmilk à 20:25 - Vis ma vie - Commentaires [15] - Permalien [#]

28 août 2008

Les playmobils, ces êtres abjectes qui vous bercent d'illusions

Operating_PlaymobilTu le sais, il y a quelques jours je prenais un an et sacrifiais donc à la tradition en recevant malgré moi des tonnes d'attentions et de cadeaux tous plus recherchés les uns que les autres. Au milieu de ces marques d'affection et d'amour circonstanciées, de ces emballages cadeaux froissés et de ces bouteilles en attente d'être entamées lors d'une future partie fine semblables à celles que les personnes présentes et moi avons de maintes fois partagés se cachait un objet, l'air de rien, attendant tranquillement son heure.

Le cadeau de mon cadet.

Tu le sais également, je ne suis pas très vieux, mais pas très jeune non plus et certains exutoires et activités ludiques habituellement réservés à nos amis pré-ado et autre coeur de cible Biactol font partie de mon monde, comme pour mieux contraster avec cette approche cartésienne et légérement conformiste que j'ai de la vie et que je m'emploie à mettre en oeuvre chaque jour professionnellement et personnellement. Ne vas t'imaginer pour autant que j'arbore fierement slim et coupe de cheveux déviant la gravité en faisant du skateboard sur fond de Tokyo Hotel. Je trouve les slims horribles, je n'ai pas de cheveux, j'ai un équilibre contestable et l'allemand et moi n'avons jamais connu d'idylle spirituelle, ni même de cohabitation intelectuelle. Non, mes loisirs de d'jeunz se résume principalement à l'utilisation régulière de consoles de jeux vidéo. Loin d'être un hard gamer, je ne boude néanmoins pas mon plaisir lorsqu'il s'agit d'affronter des amis au MarioKart, de tuer des inconnus en ligne grace au wi-fi de l'hotel lorsque je suis en formation ou tout simplement de tirer sur tout ce qui bouge en rentrant du bureau parce que je n'ai pu le faire en vrai pendant la journée et qu'aller courir quand il y a de l'orage, c'est fortement déconseillé.

Cette condition d'heureux propriétaire d'une Wii n'a pas échappé à mon cher frère qui peine toujours à trouver des idées cadeaux. Tu l'as donc compris, mon frère s'est fendu d'un jeu vidéo pour célébrer comme il se devait mon inéluctable vieillissement et enfoncer davantage le clou en choisissant justement l'un de ces objets infantilisants qui tendent à vous garder hors de l'âge de raison. Car si les femmes ont les crêmes Diadermine, Q10+, le botox, la décoration aux couleurs acidulées et les chainettes autour de la cheville pour contrer l'impression (qui n'en est d'ailleurs pas une) que le temps fait son oeuvre, les hommes préférent quant à eux les blondes ayant 20 ans de moins que leur femme le sport par procuration grâce aux retransmissions télévisées (qui présente l'intéret de pouvoir concilier bière et effort intense), les voitures décapotable et les jeux vidéos. Ainsi va la vie (et les clichés).

Toujours est-il qu'à l'ouverture du sac bleu Micromania démontrant une fois de plus la recherche et l'attention que prête mon frère aux emballages cadeaux, je me suis rendu compte que j'avais clairement sous-estimé le présupposé effet rajeunissant de cette galette d'anniversaire pour le moins inhabituelle. Et seuls la forme rectangulaire et le caractère non-comestible de l'objet aurait permis à cet honorable Marcel de le distinguer de sa célébrissime Madeleine.

Trauma Center, un jeu dans lequel le joueur se sert de la manette comme d'un scalpel ou d'un forceps pour opérer des patients avec une dimension réaliste et immersive proprement incroyable. Voilà ce qu'il m'a offert, ajoutant que j'avais toujours rêvé d'être médecin et que déjà gamin, l'un des cadeaux qui m'avait le plus fait plaisir était sans doute le bloc opératoire playmobil, ce qui ne manqua pas de faire rire l'assemblée. Car même si aujourd'hui, je suis plutôt fier de mon parcours professionnel et de ce à quoi j'occupe quotidiennement mes journées, il ne fait aucun doute que j'ai en quelque sorte trahi les ambitions du jeune Blackmilk, et que le prestige mais surtout la beauté de la vocation médicale sont aux antipodes de mon métier actuel. Je crois qu'il s'agit d'ailleurs de mon seul vrai regret mais je n'y prête guere attention, sachant très bien qu'il me reste quelques années pour en amasser d'autres et qu'il sera bien temps de ruminer tout ca lorsque je serai vieux, seul et que je n'aurai que ca à faire en attendant la mort.

