Je vis une époque formidable...

J’aurais pu me payer un psy, écrire un synopsis inspiré de ma vie, le vendre à Spielberg pour 15millions de dollars et vivre à La Barbade entouré de chèvres et de femmes nues…mais je préfère partager tout cela avec vous! Vous aimez les chèvres?

29 janvier 2009

Our house, In the middle of our street

Cela fait maintenant quelques temps que l'on se fréquente toi et moi. On en arrive à un stade où l'on apprend à se connaitre de plus en plus, découvrant à chaque échange un peu plus sur l'autre et en ce qui me concerne un peu plus sur moi-même (même si je te l'accorde, je me connais relativement bien, cela fait plus d'un quart de siècle que je me pratique).

Tu sais les troubles, les joies et les peines qui m'habitent, tu sais ce qui m'émeut, m'effraie ou me fait vibrer. Et pourtant, tu ne sais pas vraiment qui je suis, où j'habite, dans quel domaine je travaille, ce que je fais de mes jours, de mes nuits, de ma vie.

C'est normal, je ne tiens pas à ce que tu le saches. Par choix d'abord, parce que finalement qui je suis n'a que peu d'importance dans cette relation particulière qui nous unit. Et que paradoxalement, rester dans l'ombre me permet de lever davantage le voile sur ce qui à mon sens mérite réélement d'être livré. Par obligation ensuite, ayant à coeur de préserver au maximum ma vie privé d'une vie professionnelle qui pourrait vite devenir envahissante.

Car si je ne suis pas un personnage public, j'ai un métier et des fonctions particulières qui m'invitent à rester discret sous peine d'être rattrapé par le travail une fois la porte du bureau franchie. Je ne suis ni membre des forces de l'ordre, ni fonctionnaire des impôts et encore moins huissier de justice et je ne peux pourtant figurer nommment dans l'annuaire, sur des sites communautaires à l'instar de facebook ou copaindavant sous peine d'avoir comme certains de mes confrères quelques soucis. Je ne laisse pas de trace sur le net. A tel point que lorsque je tape mon nom dans Google, rien ne figure me concernant. Autant tuer le fantasme dans l'oeuf, je ne suis pas non plus agent secret, certains d'entre toi savent que je préfère le Gin Fizz à la Vodka Martini Dry et je me déplace malheureusement en citadine française en lieu et place de la légendaire Aston Martin du plus célèbre des sujets de Sa Majesté.

Mais alors, qu'est ce que je fais ?

Rien. C'est en tout cas ainsi dans la croyance populaire. Car crois le si tu veux mais après quelques années passées (J'ai effectivement commencé tôt) dans le monde impitoyable du secteur privé à flamber avec des intitulés de postes pompeux et à vivre de paies mirobolantes, j'ai rejoint il y a un peu plus de trois ans le secteur public. Tout d'abord pour retrouver une vie privée et diviser mon temps de travail par deux. Et dans le même temps diviser mes revenus par quatre. Fais le calcul petit lecteur et tu te rendras vite compte que sur le papier, ce changement de cap n'était pas forcémment à mon avantage.

Et pourtant.

Quand tu passes ton temps à travailler pour t'assurer un certain confort matériel, tu en viens (tout du moins ce fut le cas pour moi) à te demander à quoi cela sert d'avoir de l'argent si tu n'as plus de temps pour le dépenser. Se pose également la question de ton entourage fatalement délaissé qui en vient à croire davantage à l'existence de la vie sur Mars qu'à celle d'une vie pour toi en dehors du boulot.
Alors j'ai changé de voie. De façon radicale, étonnament contre l'avis de mes proches qui pourtant se plaignaient d'être "oubliés". Contre la croyance populaire qui veut qu'une bonne place bien payée ne se quitte pas et que la réussite sociale soit de façon antinomique liée à des raisons pragmatiques s'affichant sur ta fiche de paie chaque fin de mois. Contre moi-même aussi et mon goût pour l'argent, cet argent que je n'ai jamais cherché à amasser, à dépenser, celui qui n'a jamais été une fin mais un moyen, un moyen diablement efficace de justement parvenir parfois à mes fins.

