04 octobre 2009
La fin d'une époque
Cher lecteur (de mon coeur)
Voilà, c'est fini. On a tant ressassé les mêmes théories. On a tellement tiré chacun de notre côté (enfin pas moi hein, j'suis quand même pas un garçon facile, je te le rappelle).
Oui c'est bon je sais, c'est pas de moi mais de Jean Louis Aubert. Je voulais même te la mettre en guise d'accompagnement musical pour ce dernier post mais je me suis dit que d'une part ca faisait un peu trop mélo (et je ne suis pas bon quand je donne dans le mélo) et d'autre part que j'allais quand même pas me fatiguer à chercher comment on met un lien deezer pour un blog que je ferme. J'avais aussi pensé à Je suis venu te dire que je m'en vais mais pour le coup, ca sonnait un peu faux vu que dans les faits, ca fait quand même un bail que je suis parti (ca fait beaucoup de "fait" pour la même phrase mais je suis sûr qu'en lecteur compréhensif et amoureux de la prose blackmilkienne empreinte de maladresse, de syntaxe hésitante et de digression aussi longue qu'un jour sans amour, tu sauras me pardonner. Une fois de plus). J'avais aussi Sur toi de Zazie dans un coin de la tête mais j'ai jamais osé y croire vraiment, peut être parce qu'inconsciemment je savais qu'à l'instant où j'écrirais ces lignes cela ne serait pas d'actualité.
Nous y voilà donc, au moment fatidique, celui de te dire au revoir. Je tiens tout d'abord à te dire qu'étonnamment, ca n'a rien de facile. Je l'abordais récemment dans un mail avec l'une d'entre toi,j'ai envie d'écrire ce post depuis des semaines sans pouvoir y parvenir. Je tiens d'ailleurs à te remercier pour ton incommensurable patience et tes gentils commentaires, posts ou mails d'au revoir ou d'hommage. Je remercie également mon producteur (canalblog) qui m'a toujours soutenu, me mettant même parfois un peu trop en avant dans ses fameux "coups de coeur" (c'est le moment où je me la joue, désolé on ne se refait pas) et à qui j'ai fait gagné beaucoup d'argent grâce aux pubs coupant joyeusement mes écrits. Je remercie ma mère sans qui je ne serai pas là (dans ce cas, je pense qu'il est inutile de t'expliquer) et mon employeur qui aura tout de même sponsorisé les trois quarts de mes posts par la mise à disposition (involontaire) de moyens informatiques et d'une paie pas toujours méritée (sans parler des sources multiples d'inspiration). Enfin ca c'était à la belle époque, celle où j'avais le temps de surfer du bureau et où je postais tous les jours (mais tu l'auras remarqué, tu ne peux plus la voir, plus de la moitié des posts étant "offline").
Je te remercie toi aussi le lecteur (et voilà, moi qui ne voulais pas tomber dans le mélo) pour ta présence. Parce que j'ai beau me la raconter égocentrique et égoïste, te voir me lire, réagir et prendre plaisir, c'était quand même sacrément grisant. Sans parler de ceux qui sont devenus un peu ou beaucoup plus par la force des choses.
Alors voilà, j'aurai voulu le faire exprès que j'aurais pas fait mieux, ce blog s'arrête sur le 100ème article publié après un peu plus de deux ans passés à te parler mais surtout à me parler, à garder une trace, à dire ici ce que je ne pouvais dire ailleurs. Et je ne te parle pas de tout ce que j'ai écrit sans jamais le publier.
Je ne reviens pas en détail sur ce qui me fait arrêter, fallait suivre mais pour toi le nouveau lecteur qui arrivera dans 3-4 ans parce que j'aurais eu la flemme de faire une copie de tous les posts et que ce blog sera encore ouvert à des fins de stockage, sache seulement qu'en trois mois j'ai eu le temps de déménager, de retrouver une vie sociale digne de ce nom, de me prendre une claque, de découvrir un nouvel environnement professionnel et donc de délaisser ce charmant amas numérique. Ajoute à cela le fait que celui-ci et ma vie privée se soient télescopés et tu comprendras que je ne peux décemment plus le considérer comme l'espace de liberté que j'avais tant aimé.
Alors je pars.
