04 octobre 2009
La fin d'une époque
Cher lecteur (de mon coeur)
Voilà, c'est fini. On a tant ressassé les mêmes théories. On a tellement tiré chacun de notre côté (enfin pas moi hein, j'suis quand même pas un garçon facile, je te le rappelle).
Oui c'est bon je sais, c'est pas de moi mais de Jean Louis Aubert. Je voulais même te la mettre en guise d'accompagnement musical pour ce dernier post mais je me suis dit que d'une part ca faisait un peu trop mélo (et je ne suis pas bon quand je donne dans le mélo) et d'autre part que j'allais quand même pas me fatiguer à chercher comment on met un lien deezer pour un blog que je ferme. J'avais aussi pensé à Je suis venu te dire que je m'en vais mais pour le coup, ca sonnait un peu faux vu que dans les faits, ca fait quand même un bail que je suis parti (ca fait beaucoup de "fait" pour la même phrase mais je suis sûr qu'en lecteur compréhensif et amoureux de la prose blackmilkienne empreinte de maladresse, de syntaxe hésitante et de digression aussi longue qu'un jour sans amour, tu sauras me pardonner. Une fois de plus). J'avais aussi Sur toi de Zazie dans un coin de la tête mais j'ai jamais osé y croire vraiment, peut être parce qu'inconsciemment je savais qu'à l'instant où j'écrirais ces lignes cela ne serait pas d'actualité.
Nous y voilà donc, au moment fatidique, celui de te dire au revoir. Je tiens tout d'abord à te dire qu'étonnamment, ca n'a rien de facile. Je l'abordais récemment dans un mail avec l'une d'entre toi,j'ai envie d'écrire ce post depuis des semaines sans pouvoir y parvenir. Je tiens d'ailleurs à te remercier pour ton incommensurable patience et tes gentils commentaires, posts ou mails d'au revoir ou d'hommage. Je remercie également mon producteur (canalblog) qui m'a toujours soutenu, me mettant même parfois un peu trop en avant dans ses fameux "coups de coeur" (c'est le moment où je me la joue, désolé on ne se refait pas) et à qui j'ai fait gagné beaucoup d'argent grâce aux pubs coupant joyeusement mes écrits. Je remercie ma mère sans qui je ne serai pas là (dans ce cas, je pense qu'il est inutile de t'expliquer) et mon employeur qui aura tout de même sponsorisé les trois quarts de mes posts par la mise à disposition (involontaire) de moyens informatiques et d'une paie pas toujours méritée (sans parler des sources multiples d'inspiration). Enfin ca c'était à la belle époque, celle où j'avais le temps de surfer du bureau et où je postais tous les jours (mais tu l'auras remarqué, tu ne peux plus la voir, plus de la moitié des posts étant "offline").
Je te remercie toi aussi le lecteur (et voilà, moi qui ne voulais pas tomber dans le mélo) pour ta présence. Parce que j'ai beau me la raconter égocentrique et égoïste, te voir me lire, réagir et prendre plaisir, c'était quand même sacrément grisant. Sans parler de ceux qui sont devenus un peu ou beaucoup plus par la force des choses.
Alors voilà, j'aurai voulu le faire exprès que j'aurais pas fait mieux, ce blog s'arrête sur le 100ème article publié après un peu plus de deux ans passés à te parler mais surtout à me parler, à garder une trace, à dire ici ce que je ne pouvais dire ailleurs. Et je ne te parle pas de tout ce que j'ai écrit sans jamais le publier.
Je ne reviens pas en détail sur ce qui me fait arrêter, fallait suivre mais pour toi le nouveau lecteur qui arrivera dans 3-4 ans parce que j'aurais eu la flemme de faire une copie de tous les posts et que ce blog sera encore ouvert à des fins de stockage, sache seulement qu'en trois mois j'ai eu le temps de déménager, de retrouver une vie sociale digne de ce nom, de me prendre une claque, de découvrir un nouvel environnement professionnel et donc de délaisser ce charmant amas numérique. Ajoute à cela le fait que celui-ci et ma vie privée se soient télescopés et tu comprendras que je ne peux décemment plus le considérer comme l'espace de liberté que j'avais tant aimé.
Alors je pars.
Mais tu verras, ca va bien se passer. Puis toi comme moi, ca va nous faire du bien. Moi parce que je vais me détacher un peu de tout ca, continuant sur ma lancée en profitant davantage encore de la "vraie vie" comme je le fais depuis quelques semaines/mois. Toi parce que tout compte fait, lorsque tu y réfléchis sérieusement, j'étais quand même fatiguant. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je ne saurais dire exactement d'où cela vient mais c'est désormais un fait établi: tu m'aimes autant que tu me détestes. Et tu me le dis. En commentaire, par mail, par post même (Ca m'a plu ca , c'est un peu comme si j'assistais à mon enterrement, j'ai toujours rêvé de ca, tu connais la tendance au surdimensionnement qu'a mon égo, bravo Claire ;))
Et puis le silence, c'est un luxe. C'est facile de parler, de meubler. Partager le silence sans que celui-ci soit pesant; mieux, le goûter en le concevant comme l'écrin idéal de sa relation à l'autre, c'est quelque chose de rare, qui n'a pas de prix. Vu de cette façon, je suis sûr que tu sauras goûter mon silence ici comme il se doit.