Ce que j'ai pu perdre d'un côté en niveau de vie (même si c'est assez relatif), je l'ai gagné en confort de vie. Et même si cela semble identique à première vue, je te prie de croire que lorsque l'on s'y essaye on saisit vite la nuance. J'ai délaissé l'uniforme de pingouin, les chemises obligatoirement blanches ou bleues, les costumes impérativement sombres, les cravates alliant forcément les notions de sobriété et de pouvoir, de respectabilité. J'ai gouté au plaisir d'aller travailler à pied, de mettre des chaussures confortables, de ne plus me raser obligatoirement six jours sur sept. Et même si aujourd'hui les choses font que je reviens quelque peu sur ces acquis, je relativise et ai conscience du luxe que constitue la possibilité de pouvoir souvent choisir. De maitriser un peu plus mon apparence, de ne plus être uniformisé. J'ai découvert que travailler 40 heures par semaine (même si en moyenne j'en fais plus), c'était  pour mon employeur actuel encore trop et que les RTT, quand on y a pris goût, c'est difficile de s'en passer (même si j'ai ces temps-ci quelques difficultés à les poser). J'ai découvert que l'on pouvait parfois être chez soi à 16h10 après une journée de travail sans forcément avoir la grippe. Et qu'on pouvait s'endormir le soir sans problème, sans se soucier de l'hypothèse de se réveiller sans emploi, s'endormir sans craindre l'avenir et son lot d'incertitudes amenées par une crise socio-économique de plus en plus forte. Le luxe suprème. Un nouveau monde s'ouvrait à moi en somme.

Puis je me suis pris au jeu. Une fois admis les changements négatifs mais surtout positifs inhérent à mon nouveau statut, j'ai découvert semaine après semaine un environnement professionnel, des tâches et problématiques aux antipodes de celles pour lesquelles j'avais été préparé lors de mon cursus de formation. J'ai vite compris que l'image que je me faisais du métier était comme souvent nourrie par les clichés, que c'était en réalité beaucoup plus complexe et de fait plus impliquant et stimulant que je me l'étais imaginé de l'extérieur. J'ai compris que les avantages étaient finalement de simples bonus, que l'intérêt de mon travail venait surtout de ce qu'il me permettait de faire, au quotidien. Aider les autres. Oeuvre dans l'intérêt public. Je me suis découvert des aspirations sociales, un goût pour l'être humain que je ne me connaissais pas, on m'a inculqué la notion de Service Public. Et je me suis pris à y croire.

Je fais donc aujourd'hui parti de ces soit-disant nantis, de ceux qui dans l'inconscient collectif ont la sécurité de l'emploi, passent leur journée à boire le café en profitant des acquis obtenus par les syndicats dont ils sont la terre nourricière.

En vérité, si je suis reconnu comme étant "en charge d'une mission de service public", je ne suis pas fonctionnaire. Et si dans les faits je dispose d'une relative sécurité de l'emploi, l'éventualité d'un licenciement économique est prévue par les statuts régissant le personnel de mon institution. Je ne suis pas syndiqué et même si je suis fier de mes convictions, je suis loin d'être revendicatif.

Pourtant aujourd'hui, pour la deuxième fois de ma vie j'étais en grève. Et pour la première fois, dans la rue. Avec des centaines de milliers d'autres. Parce que chaque jour j'applique consciensieusement la politique d'un président que je n'ai pas choisi. Parce qu'à chaque instant je suis en proie à l'action d'un gouvernement avec lequel je suis en profond désaccord. Parce que je dispose d'une place privilégiée pour apprécier l'ampleur des dégats causés par une politique aveugle, injuste et déraisonnée. Et que si chaque jour, soucieux d'accomplir avec professionnalisme et déontologie les missions qui m'ont été confié j'exécute et fait exécuter des directives parfois improbables sans sourciller, je n'en suis pas moins un citoyen ayant comme devoir de défendre ses idéaux, ceux-là même pour lequels d'autres citoyens se sont préalablement battus.

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Aujourd'hui dans les rues de ma ville de province, sur le chemin menant de la place où ont lieu les rassemblements populaires à la préfécture, symbole du pouvoir, nous étions des milliers à nous tenir chaud dans le froid. Des milliers à nous dire qu'il ne fallait pas louper ce rendez-vous et que lorsque l'on ressentait un profond malaise et un certain mécontentement, ne rien faire n'était bien évidemment pas une solution envisageable.

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Si tu te demandes, le smiley gréviste du milieu en train de se contorsionner pour se mettre au niveau de ses confrères (c'est aussi ca la grève, gommer les différences entre ceux qui se réunissent ;)) et tenir sur la photo, c'est moi.

Moi qui n'avais jamais été un révolutionnaire dans l'âme, un homme prompt à battre le pavé pour défendre ses idéaux; au milieu de ces gens venus de mille horizons, je n'ai pu m'empêcher de repenser à l'oeuvre collective et controversée Entropa coordonnée par David Cerny et représentant la France avec une banderolle "Grève" la traversant de part en part.

