Je vis une époque formidable...

J’aurais pu me payer un psy, écrire un synopsis inspiré de ma vie, le vendre à Spielberg pour 15millions de dollars et vivre à La Barbade entouré de chèvres et de femmes nues…mais je préfère partager tout cela avec vous! Vous aimez les chèvres?

10 février 2009

Her Morning Elegance ... haunts my nights

Le propre des Marasmes, c'est qu'ils permettent de goûter davantage les rares moments de calme, de quiétude, autant de précieuses accalmies qui vous donnent l'impression de revivre à nouveau, vous laissant reprendre votre souffle.

Aujourd'hui, en fin de matinée, ma collègue Sophie et moi avons partagé ce passage dans l'oeil du cyclone, dégageant ces instants de répit au forceps. Je me suis décidé à céder à l'envie d'un énième shoot de caféine, histoire de ne pas retourner le bureau au cours d'une crise de surménage aussi malheureuse qu'imprévisible. Une sorte de soin préventif si tu préfères.

Elle était là, soupirant et gromelant devant son écran, un peu à l'image de chacun d'entre nous depuis que cette fameuse crise à décider de frapper à notre porte, changeant radicalement nos pratiques, nos repères et finalement tout notre petit Monde, à nous, les gens qui travaillent pour notre-directeur-bien-aimé. Alors je suis rentré, poussant légérement la porte de son bureau, décrochant le combiné de son téléphone pour le poser sur le côté, m'asseyant face à elle les jambes croisées de façon quelque peu informelle et décontractée en l'invitant à s'arrêter quelques instants.

Sophie et moi avons le même age, sommes originaires de la même ville, avons grandi dans les mêmes endroits. Nous avons des parcours professionnels et personnels extrèmements différents, une approche du métier sensiblement identique bien que nos fonctions différents quelque peu. Nous avons pas mal d'affinités, d'autant plus qu'il n'y a jamais eu entre nous quelque ambiguité que ce soit. Et je te le dis petit lecteur, quand il n'y a aucune ambiguité, ca change tout. C'est une amie donc, ni plus, ni moins, la seule personne qui aie le double des clés de mon appart, histoire que ma plante verte ne meurt pas dans d'atroces souffrances si par malheur je venais à perir dans un tragique accident de footing, happé par quelque bolide sans permis conduit par un sexagenaire un jour d'épais brouillard alors que je traverserais en dehors des clous.

Nous nous connaissons très bien même si nous nous fréquentons peu en dehors du cadre professionnel, suivant chacun les péripéties et joyeuses aventures de l'autre. Elle connait certains de mes démons, je connais quelques unes de ses faiblesses, nous nous estimons assez pour avoir confiance l'un en l'autre. C'est donc naturellement que je lui demande où elle en est, sûre que sa réponse sera aussi palpitante que longue. Et de fait prompt à la détente.

-Comme d'habitude, c'est Dallas me dit-elle. Et c'est vrai que sa vie est pleine de rebondissements, à se demander comment elle trouve autant de matière à une vie sentimentale aussi chargée dans une ville aussi sinistrée, tout du moins du point de vue du potentiel de personnes "intéressantes". Je lui fais remarquer qu'à tout prendre, Dallas ca a quand même plus d'allure que Plus Belle La Vie et que de toute façon, l'accent marseillais n'arrangerait pas ses affaires. Elle rit avec la légereté des gens qui usent et abusent du caractère intime des pics au second degré. Et après avoir fait semblant de s'être fait prier pour rentrer un peu plus dans le détail et m'assomer par un récit aussi drôle qu'improbable, elle me demande où j'en suis, autant par politesse que par intérêt.

Bonne question. Elle devine à mon air perplexe qu'il va falloir creuser pour avoir la réponse.

-Je n'en sais rien... C'est une réponse acceptable ?

Il semblerait que non.

-Et ton Alsacienne ?

-Evaporée. Ou plutôt ... Réciproquement éjectée.

-Hum. Et cette fille croisée dernièrement en déplacement qui t'avait poliement fait du rentre-dedans de façon éhontée?

(Faut que j'arrête les déplacements d'ailleurs, c'est une source perpétuelle d'ennuis en ce qui me concerne. Puis des gens qui m'font du rentre dedans, c'est toujours louche. A plus forte raison si ce sont des êtres humains. Alors de femmes, j'te raconte pas...)

