17 juillet 2008
Parce que maintenant, je n'ai plus peur des chiens lorsque je cours
Un grand philosophe français, Sacha Distel faisait il y a quelques années l'apologie d'une alimentation très en vogue à l'heure actuelle en parlant de pommes, de poires et de scoubidous (bidous, ha...), laissant déjà présager de ce qu'allait être l'avenir de ses nombreux fans, à savoir ne plus pouvoir avaler comme seule nourriture que les fruits en question après qu'une sympathique auxiliaire de vie les ait précautionneusement passés au mixeur. L'addiction au viagra en plus, les scoubidous en moins.
On pouvait alors se laisser aller à croire en une retraite paisible, loin de toute contrariété et autres jeunes racailles n'en voulant qu'à son sac à main.
A mille lieues de ce qui se fait aujourd'hui. Car dans une chambre double insalubre d'un service de gériatrie, personne ne vous entend crier (Oui, deux posts de suite que je la case celle-là, je l'aime bien. Faudra t'habituer à la voir décliner à tout bout de champ)...
Tout commence par la sonnerie du réveil le matin, à six heures, comme du temps où il fallait se lever pour aller à la mine l'usine gagner de quoi payer des mistrals gagnants au gamin dont la seule aspiration était de devenir un hippie, un junkie ou pire encore, un étrange mélange des deux à savoir un rocker portant un cuir noir pour se donner mauvais genre.
Là, sur la table de nuit, entre le réveil Radiola lui aussi fatigué et la photo des noces d'or qui prend la poussière (un peu comme l'institution du mariage dans son ensemble d'ailleurs) se dresse fièrement le plus fidele des compagnon. Depuis son écrin de verre, il me fait agréablement commencer la journée en m'offrant un sourire désintéressé avant que je ne m'en saisisse delicatement pour le mettre en bouche. Et ce petit arrière gout de Steradent n'y change rien, je l'aime ce dentier!
Le premier pied posé à terre et les douleurs articulaires associées me rappellent hélas que mes membres n'ont malheureusement plus leur vigeur d'antant. En même temps, quand à mon âge au réveil on a mal nulle part, c'est qu'on est mort.
La journée commence sur les chapeaux de roue avec deux biscottes beurrées follement trempées dans du Régilait en se déléctant de cette formidable émission qu'est Télématin, peut-être l'une des dernières émissions intellectuelles du service public avec Les Zamours (ce Tex c'est un peu le Louis de Funès des temps modernes, en un peu moins raffiné...). Et sans doute l'un de mes derniers plaisirs télévisuels intenses depuis l'arrêt de Pyramide et la mise à la retraite forcée du pétillant Patrice Lafont.
Vient ensuite le moment délicat de la douche où il s'agit de faire attention en montant dans la baignoir, histoire de ne pas rapidement satisfaire cette ribambelle de petits cons qui n'en veulent qu'à mon héritage en me fracassant malencontreusement le crane sur l'émail ou en jouant les Claude François de bas étage en tentant d'optimiser le temps en mélant douche et rasage au philishave modèle 1971 (le modèle filaire, non étanche et dépourvu de prise de terre. On a le goût du risque ou on ne l'a pas).
Frais, dispo et parré d'une cravate, d'une chemise ou d'un sous-pull marron et d'une veste qui feraient palir d'envie Horst Tapper (Alias l'acteur incarnant Derrick, jeune inculte), me voilà prêt à affronter la jungle urbaine... et à traverser la rue pour aller faire mes emplettes au Petit Casino. Là, alors que nous sommes à l'heure de pointe où les actifs vont emmenés leurs enfants à l'école avant de courir au bureau, je leur montre quel bonheur ils auront à être vieux et intouchable. Et c'est avec un plaisir non dissimulé que je mets quinze minutes à traverser avec ma canne à seulement dix mètres du passage piéton le plus proche et justement au moment où le "petit bonhomme" est au rouge, histoire qu'ils aient bien le temps d'admirer mes nouveaux mocassins à pompons achetés sous Mitterand.
Le gérant du petit Casino m'accueille certes à bras ouverts mais n'a hélas pas le temps de m'aider quand je lui demande de me sortir du sommet du rayon un paquet de croquettes friskies qu'il aura pourtant l'audace de me vendre au prix auquel s'échange un rein sain sur le marché noir des organes humains. Ainsi, lorsque je sors de l'échoppe en le saluant et en le remerciant d'avoir pris en un panier de course l'équivalent du tiers de mon minimum vieillesse, je ne peux m'empecher d'avoir un pincement au coeur alors que celui-ci ne me jette pas un regard, trop occupé qu'il est à draguer la factrice venue s'accoquiner comme chaque matin depuis que son Mari la trompe avec le boucher. C'est aussi ca être vieux, il 'y a pas besoin d'acheter Voici, les potins du quartier suffisent amplement à nous divertir.
