10 février 2009
Her Morning Elegance ... haunts my nights
Le propre des Marasmes, c'est qu'ils permettent de goûter davantage les rares moments de calme, de quiétude, autant de précieuses accalmies qui vous donnent l'impression de revivre à nouveau, vous laissant reprendre votre souffle.
Aujourd'hui, en fin de matinée, ma collègue Sophie et moi avons partagé ce passage dans l'oeil du cyclone, dégageant ces instants de répit au forceps. Je me suis décidé à céder à l'envie d'un énième shoot de caféine, histoire de ne pas retourner le bureau au cours d'une crise de surménage aussi malheureuse qu'imprévisible. Une sorte de soin préventif si tu préfères.
Elle était là, soupirant et gromelant devant son écran, un peu à l'image de chacun d'entre nous depuis que cette fameuse crise à décider de frapper à notre porte, changeant radicalement nos pratiques, nos repères et finalement tout notre petit Monde, à nous, les gens qui travaillent pour notre-directeur-bien-aimé. Alors je suis rentré, poussant légérement la porte de son bureau, décrochant le combiné de son téléphone pour le poser sur le côté, m'asseyant face à elle les jambes croisées de façon quelque peu informelle et décontractée en l'invitant à s'arrêter quelques instants.
Sophie et moi avons le même age, sommes originaires de la même ville, avons grandi dans les mêmes endroits. Nous avons des parcours professionnels et personnels extrèmements différents, une approche du métier sensiblement identique bien que nos fonctions différents quelque peu. Nous avons pas mal d'affinités, d'autant plus qu'il n'y a jamais eu entre nous quelque ambiguité que ce soit. Et je te le dis petit lecteur, quand il n'y a aucune ambiguité, ca change tout. C'est une amie donc, ni plus, ni moins, la seule personne qui aie le double des clés de mon appart, histoire que ma plante verte ne meurt pas dans d'atroces souffrances si par malheur je venais à perir dans un tragique accident de footing, happé par quelque bolide sans permis conduit par un sexagenaire un jour d'épais brouillard alors que je traverserais en dehors des clous.
Nous nous connaissons très bien même si nous nous fréquentons peu en dehors du cadre professionnel, suivant chacun les péripéties et joyeuses aventures de l'autre. Elle connait certains de mes démons, je connais quelques unes de ses faiblesses, nous nous estimons assez pour avoir confiance l'un en l'autre. C'est donc naturellement que je lui demande où elle en est, sûre que sa réponse sera aussi palpitante que longue. Et de fait prompt à la détente.
-Comme d'habitude, c'est Dallas me dit-elle. Et c'est vrai que sa vie est pleine de rebondissements, à se demander comment elle trouve autant de matière à une vie sentimentale aussi chargée dans une ville aussi sinistrée, tout du moins du point de vue du potentiel de personnes "intéressantes". Je lui fais remarquer qu'à tout prendre, Dallas ca a quand même plus d'allure que Plus Belle La Vie et que de toute façon, l'accent marseillais n'arrangerait pas ses affaires. Elle rit avec la légereté des gens qui usent et abusent du caractère intime des pics au second degré. Et après avoir fait semblant de s'être fait prier pour rentrer un peu plus dans le détail et m'assomer par un récit aussi drôle qu'improbable, elle me demande où j'en suis, autant par politesse que par intérêt.
Bonne question. Elle devine à mon air perplexe qu'il va falloir creuser pour avoir la réponse.
-Je n'en sais rien... C'est une réponse acceptable ?
Il semblerait que non.
-Et ton Alsacienne ?
-Evaporée. Ou plutôt ... Réciproquement éjectée.
-Hum. Et cette fille croisée dernièrement en déplacement qui t'avait poliement fait du rentre-dedans de façon éhontée?
(Faut que j'arrête les déplacements d'ailleurs, c'est une source perpétuelle d'ennuis en ce qui me concerne. Puis des gens qui m'font du rentre dedans, c'est toujours louche. A plus forte raison si ce sont des êtres humains. Alors de femmes, j'te raconte pas...)
- En couple. Et moi les gens pris, ca ne m'intéresse pas. Encore moins quand ils m'approchent. J'avais un ancètre vaguement Judéo-Chrétien qui avait trouvé un vieux bout de marbre portant l'inscription "Tu ne convoiteras point la femme de ton voisin", j'ai décidé d'en faire l'une de mes devises avec "C'est bien, c'est beau, c'est Blackmilk".
(Bon ok, après "m'approchent" j'ai pas vraiment dit ca, en tout cas pas sur le coup, je viens de l'inventer. N'empêche que j'aurais pu le dire. Puis j'fais ce que j'veux, c'est MON blog)
- T'assures pas un cachou (Tu noteras que Sophie non plus n'est pas la reine de l'orthographe et qu'elle se souvient jamais s'il faut mettre un "s" à l'impératif. Alors elle oscille toujours entre les deux comme ca elle est sûr de ne se tromper que dans 50% des cas. Bon ok, tu sais qu'en l'occurence, comme Sophie parle, le fait qu'il y ait un "s" ou pas n'a pas d'incidence puisqu'on est à l'oral et donc que la faute -ou pas- vient de moi. Ca t'éclaire donc fatalement sur l'absence de vérification, t'sais bien que j'ai autre chose à faire que de vérifier à cette heure tardive un chose que j'ai cherchée à de maintes reprises sans que mon cerveau de poisson rouge ne parvienne à la mémoriser. Quelles choses ? En l'occurence des digressions* et accessoirement, un post).
