Je vis une époque formidable...

J’aurais pu me payer un psy, écrire un synopsis inspiré de ma vie, le vendre à Spielberg pour 15millions de dollars et vivre à La Barbade entouré de chèvres et de femmes nues…mais je préfère partager tout cela avec vous! Vous aimez les chèvres?

14 septembre 2008

Quelque part entre L'Assomoir et Fox River

C'était un de ces samedi d'été, l'un des rares où l'on ne se croyait pas en Novembre et où le ciel bleu laissait à penser que la scène se déroulait sous quelque latitude méridionale...

C'est au cours de l'une de ces trop rares journées ensoleillées sous des latitudes qui hélas n'avaient rien de méridionales que Christophe, le Quadra, Sophie sa femme et moi avons goûté à l'expérience particulière de s'acoquiner sans même en avoir l'intention. Je subodore déjà les nombreux fantasmes qu'à fait naitre dans ton esprit dérangé le verbe s'acoquiner mais je suis au regret de te décevoir en te prévenant que si tu comptes trouver plus bas le récit d'actes sulfureux et libidineux que la morale réprouve, tu t'fourres le doigt dans l'oeil (si si, dans l'oeil) jusqu'à la prostate (Oui, la prostate, parce que même si l'on ne peut généraliser, ce genre de raccourcis et de raisonnements à l'emporte-pièce est souvent l'apanage de la gente masculine).

Parce nous Monsieur (ou Madame, ou même Mademoiselle), lorsque l'on s'acoquine, c'est forcément malgré nous et donc avec retenue, obligation voire résignation. Et cela ne peut se faire sur le terrain de la sensualité, tu me connais désormais assez bien pour savoir qu'il n'y pas plus prude jeune homme que moi en ce bas monde.

Nous arpentions donc les rues de cette ville qui a la chance de m'héberger pour quelques mois encore à la recherche d'un havre de paix dans lequel nous pourrions éprouver le doux contraste de la chaleur ambiante et de la fraicheur de boissons vendues hors de prix sous-couvert d'un service en terrasse. J'avais déjà repéré un etablissement dans les environs lors d'une des nombreuses escapades récréatives de l'ère mélusinienne qui je le savais pourrait nous permettre de nous désaltérer et de bavarder dans une ambiance détendue et conviviale. Seulement voilà, l'établissement en question étant fermé pour congés annuels (d'après ce que disait l'écriteau, pour ma part je suis convaincu qu'il s'agissait d'un complot visant à me déshydrater), il fallu rapidement envisager une solution de rechange. Le quadra évoqua un petit bar sympa qu'il avait connu lorsqu'il était arrivé dans la région en se demandant à haute voix si celui-ci existait toujours.

Je ne pu m'empêcher de répondre que depuis qu'il était arrivé dans la région, une loi était passée pour interdire les maisons closes et qu'il devait s'attendre à ne pas retrouver ses habitudes d'alors de façon précise, ce qui fit beaucoup rire Sophie. Il fut donc décidé de s'acheminer tranquilement vers le dit-troquet histoire de voir si nous y trouverions quelques retraités jouant aux cartes et se rappelant du quadra. Et surtout d'étancher cette soif qui devenait de plus en plus prenante.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que vu de l'extérieur le bistrot avait de la gueule. Des tables de terrasse et des parasols design flambant neufs tranchaient avec l'aspect brut du trottoire défoncé (qui ne l'était d'ailleurs qu'à cet endroit de la rue, comme si les propriétaires s'étaient battus pour conserver cette portion dans son jus histoire de coller avec la ligne de l'établisssement). En second plan s'elevait la facade du bar, faite de ces vieilles pierres si caractéristiques de l'architécture locale, craseuses à souhait et n'ayant sans doute pas subi de ravallement depuis l'époque où Jeanne Moreau (désolé pour elle, c'est la seule actrice non-opérée de façon certaine qui m'est venue à l'idée) n'en avait justement pas besoin. Deux grandes baies vitrées encadrant l'entrée venaient éventrer la maconnerie, histoire de cacher la misère et d'offrir quelque peu de lumière à un intérieur si sombre qu'on ne parvenait à discerner de quoi il était fait en étant à l'extérieur. Une vision pour le moins troublante, comme une image sortie tout droit de l'esprit de Zola, "mise au goût du jour" si j'ose dire par une magnifique enseigne lumineuse sponsorisée par Heineken et sur laquelle était fierement mentionné le nom du respectable établissement:

Le sporting club.

Je sais ce que tu te dis, comment aurai-je raisonnablement pu me fourvoyer en me rendant dans un tel établissement ? Et bien figures toi qu'aujourd'hui encore, je n'en sais rien. Peut-être est-ce le fait d'avoir particulièrement envie de se poser en terrasse et de savoir que le charme des petites villes de province ne se limite pas à leur tranquilité et à l'absence de bouchons (quoique) mais veut aussi que l'été, la plupart des commercants et restaurateurs soient en congés annuels. Sans doute est-ce du au fait que tous les quatre, nous travaillons pour le même employeur et sommes confrontés à des choses qui de fait ne nous font pas craindre ce genre de situation et nous y intéressent même dans une pseudo-démarche d'analyse sociologique. Certainement avons nous été tentés par une curiosité malsaine, une envie de faire écho à ce mépris et ces sourires moqueurs que nous avons tous affichés à la vue du bar en question et de deux de ses clients en terrasse qui semblaient philosopher sur la dernière prouesse de l'Olympique de Marseille ou la victoire du favori dans la cinquième course à Vincennes.

Nous nous sommes donc installés en terrasse, saluant nos deux compagnons d'infortune de la table d'à côté. Puis un charmant jeune homme d'une vingtaine d'année à peine en débardeur blanc (propre!), piercing à l'arcade et tatouages rappellant étrangement l'artisanat pénitentiaire est venu prendre notre commande. Nous n'avons été qu'à moitié surpris lorsque se trouvant démuni face à notre demande d'avoir une carte des boissons, il s'adressa à l'un des deux champions du lever de coude précédemment évoqués en l'appelant "patron" pour lui demander où était les cartes. Après tout, il y avait dans tout ca une certaine cohérence.

Il dut certainement aller les commander à l'imprimerie clandestine de faux billets de banque se trouvant très probablement en sous-sol puisque dix minutes plus tard, malgré le taux de remplissage abyssal de la terrasse, nous l'attendions encore. Cela me laissa le temps d'observer une petite vieille promenant son chien (Ne vas pas t'imaginer que j'ai un truc avec les vieux qui promènent leur chien, j'ai plein de vices mais pas celui-ci) qui changea de trottoire au moment d'arriver près de nous, apparement juste pour ne pas passer devant le bar puisque dix mètres plus loin, elle rejoigna notre côté de la rue. Cela me donna a réfléchir quant à la fréquentabilité (moi j'l'aime beaucoup ce néologisme) de l'établissement, mais il était plus facile de mettre ca sur le compte de l'inconstance et de l'incohérence de nos amis les têtes blanches, de plus en plus en proie à des comportements que n'aurait pas renié Aloïs A. (Si tu ne sais plus qui c'est, il est peut-être temps de consulter).

Alors que nous subissions une journée quasi-caniculaire et que nous étions ravis de pouvoir bénéficier de l'ombre des marroniers entourant la terrasse, la voix de la protestation se fit entendre par le biais du Quadra qui tout à coup "n'avait pas chaud" et regrettait "de ne pas avoir pris son gilet". Sophie et Christophe esquissèrent un sourire et j'allais lui dire que moi non plus par une température de trente degrés, je n'aurais jamais pensé à prendre un gilet quand le patron se fit entendre:

-Vous savez, y a une terrasse derrière, ensoleillée. Vous y serez mieux si vs craignez l'froid.

Lui même ne pu s'empêcher de sourir en prononcant le mot froid. Toujours est-il qu'échangeant brievement des regards d'aprobation, nous nous sommes levés pour allez voir ce que donnait la terrasse enseoleillée. Il nous fallu pour cela traverser l'établissement et aucun d'entre nous ne fut étonnés d'y croiser une demi-douzaine de personnes qui s'étaient vraisembablement donnés le mot pour rassembler tous les clichés propres à la clientèle des bars mal famés. Il y avait la barmaid qui devait avoir dans les 50-55 ans, sans doute la femme du patron. Elle avait un charmant visage qui semblait crier à la face du monde "Eh oui, il est possible d'avoir autant de ride sur une aussi petite surface" et fumait une cigarette dont l'épaisseur faisait echo à ses bras maigres et blanchâtres.

Devant une cible à fléchette se dressait un homme qui semblait de par sa rosacée être l'un des pilliers de l'estaminet ainsi qu'une sorte de hell's angel chauve qui avait troqué son cuir contre une veste de survet' siglée du logo du club de foot local.

A une table discutait notre serveur qui ne semblait pas se préoccuper plus que ca de notre demande de carte avec deux jeunes ayant le look typique de ces aficionados des Rave, baggies kakis et t-shirts sombres à logo en vogue dans les free-party, cranes en partie rasés et des piercings à faire palir un fakir.