10h20. Me voilà rentré. Le pendule de la comtoise égraine les secondes avec un son envoutant. Il ne me reste plus qu'à m'installer devant la télé et à attendre patiemment que le temps passe, aidé en cela par la présence bienveillante de France 3 et de son journal régional consacré à la fête du boudin à Sucrey-les-Frèzes, du 13h de Tf1 et de son Jean-Pierre Pernaut terrifiant lorsqu'il parle des jeunes de banlieue, de Rex et de son générique digne d'une série B argentine et milles autres programmes tous aussi merveilleux que soporifiques.
Vers 19h parfois, le téléphone me réveille et ce qui pour moi sonnait comme l'espoir d'entendre mon petit fils appeler pour me quémander un peu d'argent disparait rapidement au profit d'un téléconseiller bien décidé à me vendre un adoucisseur d'eau, un appartement en multi-propriété ou pire: un abonnement de téléphone portable quand je ne me suis pas encore mis au minitel...
Là, Youki, mon teckel (le même que Paris Hilton, oui, en dépit de ce que je t'ai dit tout à l'heure, j'achète quand même Voici, ca fait travailler ma mémoire de me rappeller qui couche avec qui) me regarde avec ses grands yeux devant lesquels je fonds irrémédiablement pour que je le sorte. Et comme à l'accoutumée, je m'execute.
Mais ce soir, ce n'était pas vraiment comme d'habitude. Au coin de la rue, j'ai manqué de me faire renverser par un grand échalat qui marchait, s'astreignant sans doute aux quelques minutes de marche récuperatrice obligatoire après avoir fait son footing. Il cheminait nonchalament, dans sa tenue de sport accentuant ses airs de géant, en nage, le regard comme perdu du fait de l'état second dans lequel le maintenaient les endorphines. Il m'a regardé avec stupéfaction, comme soulagé d'avoir éviter de malmener un charmant monsieur au sourire malicieux et au dos vouté qui promène avec tendresse son teckel aussi grand qu'une de ses chaussures de Running. Là, Youki s'est rué sur lui sans raison particulière et lui a fait la fête. Je les ai regardé en souriant. Pour la forme, je me suis excusé en rappellant mon chien sans pour autant insufler à la phrase ce souspon d'autorité qui l'aurait fait revenir immédiatement, trop amusé de le voir faire à un autre cette démonstration de joie qu'habituellement il me réserve.
Là, contre toute attente (les jeunes d'aujourd'hui, ils s'en foutent de tout, même des chiens tout mignons) le jeune homme s'est baissé pour caresser Youki et de sa voix la plus rassurante m'a dit:
- Il n'y a pas de mal Monsieur. Rencontrer un chien qui aime les joggeurs est un fait assez rare pour être souligné.
J'ai souris, à nouveau, il a d'ailleurs du croire qu'il s'agissait pour moi d'un état permanent, comme si mon visage marqué par le temps ne pouvait afficher d'autre expression. Seulement, en se relevant, il sembla croire que ce n'était pas à lui que je souriais. Mais à Youki, comme emerveillé par celui qui était désormais ma seule raison de vivre.
Alors qu'il s'éloignait en lancant un "Bonne soirée Monsieur" que je lui retournas poliment, il sembla s'interroger sur ma vie. Il se disait sans doute que j'avais du travaillé toute ma vie, que j'avais eu le bonheur d'avoir des enfants qui désormais ne me regardaient plus. Que j'avais sans doute perdu ma femme et quelque part "mon monde" et que ce fragile tekel représentait désormais tout ce pour quoi je continuais à me lever chaque matin. La seule et unique chose qui en dehors de la force de l'habitude me poussait à me raser de près, à choisir avec soin et coordonner mes vetements , à sortir de chez moi, à vivre tout simplement.
Il me semble avoir vu dans les yeux de ce jeune homme cette gène que j'eu moi même à son âge dans des circonstances quelque peu comparables, cette terrible constatation que le temps n'arrangeait rien et ce refus catégorique de vieillir. J'ai cru plus jeune que je le voulais, pour voir enfin de quoi serait fait demain, avoir la maturité nécéssaire à l'appréciation de cette formidable aventure qu'est la vie. Mais c'était faux.
Ne va pas croire que j'ai peur de la mort, à mon âge (comme au sien d'ailleurs) ca serait quand même dommage. Reste que tout comme moi, il ne veut pas vieillir, il ne veut pas finir seul et ne l'avait sans doute jamais réalisé avant ce soir de Juillet. Et finir par être loin de ceux qu'il aime, par la force des choses. Il ne le veut pas, étant pourtant conscient du fait qu'il n'aura pas le choix...
