12 juin 2009
If you can make it there...
H.G. Wells n'a inventé aucun concept révolutionnaire avec sa Machine à explorer le temps, il s'est simplement appuyé sur une capacité que chacun d'entre nous possède, celle de réagir à certains stimuli en associant tel ou tel fait passé à une image, un son, une odeur. J'avais déjà eu l'occasion de t'en parler en évoquant l'effet que me faisaient certaines vieilles chansons ou certains parfums familiers.
Il y a quelques heures, alors que je regardais le soleil se coucher sur la masse cotonneuse des nuages en buvant une coupe d'un champagne un peu trop chaud, la radio du service multimédia d'Air France jouait The Scientist de ColdPlay. Et là, comme par magie, je me trouvais transporté 6 ans en arrière, lorsque ...
Comment ? Que faisais-je à bord d'un 777 assurant le vol AF017 pour le compte d'Air France ? M'étais-je soudain découvert une âme de statisticien de l'aviation civile après le crash du Rio-Paris ? Avais-je voulu m'envoyer en l'air en compagnie de charmantes hôtesses très à l'aise avec les langues ? Mieux, avais-cédé à cette envie de tout laisser derrière moi pour quelque destination lointaine comme je l'avais évoqué ici même il y a quelques mois ?
Un peu de tout ca en fait, mais comme chacun des passagers qui purent tout comme moi profiter du coucher et du lever du soleil sur un même vol (Bon sauf ceux qui contrairement à moi n'avaient pas eu la malice de choisir des sièges près du hublot à la réservation), je revenais simplement de New York.
Ah, je ne te l'avais pas dit, au temps pour moi. Après une période professionnelle extrêmement dense et pas de vrai départ en vacances (entendu de départ "lointain") depuis Mars de l'année dernière, je m'suis dit que passer quelques jours à l'étranger me ferait le plus grand bien. New York s'est imposée comme une évidence, ayant toujours été attiré par cette ville, sans doute bercé par cette culture newyorkaise qui déferle sur chacun de nous depuis toujours, par la littérature, le cinéma, la télévision et l'inconscient collectif. Il ne restait plus qu'à convaincre un très bon ami de m'accompagner parce que voyager seul, c'est bien mais voyager à deux c'est mieux. Une formalité vite réglée.
New York, pour moi, avant d'y aller, c'est un premier contact à l'âge de 9-10 ans par le biais de la bande dessinée La cité des eaux mouvantes, épisode des aventures de Valérian (Je ne sais pas pourquoi cela fait plusieurs années que je ne lis plus de Bd mais je le regrette, si tu ne connais pas cette série petit lecteur, fonce! C'est sans doute la seule intrigue de science fiction que j'ai pu lire). C'est d'ailleurs la première image qui m'est revenu en voyant apparaitre les taxis jaunes à la sortie du Terminal. Etonnant d'ailleurs comme la sortie du Terminal 1 de JFK, l'un des plus grands aéroports du monde accolé à l'une des plus grandes villes du monde est loin des clichés de gigantismes que l'on peut avoir en foulant le sol américain. On dirait un peu la sortie d'une gare de province. Puis tout change une fois dans le taxi, au fil des highways de Brooklyn. Les panneaux publicitaires sont les énormes vitrines d'un monde hors norme, la circulation est dense mais moins que l'on serait tenté de le croire, l'espace donnant au tout une fluidité insoupçonnée. Le chauffeur est un chic type, très sympa, très accueillant. L'on en profite pour dégripper quelque peu notre (mauvais) anglais tout en se disant que l'homme est habile pour préparer son tips (ou pourboire). Nous découvrirons au fil des jours que les newyorkais sont très gentils, serviables, attentionnés et cela même sans qu'aucune relation marchande vienne laisser supposer quelque arrière pensée. C'est même quelquechose de frappant lorsqu'on vient de France, la sympathie des gens, partout, tout le temps. Sur les dizaines de personnes avec qui nous avons échangé et conversé, une seule s'est montrée peu avenante, une employée du Metro sans doute las des touristes qui comme moi bloquaient leur métrocard faute d'avoir consulté la direction de celui-ci avant d'entrer dans la station. Au fil des jours, on se sent vraiment comme chez soi. D'une parce que les gens vous accueillent comme si vous étiez l'un des leurs. Ensuite parce qu'il y a tellement de français au mètre carré qu'une fois passé les deux trois premiers jours où cela est surprenant, on a l'impression d'être comme à la maison. Je me souviens encore de ce matin où entrant dans l'ascenseur, une dame me dit "Ah, excusez moi Monsieur" alors qu'elle bloquait mon passage. Son mari la reprend en lui disant que si elle parle français, je ne risque pas de la comprendre. Je romps mon anonymat en disant que j'ai très bien compris et que son français est excellent. Sourires complices des autres personnes dans l'ascenseur, en arrivant dans le Lobby, nous avions découvert que sur sept personnes dans l'ascenseur...sept étaient françaises. Une fois encore, alors que nous faisions une pause dans un Starbuck (que je déconseille, même s'il y en a à chaque coin de rue), nous fûmes assez amusés d'entendre une jeune fille qui attendait nos fauteuil dire à son ami "Tu crois qu'ils ont bientôt fini?".
