Je vis une époque formidable...

J’aurais pu me payer un psy, écrire un synopsis inspiré de ma vie, le vendre à Spielberg pour 15millions de dollars et vivre à La Barbade entouré de chèvres et de femmes nues…mais je préfère partager tout cela avec vous! Vous aimez les chèvres?

09 avril 2009

Falling on the Flore

C'était un de ces soirs d'été, entre chien et loup. Le vent s'engouffrant par les fenêtres ouvertes murmurait un air bien connu des habitants de ma province en période estivale, le genre de symphonie qui lorsqu'il accompagne les branches dans une danse frénétique et désordonnée évoque systématiquement l'orage, comme si le pire des ouragans allait s'abattre sur une contrée qui n'a de tropical que l'humidité quasi-constante.

Impossible de dissocier la nouvelle des caprices du temps ce soir là tant celle-ci fit l'effet du tonnerre qui vrombit juste avant que la foudre ne s'abatte.

Incrédule dans un premier temps, inquiet dans un second, je n'en ai pas dormi de la nuit, me retournant milles fois dans un haletant combat contre mes draps qui n'a crois-moi que bien peu d'intérêt lorsque personne n'est là pour s'y (d)ébattre en ta compagnie.

Ce soir là, de la façon la plus informelle et inattendue qui soit, j'ai appris que mon petit frère de 23 ans allait faire de moi l'un de ces ringards qu'on affuble du sobriquet de "Tonton", réussissant à gommer en un instant toute la pression sociale et familiale qui pesait jusqu'alors sur mes épaules d'ainé.

Je l'avais toujours dit en même temps, ce qui avait d'ailleurs le don de fâcher Mélusine, il était évident que mon frère connaitrait les joies de la paternité avant moi étant donné nos choix de vie et nos approches de la "chose" aux antipodes l'une de l'autre. Non pas que je n'ai jamais souhaité m'engager ou avoir des enfants, bien au contraire. Seulement j'ai toujours eu l'audace et l'arrogance de croire que j'avais le temps et que mon frère n'était quant à lui pas du tout dans cette optique. Il n'empêche qu'il m'a tout de même fallu une bonne heure pour accepter la chose et un bon mois pour réaliser.

Il a commencé à changer, à devenir un autre, ou plutôt à devenir lui-même et à perdre peu à peu son statut de jeune adulte. Une mue lente et inéluctable qui le vit accepter pour la première fois le poids des responsabilités, sans contrainte, sans heurt. Lentement mais surement, il embrassait pleinement cette vie qu'il avait choisit, passant de grand enfant à futur parent. Avant même d'être à trois, Céline sa compagne et lui même préféraient rester à deux quand quelques mois avant leur vie sociale s'apparentait à une fête entrecoupée de journées de labeur.

Et puis un jour je t'ai vu, ou tout du moins deviné, toi la petite locataire temporaire au travers d'une courbe qui se voulait de plus en plus prononcée, donnant à Céline de faux air de père noël, la barbe en moins mais les rougeurs bien présentes... C'est là que je t'ai offert ton premier présent, une girafe Sophie que je ne voulais pas voir offerte par qui que ce soit d'autre. On a cohabité quelques temps ainsi, moi t'offrant des cadeaux avec lesquels tu ne pouvais encore joué, histoire de te narguer. Toi m'écoutant parler de toi bien au chaud sans même daigner me répondre. Jusqu'à hier.

Hier après-midi, après avoir attendu quelques heures que tes parents se reposent, je me suis décidé à rejoindre la ville qui fut mon berceau de cœur et qui a vu battre pour la première fois le tien dans la nuit de Mardi à Mercredi. Je ne saurais clairement expliquer pourquoi mais il a fallu que je me présente devant toi, m'ajoutant ainsi aux bonnes fées déjà penchées sur ton berceau. Là, dans cette chambre où se serraient quatre générations successives, j'ai d'abord vu mon frère les yeux plein d'étoiles, un sourire incroyable que je ne lui avais jamais vu, comme si tout à coup son visage était constitué pour moitié de dents. Ton arrière grand-père lui avait apporté le champagne et je le voyais pour la première fois depuis vingt-six ans le laisser en partie se réchauffer dans sa coupe, comme figé par la vision d'un être à l'importance si considérable que rien d'autre au monde ne comptait. C'est d'ailleurs ce qui m'a tout d'abord frappé. Dire que je t'ai réellement vu lors des deux minutes suivant mon entrée dans la chambre serait mentir. Je n'ai vu que des gens que j'aimais hypnotisés par je ne sais quel charme. Ta maman avait à juste titre l'air épuisée, marquée par la dizaine d'heures précédant ton arrivée spectaculaire.La mienne, ta grand-mère donc était dans un état qu'on eut aimé voir plus souvent: silencieuse. Et puis je t'ai vu, enfin. Une sorte de toute petite chose en pyjama rose auquel faisaient écho tes petites joues rouges. Je n'irais pas jusqu'à dire que tu étais belle, ayant toujours trouvé les bébés disons ... physiquement caractéristiques. Il n'empêche que tu étais loin d'être horrible comme tous ces nourrissons qui ont déjà croisé mon chemin. En m'approchant de ton petit lit minuscule (Oui, petit lit minuscule. Commence pas à faire ton insolente comme ton oncle ou t'es privée de Girafe), j'ai été surpris par le fait que tu sois aussi petite vue de près que de loin. Une toute petite chose fragile et rouge qui dormait selon l'expression consacrée à poings fermés, ceux-ci étant littéralement fermés à mi chemin entre ton cou et tes toutes petites lèvres, comme si dans tes rêves déjà, tu tenais la posture de battante propre à tes parents. En y regardant de plus près, t'étais même carrément trognonne (Oui, trognonne, t'es peut-être super précoce mais tu vas pas m'dire qu'à deux jours, t'es forte en langue française!). Là, sous mes yeux, tu as souri. Je sais, ces stupides pédiatres disent que le sourire n'existe pas chez les nourrissons, toujours est-il que toi, TU M'AS SOURi.