Parce que lorsqu'on considère tout ce que l'on pourrait manquer en disparaissant prématurement, vieillir reste un moindre mal. Et la seule et unique façon d'être sur d'avoir fait son possible pour mordre la vie à pleine dents. Tout du moins du temps où l'on en avait encore...
22 mai 2008
Un voiture à vivre baclée, un post facile qui ne l'est pas moins.
Je ne voulais pas céder à mon tour à la mode du commentaire de requêtes... et pourtant, quand aujourd'hui je suis allé jetter un coup d'oeil, je me suis dis que ca ferait un joli post d'interlude ... et qu'une fois n'est pas coutume, j'ai moi aussi le droit à un post "facile" (et peut-être un peu baclé, mais ca finalement, ca ne regarde que moi).
Voici livrés pêle-mêle quelques exemples de requêtes aboutissant sur ce blog et m'invitant à réfléchir sur les messages véhiculés malgré moi (au prix qu'est maintenant l'essence ma pauvre dame!)
Blackmilk:
Bon, jusque là, ca va. Le mot-clé donnant le plus de visites se trouve être quelque chose d'assez cohérent. Comme quoi Je vis une époque formidable, ce n'est pas seulement un point de rendez-vous pour les pervers et déviants sexuels de tout poil (aucune vanne douteuse ne me vient à l'écriture de ces mots...), je suis aussi lu de quelques personnes attirées par mon humble personne (et donc éligibles de fait à une thérapie).
Grosses femmes nues:
Aie, la deuxième source de visites fait pour le coup moins rêver. C'est d'autant plus consternant que si l'on y ajoute toutes les requêtes contenant le mot "nu", ce blog doit sa gloire aux mêmes raisons qui pousseraient les visiteurs à venir s'il s'intitulait blackmilknaked.com... Bien que je te l'accorde, l'hypothése de me voir nu n'est pas quelque chose de réjouissant en soi, loin s'en faut.
Ours palmidé:
Hum. Oui, si tu veux. Là encore, je ne vois pas comment tu peux arriver ici en tapant cela mais bon, les voix de google sont impénétrables. Tu m'aurais dit escargot martyrisé encore, j'aurai compris mais là. Après, je ne suis pas expert en zoologie donc je t'inviterai à te rapprocher de personnes compétentes ... A moins que tu sois un cinéphile tentant de monter un festival alternatif à Plougastel en faisant un mix de Berlin et Rome mais je dois t'avouer que je ne vois pas davantage ce que tu fais ici ...
Courrier des lecteurs de plus belle la vie:
Ah dommage, c'était presque ca, il y a bien ici une rubrique courrier des lecteurs mais c'est sur le contenu et le support multimédia que tu t'es légerment planté. Je dois t'avouer que des gens qui regardent un programme stupide à la tv ne peuvent malheureusement pas prétendre au statut de lecteur parce qu'ils se sont fendus d'une lecture du résumé sur le télérama. De plus, je t'avouerai sans honte que je ne maitrise pas trop le concept, m'étant imposé un quota d'heure de visionnage de programmes navrants à ne pas dépasser. Et puis franchement, quand je veux du romanesque et du rebondissement, je vais chez la blonde , ca a le mérite d'être bien écrit, et même que parfois dans ses illustrations, il y a de belles pin-up dénudées et ca franchement, ca doit pas trop se faire dans plus belle la vie. Allez, comme tu as pris le temps de venir et que là, tu dois rester sur ta faim, je te mets le lien.
Pourquoi est ce que tu viens pour les vacances de david et jonathan a eu autant de succés:
Alors là, bravo. Je viens de vérifier, c'est même pas un canular des gens de chez canalblog, cette requête google mène effectivement ici! Tu veux pas non plus que je te dise qui a tué Kennedy ou quel sera le prochain recul social fromenté par notre cher président ? Je suis pas expert en résolution de mystère tu sais, c'est d'ailleurs ce qui complique particulièrement mes relations sentimentales depuis toujours. Un indice néanmoins, je pense que la chanson doit beaucoup à son clip (va le voir, rien que pour le moment émouvant de la photo recomposée), concentré de fautes de goût symbolisant à merveille le fait que le ridicule ne tue pas ... et qu'il peut parfois vous faire gagner beaucoup d'argent.
Allez, une dernière, histoire de finir sur une note de poésie.
Position sexuel dans une twingo:
Bon, je ne commenterai pas l'accord douteux, étant moi même le Garcimore de l'orthographe ("Ouh ouh ouh, encore raté"). J'aimerai d'abord savoir d'où tu tiens que je suis expert dans le domaine et j'aimerai aussi que tu m'expliques pour quelles raisons je devrais partager avec toi ce savoir essentiel dans le cas où j'aurais effectivement quelque chose à partager avec toi. Maintenant, je bluff, je bluff pas, c'est pas le sujet. Demande toi simplement si tu es prêt à voir la vie sous un angle complétement différent après que quelqun t'aie initié à une activité symbolique du savoir faire-français que le monde entier nous envie.