Alors "voilà, c'est fini".
Même si rien n'est fini tu sais. Parce que ca ne peut pas finir ainsi, parce que je ne le veux pas, et parce que ce n'est jamais fini tant que je ne l'ai pas décidé. C'est juste le début d'autre chose, ailleurs, autrement. Et puis je n'ai jamais cru aux adieux. Trop radical, trop proche d'une certitude, sans doute vrai et sincère sur l'instant mais intenable sur la longueur...
Alors je n'écrirai plus ici. Mais je continuerai à écrire. Pour moi. Ou ailleurs puisqu'on ne peut jurer de rien. Peut être un jour sur un autre blog. Surement même. Un ailleurs où tu ne me trouveras sans doute jamais, parce que le but c'est surtout pas de refaire la même chose, de suivre le même chemin. Je m'astreindrai même à ne pas parler de princes de Lu pour préserver mon anonymat s'il le faut. Mais je réécrirai, pour moi, pour d'autres.
Et même pour toi si tu veux, en répondant à tes mails. Que tu auras l'amabilité d'envoyer à commentmejoindre@hotmail.fr
Mais pas pour des pubs, des propositions indécentes (sauf si tu es Nicole Kidman ou son sosie. Mais bien sûr que je suis un homme de principes, c'est juste que les principes en question sont adaptables et révisables) ou je ne sais quelle obscure raison. Et je t'accueillerai même mieux que de par le passé. Les choses changent je te dis ;)
Hier, alors que je marchais sur le parvis face à cette cathédrale qui a veillé sur moi 20 ans durant et que je redécouvre chaque jour, je l'ai senti. En pleine nuit, sous l'ombre gothique et la pleine lune magnifique, comme une légère brise sur ma joue. Ce genre de vent orageux dont la force vous galvanise et la douceur vous enivre. Le préliminaire idéal à quelques larmes célestes, rafraichissantes, comme tombées pour parachever cet épisode. Une dernière averse que j'attends avec impatience aujourd'hui alors que je t'écris et qui ne saurait tarder. Une dernière ondée pour emmener ce qu'il restait de cette époque, une époque formidable certes, mais sans doute bien moins que celle qui s'annonce.
Voilà, je pourrais te faire encore quinze pages mais je me suis promis d'être sobre. Et je n'aime pas quand ca traine en longueur, surtout dès lors qu'il s'agit d'une séparation, et donc d'un déchirement...
Alors, parce que je ne me vois pas finir autrement...
Voilà, c'est fini. Jean-Louis Aubert
Voilà, c'est fini
On a tant ressassé les mêmes théories
On a tellement tiré chacun de notre côté
Que voilà, c'est fini
Trouve un autre rocher petite huître perlée
Ne laisse pas trop couler de temps sous ton p'tit nez
Car c'est fini...hum, c'est fini
Voilà, c'est fini
On va pas s'dire au revoir comme sur le quai d'une gare
J'te dis seulement bonjour et fais gaffe à l'amour
Voilà, c'est fini
Aujourd'hui ou demain c'est l'moment ou jamais
Peut-être après-demain je te retrouverai
Car c'est fini...hum, c'est fini
J'ai fini par me dire qu'on éviterait le pire
Qu'il fallait mieux couper plutôt que déchirer
J'ai fini par me dire que p't'être on va guérir
Et que même si c'est non, et que même si c'est con
Tous les deux nous savons que de toute façon
Voilà, c'est fini
Ne sois jamais amère, reste toujours sincère
T'as eu c'que t'as voulu, même si t'as pas voulu c'que t'as eu
Voilà, c'est fini
Nos deux mains se desserrent de s'être trop serrées
La foule nous emporte chacun de nôtre côté
C'est fini...hum, c'est fini
Voilà, c'est fini
Je ne vois plus au loin que ta chevelure nuit
Même si je m'aperçois que c'est encore moi qui te suis
C'est fini...hum, c'est fini, c'est fini, c'est fini.
26 janvier 2009
Réminiscence
Je ne l'ai pas vu venir. J'étais pourtant en forme aujourd'hui, gai, enjoué, depuis ce matin au réveil. J'avais même réussi l'exploit de me lever avant que la radio ne s'enclenche comme elle le fait chaque lundi matin, histoire de me rappeller joyeusement que je ne suis pas rentier et qu'il faut bien payer la facture de l'eau dont s'abreuve ma nouvelle compagne.
Là, tel que je t'imagine, tu te dis que ca y est, une jeune femme merveilleuse s'est rendue compte que je ne l'étais pas moins ("merveilleux", je te défends de mettre en doute mon appartenance à la gente masculine) et s'est jetée à mon cou un soir d'hiver pour ne plus jamais le lacher et que depuis, elle ne parvient plus à partir de chez moi et nous vivons d'amour, de princes de Lu et d'eau fraiche (Je t'avouerai que j'suis plus champagne frais mais bon, comme je parlais d'eau précédemment, j'essaye de ne pas te perdre davantage dans les méandres de mon esprit torturé. Et tortueux. Puisqu'il y a des méandres)...
Même pas.