En le décrivant, je me dis que c'est quand même incroyable de trouver une telle richesse sociologique en un seul et même lieu et pourtant, crois moi petit lecteur, tout ceci était bel et bien réél!

Nous arrivons donc à la terrasse de derrière, souriant tous suite à la vue de nos homologues de l'intérieur, excepté le Quadra qui lui me regarde en haussant les sourcils, l'air de dire "Mais où sommes nous tombés?". La terrasse de derrière est en total décallage avec le reste de l'établissement. Coincée entre quatre murs ("pour rappeller la cour de promenade de la Santé" ironisera plus tard Christophe), c'est un veritable havre de paix décoré avec gôut, des plantes d'apparence tropicale y cotoie un mobilier en tek et des statues coloniales, le tout savament disposé sur un plancher de la même essence, ce qui donne à l'ensemble un petit air chic sans être ostentatoire.

Là, alors que nous emerveillons de la présence d'un tel espace dans un bar de ce niveau, il nous est impossible de ne pas entendre la conversation de deux clients placés un peu plus loin et cette phrase pour le moins énigmatique:

-J'lui ai dit s'tu m'fais pas à bouffer ce soir, j'vais aux putes! suivi de deux rires gras et de l'autre qui s'empressa de répondre: Eh Jojo, j'la connais ta femme, si tu lui avais dit ca elle t'aurait foutu à la porte!

Comme mes amis, je ne pu m'empecher de rire, mais le serveur arriva enfin, nous empechant de rebondir sur cet hymne à l'amour dont nous avions été témoins:

-J'vous sers quoi Messieurs Dames ?

-Une carte ? n'ai-je pu m'empecher de répondre, en ajoutant devant sa mine déconfite qu'on allait bien trouvé à commander sans. Ils commandèrent tous les trois un demi et je lui demandas s'ils faisaient des quart Vittel. Cette question le renda pour le moins incrédule et il dit qu'il allait demander. Le Quadra me regarda en riant et dit tous bas en montrant discrétement nos deux amis (au passage eux aussi tatoués artisanalement) que j'faisai le con en commandant de l'eau, que c'est pas comme ca que j'allais faire croire qu'on était des durs et qu'on allait avoir des problèmes. Sophie lui répondit que Christophe malgré son gabarit avait quelques années d'arts martiaux derrière lui, que j'avais quant à moi une carrure un brin dissuasive et qu'ils nous avaient déjà vu faire les méchants au bureau et que ca suffisait à être rassurant.

Ils n'avaient pas d'eau et j'ai finalement hérité d'un Perrier. Et le reste du temps passé à nous rafraichir enfin fut particulièrement agréable. Puis il fallu payé. Je présentais la note et ma carte bancaire au patron repassé entre temps derrière le zinc quand il me précisa qu'il ne prenait pas la carte à moins de 12 euros. Je lui répondis que je n'avais que ca comme moyen de paiement et que 12 euros, c'était quand même élevé comme plafond de paiement. Et là, c'est comme si le temps s'était arreté. Crois le si tu veux petit lecteur, mais même les deux types qui jouaient aux fléchettes se sont figés et m'ont jetté un oeil noir (enfin quatre en l'occurence).

Et là, contre toute attente, un billet de 10 euros est venu se poser sur le comptoir...via la main du Quadra. Tout le monde l'a regardé, incrédule et il est allé jusqu'à sourire au patron en lui disant sur un ton trop respecteux pour être honnête :

Vous rendez la monnaie au moins ?

Le patron a sourit comme pour mieux montrer au Quadra qu'il le prenait definitivement pour un faible.

Et puis nous sommes sortis, le Quadra ironisant sur la situation et trouvant que ce bar avait effectivement pas mal changé alors que Christophe Sophie et moi en plaisantions ensemble. Il y eu une chose sur laquelle nous fumes tous trois d'accord. C'est qu'au moment où le patron rendit au Quadra sa monnaie et que celui-ci laissa tomber une pièce puis se pencha pour la ramasser, s'ils avaient été tous deux en cabane à ce moment là, cela n'aurait vraisemblablement pas arrangé les problèmes de dos de notre ami Quadra.

Posté par Blackmilk à 18:47 - Quand soudain c'est le drame... - Commentaires [12] - Permalien [#]

26 juillet 2008

On compare ?

Etonnament, lorsque les femmes tentent de décrire le voile de compléxité dont peuvent parfois se parer les relations entre individus de sexe masculin, relations justement caractérisées dans l'inconscient collectif par leur simplicité, elles utilisent parfois de drôles d'exemples. Comme le veut notre société moderne et son culte associé de la performance, le vocabulaire employé est davantage de l'ordre du quantitatif que du qualitatif et il n'est pas rare de voir des chiffres illustrer quelque chose que l'on pensait pourtant échapper à la science et à la pensée cartésienne. Et tu l'as bien compris lecteur chéri, si je te parle ici de taille, celle qui est évoquée est rarement celle de l'ego, du besoin de reconnaissance ou d'intéret qui se cache pourtant derrière la référence à l'éventuelle prohiminence d'attributs physiques que la croyance populaire conceptualise comme siège de la virilité.

Et pourtant il existe mille autres domaines où nous, les hommes aimont à nous "tirer la bourre" avant d'en arriver à l'arme ultime qu'est la comparaison physiologique des organes reproducteurs. D'abord parce qu'il y a quand même plus important et motivant dans la vie et que nous sommes un tant soit peu civilisés. Ensuite parce qu'on ne sait jamais à quoi l'on risque de se heurter et même les plus vernis des hommes ne peuvent décemment pas prétendre qu'ils ne croiseront jamais le chemin d'un être dont la "prestance" leur sera très nettement supérieure.

Figures toi cher lecteur qu'avec toute l'objectivité et la capacité à prendre du recul concernant les choses qui me concerne, je pensais stupidement échapper à ce schéma pourtant éprouvé par des millions de mes congénères. Il aura fallu pas moins de deux jours chez ma meilleure amie pour me rendre compte que tout être exceptionnel que je fusse, je ne pouvais malheureusement pas me soustraire au détérminisme génétique, à la stupidité masculine et aux rites qui en découlent.

Chez Lucie , le week-end dernier. Nous parlions elle, sa soeur et moi d'une soirée précédente chez des amis communs en attendant Julien, le beau-frère de Lucie, le copain de sa soeur (comment ca j'me repete ?) et accessoirement l'un des mes très bons amis. Ce debriefing était pour nous l'occasion de critiquer quelque peu les nouvelles têtes dont nous avions fait la connaissance. Et là, Lucie dit que ce qui l'a le plus amusé, c'est la façon dont Julien et un autre jeune homme présent ce soir là ont tour-à-tour essayer de se faire mousser, bataillant chacun de manière ridicule pour essayer d'avoir la vedette en offrant à l'assistance un spectacle risible et divertissant. Et sa soeur de confirmer et de dire qu'elle trouve vraiment ca marrant de voir son cher et tendre se livrer à l'exercice sans même s'en aperçevoir.

Je m'empresse d'exprimer mon étonnement et tente de défendre mon Juju, sans doute mue par d'obscures motivations de défense des absents et par extension des opprimés (toi qui me lis depuis longtemps, tu sais que défendre la veuve et le Julien, c'est carrément mon genre!) plus que par l'amitié pourtant profonde que je lui porte. Et de leur dire n'avoir rien remarqué de tel et que c'est sans doute eux qui ont eu une vision quelque peu déformée de la réalité.

C'est à ce moment précis que j'ai moi-même tendu le baton pour me faire battre, ne me rendant là aussi compte ni de ce qui se passait, ni du procès qui m'attendait.

Car lorsque je me suis naivement mis à disserter sur le fait que pour ma part, je n'étais absolument pas dans cette logique et que je ne voyais d'ailleurs pas quel intérêt il pouvait y a voir à se tourner en ridicule en essayant justement de donner une belle image de soi, on m'a vite recadré à l'aide d'exemples divers et variés. Et j'ai découvert que moi aussi, j'étais ("je suis") un abruti vaniteux à tendance machiste.

"Rien que Juju et toi, vous semblez toujours être en compétition" a dit Lucie, d'un ton calme et avec un sourire amusé qui ne laissait aucun doute sur la véracité de ses propos.

Je serai donc comme ca ? Moi ? Avec Juju ?

Est-ce parce que depuis que je me suis mis au golf, il s'est lui aussi lancé et que lorsque nous avons un parcours de prévu ensemble, je redouble d'efforts à l'entrainement précédent la séance pour être sûr de conserver sur lui l'avance que j'ai toujours eu?

Est-ce parce que depuis ma grande réorientation professionnelle, il gagne plus que moi et que j'ai l'impression qu'il semble vouloir me le montrer à toute fin alors qu'étonnament, je vis mieux que lui et que pour ma part, lorsque la situation était inversée, je ne me suis jamais essayé à lui faire ressentir?