Ah, utlime précision. Non, ce n'est pas moi dans la voiture, je ne suis pas fan de boucle d'oreille.
04 avril 2008
Question pour un rejeton
Des enfants ? Pourquoi faire ? Pourquoi moi ? Pourquoi pas ?
Mais pas tout de suite.
Allez, fais pas l'innocent, je suis sûr qu'en vrai tu t'es déjà laissé aller à rêver de charmantes têtes blondes trainant dans tes pattes pendant une bonne vingtaine d'années.Cela s'est fait de façon insidieuse, comme une addiction à laquelle tu avais resisté jusqu'ici et qui s'était finallement emparée de toi par des voies détournées. Alors que tu écoutais Prendre un enfant par la main d'Yves Duteil un soir d'égarement où tu avais décidé de mettre fin à ta misérable vie, écoutant Nostalgie jusqu'à ce que mort s'en suive, tu avais eu cet éclair de génie.
-Et si la solution à cet immense vide ressenti dans cette interminable succession d'échecs qu'est ma vie était de perpetuer l'espèce en cédant moi aussi à l'appel de la paternité / maternité ?
La vraie révélation, c'est que t''avais quand même du sacrément forcer sur la dose en te poudrant le nez ce soir là et cet état second était à l'évidence renforcé par cette erreur d'appréciation lors de la répartition des volumes eau/pastis, cet alcool absurde qui devait t'aider à enfoncer un peu plus le clou.
Un enfant. Sans rire, tu t'crois prêt ?
Réfléchis bien, ta vie est en jeu. En ce qui me concerne, la réponse semble assez évidente. Il est urgent d'attendre, pour son bien mais aussi et surtout pour le mien. Oui, je te vois déjà me casser du sucre sur le dos et être décu que je sois moi même en proie aux travers nombrilistes et égoïstes de la jeune génération. Seulement voilà, en y réfléchissant bien et en objectivant ce qui ne devrait jamais l'être, est ce qu'il y a vraiment de quoi grimper au rideau?
Bien sûr, il y a cette envie de donner un sens à une vie qui pour le moment n'en a pas trop, cette envie de se lancer dans une aventure palpitante et passionnante, faite de joies et de peines, de sang, de larmes, de sueur et de talc. Il ya la pression sociale, celle qui pousse les non-parents à rentrer dans le moule et à se lancer dans la quête du mini-moi, cet être dans les yeux duquel ils pourront se regarder murir en même temps que l'objet du délit.
Il y a le poids de l'évolution et cette envie primaire de perpetuer l'espèce en accomplissant l'acte de reproduction (Mais ca, il y a quand même moyen de s'y adonner très régulièrement sans risque polichino-tirroiridien. Un jour peut-être, je t'expliquerai).
Il y a également la perspective d'un bonheur incommensurable, idée véhiculée par la croyance populaire, les médias, les milliards de parents qui semblent y trouver leur compte,sans oublier les fabricants de bavette. Cette envie irracible de donner à l'autre de façon inconditionnelle, ce besoin de s'approcher de l'amour pur qui vous unit déjà à vos propres parents.
Autant de bonnes raisons de se ruer chez Aubert pour acheter des millions de peluches, une cross-poussette à trois roues et le dernier modèle de stérilisateur à biberon élaboré grâce aux travaux de la Nasa.
Et pourtant, avoir un enfant, ce n'est pas que cela. Hélas. Bien sûr, certains désagréments matériels et pratiques sont de notoriété publique. Exit les rêves de voitures puissantes et bruyantes, bonjour les allées et venues en Laguna break avec l'autocollant "Bébé à bord" sur la lunette arrière (pas vraiment pratique pour draguer en déplacement, tu en convienderas). Finis les petits week-end à l'improviste et les vacances hors-saison deux fois moins chères, les nuits de 12 heures, les grasses matinées et les siestes crapuleuses, il faut s'impliquer pleinement dans son rôle de parent, lâcher toute idée de plaisir égoiste et s'accommoder des plaisirs solitaires sous la douche, faute d'accès libidineux de votre femme, trop occupée à vénérer celui qui doit justement la vie à la bagatelle. Et que penser de cette quasi-obligation de déhambuler dans les jardins publics (à défaut de pouvoir se bécotter sur les bancs) les week-end et durant la sacro-sainte journée du mercredi, histoire de sortir le fauve de son antre pour finallement le parquer dans une aire de jeu? Comment s'ennorgeuillir de l'espoir commun à tous les parents de voir leur fils s'imposer et régner en maitre sur le bac à sable, répétition générale de sa vie d'adulte durant laquelle il ne devra pas jouer la politique de l'autruche? L'abnégation petit lecteur, tout simplement. C'est un mot que tu devras intégrer à ton vocabulaire le jour où tu décideras (ta femme décidera) d'arreter la pilule. Il y vraiment de quoi être perdu, pour ne pas dire complètement terrorisé.