- En couple. Et moi les gens pris, ca ne m'intéresse pas. Encore moins quand ils m'approchent. J'avais un ancètre vaguement Judéo-Chrétien qui avait trouvé un vieux bout de marbre portant l'inscription "Tu ne convoiteras point la femme de ton voisin", j'ai décidé d'en faire l'une de mes devises avec "C'est bien, c'est beau, c'est Blackmilk".

(Bon ok, après "m'approchent" j'ai pas vraiment dit ca, en tout cas pas sur le coup, je viens de l'inventer. N'empêche que j'aurais pu le dire. Puis j'fais ce que j'veux, c'est MON blog)

- T'assures pas un cachou (Tu noteras que Sophie non plus n'est pas la reine de l'orthographe et qu'elle se souvient jamais s'il faut mettre un "s" à l'impératif. Alors elle oscille toujours entre les deux comme ca elle est sûr de ne se tromper que dans 50% des cas. Bon ok, tu sais qu'en l'occurence, comme Sophie parle, le fait qu'il y ait un "s" ou pas n'a pas d'incidence puisqu'on est à l'oral et donc que la faute -ou pas- vient de moi. Ca t'éclaire donc fatalement sur l'absence de vérification, t'sais bien que j'ai autre chose à faire que de vérifier à cette heure tardive un chose que j'ai cherchée à de maintes reprises sans que mon cerveau de poisson rouge ne parvienne à la mémoriser. Quelles choses ? En l'occurence des digressions* et accessoirement, un post).

Oui, Sophie aime les cachous. Et surtout dès lors qu'il s'agit de les placer en me volant l'une de mes répliques favorites.

Elle voit que je suis plus dans une logique d'écoute active que dans un de ces rares jours où je me sens d'humeur à me prêter au petit jeu de la confidence entre amis. Elle insiste donc:

-Tu n'as pas rencontré de femme idéale ce week-end ?

Pure provocation, nous avons déjà parlé mille fois de la femme idéale et de ma conception de la dite chimère.

-Si, une. Le problème, c'est que c'est sur internet. Et qu'elle existe pas vraiment.... En fait, c'est le personnage d'une chanson.

Là, elle a abandonné, pensant qu'il s'agissait d'une manoeuvre d'évitemment. Alors que même pas. Ce week-end, j'ai vraiment fondu devant une héroïne moderne empreinte de courage, de légèreté, de malice, de fraicheur, de beauté...

Cher petit lecteur, permets moi donc te présenter la nouvelle locataire de mon coeur et l'actuelle détentrice de mes songes:

La jeune femme décrite dans la chanson Her Morning Elegance d'Oren Lavie (Au passage, un grand merci à Cloc, l'une de mes lectures régulières pour la découverte au détour de l'un de ses posts et pour le magnifique et candide clip associé. C'est pas du plagiat Cloc, j'ose du fait que tu l'aies toi même trouvé ailleurs. Et que je ne pouvais pas ne pas en parler ;) ).

Bien sûr, le mieux c'est encore de la voir se dévoiler avec la mélodie comme écrin en lecture simultanée. T'iras comme un grand sur Deezer ou chez Cloc, elle est sympa tu verras.

Sun been down for days
A pretty flower in a vase
A slipper by the fireplace
A cello lying in its case

Soon she's down the stairs
Her morning elegance she wears
The sound of water makes her dream
Awoken by a cloud of steam
She pours a daydream in a cup
A spoon of sugar sweetens up

And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
As she goes in a store
With a thought she has caught
By a thread
She pays for the bread
And She goes...
Nobody knows

Sun been down for days
A winter melody she plays
The thunder makes her contemplate
She hears a noise behind the gate
Perhaps a letter with a dove
Perhaps a stranger she could love

And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
As she goes in a store
With a thought she has caught
By a thread
She pays for the bread
And She goes...
Nobody knows

And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
Where people are pleasently strange
And counting the change
And She goes...
Nobody knows

Ose me dire après ça qu'on ne puisse pas tomber amoureux d'un personnage de chanson ...