Cette belle plante avec qui je partage mon appartement depuis peu ... est une belle plante au sens premier du terme, une entité végétale offerte par quelque ami passé un soir d'hiver (Oui, encore, faut dire qu'en ce moment c'est justement l'hiver donc ca tombe plutôt pas mal, des soirs d'hiver je peux t'en sortir sans parcimonie. Puis me cherche pas sur les répétitions et l'évidente constatation qui en découle, à savoir que je dispose d'un vocabulaire bien pauvre, c'est pas le soir !). Une offrande moderne en quelque sorte ayant pour but de célébrer ce plaisir des sens que fut ce soir là (d'hiver donc) ma cuisine. Une offrande offerte (Oui, j'te dis que je ne doute de rien sur les redondances) avant même de s'asseoir à ma table, histoire de ne pas la garder pour après le repas et ainsi risquer de ne pouvoir la remettre faute de souffrir d'un probable empoisonnement.
Tu l'as donc compris, ces temps-ci dans ma vie point de fleur ni de douceur, juste une plante verte, une vraie avec des feuilles et une répartie discutable.
Ce qui ne m'empêche pas d'être relativement serein d'autant plus que comme tu le sais, je n'ai ces temps-ci du fait d'une activité professionnelle particulièrement chargée pas de temps à consacrer à la bagatelle.
Ce soir donc en sortant du bureau, alors que je saisis mes clés dans la poche de mon manteau (T'as vu ca, en plus j'te fais des rimes pauvres tout ca tout ca, j'me fous quand même pas d'toi petit lecteur, t'as bien fait de venir ce soir!), le contact avec un papier griffonné à la va-vite ce matin entre la tartine de confiture (aux coings) et le verre de Joker me ramène à la dure réalité. Ayant en ce moment trop à coeur de ne pas consacrer les rares plages de temps libre que sont mes week-end à des taches rédibitoires, ce matin en ouvrant mon frigo, l'air frais s'échappant de celui-ci et touchant mon corps brulant à peine sorti du lit fut sans doute moins glacial que le triste constat imposé par la vue d'un No-man's land sibérien que la vie avait depuis peu abandonné. Un frigo horriblement vide et démuni, à la limite de l'insoutenable. Une sorte de Gare Saint LazarE (heureuse ?) du refrigerateur un jour de grève...
Il fallait faire les courses.
Alors, tel le Bruce Willis des aliments, j'ai pris mon courage et mon caddie à deux mains.Oui, j'arrive à tenir tout cela avec seulement deux mains. Et j'y suis allé.
Je traine souvent des pieds pour aller flaner dans les linéaires du temple de la société de consommation mais il faut bien avouer qu'une fois que j'y suis, c'est avec déléctation que j'erre entre ces tableaux aux mille couleurs, ce labyrinthe en proie à cet incroyable paradoxe qui consiste à offrir aux victimes une pallette de saveurs d'apparence infinie dans un environnement asseptisé comme peu d'autres. M'ébrouant ainsi dans la masse des esclaves mercatiquement lobotomisés qui avaient eu la même idée que moi, début de semaine oblige, j'allais et venais au gré de mes envies en ne suivant que partiellement la liste préalablement établie. Une sorte de rebel, le Lorenzo Lamas (T'as vu un peu les références Coco, si avec tout ca tu reviens au prochain post, j'comprends pas) du Carrouf, la liste où figurent les danettes en plus, les cheveux et la moto en moins.
Et là, au milieu du rayon des glaces, alors que j'hésitais entre les Magnums double-chocolat et ceux au miel nougat (quand je te dis que j'avais plus de denrée de première nécéssité!), une main légère vint légerement se poser sur mes épaules. Oui, ca semblait quand même super léger comme action. Si l'on avait été dans un film d'horreur américain et que j'avais été une brune plantureuse craintive et volubile, il est fort probable que j'aurais hurlé à la mort dans un cri strident à mi-chemin entre le couinement d'une roue de caddie entravée par des lambeaux de sacs plastiques et la voix suave de crécerelle de mon ancienne voisine (Celle de la nouvelle est beaucoup plus douce, merci pour elle). Seulement voilà, on ne m'effraye pas si facilement (j'suis un homme un vrai, un qui mange des Princes de Lu!), je ne suis pas plantureuse, ni craintive et encore moins volubile. Et puis de toute façon ce serait purement inutile car c'est bien connu, au fin fond du rayon des glaces, personne ne vous entend crier...
-Jeff et Caro ! Quelle bonne surprise! ai-je dit en me retournant et en découvrant leurs mines réjouies.
Jeff et Caro forment un couple d'ami de l'air Mélusinienne que j'ai hélas quelque peu délaissé, en grande partie du fait de mes occupations mais pour être tout à fait honnête un peu aussi parce qu'ils travaillent avec Mélusine et que lorsque je l'ai quittée, j'ai choisi de réduire le plus possible les éventuelles confrontations et autres informations par intérmédiaires. C'est un choix que je regrette en partie pour m'être éloigné de gens à qui je tenais mais qui s'avèrait nécéssaire pour donner à mon départ le moins d'ambivalence possible.
- Ca faisait longtemps qu'on ne t'avait pas vu mon petit Blackmilk !
Bon, tu te doutes bien qu'en vrai, je ne suis pas petit mais va savoir pourquoi, les gens aiment utiliser ce qualificatif de façon affectueuse avec les types d'1m95... C'est vrai, je ne m'appelle pas non plus Blackmilk dans la vraie vie mais ca, j'espère que tu l'avais compris avant que je te l'explique. Si tel n'était pas le cas, je t'invite à cliquer rapidement sur la petite croix en haut de la fenêtre... Et à ne jamais revenir. J'ai moi aussi utilisé un dérivé de l'adjectif petit, tu peux donc prendre cette invitation à déguerpir comme un geste affectueux.