Mais il y a pire (Il ya toujours pire tu me diras). L'éducation et les doutes quant au fait de pouvoir en prodiguer une convenable, si ce n'est la meilleure qui soit. Le fait de se projeter dans le futur en tant que parent, cette nécéssaire certitude d'être assez responsable, assez exemplaire, assez aimant, assez bon parent pour assurer à sa progéniture un avenir à sa mesure, on serai refroidit pour moins que ca.
Et pourtant. Moi je crève d'envie d'être papa, malgré et finallement pour tout ca.
Seulement voilà, il est à mon sens trop tôt. Je ne suis pas prêt, j'ai d'autres choses à vivre avant de me lancer, j'ai besoin de me préparer d'avantage à aimer un être sans condition, sans restriction, juste l'aimer pour ce qu'il est.
Et puis surtout, il y a un obstacle de taille. Quelque chose que beaucoup considéreraient comme un simple détail technique et qui pourtant fait aujourd'hui tout la différence.Je n'ai pas de mère.
Non pas que je sois orphelin, ma mère va très bien et j'ai la chance de la connaitre, merci pour nous. Non, le problème est ailleurs. Celle qui aujourd'hui partage ma vie ne parvient pas à s'imposer comme la mère de mon enfant. Elle est merveilleuse, elle ferait une très bonne mère, mais serait-elle à la hauteur de mon enfant, en l'occurrence de notre enfant. Et à défaut de l'être aujourd'hui à mes yeux, parviendrons nous à dépasser nos différences pour qu'un jour la chose devienne envisageable?
C'est toute la question, c'est ce qui m'empêche de dormir depuis plusieurs mois, c'est une interrogation qui justifie en grande partie la naissance de ce blog.
Je suis conscient que dans le cas présent, je suis le seul à pouvoir répondre à cette question mais je me dis qu'on ne sait jamais, tu pourrais peut-être me donner un coup de pouce.Alors je te sollicite, et pour une fois, ce n'est même pas pour te soutirer de l'argent. Alors j'me lance, mettant pour une fois de côté mon cynisme et mon faux détachement pour m'en remettre à toi comme "une pauvre midinette" que je suis et je te demande de me répondre ici ou par mail, selon ton bon vouloir:
Dis, est-ce qu'on sait un jour si c'est "la bonne personne" ?
04 février 2008
And the winner is ...(Ou comment devenir l'ami des bêtes en un seul clic)
Cher Lecteur,
Tel que tu me lis là, je suis tout ému. En effet, il y a quelques jour de cela, je participais à un grand concours lancé par une de mes plus respectables consoeurs, faisant preuve de la créativité que tu me connais (on va faire comme si d'accord?) pour l'aider à trouver un nom au charmant gastéropode qui partage sa vie. Enfin entre autres êtres vivants, ne va pas t'imaginer qu'elle vit seule avec son escargot dans une ferme du Larzac où ils élèveraient des chèvres et des choux (Si, ca s'élève un choux! Avec ménagement).
Toujours est-il qu'au milieu de propositions originales, recherchées, drôles et finement trouvées, figure toi que celle qui a finallement été retenue se trouve être ... la mienne.
Ainsi, ce charmant invertébré se prénomme désormais Ouadelsse. Pourquoi ? Tu auras le fin mot de l'histoire en consultant la publication rendant hommage à ma force créatrice.
Je te présente donc le (forcement) bien-nommé Ouadelsse, ici représenté par sa maitresse dont je suis depuis aujourd'hui l'heureux parrain (du Nescargot hein, pas de la maitresse). N'est-til pas "crooo meugnonnnnnnn" ????
Au delà de la satisfaction et de la fierté qu'il m'a déjà apporté de par ma victoire à un concours pour lequel la concurrence était particulièrement rude, je lui dois désormais une certaine bienveillance et tu sais que s'il y a bien quelque chose qui compte davantage pour moi que la gloire et les honneurs, c'est bien la satisfaction d'avoir contribué à mon enrichissement personnel. Ainsi, Oudelsse et moi sommes désormais liés par une sorte de contrat moral qui m'oblige à me préoccuper de son avenir, à veiller à ce que sa vie ne soit qu'une longue succession de trainées de bave sans embûche et de salades fraîches, loin des pesticides et des persillades. Je me rapproche donc de toi pour m'aider à subvenir à ses besoins en te demandant d'envoyer tes dons à la Blacmilk Foundation / opération escargot.
Non, j'déconne.