*Cher lecteur chéri super patient super gentil tout ca tout ca. Je ne le fais jamais et je pense que l'heure tardive et l'état de fatigue associé expliquent en grande partie le fait que je m'apprete à le faire mais... Je t'en prie, excuse moi de t'abreuver sans cesse de parenthèses de 15 kms et de digressions à faire pâlir n'importe quel auteur classique du XIX. Consoles toi en te disant que c'est (de façon efrrayante j'en conviens) aussi pour ca que tu m'aimes... Non ?

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21 novembre 2008

Je suis venu te dire...

Il y a quelques semaines de celà, nous procédions toi et moi à mon bilan cardiaque, faisant fi de l'anatomie,
Disséquant ensemble le doux siège de mes sentiments les plus intimes, de mes émois, de mes peurs, de mes envies,
Tu étais le spectateur complice d'une révolution silencieuse, sans cri ni haine, sans même la moindre résistance,
Je t'expliquais de quelle façon un être délicieux s'était accaparé une partie non négligeable de mon âme de par sa simple présence,
Comment je l'avais vécu, changeant radicalement de point vu quant au badinage et ses bienfaits méconnus,
Par quel moyen j'avais équitablement imputé mon émoi aux pertes et profits après m'être mis à nu.
Je t'annonçais une suite des réjouissances prévue pour Novembre, ne sachant pas moi même qu'elle en serait la teneur,
Tu t'étonnais alors de mon assurance quant au fait que cette fois pas plus que l'autre rien ne se passerait, que ce soit dans la joie ou la douleur.

Vinrent les premières gelées, les premiers frimas, cette douloureuse période où les jours raccourcissent,
Arriva le mois de Novembre et la concrétisation des ces rêves, de ces espoirs que les candides dans mon genre habituellement nourrissent.

C'était il y a quelques semaines seulement, dans l'intimité de mon chez moi, entre ces murs où mon coeur bat,
Que cette jeune fille déliceuse à souhait est venue passer quelques jours, gouter à la douceur de mes draps.
Sans commune mesure avec la fois précédente, ces jours et nuits passés à deux furent simplement divins,
Autant de moments rares, hors du temps, passés à échanger, partager, rendre un peu moins secrets nos jardins.
Un jour dans une capitale voisine à se sustanter du "meilleur chocolat du monde" dans un cadre calme et luxueux,
Laissant mon regard lui offrir la volupté et le désordre qui chez moi caractèrisent l'émoi amoureux.

Le lendemain dans mon salon autour d'une Pizza agrémentée de chandelles et d'un millésime Margaux,
La regardant m'écouter, l'écouter, comprendre que pour elle la passion n'est pas un vain mot.
Tant de frissons, de silences, de non-dits, tant d'aveux improbables, de fou-rires et d'actes tous aussi manqués qu'interdits,
Tant de conivence, de gêne, de chaleur, de distance, de complicité, tant de sentiments ressentis,
Mais aucune manifestion physique, aucun acte en lui même, pas de concrétisation charnelle,
L'effrayant constat d'une relation imposible, d'une idylle tuée dans l'oeuf, la certitude au fond de moi que Celle que j'attends, ce n'est malheureusement pas elle.

Alors oui, ces temps-ci je t'abandonne, je ne te donne plus de moi, j'en arrive à délaisser ceux d'entre toi qu'habituellement je lis,
Je ne te donne plus de moi, je ne publie pas les nombreuses lignes que pourtant chaque jour je couche par écrit,
Parce qu'il est des choses qui n'appartiennent qu'à moi, quelques rares démons dont je t'ai volontairement cachés l'existence,
Des vérités et des idées peu reluisantes, de celles si empreintes de tristesse qu'elles vous font dire que tout compte fait la vie n'a aucun sens.
Alors oui, ces temps-ci je t'abandonne, je ne me donne plus à toi, j'en viens même quand tu m'écris à te laisser mariner dans ton jus,
Mais comprends qu'en ces temps incertains, pour la plume ses envolées et son partage le coeur n'y soit plus.

J'ai touché un ange de mes mains, j'ai caressé ses cheveux, l'ai accueilli sous mon toit,
J'ai gouté au craquant de ses yeux, bu à ses lèvres l'ambroisie de ses mots, touché le bonheur du bout des doigts,
Pourtant en retournant l'affaire dans tous les sens, je n'y peux rien, les choses sont ainsi faites,
Malgré le trouble que nous partageons elle n'est pas celle qui comme je le voudrai pourrait me faire perdre la tête.