Mais tu verras, ca va bien se passer. Puis toi comme moi, ca va nous faire du bien. Moi parce que je vais me détacher un peu de tout ca, continuant sur ma lancée en profitant davantage encore de la "vraie vie" comme je le fais depuis quelques semaines/mois. Toi parce que tout compte fait, lorsque tu y réfléchis sérieusement, j'étais quand même fatiguant. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je ne saurais dire exactement d'où cela vient mais c'est désormais un fait établi: tu m'aimes autant que tu me détestes. Et tu me le dis. En commentaire, par mail, par post même (Ca m'a plu ca , c'est un peu comme si j'assistais à mon enterrement, j'ai toujours rêvé de ca, tu connais la tendance au surdimensionnement qu'a mon égo, bravo Claire ;))
Et puis le silence, c'est un luxe. C'est facile de parler, de meubler. Partager le silence sans que celui-ci soit pesant; mieux, le goûter en le concevant comme l'écrin idéal de sa relation à l'autre, c'est quelque chose de rare, qui n'a pas de prix. Vu de cette façon, je suis sûr que tu sauras goûter mon silence ici comme il se doit.
Alors "voilà, c'est fini".
Même si rien n'est fini tu sais. Parce que ca ne peut pas finir ainsi, parce que je ne le veux pas, et parce que ce n'est jamais fini tant que je ne l'ai pas décidé. C'est juste le début d'autre chose, ailleurs, autrement. Et puis je n'ai jamais cru aux adieux. Trop radical, trop proche d'une certitude, sans doute vrai et sincère sur l'instant mais intenable sur la longueur...
Alors je n'écrirai plus ici. Mais je continuerai à écrire. Pour moi. Ou ailleurs puisqu'on ne peut jurer de rien. Peut être un jour sur un autre blog. Surement même. Un ailleurs où tu ne me trouveras sans doute jamais, parce que le but c'est surtout pas de refaire la même chose, de suivre le même chemin. Je m'astreindrai même à ne pas parler de princes de Lu pour préserver mon anonymat s'il le faut. Mais je réécrirai, pour moi, pour d'autres.
Et même pour toi si tu veux, en répondant à tes mails. Que tu auras l'amabilité d'envoyer à commentmejoindre@hotmail.fr
Mais pas pour des pubs, des propositions indécentes (sauf si tu es Nicole Kidman ou son sosie. Mais bien sûr que je suis un homme de principes, c'est juste que les principes en question sont adaptables et révisables) ou je ne sais quelle obscure raison. Et je t'accueillerai même mieux que de par le passé. Les choses changent je te dis ;)
Hier, alors que je marchais sur le parvis face à cette cathédrale qui a veillé sur moi 20 ans durant et que je redécouvre chaque jour, je l'ai senti. En pleine nuit, sous l'ombre gothique et la pleine lune magnifique, comme une légère brise sur ma joue. Ce genre de vent orageux dont la force vous galvanise et la douceur vous enivre. Le préliminaire idéal à quelques larmes célestes, rafraichissantes, comme tombées pour parachever cet épisode. Une dernière averse que j'attends avec impatience aujourd'hui alors que je t'écris et qui ne saurait tarder. Une dernière ondée pour emmener ce qu'il restait de cette époque, une époque formidable certes, mais sans doute bien moins que celle qui s'annonce.
Voilà, je pourrais te faire encore quinze pages mais je me suis promis d'être sobre. Et je n'aime pas quand ca traine en longueur, surtout dès lors qu'il s'agit d'une séparation, et donc d'un déchirement...
Alors, parce que je ne me vois pas finir autrement...
Voilà, c'est fini. Jean-Louis Aubert
Voilà, c'est fini
On a tant ressassé les mêmes théories
On a tellement tiré chacun de notre côté
Que voilà, c'est fini
Trouve un autre rocher petite huître perlée
Ne laisse pas trop couler de temps sous ton p'tit nez
Car c'est fini...hum, c'est fini
Voilà, c'est fini
On va pas s'dire au revoir comme sur le quai d'une gare
J'te dis seulement bonjour et fais gaffe à l'amour
Voilà, c'est fini
Aujourd'hui ou demain c'est l'moment ou jamais
Peut-être après-demain je te retrouverai
Car c'est fini...hum, c'est fini
J'ai fini par me dire qu'on éviterait le pire
Qu'il fallait mieux couper plutôt que déchirer
J'ai fini par me dire que p't'être on va guérir
Et que même si c'est non, et que même si c'est con
Tous les deux nous savons que de toute façon
Voilà, c'est fini
Ne sois jamais amère, reste toujours sincère
T'as eu c'que t'as voulu, même si t'as pas voulu c'que t'as eu
Voilà, c'est fini
Nos deux mains se desserrent de s'être trop serrées
La foule nous emporte chacun de nôtre côté
C'est fini...hum, c'est fini
Voilà, c'est fini
Je ne vois plus au loin que ta chevelure nuit
Même si je m'aperçois que c'est encore moi qui te suis
C'est fini...hum, c'est fini, c'est fini, c'est fini.