Plus sérieusement, parce que finallement, je ne suis pas si vénale que ca, je t'invite à faire tes dons de choux, salades, herbes, fougères ou de tout végétal entrant dans le régime alimentaire d'un escargot à sa maitresse qui pourra ainsi s'occuper de lui et subvenir à ses besoins, le tout bien sur en respectant l'environnemment et en évitant si possible d'envoyer des plantes issues de cultures transgénique. Ben oui, être le parrain d'un escargot, ca rend éco-responsable. Tu peux me contacter pour me les envoyer, je ferai suivre
Certain de la générosité de mon lectorat qui vient ici avant tout pour s'impregner de mon altruisme et de ma bonté désintéressée, je te remercie d'avance, en mon nom ainsi qu'en celui de Ouadelsse.
04 janvier 2008
Have a nice year!
Bonjour petit lecteur,
Je prends moi aussi quelques minutes pour céder à la tradition des voeux de début d'année. Ainsi, entre deux dossiers, deux pauses café, deux paquets de cartes de voeux à envoyer ou même deux grands moments de recherche intense pour trouver qui est le petit malin qui au-delà de partager mes mots ici partage le même employeur et use de sa connection pour venir se perdre ici, je viens te souhaiter une bonne et heureuse année 2008.
Qui sait, peut-être cette année sera-t-elle pour toi l'occasion de me ressembler un peu plus ...
Je me laisse aller à l'enthousiasme ambiant (tu sais, celui qui pousse la plupart d'entre nous à souhaiter une bonne année à tout le monde) en t'embrassant.
Ton Blackmilk tout neuf de 2008.
12 novembre 2007
La séduction expliquée à mon lecteur (donc toi)
Il a des jours, des soirs où l'on a envie de ne rien faire, juste de rester au chaud chez soi à regarder passer le temps, un peu à la manière de ces familles rurales dont la vie est régit par le rythme des battements de l'horloge comtoise. Pas d'horloge comtoise chez moi hier (tu te doutes bien que j'évite toute faute de goût dans mon intérieur) mais une furieuse envie de ne rien faire, une sorte d'armistice personnelle, comme pour mettre un terme à une semaine d'intense activité tant professionnelle que personnelle. J'ai moi aussi décidé de déposer les armes et de ne pas me raser. Je ne sais toujours pas où j'ai trouvé la force de prendre une douche mais je dois t'avouer que ce fut pour moi le moment fort de la journée d'hier, juste avant cet instant terrifiant où mon téléphone a sonné et où j'ai du faire un effort surhumain pour l'attraper sur la table basse pour ne finallement pas répondre à l'appel importun.
Et là, je sais que je mets à mal l'image sublimée et fantasmée que tu t'étais faite de moi au fil des posts. Tu me voyais sans doute (...) comme un jeune homme dynamique, toujours prêt à sortir et dont la vie palpitante ne lui laissait pas l'occasion de se poser ne serait-ce qu'une demi-journée dans son salon pour jouer à la coach potatoe. Une sorte d'hyper actif métrosexuel promenant sa soif de rencontres et d'épicurisme de bar en bar et préchant à qui le veut la bonne parole de l'hédonisme, une sorte de Nicolas Sarkozy de la vie nocture. Et bien tu te trompes, et lourdement. Je n'ai en effet rien à voir avec notre cher président (hormis peut-être un goût prononcé pour les belles montres mais je n'ai hélas pas son porte-monnaie et mon employeur a refusé ma demande d'augmentation à 140%, ca n'est qui plus-est pas le propos de ce post) et il y a des moments où je deviens casanier. Il arrive que profiter de la douceur de la vie et de la quiétude de mon foyer devienne une nécéssité, un peu comme si mon appartement devenait soudain une bulle me protégeant du monde extérieur et de ses assaults incessants.
Hier était l'un de ces jours de célébration de l'oisiveté et de la résistance passive à la frénésie qui caractérise nos vies modernes. Dimanche, le jour du seigneur. Seigneur qui a eu la bonté d'âme d'inventer la télévision afin que l'on puisse l'honorer comme il se doit devant France 2, l'expérience prouvant qu'il est plus facile de s'endormir durant une messe confortablement installé dans son canapé plutôt que courbaturé sur d'horribles bancs en bois datant de Mathusalem. Seigneur qui a également pensé à tout en inventant la télécommande qui te permet de zapper sur la 6, Turbo (mon standing en prend sans doute un coup, qu'importe, c'est toi qui t'es fait des idées en m'imaginant regarder Arte H24. Et dis toi bien que cela aurait pu être pire, j'aurais pu aimer Téléfoot...) étant quand même plus passionnant que l'Evangile selon St Paul.