A son départ, un manque cruel, sa présence, son parfum, le son de sa voix disparus,
Mais surtout l'impression d'être seul comme jamais, avec à défaut d'être à aimer le vide sentimental à perte de vue.
Pardonne moi s'il te plait de te laisser ainsi, de te servir des vers de pacotille, de t'abandonner quelque jours,
Sois juste certain d'une chose, c'est qu'après m'être repris nous fêterons ensemble mon retour.

Alors voilà, juste pour marquer le coup, honteux pour une fois de t'offrir comme souvent une texte mal foutu et franchement mauvais,
J'étais et serai absent quelques temps, mais je suis venu te dire que je reviendrai...

Posté par Blackmilk à 15:27 - Aucune catégorie ne convenait... - Commentaires [26] - Permalien [#]

22 mai 2008

Un voiture à vivre baclée, un post facile qui ne l'est pas moins.

Renault_Twingo_16Je ne voulais pas céder à mon tour à la mode du commentaire de requêtes... et pourtant, quand aujourd'hui je suis allé jetter un coup d'oeil, je me suis dis que ca ferait un joli post d'interlude ... et qu'une fois n'est pas coutume, j'ai moi aussi le droit à un post "facile" (et peut-être un peu baclé, mais ca finalement, ca ne regarde que moi).

Voici livrés pêle-mêle quelques exemples de requêtes aboutissant sur ce blog et m'invitant à réfléchir sur les messages véhiculés malgré moi (au prix qu'est maintenant l'essence ma pauvre dame!)

Blackmilk:

Bon, jusque là, ca va. Le mot-clé donnant le plus de visites se trouve être quelque chose d'assez cohérent. Comme quoi Je vis une époque formidable, ce n'est pas seulement un point de rendez-vous pour les pervers et déviants sexuels de tout poil (aucune vanne douteuse ne me vient à l'écriture de ces mots...), je suis aussi lu de quelques personnes attirées par mon humble personne (et donc éligibles de fait à une thérapie).

Grosses femmes nues:

Aie, la deuxième source de visites fait pour le coup moins rêver. C'est d'autant plus consternant que si l'on y ajoute toutes les requêtes contenant le mot "nu", ce blog doit sa gloire aux mêmes raisons qui pousseraient les visiteurs à venir s'il s'intitulait blackmilknaked.com... Bien que je te l'accorde, l'hypothése de me voir nu n'est pas quelque chose de réjouissant en soi, loin s'en faut.

Ours palmidé:

Hum. Oui, si tu veux. Là encore, je ne vois pas comment tu peux arriver ici en tapant cela mais bon, les voix de google sont impénétrables. Tu m'aurais dit escargot martyrisé encore, j'aurai compris mais là. Après, je ne suis pas expert en zoologie donc je t'inviterai à te rapprocher de personnes compétentes ... A moins que tu sois un cinéphile tentant de monter un festival alternatif à Plougastel en faisant un mix de Berlin et Rome mais je dois t'avouer que je ne vois pas davantage ce que tu fais ici ...

Courrier des lecteurs de plus belle la vie:

Ah dommage, c'était presque ca, il y a bien ici une rubrique courrier des lecteurs mais c'est sur le contenu et le support multimédia que tu t'es légerment planté. Je dois t'avouer que des gens qui regardent un programme stupide à la tv ne peuvent malheureusement pas prétendre au statut de lecteur parce qu'ils se sont fendus d'une lecture du résumé sur le télérama. De plus, je t'avouerai sans honte que je ne maitrise pas trop le concept, m'étant imposé un quota d'heure de visionnage de programmes navrants à ne pas dépasser. Et puis franchement, quand je veux du romanesque et du rebondissement, je vais chez la blonde , ca a le mérite d'être bien écrit, et même que parfois dans ses illustrations, il y a de belles pin-up dénudées et ca franchement, ca doit pas trop se faire dans plus belle la vie. Allez, comme tu as pris le temps de venir et que là, tu dois rester sur ta faim, je te mets le lien.