Je ne te ferais pas un détail de notre programme, celui-ci fut si dense que nous y passerions des heures. Sache juste que la ville est absolument magnifique, encore plus de nuit. Culturellement, c'est juste énorme. Le MoMA et le Guggenheim (Nous avons eu la chance d'y aller pendant l'exposition consacré à son architecte, Franck Lloyd Wright, l'un des acteurs majeurs de l'architecture américaine du XX) sont de formidables lieux favorisant la perte de notion temporelle. Nous avons malheureusement survolé le MET (faute de temps), l'équivalent du Louvre qui lui aussi est impressionnant ne serait-ce que de part sa collection de toiles européennes du XIX et XX. Nous nous sommes abreuvés d'architecture en arpentant les rues. Je suis quelqu'un qui ne prend jamais de photos, je suis revenu avec pas moins de 300, gagnant ainsi ma place au Panthéon des touristes nippons méritant sans avoir eu l'impression de passer mon temps l'appareil à la main.
De gauche à droite: La maquette de la célèbre Falling Water de Franck L. Wright, Flag de Jasper Johns (sans doute l'une des oeuvres les plus marquantes du MoMA, un condenscé du patriotisme américain que l'on ressent à chaque instant jeté avec une intensité réélement frappante lorsqu'on lui fait face) et enfin une oeuvre commune de M.Pistoletto et de Moi-même puisque la grande silhouette que vous voyez dans le fond écoutant l'audioguide n'est autre que votre serviteur.
Les vues et perspectives sont époustouflantes, que ce soit depuis la Statue de La Liberté, en remontant le Brooklyn Brigde ou enfin depuis le Top of Rock (plus impressionnant que le survol en hélicoptère que nous avons également fait).
La nourriture est variée dès lors que l'on s'en donne les moyens. En bons touristes fans de leur confort, nous avons choisi de suivre Le Guide du Routard. Grand bien nous en a pris: cuisine juive d'Europe de l'Est dans un Deli un peu chic niveau prix mais absolument pas guindé dans la forme. Au simple souvenir de ce double sandwich au Pastrami/Corned Beef dont se régalent régulièrement Rudy Giuliani et Woody Allen, ma langue frétille. Restaurant Corréen (délicieux), Japonais (mais sans sushi, étonnant!), Pizza loin de cette usine à touriste qu'est Little Italy,autant de souvenirs culinaires inoubliables. Et que dire du meilleur hamburger jamais mangé au Shake Shack sur Union Square (accompagné d'un MilkShake à tomber), seul fois ou avec la Statue de la Liberté et l'Empire State Bld nous avons attendu plus de 45 minutes sans se douter que ce serait une expérience gustative rare...
Niveau shopping, comment te dire... Je suis parti avec 8kg de bagages, revenu avec 21. J'avais prévu, mais si j'avais su que nous ne serions même pas contrôlés par la douane à l'arrivée, je pense que j'en aurais profité différemment encore. Time square la nuit, il faut le vivre, aucune vidéo ni aucune photo ne restitue l'impression que l'on a tout à coup d'être au centre du Monde. Le plus grand magasin de MnMs au monde, un peu plus haut sur la cinquième avenue Abercombie and Finch, on consomme comme si c'était un acte naturel, sans se poser de questions, qui plus est lorsqu'on est accueilli par de somptueuses créatures.
Somptueuses créatures, parlons en. Si New York est magnifique, les newyorkaises y sont pour beaucoup. Au début, c'est surprenant, les américaines sont juste belles, classieuses. On a l'impression d'être entouré de mannequins, partout, tout le temps. Comme si la série Sex and the city n'était en rien exagérée. De ce que j'ai pu en voir, elle ne l'est pas. Loin des clichés, en plus d'être belles, les américaines sont souriantes, cordiales, avenantes. Et je ne te parlerais pas de leur générosirté, de leur ouverture... Puisque je te dis que c'est un monde à part!
Si je ne devais retenir qu'une journée, ce serait sans doute le dimanche ensoleillé (Nous avons eu beaucoup de chance avec le temps, juste une journée de pluie) où nous avons passé l'après-midi à Central Park. Imagine une immense parcelle verte au coeur d'une mégapole, des arbres entre lesquels des milliers de personnes font leur footing ou du vélo, refuge d'écureuils qui ne connaissent pas la peur de l'homme, peuplés de nymphes en bikini se faisant bronzer sur l'herbe verte à quelques pas des enfants qui jouent au baseball avec les tenues si particulières. Sans doute en me lisant ne vois tu pas ce qu'il y a de magique dans ces rites urbains d'occidentaux profitant comme des milliers d'autres à travers le monde d'un coin de verdure par une journée ensoleillée. Pourtant, il faut le vivre pour comprendre que c'est l'une des expériences les plus dépaysantes qui m'ait été donné de vivre.
Que dire après cela sinon que j'ai detesté cette foutue ville et que je n'y retournerai sans doute jamais.