Est-ce parce que j'ai deux fois plus de congés que lui et que lorsqu'il m'appelle le vendredi après-midi en plaisantant sur le fait que je sois probablement en RTT, je le suis effectivement une fois sur deux ?

Est-ce parce qu'il roule en allemande et ne se moque plus de ma française depuis qu'il sait que je vais changer pour celle qu'il aimerait , et qu'il se pose sérieusement la question de changer lui aussi quand sa marge de manoeuvre financière n'est pas si grande ?

Est-ce parce que depuis qu'on se connait, il a cette stabilité dont je rêve et que je n'ai pu trouvé, et que lui de son côté regrette d'avoir eu une seule relation quand j'en enchainais quelques unes ?

Est-ce parce qu'après m'être moqué de lui pendant pas mal de temps parce que son capital capillaire rétrécissait comme peau de chagrin, il peut désormais se moquer du miens qui commence à péricliter ?

Est-ce parce que depuis qu'il sait que je tiens assez longtemps au footing, il s'escrime à toujours (prétendre...) courir plus longtemps que moi ?

Ou est-ce parce qu'il ne supporte pas le fait que je sois plus grand que lui et qu'il a de ce fait et selon sa belle un problème de positionnement malgré l'amitié qu'il me porte ?

Je n'en sais rien. Lucie et sa soeur elles par contre ont leur petite idée. Et pense que c'est effectivement pour toutes ces raisons et pour un bon millier d'autres que je n'suis qu'un homme faillible et comme les autres qui ne peut s'empecher d'entretenir une "saine" (le mot vient d'elles, je n'ai malheureusement pas su décrypter le ton avec lequel elles l'ont dit pour savoir s'il s'agissait vraiment d'ironie) concurrence avec ses congénères, à plus forte raison s'il les apprécie.

Et dire que je l'ai défendu ce petit con ! Quand j'pense qu'on me reproche le fait d'être un homme par sa seule et unique faute. Et qu'en plus, me voilà conscient d'un défaut supplémentaire. Avec tout ca, si la prochaine fois qu'on se voit il a en plus le malheur de jouer mieux que moi, j'lui écrase mon Fer7 sur le crane (qu'il a dégarni, je le repete). Je te vois d'avance t'offusquer? Pourtant, j'trouve ca nettement plus sain que d'en arriver à l'extrémité (si je puis dire) de la comparaison physiologique.

Non ?

Posté par Blackmilk à 17:49 - Quand soudain c'est le drame... - Commentaires [13] - Permalien [#]

05 juin 2008

Stupeurs et larmoiements. Acte III: Parce que ce n'est pas une fin en soi

Je ne procéde pas à un résumé des actes précédents, après tout tu les as lu puis si tel n'est pas le cas, tu as la possibilité de le faire ici même.

Partir donc. Pourquoi ? Pour qui ?

Pourquoi, peut être parce qu'à la lecture de ce mail dont je te parlais il y a quelques semaines, j'ai été surpris de voir que ma vie sentimentale ne se "bornait" plus à Mélusine et que d'autres étaient dorénavant en mesure de provoquer chez moi un trouble particulier. Peut-être aussi parce ce mail est arrivé pile au bon moment (ou selon le point de vue au pire moment), dans une période où Mélusine et moi étions dans le creux de la vague depuis bien trop longtemps pour espérer à défaut de lendemains ensoleillés, une quelconque acalmie.

Pour tout te dire, je ne m'attendais absolument à ce qu'Amélie m'envoie un jour un mail pour prendre de mes nouvelles. Surtout deux ans après des événements qui nous avaient fait partager de merveilleux moments avant de nous laisser un arrière gout amer. Je ne l'avais pas oubliée, j'ai ce défaut de ne pouvoir oublier les gens qui ont à un moment donné fortement influencé ma vie, au grand dam de mes amis qui voient en cela une façon de vivre dans le passé et de ne jamais vraiment tourner la page (alors que pour moi, c'est surtout une façon de construire sur des bases solides en faisant la part belle à l'empirisme, mais ce n'est pas le sujet). Mais de là à penser qu'elle me mailerait un de ces quatres matins, franchement, je n'aurais pas parié dessus.

Reste qu'à la lecture de ces quelques mots, je crois que j'ai compris que tout était fini avec Mélusine et que j'avais bien malgré moi franchi ce jour là la ligne jaune en me prenant à penser des heures durant à ce qu'avait été mon idylle avec Amélie, ce qu'elle aurait pu être et surtout ce qu'elle pourrait être...

Là, tu t'imagines qu'il est inutile de traiter la question "pour qui", qu'il est évident que je suis parti pour rejoindre Amélie et que finallement, tout ca est bien banal, on finit toujours par céder sa place à quelqu'un, ainsi va la vie.

Et pourtant, tu te plantes royalement. Car si Amélie a été le déclencheur de tout cela, elle n'en est pas pour autant la cause profonde. Si je suis parti, c'est avant tout pour Mélusine et moi. Par respect pour ce que l'on a vécu, par respect pour elle, par respect pour moi, pour ne pas se mentir.

Alors quid de ma vie aujourd'hui ?

Et bien figures toi que je suis célibataire, et je dois dire que je ne le vis pas trop mal (en vrai je le vis très bien mais c'est toujours délicat de dire ca quand on a quitté quelqu'un). Pas d'Amélie à l'horizon, nous échangeons toujours des mails mais en gardant chacun notre réserve, et je réapprends à vivre au jour le jour.

Je sais, tu restes sur ta faim, et ce n'est justement pas la fin que tu attendais. Tu aurais sans doute voulu qu'il y ait plus de traits d'humour, de digressions à s'endormir comme j'aime en faire habituellement, de vieux jeux de mots à deux balles que ne renieraient pas mes deux amies du "Trium Vira bloguistique".

Tu aurais peut être voulu que je t'annonce mes fiançailles avec Amélie, ou à défaut mon engagement dans une nouvelle relation, ou peut-être même que je me remette avec Mélusine. Une fin à la Quatre mariages et un enterrement en somme.

Désolé. Aujourd'hui, je me dis qu'à défaut de réélement pouvoir vendre le synopsis de ma vie à Spielberg, j'ai de la chance. Ce soir je dine en tête à tête avec l'une des femmes les plus charmantes que je connaisse, rafinée, drôle, subtile, cultivée, intelligente, aimante. Certes, c'est ma mère mais ca n'enelève pas la magie annoncé de nos retrouvailles. Demain je passe la nuit chez l'une des plus ravissantes femmes que je connaisse et qui en plus d'être divinement belle se paye le luxe d'avoir de l'humour, de l'esprit et ce troublant mélange d'extrème sensualité et fragilité sous-jacente qui font de sa compagnie l'une de celles que j'aprécie le plus. En effet, c'est ma meilleure amie, mais là encore, ca ne retire rien au plaisir qui sera le notre à passer la soirée ensemble. Voilà à quoi ressemble ma vie ces temps-ci.

Je me sens libre et vivant comme cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps, pas loin d'être heureux, et finallement, n'est ce pas tout ce qui compte ? 

Posté par Blackmilk à 16:38 - Quand soudain c'est le drame... - Commentaires [7] - Permalien [#]

26 mai 2008

Stupeurs et larmoiement. Acte II: Parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir un cancer.

C'est un fait communément admis (tout du moins par quiconque a déjà vécu une relation sentimentale), les relations les plus merveilleuses finissent toujours par prendre une tournure tragique, pour ne pas dire dramatique. Alors je te vois déjà dire que non, l'amour éternel existe et que Catherine Ringer était une sombre idiote de penser que "les histoires d'amour finissent mal en général" alors qu'elle et son compagnon se sont aimés jusqu'au bout.

Je te répondrais simplement que Fred Chichin est mort d'un cancer foudroyant et qu'il y a tout de même plus abouti comme concept de happy end. En effet Coco, quoi que tu fasses et même si tout va bien, il y en a toujours un des deux (je pars du postulat que la grande majorité des relations échappent au principe de polygamie et/ou de libertinage sentimental) qui meurt à la fin (voire même les deux mais j'ose espérer que tu auras saisi le sens de mon propos quelque peu maladroit du premier coup). A partir de là, on peut clairement considérer que même quand ca finit bien, ca finit mal (je suis pas sur d'être super clair mais tant pis)!

Bref, je te rassure, Mélusine et moi même sommes bien en vie (tout du moins à l'heure où j'écris ce mail), reste que les choses n'en ont pas moins pris une tournure tragique. Car aussi surprenant que cela puisse paraître, il y eu un moment où Mélusine n'aimat plus que je lui caresse les cheveux. Rien de très grave me répondras-tu, sauf si par malheur j'avais été une sorte d'obscure fétichiste des cheveux (toi ami fétichiste qui à l'instar d'autres personnes quelque peu perturbées est arrivé ici suite à une requête assez particulière, sois sans crainte. Je n'ai rien contre les fétichistes et je ne voudrai certainement pas ajouter ta respectable confrérie à la longue liste des gens qui n'aiment pas ce blog et au sein desquels figurent déjà pêle-mêle les féministes, les écologistes, les apprentis fachistes, les coloristes, les communistes, les vieux sans parler de ceux qui pensent qu'un commentaire laissé sur le blog de leur copine est une tentative de séduction alors que franchement, j'ai ces temps-ci bien d'autres soucis en tête que la godriolle!).