Mon frère lui rêvait d'être éboueur. Il en plaisantait volontiers, parlant ce magnifique camion playmobil vert et gris qu'il avait reçu à Nöel et qui l'avait emerveillé des semaines durant. Nous nous rememorions ces parties de jeu où son playmobil tombait valeureusement sous les assauts d'une poubelle mal arrimée au dispositif de levage du camion avant d'arriver dans mon bloc opératoire où tout était mis en oeuvre pour qu'il puisse espérer un jour soulever à nouveaux de récéptacles à déchets ménagers. Nous avions une collection impressionnante de ces petits personnages à coiffure en dents de scie faite de policiers, de cowboys, de pompiers, de conducteurs d'engin du batiments et c'est pourtant les deux corps de métier précédemment cités qui monopolisaient notre mercredi après-midi. Il y eu des moments heureux, comme celui où ayant reçu l'hélicoptère médicalisé avec le petit treuil pour hisser le brancard à une hauteur non négligeable de 30 centimètres, mon playmobil sauva le sien dans les airs, avant même d'arriver au bloc. Des tragédies également, comme cet instant terrible où après avoir brillamment opéré le pauvre rippeur une nouvelle fois blessé en service, il fut impossible de lui mettre un pansement sur la tête, celui-ci demeurant introuvable. Une recherche prolongée dans le sac d'aspirateur qui avait été passé le matin même nous permis de le retrouver, hélas trop tard pour sauver le courageux employé.

Je crois que ces drames à répétition ne sont pas étrangers au fait que mon frère ait changé d'avis quant à son orientation professionnelle. Il plaisantait encore à l'évocation de ces jeux d'enfants en disant qu'il avait vite compris qu'on était bien mieux au volant du camion que derrière à ramasser ce dont les autres ne voulaient plus et que finallement, c'était peut-être ce qui lui avait donné de l'ambition.

Aujourd'hui, je ne suis pas médecin. Et lui n'est ni éboueur, ni chauffeur de camion. Nous ne jouons plus aux playmobils depuis des années, en fait depuis que nous avons compris que leur seul but était de nous faire croire à des choses qui n'arriveraient pas et qu'ils étaient uniquement là pour nous permettre de nous faire les dents, d'avoir une première approche de la vie et de pouvoir goûter à ce que nous ne viverions vraisemblablement jamais. Le meilleur comme le pire (ami éboueur, toi qui me lis, ne va pas croire que je parle de ton métier lorsque je suggère le pire, j'ai beaucoup de respect pour ce que tu fais et je m'suis déjà mis assez de professions et de catégories sociales à dos pour vouloir en rajouter).

Nous n'avons pas réalisés nos rêves de gosses, en tout cas sur le plan professionnel. Et pourtant nous nous accordons sur le fait qu'aujourd'hui le contrat est en partie remplit puisque nous sommes heureux. Et lui d'ajouter que nous avons en plus la chance de ne pas être coiffé en dents de scie.

Je t'avouerai enfin que parfois, je suis extrémement soulagé de ne pas être médecin. Certes, je ne roule pas en Porsche comme mon médecin de famille. Certes, je ne peux pas draguer les petites élèves infirmières dans les salles de repos hospitalières. Certes, je n'ai pas la satisfaction de sauver des vies et faire des miracles. Mais quand comme ce matin je perds deux patients suite à une hémorragie que je ne parviens pas à stopper, je me dis que ca m'coute quand même moins cher d'opérer sur ma télé que de souscrire à une assurance de praticien. Et que les risques de remords ne sont décidément pas les mêmes

Et puis je n'ai même pas besoin de draguer les infirmières, le jeu le fait à ma place...