                                                         Fr

La première fois que je l'ai vu, je me souviens m'être dit que l'oeuvre n'avait pas du plaire à notre cher président, celui-là même qui s'était vanté d'avoir réussi à rendre les mouvements de grève invisibles en France. J'avais trouvé cela assez drôle, représentatif de l'exception culturelle française au même titre que les bons mots de Molière ou la baguette de pain.

Aujourd'hui, impossible de ne pas y repenser toujours en souriant, mais cette fois par fiereté. Parce qu'aujourd'hui, en voyant ces hommes et ces femmes manifester pour leur idéaux, contre une politique qu'on ne peut décemment pas qualifier de totalitaire mais qui devient chaque jour davantage liberticide et injuste, il y avait de quoi être fier. Fier de faire partie d'un grand pays, un pays où l'on peut et sait se faire entendre.

 

Lors de votre campagne présidentielle Monsieur Sarkozy, vous avez allégrement surfé sur le sentiment d'appartenance nationale et de patriotisme tirant fortement vers le nationalisme, éloignant les gens les uns des autres à l'opposé de ce que prônent justement la devise de notre pays. Contre nos valeurs, vous avez souhaité diviser le pays pour mieux y régner.

Au soir du 29 janvier 2009, Chapeau bas Monsieur le président, vous y êtes parvenu. Les gens sont aujourd'hui (comme hier au passage) fiers d'être français, fiers d'avancer sous les bienveillants principes fondateurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité. En ayant voulu nous séparer, vous nous avez rassemblé, non pas derrière vous mais devant vous, contre vous. L'Unité nationale existe.

Nous, français vous l'avons prouvé aujourd'hui, nous réunissant pour mieux célébrer notre conception de la république, notre attachement à la France et notre dégout de ce que vous en faites en bafouant nos libertés, notre dignité. Aujourd'hui ensemble, nous n'avons pas lutté comme de par le passé pour obtenir de nouveaux acquis sociaux. Mais juste contre tout ceux qui sont retirés semaine après semaine, laissant sur le carreau les plus faibles d'entre nous.

Il y avait grève en France aujourd'hui Monsieur Sarkozy. Je ne me fais pas d'illusion sur le fait que vous l'ayez entendu, ayant depuis longtemps compris que le sort des gens ne vous intéresse que lorsqu'il vous permet de satisfaire des ambitions personnelles.

Il y avait une grève en France aujourd'hui Monsieur Sarkozy. Du haut de votre trône entaché du sang et des pleurs de ceux qui n'ont plus la force de s'opposer à vous et qui poussent pour la première fois dans la rue secteur public et privé côte à côte, français aisés et dans le besoin sur le même rang, nous avez vous bien vu ?

Posté par Blackmilk à 20:51 - J'assume! - Commentaires [17] - Permalien [#]

Commentaires

c'est ironique, je n'ai pas choisi ma voie en fonction du salaire que je pouvais gagner (j'en aurais eu l'occasion et les capacités), sans doute une question d'éducation et pourtant j'ai la chance d'avoir un très bon salaire, dans un pays étranger, pour un job que j'aime passionnément et où en France je gagnerais trois clopinettes...vu de dehors, la grève a quand même quelque chose d'archaïque et d'inutile parce qu'on ne réussit pas en France à mieux protéger ses emplois qu'ailleurs. en revanche cela donne de notre pays une image peu glorieuse, quel passager étranger d'Air France ne s'est pas retrouvé en transit à Paris à cause d'une grève, quel usager étranger du train n'a pas raté sa correspondance à cause d'une grève qui l'empêchait d'aller d'une gare à l'autre. et puis c'est curieux cette solidarité d'un jour parce que dans la mentalité, le Français est l'un des êtres le plus individualiste d'Europe.
euh bon je crois que je vais passer pour une horrible sarkosyste alors que je n'ai pas voté pour lui mais pour la harpie à qui on devrait retirer les piles tellement elle est lassante.