Pas sûr (sous-entendu "pas sûr qu'il n'y ait rien de grave. C'est le problème des digressions mal controlées, elles perdent souvent le lecteur). D'autant plus que ce n'est pas la seule chose qui dans son comportement est tout à coup devenue déroutante. Oui, à la lecture du mot déroutante, tu penses toi aussi à cette conception toute particulière qu'elle a de la conduite automobile en générale et du depassement en côte conduisant au bas côté en particulier mais sâche qu'il a bien plus terrifiant. Et cette chose dont il y a quelques mois encore j'aurai eu du mal à parler se câche sous un mot à l'apparence presque anodine qui a pourtant terrifié des centaines de milliers de jeunes gens "bon à marier":

(Afin de profiter pleinement de la dimension dramatique du concept, il faut t'imaginer à la lecture du mot en question une sorte de musique terrifiante, un peu à la façon de la mythique bande originale des Dents de la Mer, la soif de rester sur le même bateau en plus, la scène du prédateur explosant alors qu'il ingére une bouteille d'air comprimé en moins)

L'Engagement.

Oui, je sais, il y a de quoi donner des sueurs froides aux plus courageux. Et pourtant, j'étais moi même assez confiant par rapport à tout ce qui concernait cet engagement que j'avais fuis comme la peste avant de l'éprouver avec un certain plaisir. Je sais, c'était trop beau.

Forte donc de cette victoire sur la philosophie blackmilkienne et de cette incroyable évolution qu'elle avait fait subir à ma respectable personne (oui je sais, ca c'est moi qui le dit), Mélusine décida qu'il ne fallait pas en rester là. Sur le principe, j'étais assez d'accord. Là où nos opinions divergeaient, plus encore que sur le timing, c'était sur les motivations qu'avancait ma charmante compagne. Il était selon elle opportun de construire ensemble quelque chose de concret pour, comme elle le formula si bien une fois sceller un peu plus notre union et faire que si un jour j'avais l'audace de croire que je pouvais partir, j'y réflechisse à deux fois.

De quoi refreiner les ardeurs du plus fleur bleue des hommes.

Ajoute à cela un caractère changeant, plusieurs tentatives avortées d'imposer une dictature féminine sur des terres sentimentales où l'égalité des deux parties en présence était justement considérée comme un principe fondateur et une propension aux caprices à faire pâlir le plus exigeant des multimilionnaires excentriques et tu comprendras aisément que j'en arrive moi même à changer, et pas forcément dans le bon sens.

C'est alors que je me suis mis à devenir à mon tour mélusinien. Et à adopter une posture pour le moins radicale: celle d'avoir justement l'audace de croire que peut-être...je pouvais partir...

Posté par Blackmilk à 09:15 - Quand soudain c'est le drame... - Commentaires [5] - Permalien [#]

18 mai 2008

Stupeurs et larmoiements. Acte I: Once upon a time...

Tout commence par un mail.

Un simple message ouvert par un matin pluvieux de Mars, alors que j'arrive tout juste au bureau. Quelques phrases écrites avec ce style élégant et simple, reconnaissable entre mille. Comme un vent de fraicheur négligeamment laché sur moi alors que je suis encore frèle, désarmé par cet état d'éveil qui peine à s'emparer de moi.

Une missive envoyée l'air de rien, comme pour mieux accentuer le choc voulu par l'auteur en utilisant le jeu de la litote. Un séisme donnant à mon coeur l'impression de remonter sur ces montagnes russes qu'il avait pourtant juré de ne plus fréquenter. La réaction est pour le moins paradoxale, mon esprit conditionné par d'habiles manoeuvres me ramène en effet à Mélusine, un peu à la façon de ces alliages métalliques dit "à mémoire" qui reprennent leur forme d'origine sous l'effet de la chaleur.

Mélusine ? Qui est-ce ?

Ah oui, tu es sûr, je ne t'ai jamais parlé de Mélusine ? Etrange en fait vu que ce blog est justement le fruit de nos premiers heurs, de nos premiers doutes sérieux quant à cet osmose que nous avions créée, entretenue, sublimée. Je t'aurais donc sciemment caché l'une des composantes essentielles de ma vie, l'un des éléments nécéssaires à l'appréhension du méchanisme blackmilien. Corrigeons cela de ce pas.

Mélusine et moi sommes ce que l'on appelle communément un couple. Ou tout du moins nous l'avons été il fut un temps... Nous habitons ensemble, nous dormons ensemble, nous payons nos factures ensemble,nous jouons au mariokart ensemble, nous nous déchirons ensemble. Ni plus ni moins que la plupart des binômes sentimentaux partageant notre situation.

Tout avait un peu commencé par hasard, par une de ces rencontres improbables et incongrues qui une fois sur un million débouche sur la naissance d'une idylle. Nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre presque malgré nous, nous complaisant tout deux à l'époque dans le confort douillet et sans risque du célibat depuis quelques mois. Le choc n'en fut que plus rude quand nous nous sommes aperçus très vite que vivre l'un sans l'autre était tout simplement inconcevable. Trois mois seulement après la première fois où elle s'était laissée caresser les cheveux avec un plaisir non dissimulé, je demandais ma mutation pour venir voir si l'herbe était effectivement plus verte dans la contrée Mélusinienne. Laissant derrière moi famille, amis et repères, je découvrais pour la première fois ce qu'était l'engagement sentimental, transformant des souhaits formulés à plusieurs reprises par des ersatz de Mélusine en actes biens concrets.

Les débuts comme toujours furent euphoriques, me donnant pour la première fois l'impression d'avoir trouvé mon équilibre. Il faut dire que la cohabitation était de fait facilitée par nos emplois du temps respectifs. Mon travail me laissant pas mal de temps libre et le sien l'obligeant à travailler en soirée et week-ends, le besoin de solitude dont j'avais toujours été empreint se mariait à merveille avec le concept de vie maritale que j'experimentais pour la première fois. J'arrivais même à faire le deuil de mon ancien appartement cosy et de son environnement ultra citadin pour découvrir les joies d'une autre ville, moins  étendue, moins vivante mais il est vrai beaucoup plus conviviale.

Forte des constatations de son évidente influence sur le Blackmilk way of life, Mélusine s'est alors décidée à passer à la vitesse supérieure. Et c'est là que les choses se sont sérieusement dégradées...

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03 février 2008

7minutes 43 secondes plus tard...

Il était inutile de retourner l'idée dans tous les sens pour s'assurer de sa viabilité, c'était le moment approprié pour remettre le couvert. Un instant rare, précieux, une de ces fois où la vie semble se parer de la simplicité dont elle était empreinte lorsque nous étions enfant. Une belle fin d'après-midi d'hiver, entre chien et loup, juste à temps pour aller taquiner le soleil et voir lequel de nous deux sera le plus rapide.

Elles sont à l'endroit même où je me souvenais les avoir rangé, ce qui est en fait assez inhabituel. Sans doute un signe de bonne augure. Je ne les ai pas chaussé depuis maintenant près d'un an, tout du moins dans l'optique de les malmener comme elles l'aiment, avec rage et détérmination.

Sous l'oeil jaloux du maillot de bain et des chaussures de golf qui d'habitude ont la vedette, les voilà qui pavoisent, affirment leurs agressivité et vanité avec la joie et le mépris revanchard de maitresses qui sortent enfin de l'ombre. Des amantes dont l'heure s'est vraisemblablement trop fait attendre. Elles ont en effet beau bomber leurs trois bandes, battrent le pavé avec la précision rythmique d'un métronome et enflammer le bitume par leurs caresses caoutchoutées, notre symbiose n'a plus le souffle d'antant et il ne faut pas longtemps pour que le feu se propage aux rotules, puis aux poumons.

Les premiers doutes surviennent, accompagnés des questions que chaque personne s'étant un jour essayé au running s'est posée.

Est-ce que je vais tenir ?

Est-ce que je suis un lâche si j'abandonne ?

Est-ce que ce Pitbull qui me regarde depuis sa niche alors que je longe sa propriété est attaché ?

Est-ce que je dois tirer les conséquences de mon échec respiratoire en me retirant définitivement de la vie athlétique ?

Est-ce qu'il va venir pour les vacances, sachant que je n'ai pas changé d'adresse ?

Est-ce que je n'y arrive plus parce que, sans m'en rendre compte, j'aurai ... vieilli ?

Et c'est alors que je m'arrete, mettant de fait fin à cette tentative d'introspection. J'ai beau faire, je ne tiens pas le choc. Qu'importe, c'est la reprise, c'est toujours dur, j'suis sur que j'ai explosé le chrono. Voyons combien de temps j'ai tenu.