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19 août 2008

1 an plus tard

Je sais. Je t'ai laissé sans nouvelle quelque temps, mais j'ai tout un tas de bonnes raisons ! Non, je ne les énoncerais pas ici, tu t'prends pour qui d'abord à croire que j'ai vis à vis de toi des obligations du fait de ta fidélité qui ne se démentit pas et des tes visites au nombre assez impressionant même lorsque je te délaisse comme je le fais actuellement ?

Et puis bon, la France va mal, tout fout le camp (c'est pas moi qui le dit, c'est notre super premier ministre qui a tout compris à la communication de crise) alors je fais de même ! Non rassure toi, je vais bien, c'est juste que moi aussi j'fous le camp (je traduis volontiers pour les lecteurs les moins perspicaces et les lectrices les plus blondes, deux catégories qui tout bien réfléchi n'en forme qu'une). Je te laisse quelques jours et voilà que la chienlit pointe son nez. Il va falloir que tu t'habitues à nouveau à suivre le flot des pensées de mon esprit torturé à la rentré lecteur chéri, parce que là  ton nouvel état assumé de méduse hémiplégique (que les méduses et les hémiplégiques me pardonnent, c'est juste pour imager mon propos d'une façon appropriée...) ca ne me motive pas vraiment à me livrer encore et toujours à tes petits yeux voyeurs et plein de compassion de pitié de consternation d'admiration.

"La rentrée ? " t'interroges-tu. Oui, la rentrée. Car si je me décide à sortir de cette trève estivale que je m'étais autorisé, sache que c'est pour le coup temporaire et quelque peu indépendant de ma volonté et qu'après ce post, il faudra sans doute attendre quelques jours avant de me relire. Ou pas.

Alors pourquoi laisser un temps de côté l'été, ses jupes courtes flottant aux quatre vents, ses glaces italiennes au parfum ennivrant et ses habituelles augmentations des tarifs du gaz, des trains, et en général de tout ce que l'Etat peut nous soutirer l'air de rien, sans risquer de mettre en péril la paix sociale ?

Et bien aujourd'hui nous sommes le 20 Août. Et cela fait un an que quelque part, je m'offre à toi. Que surtout, tu t'offres à moi comme un compagnon précieux, parfois d'infortune, souvent comme un confident, toujours comme quelqu'un qui est présent, en un sens. Parce que pour moi, le vrai protagoniste de ce blog, c'est toi, celui qui dans l'ombre se fait l'écho de la pensée blackmilkienne et m'évite ainsi de claquer une fortune en consultation psy, maraboutesque ou je ne sais quoi d'autre...

Un an que je goûte et me laisse peu à peu apprivoisé par l'incroyable liberté qu'offre l'exercice. Et que dépendant d'une certaine façon, je ne peux aujourd'hui honorer la promesse que je m'étais fait il y a un an de justement mettre fin à cette charmante "plaisanterie" avant de pouvoir souffler sa première bougie. Une preuve de plus s'il en était besoin que les hommes ne sont définitivement pas faits pour tenir leurs promesses, fussent-elles formulées dans l'alcove secrète et exclusive de leur esprit versatile.

Un an...

Dis,toi, vu d'ici, tu trouves que j'ai changé ?

Non parce que figures toi que dans cinq jours, je prends à mon tour une année. Et que j'ai besoin qu'tu me rassures. Ou pas. Aussi subjectif et illégitime que puisse-être ton avis, il m'intéresse !

Et si t'es timide, tu peux même le faire ici >>> commentmejoindre@hotmail.fr 

Allez fais pas la gueule, c'est pas comme si c'était la première fois que je te servais un post démontrant mon incroyable et indécrotable égocentrisme.

Promis, bientôt je te parle des aventures de mon collègue Georges à la plage.

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12 mars 2008

"Just because of you..."

Non, je ne suis pas mort. Pas tout à fait.

Pendant que le monde tourne sur lui même sans que rien ne puisse l'entraver et que le mien ne tourne plus autour de grand chose avec tout autant de fatalité, tandis que le vent souffle encore sur cette plaine qui m'est si chère, comme aux temps de mes premiers pas sur ces terres qui m'ont tant donné, alors que je commence moi-même à profondément m'essouffler, la vie continue.