Oui, Sophie aime les cachous. Et surtout dès lors qu'il s'agit de les placer en me volant l'une de mes répliques favorites.
Elle voit que je suis plus dans une logique d'écoute active que dans un de ces rares jours où je me sens d'humeur à me prêter au petit jeu de la confidence entre amis. Elle insiste donc:
-Tu n'as pas rencontré de femme idéale ce week-end ?
Pure provocation, nous avons déjà parlé mille fois de la femme idéale et de ma conception de la dite chimère.
-Si, une. Le problème, c'est que c'est sur internet. Et qu'elle existe pas vraiment.... En fait, c'est le personnage d'une chanson.
Là, elle a abandonné, pensant qu'il s'agissait d'une manoeuvre d'évitemment. Alors que même pas. Ce week-end, j'ai vraiment fondu devant une héroïne moderne empreinte de courage, de légèreté, de malice, de fraicheur, de beauté...
Cher petit lecteur, permets moi donc te présenter la nouvelle locataire de mon coeur et l'actuelle détentrice de mes songes:
La jeune femme décrite dans la chanson Her Morning Elegance d'Oren Lavie (Au passage, un grand merci à Cloc, l'une de mes lectures régulières pour la découverte au détour de l'un de ses posts et pour le magnifique et candide clip associé. C'est pas du plagiat Cloc, j'ose du fait que tu l'aies toi même trouvé ailleurs. Et que je ne pouvais pas ne pas en parler ;) ).
Bien sûr, le mieux c'est encore de la voir se dévoiler avec la mélodie comme écrin en lecture simultanée. T'iras comme un grand sur Deezer ou chez Cloc, elle est sympa tu verras.
Sun been down for days
A pretty flower in a vase
A slipper by the fireplace
A cello lying in its case
Soon she's down the stairs
Her morning elegance she wears
The sound of water makes her dream
Awoken by a cloud of steam
She pours a daydream in a cup
A spoon of sugar sweetens up
And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
As she goes in a store
With a thought she has caught
By a thread
She pays for the bread
And She goes...
Nobody knows
Sun been down for days
A winter melody she plays
The thunder makes her contemplate
She hears a noise behind the gate
Perhaps a letter with a dove
Perhaps a stranger she could love
And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
As she goes in a store
With a thought she has caught
By a thread
She pays for the bread
And She goes...
Nobody knows
And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
Where people are pleasently strange
And counting the change
And She goes...
Nobody knows
Ose me dire après ça qu'on ne puisse pas tomber amoureux d'un personnage de chanson ...
*Cher lecteur chéri super patient super gentil tout ca tout ca. Je ne le fais jamais et je pense que l'heure tardive et l'état de fatigue associé expliquent en grande partie le fait que je m'apprete à le faire mais... Je t'en prie, excuse moi de t'abreuver sans cesse de parenthèses de 15 kms et de digressions à faire pâlir n'importe quel auteur classique du XIX. Consoles toi en te disant que c'est (de façon efrrayante j'en conviens) aussi pour ca que tu m'aimes... Non ?
Commentaires
Nota pour les jours à venir : ne jamais m'aventurer sur ton blog pendant mon petit-déjeuner un jour de semaine. Si un nouveau billet s'y trouve, c'est le retard assuré... Et je me vois mal expliquer que c'est parce que je suis restée scotchée à tes digressions, avec ou sans fautes d'orthographe.
Le décroché de téléphone... si tu savais comme j'en rêve ! Mais dans ma boîte, si tu n'as pas remis le combiné en place ou composé un numéro dans les 5 secondes qui suivent, il estime qu'il peut se remettre à sonner.
Ah et puis Deezer est capricieux ce matin. screugneugneu.
Des moments comme ceux-là sont précieux. Je t'en souhaite tout plein d'autres :D
pas de S à l'impératif si c'est du 1er groupe...
je t'en prie...
Deezer fonctionne de nouveau, et ohhhh mais c'est super connu !!!
J'adhère !
Chère Claire,
Arrête (sans "s" a priori ;)) un peu de me gêner tu veux bien ? :)
Pour tout te dire, je pratique le décroché de combiné davantage pour les autres que pour moi-même. Il faut savoir que j'ai le plus souvent un téléphone sans fil qui ne quitte pas mon oreille de la journée et avec lequel je suis toujours joignable, même en déhambulant sans cesse de bureau en bureau. Et que rien ne sert de l'éteindre puisque l'on me retrouve toujours. Et même si les dispositions prises pour le filtrage sont de plus en plus efficace, c'est usant...
C'est pour cela que je décroche ceux des autres lorsque je trouve refuge dans un bureau qui n'est pas le mien et que j'ai besoin de calme.
Mon conseil: débranche la prise!