Aujourd'hui, je souris moi aussi. La vie est belle, les oiseaux chantaient ce matin. Et même pas cette foutue bestiole qui a l'habitude de venir faire du moonwalk sur le rebord de ma fenêtre, non des oiseaux tous petits et fragiles, comme toi. Des oiseaux mignons comme tout. J'ai vu des horreurs en consultant ma boite pro ce matin; vite refermée d'ailleurs, j'ai réalisé que j'arrivais à la fin de mes congés, il n'y avait plus de princes de Lu dans mon "placard à princes de Lu". Et pourtant, je me sens aujourd'hui bien comme rarement ces derniers mois. Tu as raison, c'est peut-être parce que dans le tiroir de ma table de chevet se trouvent mon passeport et des billets pour une destination euphorisante où je serai dans deux mois. Ou alors comme tu m'y fais penser à l'instant, c'est peut-être le fait d'avoir gouté un si bel après-midi chaud et ensoleillé sur le parcours de Golf (où j'ai été vraiment nul mais où cela ne m'a cette fois-ci pas perturbé).

Je crois cependant que tout ca, c'est de ta faute ! Parce qu'après m'être moquée de ma mère hier au restaurant tandis qu'elle regardait en boucle les 56 photos que j'ai prise de toi, je m'suis surpris à te regarder aujourd'hui au travers d'elles de la même façon.

Tu sais, je crois que les bébés dans ton genre sonnent le glas de l'objectivité. Et c'est triste, parce que moi j'aime ca l'objectivité.

Il n'empêche qu'entre nous, t'es quand même le plus beau bébé que j'ai vu.

Dommage que t'aies pas l'occassion d'en profiter un peu plus tard, j'en ai parlé tout à l'heure avec ton père sur Msn (Msn, dommage, encore un truc auquel t'auras pas le droit), t'auras pas l'droit d'sortir en ville avant tes trentes ans, justement pour éviter de croiser des voyous de notre genre.

On va être bien tous ensemble, tes parents, tes oncles et toi, la petite Flore.

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08 juin 2008

In the sky with diamonds ...

La nuit passée, pour la seconde fois en quinze jours, je n'ai pas dormi seul.

Enfin, il y a bien eu la semaine dernière où nous nous sommes écroulés dans mon lit avec mon ami Christophe après cet épique déménagement mais je ne saurais dire si cela vient du fait que nous soyons tous deux de jeunes hétérosexuels convaincus, qu'il n'ait pas les cheveux longs et soyeux ou qu'il ne portait pas de nuisette à mi chemin entre le négligé chic et l'expression de la sensualité dans sa forme la plus simple, toujours est-il que ce n'était en rien comparable avec les deux fois précédemments abordées.

La nuit passée, pour la seconde fois en quinze jours, je l'ai passée avec Lucie, ma meilleure amie.

Et sache que pour tuer dans l'oeuf toute pensée lubrique que ton esprit torturé aime à enfanter à la simple évocation d'une couche partagée par deux jeunes gens de bonne famille, sache que ce post ne te donnera en aucun cas l'occasion de te dirvertir en lisant un obscur résumé de quelque joute charnelle savament orchestrée.

La nuit passée, pour la seconde fois en quinze jour,s j'ai froissé les draps de Lucie sans qu'il ne se passe rien de croustillant.

Et je crois bien que c'est ce qui m'a justement permis de savourer cette soirée avec un immense plaisir.

Lucie, c'est la quintescence de la féminité. Une brune au regard changeant qui ne laisse pas indifférent, des courbes envoutantes qui distraient aisément le prétendant d'un coeur qui se laisse difficilement caresser. Et puis il y a cette franchise désarmante, cette générosité rare, cette étonnante fidélité qui la rendent indispensable aux rares personnes pouvant se targuer de la compter parmi leurs proches. Ma meilleure amie donc, comme dans la chanson de Lorie, le caractère ridicule de la "fonction" à l'identique, les années et la maturité en plus.