***Cher lecteur masculin prépubère t'étant égaré ici à la suite d'une requête maladroite sur un moteur de recherche visant à t'éclairer d'avantage sur les cours de langue, je sais à quoi tu penses. Tu te dis que le seul Saint que tu connaisses est St Claude et que la production typique de cette petite ville du Haut-Jura n'est malheureusement pas abordée sur ce blog qui "craint grave" (Oui, je parle déjà le langage Djeunz comme un vieux, et je t'emmerde). Je te répondrais que j'en suis désolé et que si ta maldresse ne fait aucun doute, nous ne sommes pas forcément tout deux responsables, les voies de Google étant parfois impénétrables...***
Toujours est-il que cette journée se fit au gré des programmes télévisés allant de Dimanche+ à Monk en passant par cette magnifique série qu'est le Futurama, le tout agrémenté de quelques grignotages histoire de me mettre un peu plus dans la peau du téléspectateur occidental lambda. Plus qu'une journée de glande honteuse et d'abandon de soi à ce média pervers, ce fut surtout l'occasion de mener une étude sociologique poussée qui me conforte dans certains de mes choix de vie, notamment le fait de ne m'autoriser ce genre d'écart culturel que très occasionnellement. Mais le bilan n'est pas tout à fait négatif. Car au delà de cette lobotomisation subie (pour ce qu'il restait tu me diras...), de la prise certaine de 125Kg grâce au miracle de la gastronomie franc-comtoise et du fait ne pas avoir eu à porter autre chose que mon T-Shirt fétiche et ce magnifique short dont je t'epargnerais la vision (je ne voudrais pas que tu tombes amoureux, subjugué par tant de classe et d'élégance), il y a cette magnifique leçon de vie.
M6 (toujours) en soirée, l'emission Capital fait une fois de plus dans le racolage en traitant d'un sujet de fond: Les nouveaux business du plaisir (Et oui, rien que ca! Comme quoi tu ne t'es peut-être pas tant trompé que cà en atterissant ici). Et ca marche vu que j'étais devant mon écran (même si une longue tradition judéo-chrétienne de culpabilité sans fondement m'oblige à me justifier auprès de toi en t'informant que je regarde cette émission régulièrement, même quand il n'y apparait aucun mannequin pour lingerie féminine. Voilà, tu sais quel homme vertueux et désintéressé je peux être...). Guy Lagache y recoit entre deux reportages une charmante jeune femme membre d'un cabinet de coaching en séduction. Le coaching en séduction, merveilleuse invention s'il en est. Et la voici en train de nous présenter les milles et une astuces pour séduire sur internet, nous dire que tout est possible dès l'instant où l'on prend les conseils de son petit guide vendu 5,50€ au pied de la lettre. Ou l'art de mettre le Mojo à la portée de tous.
Elle revient sur la nécéssité de se faire coacher et aborde les désillusions propres aux rencontres sur internet. Et là c'est l'occasion pour elle d'engager un jeu de séduction avec le présentateur (qui n'avait d'ailleurs pas besoin de ca pour la dévorer du regard):
(je ne te cite pas ses mots littéralement mais de mémoire, tu te doutes bien que lorsque je regarde la télé, je ne prends pas de notes en prévision d'un post que je t'adresserai le lendemain. Je pense souvent à toi mais il y a quand même des limites)
- Il faut rencontrer la personne rapidement afin de ne pas l'idéaliser. On se fait parfois des réprésentations érronées à partir d'éléments subjectifs tels que le vocabulaire ou la voix. Ce sont des éléments importants dans la séduction. Vous par exemple, vous avez une très jolie voix...
Et voilà comment l'on fait passer un message et l'on initie un flirt mine de rien à la télévision devant plusieurs millions de spectateurs. Preuve que les voix voies de la séduction sont elles aussi impénétrables (Oui cher lecteur masculin, je te vois à nouveau déçu, mais je n'y peux rien) ... Tu pourras casser ton plan épargne logement (de toute façon t'en feras rien d'autre, si tu regardais un peu les infos tu saurais que l'immobilier n'a pas le vent en poupe) pour surfer sur tous les sites de rencontres payants possibles et inimaginables. Tu pourras t'acheter tous les guides de séduction ou autre production douteuse te promettant une vie de personnage de Flaubert. Tu pourras déployer tous les artifices et réfléchir aux stratagèmes les plus élaborés. Rien n'y fera.
Ce que j'ai découvert hier lors de cette étude (sérieuse et étayée) et que je tiens à partager avec toi tient en seulement deux constatations. La première, c'est que la séduction est un processus spontané et ne répondant à aucune régle, une alchimie naturelle qui ne s'explique pas alors arrête un peu de te faire arnaquer (enfin tu peux toujours envoyer tes dons à la Blackmilk Foundation, un établissement sérieux qui oeuvrera au quotidien pour ton bien être) et sors de ce corps chez toi. La seconde, c'est qu'il est beaucoup plus facile de plaire à une jeune femme belle à souhait et respirant la réussite lorsqu'on est beau, riche et que l'on passe à la télé...