Posté par columbine, 29 janvier 2009 à 23:42

J'aime ce billet.
Pour quelques raisons.
Parce que contractuelle de la fonction publique (et donc personnel précaire), "on" pense que je suis une nantie... Passons sur cela.
J'aime la notion de service public, j'aime ce qui est écrit aux frontons de nos mairies et qui fait sens pour moi. C'est pour ces idéaux là que je me lève le matin et que je me mets "au service" de personnes qui n'ont pas ou plus d'emploi.
Quant à la grève, Columbine, c'est la seule chose qui nous reste aujourd'hui, n'en déplaise aux méprisants Woerth and co, pour nous faire entendre. C'est une empreinte franco fraçaise certes, mais il est dommage de considérer cela avec un certain dédain car à bien des niveaux l'air est bien plus vivable en France que dans certains autres pays d'Europe. Nos acquis sociaux sont, pour un petit moment encore, souhaitons le, avantageux et protecteurs.
Cette solidarité n'est pas de façade, elle a fait tomber un certain Le Pen, dans d'autres temps.
Il est à espérer maintenant, que cette grève va faire changer les choses durablement et éveiller les consciences d'opposition.

Posté par Cloudy, 30 janvier 2009 à 13:29

alors chère lectrice blackmilkienne, sache que derrière cette note se cache un faux mystérieux, qui pour peu que tu l'invites à boire un drink à la capitale, te dira tout ou presque... ;-)

attends, ma feignasse, t'es en train de me dire qu'en finissant parfois vers 16H10, tu postes 2 fois par mois? (et viens commenter chez moi à peine plus??)

attention, voici venir la grève du lectorat :-)

Posté par miss400, 30 janvier 2009 à 14:11

@cloudy, ce n'est pas du dédain et quand je vois les salaires en France et le coût de la vie, je vois bien que c'est dur pour beaucoup de gens et mon respect envers quelqu'un n'est pas fonction de son compte en banque contrairement à la plupart de nos ministres.
mais il y aurait trop à dire, quelques lignes seraient trop réductrices pour dire ce que je pense vraiment, question grève, mentalité, tout ça.

Posté par columbine, 30 janvier 2009 à 17:41

Je suis d'accord avec miss400. Quoique ces derniers jours, tu m'épates...

Posté par Claire, 30 janvier 2009 à 19:31

Chère Columbine,

En ce qui me concerne, c'est ce qui a de prime abord motivé mes choix. Et puis j'en suis revenu mais il est clair que si je pouvais moi aussi faire quelque chose que j'aime dans les conditions souhaitées pour une paie mirobolante, je ne dirai pas non. Je pense néanmoins que tu as beaucoup de chance (tu vas me dire que la chance se provoque mais bon...) et que tu es un cas à la marge parce qu'on a rarement la possibilité d'avoir le beurre, l'argent du beurre et en prime la crémière. Mais bon, je me trompe peut-être.

Archaïque et inutile la grève vue de l'extérieur ? Au risque de t'étonner, je suis tout à fait d'accord avec toi. Et je comprends les visiteurs étrangers qui dans une démarche purement égoïste considèrent la défense d'idéaux qui ne sont pas les leurs comme bien légère comparée à l'anicroche faite à leur petit confort personnel.

Je le comprends d'autant plus que la grève est souvent elle-même issue de motivations purement matérielles et souvent égoïstes. Et l'égoïsme quoi qu'on en dise, ce n'est pas franco-français, c'est humain.

Qu'on ne s'y trompe pas, je suis moi-même soucieux de l'image renvoyée au Monde par mon pays. Seulement entre celle d'un pays formaté, moderne et dans lequel l'expression et la contestation n'aurait pas droit de cité et un autre dans lequel les gens ne courbent pas sans cesse l'échine au risque de sembler décallés, si ce n'est dépassés, j'ai choisi mon camp.

Tu parles de solidarité de façade et tu n'as pas tort. Je le disais plus haut, la grève est souvent l'instrument d'ambitions personnelles et de considérations bien loin de quelque idéal que ce soit. C'est d'ailleurs pour cela que je ne suis pas un syndicaliste convaincu ou ardent gréviste suivant chaque mouvement.

Seulement voilà, il y a des fois où ce n'est pas le cas, et ou les problèmes et donc les motivations à la contestation dépassent l'individu.

J'ai fait grève hier. J'ai perdu une journée de salaire, gagné je pense un léger déficit d'image vis à vis de ma hiérarchie et de mon employeur. Je n'ai pas de problème de pouvoir d'achat, je ne suis pas dans une situation précaire, je ne suis en proie à aucune problématique sociale, tout va bien, je te remercie. Je me fiche également de l'image positive que peut renvoyé ce genre d'acte soit-disant engagé, je n'ai pas besoin de ce genre de chose pour que mon égo soit satisfait.