De là s'engage une conversation sur nos petites (oui, encore) vies respectives depuis la dernière fois où nous nous sommes vus, des invitations respectives pour rattraper le temps perdu, des ragots plus ou moins savoureux sur la vie des uns et des autres et milles autres choses développées en plus de temps qu'il n'en faut à un Magnum pour fondre. Fort heureusement, je ne les avais pas sorti des vitrines réfrigerées. Tout cela donc jusqu'à ce que Caro en vienne à parler de ce dont je n'avais absolument pas envie de parler: Mélusine. Et de m'annoncer l'air de rien qu'ils ne la voient plus trop et qu'ils l'ont croisée pour la dernière fois à l'occasion du nouvel an où elle était venue avec son copain.
Aie.
Un pincement. Non, pas la porte de la vitrine refrigerée des Magnums. Juste un pincement au coeur.
J'aurais aimé que cela ne me fasse rien. Je ne l'avais pas vu venir certes mais je m'y étais préparé à maintes reprises, persuadé que cela ne me ferait rien. La méthode Coué appliquée à Mélusine, c'était quand même un super plan de protection affective. Je l'avais revue à la fin de l'automne pour régler quelques affaires courantes et même si j'avais été quelque peu peiné de la voir en petite forme, je n'avais pas eu ce pincement au coeur aujourd'hui ressenti à l'évocation de sa nouvelle vie sentimentale.
Je sais d'où ca vient pourtant. Je ne regrette rien et si j'avais le choix de retourner en arrière, malgré les merveilleux moments partagés ensemble et la multitude de choses qu'elle m'a apportée, je ne changerai pas un seul passage de notre histoire, y compris la fin où il n'y eut ni mariage, ni beaucoup d'enfants. Je sais aujourd'hui que ma vie est ailleurs, je l'ai su à l'instant même où j'ai réalisé que j'allais la quitter et j'ai toujours su que c'était le bon choix. Alors peut-être est-ce par pure vanité, blessé dans mon amour propre de macho absurde à l'idée qu'elle ait trouvé quelqu'un digne à ses yeux de me remplacer. Surement même. Peut-être aussi que cela vient de la période particulière que je traverse et dans laquelle il y a peu et pour ainsi dire pas de place pour le badinage et encore moins pour les échanges amoureux. Et que l'impression de solitude rarement éprouvée et poutant tenace ces temps-ci ne fait qu' exacerber cet étrange mélange de sentiments.
Je crois que c'est un peu tout ca à la fois. Toujours est-il que je n'aime pas être en proie à la nostalgie, en tout cas pas d'un point de vue sentimental. Et que même s'il faut bien rendre à Mélusine ce qui lui appartient, je ne suis pas parti pour rien et je m'en veux d'être en proie à ce sentiment pourtant bien humain.
Il me tarde d'être à demain. Pour aller de l'avant. Et laisser au vent cette réminiscence comme je l'ai toujours fait.
Demain c'est sûr, j'arrête les Magnums!
27 décembre 2008
Père Nowel et Mercatique
Ah, l'esprit de Nowel...
Ces rues animées brillant de milles feux, cette avalanche de neige artificielle, cette débauche de sapins et ce soudain penchant qu'ont des millions d'individus pour le rouge et le blanc, donnant à cette alliance de couleurs une prédominance que Julien ne saurait voir...*
Ce débordement aussi soudain qu'attendu de bons sentiments et d'intentions louables, comme si en cette période bénie des Dieux (en tout cas, d'au moins l'un d'entre eux) chacun d'entre nous mettait de côté sa part d'ombre pour montrer à la face du monde quel être bon il peut être.
Cette place si particulière faite à l'enfant enfin, symbole de l'innocence, de la pureté, de cette notion qui finallement n'est aujourd'hui qu'un fantasme, un reliquat d'autres temps, ceux précédant l'avénement du marketing, de la communication et de la société de consommation.
Je te rassure de suite, contrairement à ce que cette mode du rouge et mes propos pourraient suggérés, je n'ai pas encore viré communiste, altermondialiste ou gauchiste déraisonné, loin s'en faut. Je suis toujours un capitaliste convaincu, un pur produit de la société de consommation, un défenseur émérite de la propriété privée et un matérialiste convaincu. C'est juste qu'étant malgré tout assez sensible à l'esprit de Nowel (je t'en parlais d'ailleurs ici même il y a un an, note d'ailleurs que tu m'l'as toujours pas offert ce foutu lapin !), j'ai chaque année un peu plus de mal à voir toute cette beauté associée, pour ne pas dire utilisée par ces salauds que sont Les hommes du Marketing.**
Car je te le dis comme je le pense, les gens bossant dans le market sont sans doute les êtres les plus abjectes et dénués de morale que je connaisse. Et encore quand je dis "que je connaisse", je brode un peu, j'en connais pas ou plus et je ne veux pas en connaitre*** tant leur activité me semble répugnante et en totale corrélation avec ce que les uns appellent le Mal, ce que d'autres considèrent comme le Malin, ce que d'autres personnes encore désignent comme le Mali. Non ami Malien, ne vas pas commencer à aller bruler des camenberts et des baguettes de pain devant l'ambassade Française de Bamako, tout d'abord parce que je plaisante et n'évoque ton respectable pays que pour mieux le promouvoir au travers d'une blague certes stupide, mais gentille. Ensuite parce que le camenbert en Afrique à l'instar des produits frais dans leur ensemble vaut une fortune et que t'as pas trop les moyens de cracher dessus (ni contrairement à moi dans la soupe parce que t'as pas non plus les moyens de t'en offrir). De plus, sache que si t'es malheureux et miséreux comme cela ne devrait être le cas d'aucun être humain, c'est en grande partie dû à la mondialisation, elle même enfantée par le système libéral capitaliste dont les marketeurs sont lorsqu'on y réfléchit bien la pierre angulaire.