Pourquoi est ce que tu viens pour les vacances de david et jonathan a eu autant de succés:

Alors là, bravo. Je viens de vérifier, c'est même pas un canular des gens de chez canalblog, cette requête google mène effectivement ici! Tu veux pas non plus que je te dise qui a tué Kennedy ou quel sera le prochain recul social fromenté par notre cher président ? Je suis pas expert en résolution de mystère tu sais, c'est d'ailleurs ce qui complique particulièrement mes relations sentimentales depuis toujours. Un indice néanmoins, je pense que la chanson doit beaucoup à son clip (va le voir, rien que pour le moment émouvant de la photo recomposée), concentré de fautes de goût symbolisant à merveille le fait que le ridicule ne tue pas ... et qu'il peut parfois vous faire gagner beaucoup d'argent.

Allez, une dernière, histoire de finir sur une note de poésie.

Position sexuel dans une twingo:

Bon, je ne commenterai pas l'accord douteux, étant moi même le Garcimore de l'orthographe ("Ouh ouh ouh, encore raté"). J'aimerai d'abord savoir d'où tu tiens que je suis expert dans le domaine et j'aimerai aussi que tu m'expliques pour quelles raisons je devrais partager avec toi ce savoir essentiel dans le cas où j'aurais effectivement quelque chose à partager avec toi. Maintenant, je bluff, je bluff pas, c'est pas le sujet. Demande toi simplement si tu es prêt à voir la vie sous un angle complétement différent après que quelqun t'aie initié à une activité symbolique du savoir faire-français que le monde entier nous envie.

Ah, utlime précision. Non, ce n'est pas moi dans la voiture, je ne suis pas fan de boucle d'oreille.

Posté par Blackmilk à 12:03 - Aucune catégorie ne convenait... - Commentaires [7] - Permalien [#]

04 avril 2008

Question pour un rejeton

Des enfants ? Pourquoi faire ? Pourquoi moi ? Pourquoi pas ?

Mais pas tout de suite.

Allez, fais pas l'innocent, je suis sûr qu'en vrai tu t'es déjà laissé aller à rêver de charmantes têtes blondes trainant dans tes pattes pendant une bonne vingtaine d'années.Cela s'est fait de façon insidieuse, comme une addiction à laquelle tu avais resisté jusqu'ici et qui s'était finallement emparée de toi par des voies détournées. Alors que tu écoutais Prendre un enfant par la main d'Yves Duteil un soir d'égarement où tu avais décidé de mettre fin à ta misérable vie, écoutant Nostalgie jusqu'à ce que mort s'en suive, tu avais eu cet éclair de génie.

-Et si la solution à cet immense vide ressenti dans cette interminable succession d'échecs qu'est ma vie était de perpetuer l'espèce en cédant moi aussi à l'appel de la paternité / maternité ?

La vraie révélation, c'est que t''avais quand même du sacrément forcer sur la dose en te poudrant le nez ce soir là et cet état second était à l'évidence renforcé par cette erreur d'appréciation lors de la répartition des volumes eau/pastis, cet alcool absurde qui devait t'aider à enfoncer un peu plus le clou.

Un enfant. Sans rire, tu t'crois prêt ?

Réfléchis bien, ta vie est en jeu. En ce qui me concerne, la réponse semble assez évidente. Il est urgent d'attendre, pour son bien mais aussi et surtout pour le mien. Oui, je te vois déjà me casser du sucre sur le dos et être décu que je sois moi même en proie aux travers nombrilistes et égoïstes de la jeune génération. Seulement voilà, en y réfléchissant bien et en objectivant ce qui ne devrait jamais l'être, est ce qu'il y a vraiment de quoi grimper au rideau?

Bien sûr, il y a cette envie de donner un sens à une vie qui pour le moment n'en a pas trop, cette envie de se lancer dans une aventure palpitante et passionnante, faite de joies et de peines, de sang, de larmes, de sueur et de talc. Il ya la pression sociale, celle qui pousse les non-parents à rentrer dans le moule et à se lancer dans la quête du mini-moi, cet être dans les yeux duquel ils pourront se regarder murir en même temps que l'objet du délit.

Il y a le poids de l'évolution et cette envie primaire de perpetuer l'espèce en accomplissant l'acte de reproduction (Mais ca, il y a quand même moyen de s'y adonner très régulièrement sans risque polichino-tirroiridien. Un jour peut-être, je t'expliquerai).

Il y a également la perspective d'un bonheur incommensurable, idée véhiculée par la croyance populaire, les médias, les milliards de parents qui semblent y trouver leur compte,sans oublier les fabricants de bavette. Cette envie irracible de donner à l'autre de façon inconditionnelle, ce besoin de s'approcher de l'amour pur qui vous unit déjà à vos propres parents.