Lucie sait tout de moi. Ou tout du moins, elle en sait beaucoup plus que les autres dans ce qui reste du domaine de l'avouable. Lucie s'ouvre à moi sans peur, consciente de la force de notre amitié malgré cette ambiguité qui nous colle à la peau, des situations desquelles nous nous sommes déjà tirées l'un l'autre, comme autant de trophées d'un safari au cours duquel nous n'avons malheureusement pas pu éviter tous les coups de griffe et autres balles perdues.

Alors quand comme hier nous nous retrouvons sous une pluie battante après ne pas s'être vu pendant quinze jours avec un sourire partagé et des effleurements exprimant le plaisir des retrouvailles, on a du mal à croire qu'il y a peu nous nous étions "perdus de vue" (désolé cher lecteur, je n'ai pas trouvé plus classieux pour dire que je l'ai laissé tomber pendant deux ans pour éviter tout conflit avec Mélusine).

Séance de cinéma au début de laquelle nous avons eu du mal à epargner aux autres spectateurs nos chuchotements exprimant tout ce que l'on avait à se raconter (Et pourtant, moi non plus je n'aime pas les gens qui chuchottent au cinéma et je ne manque pas de leur faire remarquer si cela devient trop long à mon gout. Ma chance, c'est que je suis très grand, alors même si je ne suis pas -vraiment- méchant, on ne me fait jamais remarquer ce genre de chose). Diner chez Flo où nos conversations débridées et passionnées m'ont fait renvoyer 3 fois le malheureux serveur chargé de prendre notre commande. Coucher dès le retour pour mieux s'adonner à notre activité préférée: parler des heures la tête sur nos oreillers respectifs, face à face, les yeux dans les yeux, le ton charmeur qui ne trompe plus personne depuis bien longtemps, les questions existencielles, les ragots superficiels, les échanges culturels, autant de bonnes raisons de se dire 6 fois "bonne nuit" avant justement que ce soit la bonne.

Et puis ce matin, le douce vision de ses comissures figées, lascives, tout comme elle endormies, cette bretelle qui en l'occurence ne cache pas cette épaule qu' à force je sais voir. La douce impression de faire plaisir sur le chemin de la boulangerie, au retour du fleuriste, lorsque je me recouche dans ce lit bien chaud pour mieux préserver l'effet de surprise.

Lucie, c'est tout simplement la seule personne de sexe féminin et n'étant pas de mon sang à laquelle je peux offrir une rose et des croissants au beurre un matin tous les deux ans sans qu'il n'y ait d'arrière-pensée d'un côté comme de l'autre. C'est peut-être aussi la seule personne de sexe féminin, n'étant pas de mon sang et partageant mon intimité pour qui je me permets d'attendre deux ans entre deux fleurs offertes.

Alors oui, je l'aime ma Lucie. Comme une amie, comme sans doute la seule amante avec qui je ne voudrai consommer. Un peu comme l'effet qu'a sur moi le morceau Soul Salsa Luol de Saint Germain. Il me fait aimer la salsa, il me fait vivre la danse, le rythme, l'esprit. Et pourtant, ce n'est pas pour ca que j'ai envie de danser, loin s'en faut.

Lucie, c'est une mélodie, un air ennivrant.

Et je ne te parle pas de chansons mièvres propres à la variété française. Obispo est un ringard. Un mec qui porte un bonnet par 40°C, qui est ami avec Johnny et Florent Panny et qui est capable de massacrer un si joli prénom en s'en servant comme titre d'une chanson dans laquelle il ose écrire "Le temps, c'est de l'amour", y a franchement pas de quoi parler de démarche artistique (Ok, Mea Culpa, Mea Maxima Culpa, toi qui est membre du fan club des chanteurs chauves au sourcil abimé, ne te sens pas spolié, ce n'est que mon avis après tout. Dis toi qu'en ce qui me concerne, la pratique musicale se limite à deux trois morceaux joués gamin sur feu mon clavier éléctronique Bontempi).

Non, Lucie, c'est le suave de St Germain, la légereté de ses airs. Mais pour moi, c'est surtout la Lucy de Julian Lennon. J'ai beaucoup d'affection pour Lucie. Je sais ce que cette affection n'est pas, mais de là à savoir précisement ce que c'est...

J'en suis loin.

NB: Pour toi le lecteur inculte, un lien expliquant la genèse de Lucy in the sky with diamonds des Beatles. Comme ca tu saisiras peut-être davantage le sens de mon propos. Et si t'es sage, sur la même page tout en bas, tu peux même l'écouter via Deezer.

 

Posté par Blackmilk à 00:56 - My Who's who - Commentaires [26] - Permalien [#]
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