Oui je sais petit lecteur, moi aussi je m'aime et ai encore plus envie de chanter mes louanges qu'à l'accoutumée lorsque je me fends d'un raccourci à deux balles dans le genre de celui que je viens de te servir. Et puis à Nowel, penser à ceux qui n'ont rien quand on a tout, c'est finallement assez sain.
Toujours est-il que le Marketing, c'est Satan en personne. Ce n'est qu'un joli angliscisme qui sert de porte au royaume d'Hadès, Dieu des enfers, du market, de la pub et de la consommation dans sa globalité (j'en veux pour preuve Jacques Séguéla, vice-président d'Havas Ad., l'une des pointures françaises de la communication à but exclusivement lucratif qui contrairement à ce que l'on pourrait croire n'est pas constamment bronzé mais s'est tout simplement fait crâmer le visage à force de trop jouer près des flammes de l'enfer. Ci-contre, une photo de la bête en question, histoire de te dissuader d'encourager tes enfants à suivre des études de marketing)...
Sans déconner, les marketeurs, ces gens là, c'est vraiment des salauds de la pire espèce,des vermines, des moins que rien. Comme le disait Desproges, c'est comme les vieux, faudrait les tuer à la naissance!
Je m'explique. Il y a une semaine, c'était le Nowel de l'agence. Pas le Nowel institutionnel, celui-ci s'est très bien passé, le directeur départemental était très content de moi, merci pour lui, j'étais très bien sur les photo, sage, sobre et nous avons bien mangé, merci pour moi. Non, là c'était le Nowel "off" de mon agence, entre collègues proches et dans un lieu neutre, et même en dehors des heures de travail, pour te dire à quel point c'était "off".
Le Nowel de mon agence donc. Tu sais comme j'aime mon agence, comme j'aime la Nowel, tu t'doutes donc qu'il m'était impossible de ne pas fêter l'événement comme il se devait. Alors là, au milieu des collègues endimanchées, des épaules nues que pour le coup j'ai su voir, du foie gras et du champagne, je m'suis pris la mine de ma vie.
Sans rire.
Moi qui dernièrement avait perdu l'habitude de boire (Non pas que je fus il y a quelques temps un alcoolique patenté mais je tenais assez bien l'alcool et avez un connaissance assez précise de mes limites), j'ai pour la première fois de ma vie été malade. Dignement, je te rassure, mais malade quand même.
Et le lendemain matin, paf.(Oui, PAF). J'avais l'impression que le philarmonique du Tadjikistant s'exercait dans la caisse de raisonnance merveilleuse que constitue ma boite cranienne dans une sorte de cacophonie indescriptible et échappant à tout maitrise. J'ai néanmoins tenté une sortie en délaissant ma couette, histoire de voir si l'herbe n'était pas plus verte dans la salle de bain (Non, la salle de bain n'est pas au fond du jardin, j'ai un appartement moderne avec tout le confort et les commodités, c'était juste pour l'image, je te remercie). Je me lève donc, je ne te bouscule pas vu que tu n'es pas là et pourtant, tu ne te révéilles pas... Vas comprendre.
Je passe dans le salon.
Je passe dans la salle de bain.
Je passe devant le mirroir. Un ange passe. Sérieusement, je ne me suis jamais vu aussi blanc.
Je passe sous la douche. Je me saisis de mon axe anti-hangover-que-jusque-là-il-a toujours-super bien-marché-le-matin-même-en cas-d'abus-de toute-sorte-prompt-à-faire-de-ma-nuit-quelque-chose-de-bien-moins-calme-et-reposant-et-donc-dans-la-ligne-de-ce-à-quoi-elle-devrait-normalement-servir.
Bon, je ne te cache pas que le vrai nom est légèrement plus court et s'arrête à "hangover" pour d'évidentes raisons de packaging****. Mais c'est finalement ce qui est sous-entendu derrière cette nébuleuse appelation "Anti-Hangover".
Et là, rien. Non, rien de rien. J'était tellement dans le brouillard qu'une fois rincé, j'ai encore eu du mal à sortir de la douche et j'ai manqué de m'éclaté le crane sur le meuble de la salle de bain, risquant ainsi de mettre plein de sang sur mon visage tout propre nettoyé à grand renfort d' Axe Anti-Hangover (En vrai j'me lave le visage avec du Nivéa for Men, l'Axe c'est trop agressif mais bon, en te le revellant j'prends le risque que la blonde me taxe encore d'être ce que je ne suis pas: un métrosexuel).