Autant de bonnes raisons de se ruer chez Aubert pour acheter des millions de peluches, une cross-poussette à trois roues et le dernier modèle de stérilisateur à biberon élaboré grâce aux travaux de la Nasa.

Et pourtant, avoir un enfant, ce n'est pas que cela. Hélas. Bien sûr, certains désagréments matériels et pratiques sont de notoriété publique. Exit les rêves de voitures puissantes et bruyantes, bonjour les allées et venues en Laguna break avec l'autocollant "Bébé à bord" sur la lunette arrière (pas vraiment pratique pour draguer en déplacement, tu en convienderas). Finis les petits week-end à l'improviste et les vacances hors-saison deux fois moins chères, les nuits de 12 heures, les grasses matinées et les siestes crapuleuses, il faut s'impliquer pleinement dans son rôle de parent, lâcher toute idée de plaisir égoiste et s'accommoder des plaisirs solitaires sous la douche, faute d'accès libidineux de votre femme, trop occupée à vénérer celui qui doit justement la vie à la bagatelle. Et que penser de cette quasi-obligation de déhambuler dans les jardins publics (à défaut de pouvoir se bécotter sur les bancs) les week-end et durant la sacro-sainte journée du mercredi, histoire de sortir le fauve de son antre pour finallement le parquer dans une aire de jeu? Comment s'ennorgeuillir de l'espoir commun à tous les parents de voir leur fils s'imposer et régner en maitre sur le bac à sable, répétition générale de sa vie d'adulte durant laquelle il ne devra pas jouer la politique de l'autruche? L'abnégation petit lecteur, tout simplement. C'est un mot que tu devras intégrer à ton vocabulaire le jour où tu décideras (ta femme décidera) d'arreter la pilule. Il y vraiment de quoi être perdu, pour ne pas dire complètement terrorisé.

Mais il y a pire (Il ya toujours pire tu me diras). L'éducation et les doutes quant au fait de pouvoir en prodiguer une convenable, si ce n'est la meilleure qui soit. Le fait de se projeter dans le futur en tant que parent, cette nécéssaire certitude d'être assez responsable, assez exemplaire, assez aimant, assez bon parent pour assurer à sa progéniture un avenir à sa mesure, on serai refroidit pour moins que ca.

Et pourtant. Moi je crève d'envie d'être papa, malgré et finallement pour tout ca.

Seulement voilà, il est à mon sens trop tôt. Je ne suis pas prêt, j'ai d'autres choses à vivre avant de me lancer, j'ai besoin de me préparer d'avantage à aimer un être sans condition, sans restriction, juste l'aimer pour ce qu'il est.

Et puis surtout, il y a un obstacle de taille. Quelque chose que beaucoup considéreraient comme un simple détail technique et qui pourtant fait aujourd'hui tout la différence.Je n'ai pas de mère.

Non pas que je sois orphelin, ma mère va très bien et j'ai la chance de la connaitre, merci pour nous. Non, le problème est ailleurs. Celle qui aujourd'hui partage ma vie ne parvient pas à s'imposer comme la mère de mon enfant. Elle est merveilleuse, elle ferait une très bonne mère, mais serait-elle à la hauteur de mon enfant, en l'occurrence de notre enfant. Et à défaut de l'être aujourd'hui à mes yeux, parviendrons nous à dépasser nos différences pour qu'un jour la chose devienne envisageable?

C'est toute la question, c'est ce qui m'empêche de dormir depuis plusieurs mois, c'est une interrogation qui justifie en grande partie la naissance de ce blog.

Je suis conscient que dans le cas présent, je suis le seul à pouvoir répondre à cette question mais je me dis qu'on ne sait jamais, tu pourrais peut-être me donner un coup de pouce.Alors je te sollicite, et pour une fois, ce n'est même pas pour te soutirer de l'argent. Alors j'me lance, mettant pour une fois de côté mon cynisme et mon faux détachement pour m'en remettre à toi comme "une pauvre midinette" que je suis et je te demande de me répondre ici ou par mail, selon ton bon vouloir:

Dis, est-ce qu'on sait un jour si c'est "la bonne personne" ?

Posté par Blackmilk à 12:58 - Aucune catégorie ne convenait... - Commentaires [14] - Permalien [#]
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