7 minutes, 43 secondes.

Un conseil, si tu te décides à reprendre le footing, que tu n'as pas couru depuis la dernière diffusion de Forest Gump et que tes petits poumons fragiles ne font pas bon ménage avec la dureté de l'hiver, ne te chronomètre pas, tu risquerai de raccrocher définitivement les oreillettes de running. Parce qu'il te faut de la musique pour courir, un peu dans le genre de celle qu'ils diffusaient chez Véronique et Davina pour le rythme. Ainsi que des vêtements moulants fluos et dépareillés avec sur la tête le petit bandeau qui va bien. Non sinon tu comprends, c'est pas du vrai footing. T'es pas un vrai joggeur si t'as pas un minimum l'air con. C'est en ca que j'me dis que c'est pas un sport pour moi. Enfin, ce n'en est plus un. Non pas que j'ai un problème avec le fait d'avoir l'air d'un imbécile. Je pense que le ridicule ne tue pas. Mais le pneumonie si.

Alors j'ai fait demi-tour en laissant derrière moi mes rêves de sportivité, de victoire au marathon de New-York, d'argent facile et de femmes qui ne le seraient pas moins. Je suis rentré, la mort dans l'âme et les poumons au bord des lèvres (Oui, je sais qu'en général c'est le coeur, mais vu que je suis sensé ne pas en avoir pour d'évidentes raisons de prestige cynique et autre volonté d'apparaître comme quelqu'un de distant, j'ai fait avec ce que j'ai trouvé), j'ai jetté mon petit juste au corps (Ndla: NON, je ne suis pas métrosexuel, c'est un vetement adapté au running) sur le lit et j'ai rangé mes précieuses amies dans le placard sans intention de les sortir avant les beaux jours. Je me suis fait couler un bain, histoire de me détendre, d'oublier et de ne pas me sentir coupable de les délaisser pour leurs consoeur en cuir noir brossé et luisant, celles qui de par leur confort me rappellent que le sport peut finallement être un acte barbare et sans autre intéret que celui de se faire du mal.

Reste que j'ai beau trouvé toutes les excuses possibles et inimaginables pour minimiser la chose, me dire que tout va bien et que je suis bien mieux dans mon canapé, les fait sont là: Je veillis. Ou plutot je commence à veillir. Je ne suis plus en possession des moyens physiques et psychiques qui étaient les miens il y a ne serait-ce qu'un an. Je m'explique.

Je ne tiens plus une journée de travail après une nuit blanche.

Je baille devant les documentaires à la Télé.

J'ai l'impression d'avoir moins de cheveux.

J'ai mal au dos après un long trajet en voiture.

Je suis incapable de danser la tecktonik (et de l'orthographier aussi, mais ca je ne pense pas être le seul).

Je parle de chanteurs morts à mon petit frère (Il connait même pas Barry White !) et il me prend pour un ringard.

J'ai des placements financiers pour assurer ma retraite.

Deux matins sur trois, j'écoute France Inter dans la voiture.

Je rie aux sketchs des Inconnus.

Je ne veux plus mettre un pied dans un club, même depuis qu'on peut y aller sans être intoxiqué à la nicotine.

Et mille autres choses qui me laissent à penser qu'il y a un réel décallage entre ce que je suis et ce que je pense être, comme si j'étais en proie à une sorte de faille spatio-temporelle. Toujours est-il qu'aujourd'hui, je ne suis pas sur d'avoir vieilli de seulement 7mn43.

Dis, tu crois que c'est grave? Tu connais un médecin conciliant qui prescrit de la DHEA ?

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17 janvier 2008

Un blackmilk vous manque et ...

Bonjour bonjour petit lecteur (en fait tel que tu me lis là, c'est le soir mais bon, t'auras globalement compris mon message).

Aujourd'hui (oui, enfin ce soir) je suis inquiet. Rien à voir avec la consécration que m'apporte ce blog et la reconnaissance universelle de l'exception blackmilkienne dont google est le principal artisan. Tu te demandes de quoi je parle et tu te dis que j'ai encore abusé du snifage de colle Uhu que m'offre mon cher employeur. Même pas. Tout d'abord parce qu'à part peut-être avoir l'air con, snifer de la colle Uhu n'aura malheureusement aucun effet sur le petit junkie que tu es. Ensuite parce ce que lorsque je parle de consécration, je m'appuie sur les statistiques pour dire non sans fierté que ce blog est devenu une vrai référence en matière de marketing des cafetières. En effet, l'une des requêtes ayant mené l'un d'entre toi ici répond au doux nom de "Mercatique senseo". Si ca c'est pas le début de la reconnaissance universelle ...

Mais ce n'est pas celà qui m'inquiète.

Car aujourd'hui je suis inquiet. Peut-être parce que cette nouvelle année est pour moi l'occasion de me féliciter d'être citoyen d'un pays où l'élite dirigeante donne envie au francais moyen de cracher sur sa carte d'électeur (Donc toi, sauf peut-être toi nouvel ami lecteur suisse qui depuis quelques jours semble vouloir rattraper ton retard dans cette noble discipline qu'est la philosophie blackmilkienne en dévorant les pages sans pause avec une gourmandise qui n'est pas sans rappeller celle dont les chiens sont empreints à la vue d'un os/et ou d'un bébé de trois mois qu'ils trouvent menacant). Une année qui d'après notre cher président devrait symboliser la rupture mais s'inscrit bel et bien dans la continuité, celle du principe selon lequel les promesses électorales n'engagent que les abrutis s'étant fait berner par un discours non seulement démagogique mais sectaire, invraisemblable et dangereux  ceux qui le croient. Oui, je sais, c'est peut-être un peu plus engagé voire partisan qu'à l'accoutumée mais sans être forcément favorable à la doctrine qui est la sienne (et pour toi le lecteur qui constitue son coeur de cible et qui le regarde tous les soirs étaler sa vie privée dans le journal de Poivre d'Arvor, je précise que c'est un euphémisme. Je t'ai mis le lien au cas où), j'ai de plus en plus de mal à supporter le décallage entre son discours et son action, encore plus que si j'avais voté pour lui. "2008, l'année du coït" comme disent certaines lectrices. Et bien avec ce président, j'espère que tu as un gout pour les pratiques usant de voies disons... détournées (mais bel et bien naturelles, je le précise pour toi le lecteur écolo-militant).

Mais il y a bien plus grave.

Car tu l'as compris, je suis inquiet. Je n'ai pas eu mon lapin Nabaztag à Nowel. Tu as bien lu, l'un des objectifs fondamentaux que je m'étais fixé pour fin 2007 n'a pas été atteint. Pire, je suis passé devant le lapin susnommé il y a quelques jours et j'ai du supporter son regard accusateur, tournant aussitôt les talons pour ne pas faire face à l'insoutenable réalité, celle de mon impuissance à rendre heureux ce pauvre petit palmidé amateur de carotte (Oui, je sais qu'à la base c'est pas un palmidé mais comme je voulais te mettre son genre hsitoire de ne pas répéter une énième fois que c'est un lapin et que là tu vois, j'suis plutôt prêt à m'endormir sur le clavier que disposé à aller faire des recherches sur Google pour tes beaux yeux, ben tu feras comme si c'était bel et bien un palmidé) en le faisant mien. C'est triste, je te le concède mais moi aussi, parfois je suis lâche.
Alors c'est vrai, j'ai eu une Wii, un tomtom, des vêtements, plein d'argent et mille et un cadeau dont l'inventaire serait trop long (Oui, moi aussi je flambe. Tu m'diras, c'est à la mode avec toutes ces rolex, ces jets privés etc... Sauf que moi je peux me le permettre parce que j'ai pas promis aux Français d'augmenter leur pouvoir d'achat). Mais ce n'est pas pareil. Depuis que je ne l'ai pas vu au pied du sapin, c'est comme s'il y avait quelque chose de cassé.

Et pourtant, il y a plus grave.

Car je suis formel, aujourd'hui, je suis inquiet. Tu te demandes pourquoi. Peut-être parce que je m'étonne à vouloir te faire partager des choses encore plus inintéressantes que celles que je te soumets habituellement. En effet,tu l'as échappé belle. J'ai bien failli consacrer un post entier à ce formidable moment de bonheur vécu ce midi durant lequel j'ai regardé mes chers collègues se livrer au test publié dans Public: "Quel Tokyo Hotel peux-tu séduire?" et te donner en exclusivité mondiale les résultats de ma chère collègue Line. Mais je me suis dis que finallement, tu pourrais faire toi même le test en question en te fendant de quelques centimes pour faire vivre la presse écrite (si, si, ca fait partie de la presse écrite).

Mais ce n'est pas ce qui m'amène devant toi aujourd'hui.

Ce qui m'inquiète cher lecteur, c'est que tu n'as pas eu l'occasion de te sustanter d'un de mes posts fraichement écrits depuis bien trop longtemps. Je sais, je te manque. Seulement voilà, il y a des fois où il faut savoir être fort, rester digne et ne pas pleurnicher à la première absence de celui que l'on considère comme un dieu vivant. Car figure toi que tout comme toi, je ne fais pas forcément ce que je veux.