Il m'a fallu une journée entière pour m'en remettre. Journée durant laquelle j'ai perdu bon nombre d'illusions. Et qui m'a permis de comprendre pas mal de choses que je tiens aujourd'hui à partager avec toi, comme une sorte de cadeau en retard.
1. Les marketeurs sont des vendus (pléonasme, je sais), l'Axe antihangover n'est qu'une trouvaille marketing de plus.
2. L'esprit de Nowel n'existe plus en tant que tel après le dixième verre, tu deviens toi même l'esprit de Nowel, tout est possible, tout est magique, alleluia.
3. T'es vraiment un salaud toi aussi, tu devais être marketeur dans une autre vie, ca fait un an que je te demande, en arrivant même à quémander en laissant de côté mon amour propre et tu m'as toujours pas offert de Nabaztag!
4. C'est toujours dangereux de danser frénétiquement en caressant une bouteille de champagne de façon subjective sans prendre garde, il y a toujours une personne malintentionnée équipée d'un appareil photo.
Une fois ces révélations admises, le bilan s'avère extremement positif. J'ai fêté 3 fois Nowel, profitant de l'ivresse de nobles brevages, de la finesse de mêts raffinés et de la compagnie délicieuse de gens que j'aime. J'espère qu'il en fut de même pour toi, parce que tout compte fait, c'est aussi ca l'esprit de Nowel. Et ca, rien ne peut l'acheter, même pas Jacques Séguéla...
Même avec deux trois jours de retard, je te souhaite un Joyeux Nowel petit lecteur, et de bonnes fêtes de fin d'année.
*Oui, je sais, c'est tiré par les cheveux mais je ne pouvais pas te faire un post en période de Noël sans t'offrir en cadeau un énième exemple de mon amour pour l'humour pourri en général et les jeux de mots à deux balles en particulier. J'ajoute que si tu n'as pas compris, il est tant de t'acheter "La littérature française pour les nuls", tu as encore plus de carrence que ton humble serviteur n'en a...
**Je sais, ca fait très titre de film, un peu comme Les Hommes du président, bon film que je te recommande ou encore, dans un autre genre L'homme du président avec Chuck Norris, petit chef d'oeuvre kitschissime et si nul qu'il en est désopilant que je ne saurai trop te conseiller.
***Amies lectrices marketeuses, mercantiles et marketées qui vous seriez à tort reconnues dans ce mensonge éhonté, n'allez pas en prendre ombrage, je vous aime comme au premier jour.
****Le packaging lecteur chéri, c'est tout simplement l'art de rendre l'emballage vendeur, et donc de générer l'impulsion de l'achat, ou tout du moins de succiter l'envie. Ca n'a pas vraiment d'intérêt en soi, ca coute très cher, ca ne maximise pas l'intérêt intraseq du produit mais ca peut donner le change. Un peu comme le maquillage et les filles moches. Ou si tu préfères, vu que mon lectorat est essentielement féminin les mecs et les belles voitures...ou les blogs ;)
05 juin 2008
Stupeurs et larmoiements. Acte III: Parce que ce n'est pas une fin en soi
Je ne procéde pas à un résumé des actes précédents, après tout tu les as lu puis si tel n'est pas le cas, tu as la possibilité de le faire ici même.
Partir donc. Pourquoi ? Pour qui ?
Pourquoi, peut être parce qu'à la lecture de ce mail dont je te parlais il y a quelques semaines, j'ai été surpris de voir que ma vie sentimentale ne se "bornait" plus à Mélusine et que d'autres étaient dorénavant en mesure de provoquer chez moi un trouble particulier. Peut-être aussi parce ce mail est arrivé pile au bon moment (ou selon le point de vue au pire moment), dans une période où Mélusine et moi étions dans le creux de la vague depuis bien trop longtemps pour espérer à défaut de lendemains ensoleillés, une quelconque acalmie.
Pour tout te dire, je ne m'attendais absolument à ce qu'Amélie m'envoie un jour un mail pour prendre de mes nouvelles. Surtout deux ans après des événements qui nous avaient fait partager de merveilleux moments avant de nous laisser un arrière gout amer. Je ne l'avais pas oubliée, j'ai ce défaut de ne pouvoir oublier les gens qui ont à un moment donné fortement influencé ma vie, au grand dam de mes amis qui voient en cela une façon de vivre dans le passé et de ne jamais vraiment tourner la page (alors que pour moi, c'est surtout une façon de construire sur des bases solides en faisant la part belle à l'empirisme, mais ce n'est pas le sujet). Mais de là à penser qu'elle me mailerait un de ces quatres matins, franchement, je n'aurais pas parié dessus.
Reste qu'à la lecture de ces quelques mots, je crois que j'ai compris que tout était fini avec Mélusine et que j'avais bien malgré moi franchi ce jour là la ligne jaune en me prenant à penser des heures durant à ce qu'avait été mon idylle avec Amélie, ce qu'elle aurait pu être et surtout ce qu'elle pourrait être...
Là, tu t'imagines qu'il est inutile de traiter la question "pour qui", qu'il est évident que je suis parti pour rejoindre Amélie et que finallement, tout ca est bien banal, on finit toujours par céder sa place à quelqu'un, ainsi va la vie.
Et pourtant, tu te plantes royalement. Car si Amélie a été le déclencheur de tout cela, elle n'en est pas pour autant la cause profonde. Si je suis parti, c'est avant tout pour Mélusine et moi. Par respect pour ce que l'on a vécu, par respect pour elle, par respect pour moi, pour ne pas se mentir.