24 octobre 2007
(R)Evolution...
Je comprends le choc auquel je te soumets. Mais celà devait arriver cher lecteur, je ne pouvais continuer plus longtemps à me moquer ouvertement de ta bobine (Oui, l'expression est particulière et son choix assumé est justement destiné à te montrer que toi, petit lecteur bien-aimé tu as une place toute particulière dans mon coeur) en me dévoilant à toi sous un design certes épuré mais surtout légèrement baclé.
Je l'admets, celui-ci l'est aussi, mais beaucoup moins. Sache que je me suis fendu d'au moins 20 minutes de mon précieux temps (et vu la fréquence à laquelle je post ces temps-ci, tu conviendra que celui-ci l'est tout particulièrement ("précieux", tu ne suis pas, comme d'hab')) pour offrir à tes petits yeux éblouis ce nouveau décor que ne renierai pas Julien Sorel.
J'espère que cet écrin taillé pour notre idylle naissante te contentera et surtout que tu passera outre le fait que je sois un bien pètre utilisateur des interfaces graphiques...
28 septembre 2007
Mon traité de Rome.
Qui n'a pas entendu parler de l'accession probable de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fond Monétaire International où de l'intervention de Nicolas Sarkozy à l'assemblée des Nations Unies? A l'heure où nos politiques de droite comme de gauche ambitionnent d'avoir ce que l'on appelle "une envergure internationale" alors même qu'ils sont dénués de toute envergure d'un point de vue nationale, j'ai moi aussi décidé de surfer sur la vague déontologique de l'internationalisation en levant le voile sur la dimension internationale de ce blog.
Tel le Jacques Delors du blog, je peux en effet me vanter d'oeuvrer pour le rapprochement des peuples en ayant la chance d'avoir des lecteurs français mais aussi belges, hongrois, américains, canadiens, suisses, djiboutiens, marocains, espagnols, italiens, allemands, néérlandais, japonais j'en passe et des meilleurs. Outre le fait que la majeur partie d'entre eux s'égarent ici à la suite d'une recherche sur google démontrant leur propension à considérer internet comme une formidable source d'assouvissement de leurs fantasmes les plus étranges (Oui cher lecteur, ne mens pas! Il t'es arrivé d'atterrir ici suite à des recherches sur des expressions telles que "barbie nue vivante" ou plus étonnant encore "porno amateur avec un club de golf"), tu te connectes parfois régulièrement depuis un pays étranger afin de suivre le fil de mes aventures pourtant aussi passionnantes qu'un documentaire sur la détérioration de la vélocité des méduses hémiplegiques dérivant au large de la Corse suite à la pollution créée par les dégazages sauvages des tankers croisants au large (cher lecteur défenseur des animaux ou même des animaux hémiplegiques, raccroche ce téléphone et ne contacte pas ton avocat dans le but de me poursuivre, il s'agit d'une boutade).
Alors je ne cesse de m'interroger sur ton compte. Toi qui te connectes régulierement d'Allemagne, quel concours de circonstances t'amène à venir te perdre quotidiennement ici? Es-tu un habitant du cru ou peux tu te targuer du statut exotique d'expatrié au pays de la bière ?
Et toi lecteur néérlandais vraisemblablement atterri ici suite à la visite d'un blog ami et addictif, qui es-tu? Racontes nous un peu de quoi sont faites tes journées, dis-nous en un peu plus sur toi, sur ta vie, sur ce qui différencie un lecteur compatriote de Dave du lecteur français lambda se connectant en douce depuis son travail mal payé et n'ayant pas la chance d'habiter à 5 minutes d'une boutique vendant 15 marques différentes de Gouda?
Je vous invite à m'en dire un peu plus sur vous, à sortir de l'ombre et à me faire rêver (ou pas) sur cette vie chez nos voisins que l'on devine différente malgré le faible éloignement géographique. Nul besoin de m'abreuver des clichés habituels en me parlant de choucroute, de mercedes benz, de vélos ou de tulipes. Non. Attardez vous sur les détails, faites moi partager VOTRE Allemagne, VOS Pays-Bas histoire de voir si l'idée que je me pu me faire de façon occasionnelle de ces deux pays est aussi sensible aux clichés que je semble vouloir le croire.
Je vous livre une tribune par le biais de mon mail ou des commentaires. Vos réponses seront diffusées exclusivement si vous le souhaitez. Que les choses soient claires, il s'agit avant tout d'une démarche égoïste et il s'agit d'avantage de la satisfaction de ma curiosité que de l'alimentation du contenu de ce modeste espace numérique.
NB: Toi qui n'est ni mon lecteur habituel néérlandais, ni mon lecteur habituel allemand, je t'aime quand même, cela va de soi! Allez, reviens quoi!