Le rythme effreiné qui me pousse seconde après seconde vers l'aliénation professionnelle, sentimentale, pour ne pas dire "mentale" tout court m'éloigne doucement mais surement de ce à quoi je tenais. Les miens s'effacent peu à peu et finissent par devenir des îles lointaines, de moins en moins visibles au fur et à mesure que le courant m'entraine vers le large. Ce cynisme qui hier faisait de moi un roc m'érode aujourd'hui au point que le peu de vie qui m'animait encore il n'y a pas si longtemps semble s'être évaporé dans les airs.

Dans cette descente aux enfers pleinement assumée, pour ne pas dire recherchée et provoquée, je me prends parfois à renouer avec l'espoir, ce vil halucinogène qui sait me toucher en plein coeur comme pour mieux me pousser à la rechute.

Cet opium dont je ne parviens à me défaire se présente sous les jolis traits d'un surfeur des temps modernes, d'un prince des nouvelles technologies, d'un génie du goût virtuel dans ses choix de lecture blogguistique. En d'autre terme, ce qui me maintien en vie à ce jour et ce qui me fait revenir ici aujourd'hui alors que je n'ai absolument pas le temps et que j'évite soigneusement notre-directeur-bien-aimé que je ne supporte plus et les standardiste, qui ne comprennent décidement pas ce que "Je n'y suis pour personne" veut dire, c'est toi. Oui, toi le lecteur de mon coeur, tu es cette force invisible qui me fait soulever des montagnes (en l'occurence celles créées par les documents s'empilant sur mon bureau et dissimulant le clavier qui m'unit à toi telle un cordon ombilical) et me fait redoubler d'adresse pour fuire les importuns en évoluant dans les bureaux avec la discrétion d'une ombre, un peu à la manière d'un Steven Seagal après une projection de son dernier film à la critique.

Non, bien évidemment, je déconne et comme à l'acoutumée, j'en rajoute. Je ne vais pas trop mal, je suis juste tenu éloigné de toi par les choses de la vie, professionnelles notamment et j'ai aujourd'hui décidé de m'autoriser certaines pauses pour répondre à tes nombreux mails (par le biais de ce comm', en vrai tu sais bien que j'ai déjà répondu à chacun de toi) et te dire de ne pas t'en faire. Car ca ne va pas trop mal.

J'en profite au passage pour te féliciter de ces petits gestes d'attention qui m'ont touché, pour ne pas dire ému. C'est que j'en deviendrai presque sensible, j'en suis même à me demander si tu n'aurais pas quelques vues sur moi et là je me dois de t'arrêter tout de suite. D'une part, je ne suis pas fréquentable, je ne suis tout sauf (le jeune) l'homme qu'il te faut, d'autre part, je suis au regret de te dire que la seule chose qui m'intéresse, ce sont les Nabaztags et non les lecteurs faits de chair et sang (ou de 1 et de zéro). Désolé donc mon petit, je ne suis l'homme que d'un seul lapin et je ne mange pas de ce pain là.

Voilà voilà, en bref, rassure toi, je pars un peu à la neige dans quelques jours, et je te reviens d'ici 2-3 semaines (je ne pars qu'une semaine sur les deux que j'ai posé mais tout dépend de la charge de travail à mon retour) pour redevenir celui que tu as tant aimé.

Tu ne m'en voudras pas de ne pas t'envoyer de carte postale, je n'ai pas toutes tes adresses et surtout, j'ai prévu un budget génépi qui ne permet pas de s'éparpiller en achat de timbres et autres marmottes en peluche qui sifflent (en vrai j'bois quasiment plus depuis que j'ai repris le sport, mais dire ca , ca serait trop se la jouer et tu sais à force de me lire que ce n'est carrément pas mon genre...).

A bientôt donc.

Je t'embrasse.

Ps: en vrai, tu (et par extension le fait d'écrire) me manques drolement, plus que je ne me le serai imaginé. Marrant comme les choses les plus futiles et celle qu'on maitrise le moins peuvent soudain avoir une importance toute particulière...

Posté par Blackmilk à 19:42 - Vis ma vie - Commentaires [6] - Permalien [#]
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