Alors quid de ma vie aujourd'hui ?
Et bien figures toi que je suis célibataire, et je dois dire que je ne le vis pas trop mal (en vrai je le vis très bien mais c'est toujours délicat de dire ca quand on a quitté quelqu'un). Pas d'Amélie à l'horizon, nous échangeons toujours des mails mais en gardant chacun notre réserve, et je réapprends à vivre au jour le jour.
Je sais, tu restes sur ta faim, et ce n'est justement pas la fin que tu attendais. Tu aurais sans doute voulu qu'il y ait plus de traits d'humour, de digressions à s'endormir comme j'aime en faire habituellement, de vieux jeux de mots à deux balles que ne renieraient pas mes deux amies du "Trium Vira bloguistique".
Tu aurais peut être voulu que je t'annonce mes fiançailles avec Amélie, ou à défaut mon engagement dans une nouvelle relation, ou peut-être même que je me remette avec Mélusine. Une fin à la Quatre mariages et un enterrement en somme.
Désolé. Aujourd'hui, je me dis qu'à défaut de réélement pouvoir vendre le synopsis de ma vie à Spielberg, j'ai de la chance. Ce soir je dine en tête à tête avec l'une des femmes les plus charmantes que je connaisse, rafinée, drôle, subtile, cultivée, intelligente, aimante. Certes, c'est ma mère mais ca n'enelève pas la magie annoncé de nos retrouvailles. Demain je passe la nuit chez l'une des plus ravissantes femmes que je connaisse et qui en plus d'être divinement belle se paye le luxe d'avoir de l'humour, de l'esprit et ce troublant mélange d'extrème sensualité et fragilité sous-jacente qui font de sa compagnie l'une de celles que j'aprécie le plus. En effet, c'est ma meilleure amie, mais là encore, ca ne retire rien au plaisir qui sera le notre à passer la soirée ensemble. Voilà à quoi ressemble ma vie ces temps-ci.
Je me sens libre et vivant comme cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps, pas loin d'être heureux, et finallement, n'est ce pas tout ce qui compte ?
26 mai 2008
Stupeurs et larmoiement. Acte II: Parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir un cancer.
C'est un fait communément admis (tout du moins par quiconque a déjà vécu une relation sentimentale), les relations les plus merveilleuses finissent toujours par prendre une tournure tragique, pour ne pas dire dramatique. Alors je te vois déjà dire que non, l'amour éternel existe et que Catherine Ringer était une sombre idiote de penser que "les histoires d'amour finissent mal en général" alors qu'elle et son compagnon se sont aimés jusqu'au bout.
Je te répondrais simplement que Fred Chichin est mort d'un cancer foudroyant et qu'il y a tout de même plus abouti comme concept de happy end. En effet Coco, quoi que tu fasses et même si tout va bien, il y en a toujours un des deux (je pars du postulat que la grande majorité des relations échappent au principe de polygamie et/ou de libertinage sentimental) qui meurt à la fin (voire même les deux mais j'ose espérer que tu auras saisi le sens de mon propos quelque peu maladroit du premier coup). A partir de là, on peut clairement considérer que même quand ca finit bien, ca finit mal (je suis pas sur d'être super clair mais tant pis)!
Bref, je te rassure, Mélusine et moi même sommes bien en vie (tout du moins à l'heure où j'écris ce mail), reste que les choses n'en ont pas moins pris une tournure tragique. Car aussi surprenant que cela puisse paraître, il y eu un moment où Mélusine n'aimat plus que je lui caresse les cheveux. Rien de très grave me répondras-tu, sauf si par malheur j'avais été une sorte d'obscure fétichiste des cheveux (toi ami fétichiste qui à l'instar d'autres personnes quelque peu perturbées est arrivé ici suite à une requête assez particulière, sois sans crainte. Je n'ai rien contre les fétichistes et je ne voudrai certainement pas ajouter ta respectable confrérie à la longue liste des gens qui n'aiment pas ce blog et au sein desquels figurent déjà pêle-mêle les féministes, les écologistes, les apprentis fachistes, les coloristes, les communistes, les vieux sans parler de ceux qui pensent qu'un commentaire laissé sur le blog de leur copine est une tentative de séduction alors que franchement, j'ai ces temps-ci bien d'autres soucis en tête que la godriolle!).
Pas sûr (sous-entendu "pas sûr qu'il n'y ait rien de grave. C'est le problème des digressions mal controlées, elles perdent souvent le lecteur). D'autant plus que ce n'est pas la seule chose qui dans son comportement est tout à coup devenue déroutante. Oui, à la lecture du mot déroutante, tu penses toi aussi à cette conception toute particulière qu'elle a de la conduite automobile en générale et du depassement en côte conduisant au bas côté en particulier mais sâche qu'il a bien plus terrifiant. Et cette chose dont il y a quelques mois encore j'aurai eu du mal à parler se câche sous un mot à l'apparence presque anodine qui a pourtant terrifié des centaines de milliers de jeunes gens "bon à marier":
(Afin de profiter pleinement de la dimension dramatique du concept, il faut t'imaginer à la lecture du mot en question une sorte de musique terrifiante, un peu à la façon de la mythique bande originale des Dents de la Mer, la soif de rester sur le même bateau en plus, la scène du prédateur explosant alors qu'il ingére une bouteille d'air comprimé en moins)
L'Engagement.