Il se trouve que ces temps-ci, ma vie est assez bien remplie et il ne reste que peu de place pour ce modeste espace numérique auquel tu es devenu peu à peu accroc. Si tu veux tout savoir, je suis dans une phase professionnelle assez dense et mes journées ressemblent à une longue succession de phases de travail parfois entrecoupées de rares moments de détente. Et cela devrait durer jusqu'à Mars, date à laquelle je partirai loin de tout dossier ou autre projet en cours pour laisser filer mon stress sur les pistes enneigées. Ce projet qui en ce moment me bouffe pas mal de mon temps et m'oblige à ramener chaque soir du travail à la maison ne m'empêche bien évidemment pas de penser à toi. Cependant, inutile de te mentir, je vais avoir du mal à être aussi présent que de par le passé, et ceux d'entre toi qui ont eux aussi un blog sur lequel je passais jadis quotidiennement ont du se rendre compte que je n'avais plus autant de temps à consacrer à mes pérégrinations virtuelles.

Alors voilà, il se peut que je post de façon toujous aussi régulière mais pour être tout à fait honnête avec toi, je ne pense pas que ce sera le cas. Loin d'être mort, ce blog continuera à vivre (Tu vois, c'est après avoir relu des phrases d'une telle cohérence et d'une telle portée philosophique que je me dis qu'un post tout les jours, ca te ferait vite fuire ). Je continuerai à poster, à te répondre, à me soumettre à tes fantasmes blogguistiques les plus fous tout ca tout ca mais pas forcément de façon quotidienne, tout du moins pas dans l'immédiat.

Tu m'aimeras quand même hein dis hein ?

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27 novembre 2007

Le percepteur frappe toujours deux fois...

Lettre ouverte à Madame Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi de la République Française.

Chère Madame Lagarde,

Je viens vous adresser cette modeste missive en espérant qu'à défaut d'apporter une certaine cohérence à votre action, elle ne manquera pas d'insinuer le doute dans votre esprit torturé de petit juriste parvenu adepte de natation synchronisée sur l'utilité et la légitimité de votre action. Celle-ci semble en effet destinée à monter chaque jour un peu plus contre vous les honnêtes citoyens que je représente aujourd'hui modestement.

C'est un fait Madame Lagarde, je ne vous aime pas et je confesse sans honte que je n'ai à votre égard aucune considération. J'irais même jusqu'à dire que sur une échelle graduée de 1 à 10, le chiffre 1 étant assimilé à l'indifférence la plus totale et 10 étant le summum du mépris réservé à la lie de la société, vous méritez amplement la position la plus haute, position qui justifie difficillement vos émoluments atteignant eux-aussi des sommets.

En effet Madame, votre entêtement à vous inscrire dans une démarche politique aussi déraisonnée et injuste que démagogique n'honnore que l'homme aux 54% et son tissu de balivernes économiques héontées visant à soi-disant relancer le pouvoir d'achat. Car ce bouclier fiscal, cette mesure visant plus à creuser les écarts qu'à permettre à la plèbe de sortir la tête de l'eau, vous la défendez comme si votre vie en dépendait, vous rendant complice d'une farce qui laisse aux malheureux dont je ne fais pourtant pas partie un gôut amer.

Est-ce cette décéption causée par ces deux échecs successifs au concours d'entrée de l'antichambre de notre élite républicaine qui vous a poussé à rejoindre le côté obscur de la politique française ? Est-ce cette enfance dorée et cette carrière de Working Girl au pays de la démesure qui fait aujourd'hui de vous un sbire de notre Nicolas 1er ? Comment parvenez vous à rester dans l'ombre de celui qui d'un côté vante les mérites du libéralisme pour de l'autre mener le pays de manière stalinienne en jouant brillament la carte de la propagande et du culte de la personnalité?

Car vous l'aimez notre président Madame Lagarde, il suffirait qu'il vous invite à vous sacrifier pour le bien public et la raison d'état pour que vous vous offriez sans broncher aux fauves des rues qu'il s'evertue à dompter depuis plusieurs semaines. Et vous, vil pantin, vous n'hésiteriez pas à crever bouche ouverte dans le caniveau, sans broncher, juste pour la cause, celles des nantis adeptes de croisières en Méditéranée et des collectionneurs de Rolex, histoire de montrer votre capacité à résister et si besoin à périr. Car aujourd'hui comme dans l'antiquité, Lagarde meurt mais ne se rend pas...

*** Cher lecteur quelque peu perdu dans ce qui ressemble fortement à un pamphlet politique et attéré par cette vanne à deux balles sur un nom de famille, chose qui j'en conviens manque autant de classe et de savoir-vivre que les insultes sur les mères, rassure toi, ton calvaire est bientôt fini, reste encore un peu ****

C'est un fait, Madame Lagarde, je ne vous aime pas, mais cela n'est nullement lié à vos opinions politiques ou à vos choix douteux en matière de Mentor (Car étant vous même une habituée de ce modeste concentré de philosophie blackmilkienne, vous n'êtes Madame le ministre sans doute pas sans savoir que je suis ici lié à mon lecteur par un contrat moral, celui-là même qui m'oblige à lui préciser que vous avez été initiée à la politique par Jean-Pierre Raffarin et décorée de la légion d'honneur par Jacques Chirac, autant de parrains qui laissaient présager d'un avenir politique chaotique...).

Je nourris pour vous (et plus particulièrement à ce moment précis) une haine sans limite mais cela n'a rien à voir avec votre conception toute particulière de l'élégance féminine, certes plus élaborée et moins clinquante que ce qu'il convient désormais d'appeller l'école Bachelot mais pas forcément plus à propos et digne de la ligne vestimentaire ministérielle tirée vers le haut par Mesdemoiselles Yade et Dati.

Je vous porte aux nues dès lors qu'il s'agit de confirmer votre médiocrité mais je ne m'adresse en aucun cas à la personne sans doute fragile et super-sexy qui se cache derrière votre habit de fonction vieillot et psychorigide.

Non, Madame Lagarde, je ne vous aime pas car vous êtes l'élément le plus visible et le plus emblématique d'une administration qui oeuvre dans l'ombre depuis des siècles pour pourrir la vie de vos administrés. Cet établissement que certains qualifient de voleur et dont le siège se situe à Berçy, je n'ose en prononcer ici  le nom de peur que ses employés me retrouvent et qu'ils m'assènent le coup de grâce sous couvert d'accomplir consciencieusement leurs basses besognes.

Que les choses soient claires Christine, je n'ai absolument rien contre le fait de payer des impôts, je trouve d'une part que c'est un devoir civique qui flatte mon égo de citoyen modèle et solidaire et puis je suis assez satisfait que nos services fiscaux soient aussi détérminés dans leur quête du financement de notre société moderne. J'irais même jusqu'à dire que les impôts sont une composante essentielle de la démocratie telle que je la conçois et qu'ils permettent à nos dirigeants de réaliser ou de perpétuer ces belles idées pour lesquelles se sont battues des siècles durant les précédentes générations.

Seulement voilà, là Cricri, j'ai du mal à te suivre. Et je vois qu'à la lecture du mot "Cricri", tu as toi aussi du mal à suivre et te demande ce qui peut justifier un tel manque de correction de la part d'un jeune homme qui se veut être la plupart du temps un chantre du savoir-vivre et des bonnes manières. Et bien tu vois Cricri, cela ne me gène absolument pas de payer des impôts sur le revenu. Bon, d'accord, c'est vrai que je pourrais m'offrir tout un tas de truc avec cet argent qui ne fait que passer sur mon compte mais je pense à l'intérêt public, à la solidarité, à toutes ces conneries auxquelles j'ai fini par adhérer suite à un matraquage gauchiste relayé par les nombreux héritiers de la monarchie mitterandienne qui peuplent ma vie (et que contrairement aux apparences je respecte et j'estime enormement).

Mais Christine de mon coeur, quand tu me prélèves deux fois la somme due et que tes services généraux me répondent que c'est une erreur mais que ce n'est pas de leur faute, qu'ils me donnent le numéro de téléphone de la trésorerie qui selon eux est la cause de tous mes soucis et que les trésoriers en question me disent qu'il y a effectivement erreur mais que celle-ci vient de tes services généraux, j'ai du mal à te suivre...et surtout à garder mon calme. Parce que tu vois Madame le ministre fiscal, c'est pas comme si tu chapardais deux bombec à la supérette du coin et que tu te faisais chopper en étant quasiment sûre que le gérant nord africain qui se tue à la tâche 7 jours sur 7 et 12 heures par jour va passer l'éponge.