Merci pour ton souhait. Je te souhaite bien evidemment autant de mal ...
Chère Miss400,
Mais que ferais-je sans toi ? En fait, comme beaucoup de règles de grammaire et de conjugaison, je l'ai lue mille fois mais je ne suis jamais parvenu à la retenir.
Chère Claire,
T'es trop rapide, je dépose les armes et m'incline devant tant de réactivité. Tu répliques avant même ma réponse.
Impressionnant ... :p
Quand je veux me cacher, je file aux archives. Le seul endroit où les murs ne sont pas vitrés.
Pour la prise.. euh.. c'est moins discret et qu'un accidentel "oh mince, le combiné était mal raccroché, j'avais pas fait attention"
Et enfin... Lucky Luke au féminin, c'est moi ;D
pas de S à l'impératif si c'est du 1er groupe...
pas de S à l'impératif si c'est du 1er groupe...
pas de S à l'impératif si c'est du 1er groupe...
pas de S à l'impératif si c'est du 1er groupe... mdr
ravie de t'avoir fait profiter de ma découverte! je comprends ton tombage en amour, je n'en suis pas très loin non plus...
sinon je me permets de te suggérer un truc mnémotechnique qui me parle beaucoup pour l'impératif: c'est soit un "e" soit un "s" à la fin. jamais les deux. jamais autre chose. si ça peut t'aider...
sinon bienvenue aux autres, j'essaierai d'être sympa à l'avenir puisqu'on m'a présentée comme telle :)
Alors, franchement, il y a des jours où il vaut vraiment mieux être amoureux de personnages de chanson, parce que les êtres humains, surtout les filles, c'est compliqué. Mais ça, je crois que je n'ai pas besoin de te le dire...
Alors je dis que tu as entièrement raison, surtout pour elle... enfin, jusqu'à la prochaine fois que tu auras besoin d'une étreinte, d'une odeur, de ta peau contre la peau d'une fille...
PS : j'allais jouer à l'instit pour le coup de l'impératif, mais c'est déjà fait. Donc, maintenant, tu connais la règle...
Chère Claire,
Les archives j'évite, surtout avec la connotation sulfureuse qu'elles ont dans mon agence... Je m'dois d'avoir une image quelque peu respectable tu comprends ;) Et puis de toute façon, là aussi il y a un téléphone...
Pour le fil, si chez toi c'est comme chez nous, à savoir un imbroglio de fils incroyable sur lequel on peut tiré par mégarde avec ses pieds, ca peut toujours s'expliquer (et même avec un sans fil vu que la base elle, en a un).
Merci pour la démonstration de la méthode Coué appliquée à la conjugaison.
Lucky Luke au féminin ? Tout un programme ... :p
Chère Clo(c)
Je suis ton obligé. Pas mal cette astuce du "e" et du "s". Limite j'serai tenté de dire que t'es plus forte d'un point de vue pédagogique que Miss400. Oh et puis tiens, je le dis!
Merci "d'essayer" en tout cas, je n'aime pas qu'on me fasse mentir :)
Cher Bernie,
Tu dis ca parce que ton coeur est encore empli de la rage d'avoir céder la place de gagnant au grand concours de Miss400 à un membre du beau sexe.
Compliqué certes. En même temps, quand c'est simple, ca a parfois le risque d'être profondémment ennuyeux ;)
La prochaine fois ? On a toujours besoin d'une présence féminine, tu le sais bien ;)
j'ai une idée, va plus souvent à la boulangerie tu croiseras surement une femme avec un manteau qui achète du pain, si si je t'assure...ouais je sais aucun romantisme! on peut même plus rêver!
Chère zygaena,
Pour tout te dire, je vais très rarement à la boulangerie lorsque je ne suis pas accompagné.
Mais bon, pourquoi ne pas essayer à l'occasion, "ca ne mange pas de pain" ...
(Désolé, j'ai essayé d'être raccord avec ton commentaire :p)
ptin Bernie il est rien senssouel comme gars...
ah ne me parlez plus de ce concours!
le prochaine fois, ce sera tirage au sort, ça m'a épuisée...
Justement je me disais que tu digressais de moins en moins dans tes posts et ça m'inquiétait...
Ecoute tomber amoureux d'un personnage de chanson c'est quand même mieux que de l'un des membres de TokyoHotel, après, ce que j'en dis...
Chère Miss400,
Bernie, c'est l'meilleur. Pour le prochain concours, tente un lot moins attractif. J'crois que j'vais en lancer un avec à gagner une photo dédicacé de mon pied gauche.
Chère Blondinette,
Don't worry, I'm happy. Pas de Tokyo Hotel donc, même pas celui éffeminé ?
Elle est ...
... "rose" cette chanson ; just because I'm figthing with my garden... ☼
Chère étoile d'Ô,
C'est une impression ou ta vie est tellement "rose" que tu utilises le mot sans parcimonie ? ;)
Ma vie est...
... aussi rose que le lait est noir : chez moi, nous n'avons jamais vu des vaches produire du lait noir ☼ C'est amusant les couleur : je descends direct d'une étoile jaune !!! Drôle(s) hein les couleurs ?