Toujours-est il qu'hier, je faisais grève, conscient du fait que malgré ma situation privilégiée, les choses vont mal pour le plus grand nombre. Les hautes castes qui nous dirigent s'en balancent, et je trouve tout simplement celà révoltant.

Et rassures toi, ce n'est pas parce que tu n'es pas une gréviste convaincue que l'on va forcément t'assimiler à un membre de l'UMP. Tout français individualiste que je sois, je laisse parfois de côté ma mauvaise foi et mon égocentrisme pour faire preuve d'honneteté intellectuelle. Et si depuis que je suis en âge de voter j'ai toujours mis dans l'urne un bulletin socialiste, il m'est pourtant arrivé d'approuver certaines mesures de droite et d'être en profond désaccord avec la politique de la rue de Solferino (Je pense notamment au changement opéré concernant l'audiovisuel public, à la réforme des retraites - alors que je disposais moi-même d'un pseudo régime spécial).

Et je partage ton exaspération vis à vis de la pintade... Tu t'serais pas inspirée de moi pour çà ? ;)

Posté par Blackmilk, 30 janvier 2009 à 20:04

Chère Cloudy,

Je suis de ton avis, l'air est sans doute plus respirable ici du fait de ces reliquats d'esprit gaulois qu'ont les personnes à l'origine des mouvements sociaux.

Néanmoins, je ne pense pas que Columbine aie fait preuve de dédain, j'étais moi-même le premier à douter des motivations des grévistes, peut-être parce que ma première grève faite au lycée n'était pas sans arrière-pensée et que derrière les belles idées balancées à mes parents pour la forme se cachait en réalité la simple envie de sécher les cours.

Cela peut paraitre réducteur mais il ne faut pourtant pas être dupe, bon nombre de mouvements sociaux furent lancés à des fins personnelles sous couvert de belles idées à défendre. Cela n'empêche pas que certains soient sincères. Parfois même qu'une démarche individualiste défende indirectement mais efficacement un principe universel.

Ne sois donc pas prisonnière de raisonnements manichéens, tu vaux bien mieux que ca et ca ne te ressemble pas ;)

Chère Miss400,

Je ne suis pas mystérieux, je n'ai pas de secrets, je me protège, nuance. Après, tu es effectivement très bien placée pour savoir que je suis derrière mes faux airs de bloggeur phobique du passage virtuel/réel quelqu'un de très sociable qui ne boude pas son plaisir dès lors qu'il s'agit de rencontrer les gens avec qui des affinités se créént.

Note pour toi le lecteur malgré lui de ces quelques lignes: ce n'est pas parce que j'ai eu quelques échanges amicaux autour d'un verre que toi et moi allons nous tapper sur l'épaule demain au balto devant un demi avec le tiercé en fond sonore. Etonnament, vous êtes pas mal à vous égarer régulièrement ici alors je précise quand même ;)

J'ajoute pour toi Miss 400 que je suis loin de quitter tous les jours à 16h (surtout ces temps-ci) et qu'aussi étonnant que cela puisse paraître, j'ai une vie en dehors du taf, mais aussi en dehors du blog.

Chère Claire,

J'ai toujours pris le parti de poster quand j'en avais envie (et uniquement dans ce cas), mon rythme de publication est donc par définition variable. Et puis ces temps-ci en rentrant du bureau, j'suis claqué. Bougeant moins, j'ai donc plus de temps pour écrire...

Posté par Blackmilk, 30 janvier 2009 à 20:35

ce n'est pas vraiment de la chance, juste beaucoup de we et de soirées passées à bosser jusqu'à 35 ans (mon 1er CDI). donc le beurre je l'ai payé comptant et quant au sourire de la crémière, j'ai fait le choix de partir à l'étranger exercer mon boulot dans la précarité plutôt qu'en France en CDI. pourquoi? parce qu'à l'étranger, on me donnait les moyens de faire du bon boulot et qu'en France je n'aurais pu faire que du boulot de merde. mais le bon boulot il ne se fait pas tout seul et j'y ai sacrifié pas mal de vacances. le bon salaire c'est bonus...je connais des jeunes qui préfèrent rester chômeurs chez papa/maman dans le sud ouest plutôt que prendre un bon boulot dans le nord de la France, en Allemagne, en Suisse ou en Angleterre par exemple. peut-être que se délocaliser quand on est jeune et pour un bon boulot c'est courber l'échine pour toi, mais pour moi c'est positif...
ceci dit merci pour ta réponse étayée de tous plein de bons arguments (à part un ou deux: les pays où on résoud les problèmes sociaux sans faire grève ne sont pas peuplés de soumis esclaves qui courberaient l'échine)
là où je bosse c'est 42 heures hebdomadaires payées, des heures sup gratuites, des astreintes de we pas payées, et seulement 4 semaines de vacances. et je t'assure, je ne suis pas esclave dans un goulag