Non, là c'est à mon fric que tu touches. Et tout humaniste que je sois, je me vois mal te faire cadeaux de ce que j'ai durement gagné en me rendant chaque jour au taf pour lire les blogs des autres et boire du café. Je ne lâcherais pas Christine, cet argent, je le récupererai coute que coute, qu'importe le temps que ca prendra. Et sois sûre que je l'emporterai dans ma tombe. Juste histoire que tu doives patienter pour le récupérer, en te servant sur le dos de ma future progéniture et en ponctionnant la tva sur mon cercueil, les frais de succession sur mon patrimoine et la Tipp sur l'essence du corbillard qui m'emmenera jusqu'à ma dernière demeure. Finallement tu as au moins le mérite de me redonner espoir. Grâce à toi, je sais que je ne serai pas seul à ma mort...Merci le fisc et...désolé pour le dérangement.

Ton dévoué et ponctionné Blackmilk

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19 novembre 2007

Juste une trace du temps qui passe...

Le concept vient d'L. Que je remercie au passage et qui j'en suis sûr ne m'en voudra pas.

Ecrire pour se souvenir plus tard, lorsque tout sera différent. Ecrire non pas pour partager mais pour mieux revivre une période, un instant, une histoire qui semble désormais bien loin. Ce post là petit lecteur, je te le soumets de façon impudique mais ne sois pas dupe, il est surtout pour moi. Une "production" qui s'inscrit une fois de plus dans une démarche purement égoïste. Une capsule temporelle que je me laisse pour plus tard, histoire de voir quel plaisir j'aurai à déterrer le passé en m'exposant au contentement, surement. Au regret, peut-être. A la nostalgie, c'est certain.

Tout commence hier soir, en musique. Cette envie irrépressible d'aller prendre l'air sans explication, juste le besoin de me donner plus d'espace, comme pour confronter mes états d'âme au vide sidéral de l'univers tout entier. Comme pour mieux voir si le diagnostic est bon. Car à cet instant précis, tout semble vide de sens. La brume légère, mon caban sur les épaules dont le col vient lécher mon echarppe nouée à la va-vite, les rues désertes vétues de leur manteau de feuilles mortes (que manifestement personne ne ramasse à la pelle), il y a dans cette scène comme un je ne sais quoi d'Angleterre. Tout du moins, d'Angleterre telle que je la fantasme, n'ayant eu l'occasion de m'y rendre que deux fois en tout et pour tout, je reste accroché à des clichés qui en fin de compte me conviennent parfaitement.L'Angleterre de Doyle parfois, des la New Wawe et du Ministry of Sound souvent. Celle de Blur, des fish and chips, de ce charme du brut de là-bas, à la fois industriel et sauvage. Comme un choc culturel merveilleusement symbolisé par la Rose dont les épines défendent la beauté.

Et Above you, Below me de Badly Drawn Boy en boucle dans la tête sans que cela aie une signification particulière, juste pour le plaisir de répeter encore et encore cette chanson à la fois enjouée et mélancolique. Cet echappée fait son effet, tout du moins jusqu'au lendemain.

Aujourd'hui. Au bureau.

Je me rends compte que les choses se calment. Il fallait que le rythme baisse quelque peu, que cette folie douce preine fin et me laisse quelque mois pour me remettre avant le rush annoncé au printemps. Mais il reste à faire, crois moi. Beaucoup de travail, beaucoup de raisons de faire passer tout un tas de choses inutiles avant ta délicieuse personne, rien n'est simple ces temps-ci tu sais et la fréquence de mes posts a du te faire comprendre qu'en ce moment, je ne touche pas terre. Grosses mutations au travail, à l'échelle locale mais aussi nationale. Et tu sais comme moi que ces périodes n'ont rien de bon, qu'il faut se méfier, tendre le dos, être aux aguets et surtout raser les murs histoire de ne pas se faire surprendre bêtement par le premier opportuniste ayant envie de s'essayer aux pratiques jadis en vogue à Sodome et Gomorrhe.

Et puis il y a l'automne aussi, cette saison qui s'impose majestueusement, l'air de rien, feuille par feuille et teinte ta vie d'oranges chauds et ennivrants, de marrons frappants et t'invitant à la mélancolie, le tout subtilement relevé de pointes de vert, la couleur de l'espoir histoire que tu ne te rendes pas tout de suite compte que tout est perdu. La nature s'endort peu à peu comme pour t'inviter à ralentir toi aussi, le soleil s'efforce de rétrecir les jours au moment même où tu commences à les trouver de plus en plus interminables. J'ai beau me convaincre que ce n'est qu'une saison et que ma vie ne va pas s'en trouver irrémédiablement changée, je n'y peux rien: chaque année l'automne me terrifie. Et la chaleur toute relative des rares rayons du soleil qui à l'instar des oiseaux se prépare à migrer vers le Sud ne suffit pas à me rassurer.

Cet après-midi, le Quadra et moi étions en rendez vous à l'extérieur ce qui nous a permis d'échapper l'espace de quelques heures à la frénésie qui s'est emparée du bureau depuis maintenant trois mois.Le rendez-vous bouclé et lui ayant permis de faire ce qu'il fait dans la boite depuis maintenant 17 ans, c'est à dire de la figuration, il ne lui fallut pas longtemps pour me convaincre d'aller boire un demi un chocolat chaud avant de regagner nos pénates, comme pour prolonger cette béatitude à laquelle nous avions goûtés alors que nous sortions des locaux de notre cher employeur. Cela faisait longtemps que lui et moi ne nous étions pas retrouvés pour parler de nos vies, de nos peines, de nos joies. Avant septembre il nous arrivait régulièrement de nous retrouver dans la cafét', histoire qu'il me parle de lui, des ses enfants, de lui, des collègues, de lui, de sa femme et ...de lui. Son rôle de spectateur attentif de mes plaintes larmoyantes, de mes révoltes contre le monde entier mais aussi de ces petites victoires qui rendent mon quotidien supportable lui allait également comme un gant. Des confessions autour d'un café, parfois d'une bouteille de cidre (je me rapelle même que la semaine de mon arrivée, il avait déjà tenté de me débaucher en m'associant au détournement d'une bouteille de champomy que notre-directeur-bien-aimé gardait dans son bureau depuis la fête de Noël), autant de plaisirs partagé durant la trève estivale. Depuis, nous avions bien eu l'occasion de nous retrouver pour de bons moments (vider une corbeille à papier sur la tête de Sophie, jouer au foot à l'accueil avec Jean-Claude ou bien écouter Georges massacrer une chanson de Mika -enfin "massacrer"... déjà qu'à la base...-) mais ces retrouvailles publiques n'avaient pas la même saveur que nos tête-à-têtes clandestins en pleine après midi.

Ne va pas t'imaginer je ne sais quoi, nous refaisions simplement le monde et tentions de décrypter les comportements énigmatiques de nos tortionnaires attitrés: les femmes. Cet interlude dans nos vies ces temps-ci bien remplies fut donc quelque peu salvateur. Loin d'une relation filiale (Je t'ai déjà parlé de mon père et depuis que je t'ai présenté le test du cochon, je te soupçonne de te prendre pour un éminent psychologue alors j'anticipe toute analyse à deux balles), nous partageons la même vision puérile décalée et parfois perplexe de la vie et surtout de nos rapports avec les femmes. A deux trois détails près. Je n'ai par exemple jamais trompé personne alors que lui a failli sonner le glas de son couple lorsqu'il a embrassé une collègue dans la cafét' il y a un an. Cet "exploit" qui m'a été relaté à mon arrivée était d'autant plus stupide que l'une des seules personnes de l'agence qui l'ignore se trouve être...sa femme qui travaille elle aussi avec nous. Ce baiser lourd de conséquence le maintien dans une situation d'équilibriste puisqu'il aime sa femme mais pense chaque jour aux lèvres amantes de celle qui depuis semble complètement avoir oublié ce badinage de quelques heures. Malgré ma coupe très courte, j'ai également la chance d'avoir plus de cheveux que lui, mais comme il aime à le dire lorsque je le taquine sur le sujet, nous verrons bien comment je serai à son âge.

Vingt-ans tout juste nous sépare, autant dire une éternité mais il ne semble pour autant pas plus fixé que moi sur la façon dont sa vie a et va évoluer. Alors que nous échangeons nos impressions faites de doute et d'incertitude dans cet établissement où nous nous retrouvons, seuls, complices et heureux de partager ce cinq à sept amical et "philosophique" comme un couple illégitime, nous en venons rapidement au constat que nos vies sont bancales, suffisantes souvent et satisfaisantes parfois mais jamais parfaites. Je sais lecteur de mon coeur, rien n'est jamais parfait. Oui, je te l'accorde, il y a bien moi. Mais en dehors de moi, il faut se rendre à l'évidence et se résigner en acceptant cette vérité à laquelle nul n'échappe: Rien n'est parfait. Et pourtant... Combien de fantasmes, de songes et d'aspirations se sont déjà emparés de nos êtres depuis ce moment malheureux où nous avons quitté le giron de nos mères (Oui, parfois quand ca ne va pas fort, je suis en proie à une étrange nostalgie oedipienne et je n'en ai pas honte)? Comment expliquer que nos esprits puissent enfanter de si doux rêves pourtant impossibles à concretiser ?