Oui, je sais, il y a de quoi donner des sueurs froides aux plus courageux. Et pourtant, j'étais moi même assez confiant par rapport à tout ce qui concernait cet engagement que j'avais fuis comme la peste avant de l'éprouver avec un certain plaisir. Je sais, c'était trop beau.
Forte donc de cette victoire sur la philosophie blackmilkienne et de cette incroyable évolution qu'elle avait fait subir à ma respectable personne (oui je sais, ca c'est moi qui le dit), Mélusine décida qu'il ne fallait pas en rester là. Sur le principe, j'étais assez d'accord. Là où nos opinions divergeaient, plus encore que sur le timing, c'était sur les motivations qu'avancait ma charmante compagne. Il était selon elle opportun de construire ensemble quelque chose de concret pour, comme elle le formula si bien une fois sceller un peu plus notre union et faire que si un jour j'avais l'audace de croire que je pouvais partir, j'y réflechisse à deux fois.
De quoi refreiner les ardeurs du plus fleur bleue des hommes.
Ajoute à cela un caractère changeant, plusieurs tentatives avortées d'imposer une dictature féminine sur des terres sentimentales où l'égalité des deux parties en présence était justement considérée comme un principe fondateur et une propension aux caprices à faire pâlir le plus exigeant des multimilionnaires excentriques et tu comprendras aisément que j'en arrive moi même à changer, et pas forcément dans le bon sens.
C'est alors que je me suis mis à devenir à mon tour mélusinien. Et à adopter une posture pour le moins radicale: celle d'avoir justement l'audace de croire que peut-être...je pouvais partir...
18 mai 2008
Stupeurs et larmoiements. Acte I: Once upon a time...
Tout commence par un mail.
Un simple message ouvert par un matin pluvieux de Mars, alors que j'arrive tout juste au bureau. Quelques phrases écrites avec ce style élégant et simple, reconnaissable entre mille. Comme un vent de fraicheur négligeamment laché sur moi alors que je suis encore frèle, désarmé par cet état d'éveil qui peine à s'emparer de moi.
Une missive envoyée l'air de rien, comme pour mieux accentuer le choc voulu par l'auteur en utilisant le jeu de la litote. Un séisme donnant à mon coeur l'impression de remonter sur ces montagnes russes qu'il avait pourtant juré de ne plus fréquenter. La réaction est pour le moins paradoxale, mon esprit conditionné par d'habiles manoeuvres me ramène en effet à Mélusine, un peu à la façon de ces alliages métalliques dit "à mémoire" qui reprennent leur forme d'origine sous l'effet de la chaleur.
Mélusine ? Qui est-ce ?
Ah oui, tu es sûr, je ne t'ai jamais parlé de Mélusine ? Etrange en fait vu que ce blog est justement le fruit de nos premiers heurs, de nos premiers doutes sérieux quant à cet osmose que nous avions créée, entretenue, sublimée. Je t'aurais donc sciemment caché l'une des composantes essentielles de ma vie, l'un des éléments nécéssaires à l'appréhension du méchanisme blackmilien. Corrigeons cela de ce pas.
Mélusine et moi sommes ce que l'on appelle communément un couple. Ou tout du moins nous l'avons été il fut un temps... Nous habitons ensemble, nous dormons ensemble, nous payons nos factures ensemble,nous jouons au mariokart ensemble, nous nous déchirons ensemble. Ni plus ni moins que la plupart des binômes sentimentaux partageant notre situation.
Tout avait un peu commencé par hasard, par une de ces rencontres improbables et incongrues qui une fois sur un million débouche sur la naissance d'une idylle. Nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre presque malgré nous, nous complaisant tout deux à l'époque dans le confort douillet et sans risque du célibat depuis quelques mois. Le choc n'en fut que plus rude quand nous nous sommes aperçus très vite que vivre l'un sans l'autre était tout simplement inconcevable. Trois mois seulement après la première fois où elle s'était laissée caresser les cheveux avec un plaisir non dissimulé, je demandais ma mutation pour venir voir si l'herbe était effectivement plus verte dans la contrée Mélusinienne. Laissant derrière moi famille, amis et repères, je découvrais pour la première fois ce qu'était l'engagement sentimental, transformant des souhaits formulés à plusieurs reprises par des ersatz de Mélusine en actes biens concrets.
Les débuts comme toujours furent euphoriques, me donnant pour la première fois l'impression d'avoir trouvé mon équilibre. Il faut dire que la cohabitation était de fait facilitée par nos emplois du temps respectifs. Mon travail me laissant pas mal de temps libre et le sien l'obligeant à travailler en soirée et week-ends, le besoin de solitude dont j'avais toujours été empreint se mariait à merveille avec le concept de vie maritale que j'experimentais pour la première fois. J'arrivais même à faire le deuil de mon ancien appartement cosy et de son environnement ultra citadin pour découvrir les joies d'une autre ville, moins étendue, moins vivante mais il est vrai beaucoup plus conviviale.
Forte des constatations de son évidente influence sur le Blackmilk way of life, Mélusine s'est alors décidée à passer à la vitesse supérieure. Et c'est là que les choses se sont sérieusement dégradées...