Tss. Bien sûr que j'y retournerais. Pour vivre à nouveau cette expérience incroyable que tout le monde devrait éprouver, celle de passer plusieurs jours dans une ville où l'on se sent soudain citoyen du monde avec l'impression tenace d'être au centre de celui-ci.
Vraiment, c'est une ville que je te conseille lecteur de mon coeur.
Et promis, la prochaine fois, je te raconte ce que cette chanson a fait remonté en moi.
***NDMM (Note De Moi-Même): Je sais, un post tout joyeux tout mièvre, ca fait un peu tâche dans ma ligne éditoriale. Je suis le premier à m'en étonner à la relecture. C'est seulement que même en cherchant bien, il n'y eut rien de négatif dans ce voyage, rien. Peut-être juste le retour où les joies du Jet Lag se sont mêlées à la déprim d'être à nouveau en France, pays que j'adore mais... différent***
***2eNDMM : Si tu veux avoir une autre vision de Ny, une sous la pluie celle-là, t'peux aller chez mon amie blonde ;)
Commentaires
*Bavage*
après ces vacances, es-tu tout remotivé pour nous resservir un billet par semaine? ;-)
C'est vrai que les newyorkaises sont canons (contrairement à leurs hommes plutôt bofbof) j'avais noté (avec agacement) aussi.
Rien qu'en te lisant j'ai eu drôlement envie d'y retourner.... snif
Miss400 : ouaip, ce serait drôlement bien un billet par semaine...
pas d' accord avec toi Miss400, en hiver, les hommes avec leur pardessus anglais cintré et au genou, et leur petit bonnet en laine sont très classes. enfin j'ai trouvé...la période basket est effectivement finie et les femmes sont plutôt en talons hauts. seul regret, le Vuitton est quasimment un uniforme.
je partage ton sentiment pour New York et si je pouvais, je vivrais la moitié de l'année à Paris et l'autre à Manhattan. j' appelle NYC la ville-planète, c'est la seule vraie métropole à mon sens (même si par certains côtés, Londres a parfois cette dimension). cela fait 5 ans que je n'ai pas été à New York alors qu'à une époque j'y allais tous les trois ans en moyenne...en plus j'ai des amis là-bas, je devrais en profiter...
Columbine : heuuuuu... c'est à moi que tu parlais ou à Miss400 ? ;)
j'ai vu "miss400" et j'ai pris cela pour la signature...pan sur le bec
Chère Cloudy,
Restons entre gens de bonne compagnie, merci de ne pas exposer tes fluides corporelles à la vue de tout le monde.
Fonce là-bas, n'hésite pas :)
Chère Miss400,
Là, je suis remotivé. Seulement, ca ne fait pas tout.
Chère Blondinette,
On y retournera vas, t'en fais pas :) J'ai pas trop regardé les zhoms en vrai, j'aurais p't'etre du.
Un billet par semaine... Vous êtes d'eternelles insatisfaites (et rêveuses :p)
Chère Columbine,
Je n'suis allé qu'une fois à Londres, je me dis que c'est effectivement dommage, je me pencherais sur l'idée pour un prochain week-end.
Si en plus tu as un pied à terre là bas, tu n'as aucune excuse.
Blackmilk : d'accord !
Bon, il est où ton billet de la semaine ?
t'es qu'une feignasse
Ah ! J'y vais cet été… et ton post m'a donné enocre plus l'eau à la bouche ! Merci
Chère Blondinette,
J'ai bien une réponse toute faite mais je pense qu'elle ne te satisfera pas. Et puis j'suis bien trop poli pour ce genre de réponse :p
Chère 400 d'mon Coeur,
T'as un mister 400 chez toi, t'sais ce que c'est... Oui, je suis feignant (ici), mais j'assume à mort.
Chère Perruche,
Enjoy ! Le guide du routard est ton meilleur ami si comme j'ai cru le comprendre c'est la première fois. Et n'oublie pas le Mnm's World à Time Square, rien de plus dépaysant qu'être accueilli par un Mnm's géant ;)
Rooooh je suis là classée dans la colonne de gauche :))
C'est un honneur, et j'en suis très touchée :))
Chère Cloudy,
Un honneur je ne sais pas, attends que mon service commercial t'envoie la facture et on en reparle ;)
Bonnes vacances ! (sous-entendu "souhaite moi de bonnes vacances)
Je te souhaite de TRES bonnes vacances :)
Et ce billet, ça vient oui ou non ?
On attend toujours, j'te f'rais dire !
ps : ouais la réponse toute faite j'ai une petite idée de ce que c'est laisse-moi te dire que c'est pas du joli. J'ai honte pour toi
Comme tu fiches rien, je t'ai tagué pour t'obliger à bosser et nous pondre un billet.
voilà, c'est bien fait pour toi.
Chère Cloudy,
Merci, jusqu'ici ca ne s'est pas trop mal passé :)
Chère blondinette,
Si t'as honte pour moi, ca m'réconforte. Tu regarderas, j'ai posté, ca t'évitera peut-être de montrer les dents ;) Que ca ne devienne pas une habitude.