Parfois, c'est à se demander si la vie n'est pas qu'une suite d'événements frustrants, sadiques et masochistes. Il lit sur mon visage l'incompatibilité de ce constat avec mon amour profond pour la douceur, la tendresse et parfois même la miévrerie dont j'aime pourtant me moquer en public dès que l'occasion m'en est donnée. Il me rassure tant bien que mal, me disant que tout vieillard qu'il soit, il a encore de l'espoir, des rêves. Je lui oppose son manque de lucidité quant à la chance qu'il a d'avoir des enfants dont tous les parents rêvent, d'avoir une femme qu'il ne mérite assurement pas, belle, intelligente, drole, fraiche, comme on en fait plus... Et je crève de trouille d'en être encore là moi aussi dans vingt ans.

Nous nous accordons sur le fait que nous sommes deux abrutis qui ne savent pas profiter de ce qu'ils ont, aveuglés par ce qu'ils pourraient avoir. Dieu sait que nos vies sont différentes et pourtant, en ce jour de Novembre je découvre un homme qui comprend mieux que personne les démons et les merveilles auxquels je suis en proie. Et c'est aussi réconfortant qu'effrayant.

Puis la vie, la vraie, celle qui n'a cure des réfléxions alambiquées, superficielles et nombrilistes reprend le dessus. Impossible de rester une minute dans cette forteresse de la solitude qui nous enfonce plus qu'elle nou sauve, nous avons tout deux d'autres chats à fouetter.

Sur le retour, tandis que mes yeux s'acclimattent peu à peu à ce ciel entre chien et loup, la première pensée qui me vient devient lancinante. J'ai le temps. J'AI LE TEMPS. Rien n'est parfait, mais ca viendra. Et puis milles autres souhaiteraient être à ma place. Car je l'avoue honteusement, je suis ce genre d'homme dont le principal vice est l'optimisme. Ou comment s'accomoder de la fatalité d'être naïf tout en en ayant conscience. Tout ira bien Blackmilk, il ne peut en être autrement.

Et le mode Shuffle de l'autoradio de me conforter dans cette idée. People help the people de Cherry Ghost vient titiller mon côté midinette (Oui cher lecteur, on peut être cynique, hétérosexuel et se laisser aller à être parfois midinette). Riders on the storms des Doors, Girls and Boys de Blur et Young Folks de Peter Bjorn me rappellent que tout va bien dans le meilleur des mondes, comme les chants de sirènes tout droit sorties d'un avenir radieux, plein de promesses et dans lequel les Doors sortiraient un nouvel album (Je sais, c'est plus qu'improbable mais moi, j'veux y croire ;) ).

Ce soir, la vie est belle. Et tout finit en musique, comme pour mieux recommencer demain. Demain, ce jour effrayant où l'incertitude sera comme toujours tapie dans l'ombre, tentant une énième fois de s'emparer de de façon insidieuse de tout ce qui fait de moi "l'homme" que je suis aujourd'hui.

Posté par Blackmilk à 20:13 - Quand soudain c'est le drame... - Commentaires [9] - Permalien [#]

02 novembre 2007

Beautiful Day

Le 2 Novembre.

Le 2 Novembre, c'est la fête des morts, le jour où l'on devrait en principe célèbrer nos chers disparus, histoire de se faire pardonner de les avoir oublier les 364 autres jours de l'année (Oui cher lecteur, tu n'as pas tout à fait tort en me faisant remarquer que le compte n'est pas bon lorsqu'il s'agit d'une année bisextile. Et alors ai-je envie de te répondre, tu as fait MathSup? Tu as décroché le prix nobel de mathématiques grâce à ta théorie du calcul du sex appeal du quatrième chiffre derrière la virgule du chiffre Pi? Pire, tu es le fils spirituel de Bertrand Renard? -si toi aussi tu as déjà été bloqué chez toi en semaine par une grippe carabinée, tu connais forcément cet animateur chauve chauffant de la calculette dans Des chiffres et des lettres et ayant donné lieu à cette célèbre expression : "Le compte est bon Bertrand" ).

Le 2 Novembre, c'est aussi le jour où Sophie Bayle, cette petite conne blonde super sexy avec des yeux bleus qui te transperçaient le coeur, une déconcertante capacité à argumenter et des courbes pour lequelles tu aurais donné ton booster mbk n'a pas voulu sortir avec moi au début de l'année de seconde. Je te rassure, j'ai eu ma revanche quelques années après à la fac lorsquà mon tour je l'ai éconduit.

Le 2 Novembre vit aussi au fil des ans se dérouler des évenements à forte teneur symbolique. En 1906 nait Luchino Visconti, En 1962, le président Kennedy annonce la fin de la crise des fusées à Cuba, en 1979 Jacques Mesrine l'ennemi public numéro un est abattu par la police. En 2004, George W. Bush est réélu à la présidence des Etats-Unis... Et là, tu te dis que je me fous royalement de toi en t'offrant un post dont l'un des paragraphes est pompé sur Wikipédia. Peut-être, seulement voilà cher lecteur eternellement insatisfait, ce que tu ne sais pas et ce qui à mon sens caractérise le mieux le 2 novembre en cet an de grâce 2007, c'est que cette année (comme souvent) , ce jour maudit est l'occasion pour bon nombre de salariés et d'employés lambda de faire le pont. Oui, cette année cela tombe un vendredi et la grande majorité de nos compatriotes sont en train de buller et de glander en se payant ouvertement la tête de l'un d'eux qui n'a pas eu la chance de pouvoir sauter un jour de travail: MOI.

Car tel que tu me lis là lecteur de mon coeur, je suis au bureau. Bon ok, 90% de mes posts ont été rédigés au bureau alors celà ne te semble pas surprenant mais il suffit que tu imagines quelle aurait pu être ma journée d'aujourd'hui si le réveil n'avait pas conscienscieusement sonné à l'aube, comme pour me rappeller encore et encore qu'aujourd'hui la France entière avait quartier libre pour comprendre mon désarroi. La France entière est en RTT, exceptée MOI.

Ce matin, pas un embouteillage à l'horizon, on se serait cru début août. Seulement voilà, la fluidité de la circulation sur les axes à plusieurs voies a vite laissé place au bonheur des tronçons où l'on ne peut pas doubler et m'a confronté au pire cauchemard de l'automobiliste moderne: Le Kangoo. Le Kangoo, c'est un peu comme une voiture des pays de l'est (mais en version française), une sorte de truc ridicule et aussi hideux qu' inconfortable (Oui je sais, la honte, je suis déjà monté dans l'engin en question mais bon, c'était pour faire plaisir à mon collègue Jean Claude). Le Kangoo, c'est surtout une super excuse des vieux pour rouler à 15 à l'heure en ligne droite dans une descente, leur noble monture étant au taquet de ses possibilités. Impossible de doubler.

Les jours de pont, au delà des facilités de circulation, c'est la garantie d'une charge de travail allegée. Vu que tout le monde (sauf MOI) est en congé, les sollicitations tant au point de vue des collègues que des clients ne sont pas légion. J'aurais quand même trouvé le moyen de me faire refiler un appel téléphonique ne me concernant absolument pas et qui a monopolisé environ une heure de mon temps opérationnel, tout celà pour résoudre un problème dont mon collègue fera tout pour s'attribuer la gloire et le mérite.

Mais le 2 Novembre et son pont associé, c'est surtout l'occasion de se faire remarquer de façon positive auprès de la hiérarchie. En effet, il y a de celà quelques semaines, notre-directeur-bien-aimé me faisait remarqué que ca allait certainement coincer au niveau du 2 novembre en ce qui concernait les effectifs nécéssaires à la bonne marche du service et disait qu'il allait bien falloir régler ce problème. J'ai ainsi décidé de faire une croix sur ce jour de glandage annoncé tout en négociant habillement les deux ponts de Noël et Nouvel an (privilège que cette année je serai le seul à avoir). Quelle ne fut donc pas ma surprise ce matin lorsque j'appris par un collègue que notre-directeur-bien-aimé avait refait les calculs et que nous étions finallement plus qu'il n'en fallait. Il avait donc pris les mesures qui s'imposaient et avait réglé le problème ...en posant finallement son congé du 2 Novembre!

Alors voilà, j'ai gagné sur plusieurs fronts, ayant renforcée mon image de collaborateur faisant preuve d'abnégation et de professionnalisme. J'ai les deux jours de congés que je voulais absolument. Reste qu'au moment où je t'écris, ce connard grand décideur est probablement confortablement installé devant son téléviseur à regarder je ne sais quel soap à la con ou pire encore, dans sa chambre à tenter de raviver la flamme qui jadis animait son couple tandis que moi, je noye mon chagrin dans le café en n'ayant que toi pour partager mes malheurs... Certaines victoires ont un goût amer.

Posté par Blackmilk à 14:07 - Quand soudain c'est le drame... - Commentaires [5] - Permalien [#]



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