Posté par columbine, 30 janvier 2009 à 21:58

Joli post monsieur blackmilk, mais maintenant ça m'intrigue, quel est donc cet emploi mystérieux!..
Au fait, j'ai passé un coup de fil à Sarko, il m'a promis de venir te lire...mais comme il n'a pas pour habitude de tenir ses promesses, je ne peux jurer de rien!...Et merci d'avoir été dans la rue, c'est un peu pou nous tous!

Posté par zygaena, 01 février 2009 à 11:20

rhooo ben si on peut plus te taquiner
je suis ravie que tu re-postes régulièrement en dépit (gra^ce??) à la grève ;-)

Posté par miss400, 02 février 2009 à 14:55

bien

j'aime bien ce billet, découvert par hasard comme tout devrait l'être

Posté par Mike, 02 février 2009 à 16:03

surtout reviens pas! non mais!!

Posté par zygaena, 04 février 2009 à 12:08

Chère Columbine,

Mon début de parcours professionnel idyllique me fait souvent oublier que ce n'est pas forcément pour tout le monde pareil. Je me doute que tu n'en es pas arrivée là sans avoir préalablement fait quelques sacrifices (Mais avec le recul, était-ce vraiment des sacrifices ?).

Concernant la mobilité géographique, je suis on ne peut plus d'accord avec toi que je l'ai moi même testé, certes en France et pour des raisons particulières mais la perte de repère a déjà été assez conséquente pour que j'ai une vague idée de ce que peut-être l'expatriation (de par ses bons côtés, mais aussi et malheureusement de par ses bons).

Partir dans à l'étranger pour avoir mieux, ce n'est pas courber l'échine, c'est (lorsque sa situation personnelle le permet) tout simplement faire preuve de pragmatisme. Et le pragmatisme, j'aime assez ;) L'expression visait à exagérer les choses pour appuyer autant que possible mon propos. La magie des IP me permet de voir d'où tu te connectes, je sais donc que tu n'as pas vendu ton âme en travaillant en Corée du Nord (et quand bien même, cela pourrait être avec dignité tu m'diras).

Je me doute que ca ne doit pas être l'enfer, pour tout te dire j'ai 50 jours de congés en moyenne chaque année et j'ai toujours du mal à les poser, tant dans l'esprit que d'un point de vue opérationnel.

Chère Zygaena,

Un emploi dont je ne peux te parler parce qu'après je devrais te tuer et ca m'ennuierait parce je t'aime bien.

En vrai, rien de bien exceptionnel... Mais ca m'plait et n'est-ce pas tout ce qui compte ?

Chère Miss400,

Tu sais bien que tu fais tout comme tu veux :) Mon rythme de publication n'a rien à voir avec la grève. Une fois encore, il y a des jours où j'ai plus envie que d'autres...

Chère Mike,

Welcome :) si c'est par hasard tu repassais, merci ;)

Chère Zygaena,

Tu m'excuseras très chère, parfois entre deux jours de grève, il m'arrive d'être en déplacement quelques jours. J'étais sous la neige, c'était magnifique, t'aurais du voir ca ! (La neige, pas moi)

Je ne m'en fais pas de ce profond traumatisme causé par mon absence, je sais qu'au fond de toi tu m'as déjà pardonné...

Posté par Blackmilk, 04 février 2009 à 20:12

Et comme la violence "physique" est notre seul moyen de lutter contre la violence symbolique du pouvoir, ne nous privons de notre droit. Et que tous les "otages" comprennent ses mots pour mieux se rendre compte de leur utilité dans la société.

Merci pour tes mots.

Posté par Bernie, 05 février 2009 à 13:26

Cher Bernie,

Comme à l'accoutumée, nous sommes d'accord. Dans mes bras ! ;)

Posté par Blackmilk, 06 février 2009 à 18:34

Wow, belle note ! J'aurais aimé être sur le pavé aussi ce jour de grève, mais j'étais devant mon pc ! ...

Posté par Suffragettes, 09 février 2009 à 20:34

Chère Suffragettes,

Merci :) Tout le monde ne pouvait pas y être, c'est aussi pour cela que j'en avais envie...

Posté par Blackmilk, 10 février 2009 à 00:53

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