Je vis une époque formidable...

J’aurais pu me payer un psy, écrire un synopsis inspiré de ma vie, le vendre à Spielberg pour 15millions de dollars et vivre à La Barbade entouré de chèvres et de femmes nues…mais je préfère partager tout cela avec vous! Vous aimez les chèvres?

26 janvier 2009

Réminiscence

Je ne l'ai pas vu venir. J'étais pourtant en forme aujourd'hui, gai, enjoué, depuis ce matin au réveil. J'avais même réussi l'exploit de me lever avant que la radio ne s'enclenche comme elle le fait chaque lundi matin, histoire de me rappeller joyeusement que je ne suis pas rentier et qu'il faut bien payer la facture de l'eau dont s'abreuve ma nouvelle compagne.

Là, tel que je t'imagine, tu te dis que ca y est, une jeune femme merveilleuse s'est rendue compte que je ne l'étais pas moins ("merveilleux", je te défends de mettre en doute mon appartenance à la gente masculine) et s'est jetée à mon cou un soir d'hiver pour ne plus jamais le lacher et que depuis, elle ne parvient plus à partir de chez moi et nous vivons d'amour, de princes de Lu et d'eau fraiche (Je t'avouerai que j'suis plus champagne frais mais bon, comme je parlais d'eau précédemment, j'essaye de ne pas te perdre davantage dans les méandres de mon esprit torturé. Et tortueux. Puisqu'il y a des méandres)...

Même pas.

Cette belle plante avec qui je partage mon appartement depuis peu ... est une belle plante au sens premier du terme, une entité végétale offerte par quelque ami passé un soir d'hiver (Oui, encore, faut dire qu'en ce moment c'est justement l'hiver donc ca tombe plutôt pas mal, des soirs d'hiver je peux t'en sortir sans parcimonie. Puis me cherche pas sur les répétitions et l'évidente constatation qui en découle, à savoir que je dispose d'un vocabulaire bien pauvre, c'est pas le soir !). Une offrande moderne en quelque sorte ayant pour but de célébrer ce plaisir des sens que fut ce soir là (d'hiver donc) ma cuisine. Une offrande offerte (Oui, j'te dis que je ne doute de rien sur les redondances) avant même de s'asseoir à ma table, histoire de ne pas la garder pour après le repas et ainsi risquer de ne pouvoir la remettre faute de souffrir d'un probable empoisonnement.

Tu l'as donc compris, ces temps-ci dans ma vie point de fleur ni de douceur, juste une plante verte, une vraie avec des feuilles et une répartie discutable.

Ce qui ne m'empêche pas d'être relativement serein d'autant plus que comme tu le sais, je n'ai ces temps-ci du fait d'une activité professionnelle particulièrement chargée pas de temps à consacrer à la bagatelle.

Ce soir donc en sortant du bureau, alors que je saisis mes clés dans la poche de mon manteau (T'as vu ca, en plus j'te fais des rimes pauvres tout ca tout ca, j'me fous quand même pas d'toi petit lecteur, t'as bien fait de venir ce soir!), le contact avec un papier griffonné à la va-vite ce matin entre la tartine de confiture (aux coings) et le verre de Joker me ramène à la dure réalité. Ayant en ce moment trop à coeur de ne pas consacrer les rares plages de temps libre que sont mes week-end à des taches rédibitoires, ce matin en ouvrant mon frigo, l'air frais s'échappant de celui-ci et touchant mon corps brulant à peine sorti du lit fut sans doute moins glacial que le triste constat imposé par la vue d'un No-man's land sibérien que la vie avait depuis peu abandonné. Un frigo horriblement vide et démuni, à la limite de l'insoutenable. Une sorte de Gare Saint LazarE (heureuse ?) du refrigerateur un jour de grève...

Il fallait faire les courses.

Alors, tel le Bruce Willis des aliments, j'ai pris mon courage et mon caddie à deux mains.Oui, j'arrive à tenir tout cela avec seulement deux mains. Et j'y suis allé.

Je traine souvent des pieds pour aller flaner dans les linéaires du temple de la société de consommation mais il faut bien avouer qu'une fois que j'y suis, c'est avec déléctation que j'erre entre ces tableaux aux mille couleurs, ce labyrinthe en proie à cet incroyable paradoxe qui consiste à offrir aux victimes une pallette de saveurs d'apparence infinie dans un environnement asseptisé comme peu d'autres. M'ébrouant ainsi dans la masse des esclaves mercatiquement lobotomisés qui avaient eu la même idée que moi, début de semaine oblige, j'allais et venais au gré de mes envies en ne suivant que partiellement la liste préalablement établie. Une sorte de rebel, le Lorenzo Lamas (T'as vu un peu les références Coco, si avec tout ca tu reviens au prochain post, j'comprends pas) du Carrouf, la liste où figurent les danettes en plus, les cheveux et la moto en moins.

Et là, au milieu du rayon des glaces, alors que j'hésitais entre les Magnums double-chocolat et ceux au miel nougat (quand je te dis que j'avais plus de denrée de première nécéssité!), une main légère vint légerement se poser sur mes épaules. Oui, ca semblait quand même super léger comme action. Si l'on avait été dans un film d'horreur américain et que j'avais été une brune plantureuse craintive et volubile, il est fort probable que j'aurais hurlé à la mort dans un cri strident à mi-chemin entre le couinement d'une roue de caddie entravée par des lambeaux de sacs plastiques et la voix suave de crécerelle de mon ancienne voisine (Celle de la nouvelle est beaucoup plus douce, merci pour elle). Seulement voilà, on ne m'effraye pas si facilement (j'suis un homme un vrai, un qui mange des Princes de Lu!), je ne suis pas plantureuse, ni craintive et encore moins volubile. Et puis de toute façon ce serait purement inutile car c'est bien connu, au fin fond du rayon des glaces, personne ne vous entend crier...

-Jeff et Caro ! Quelle bonne surprise! ai-je dit en me retournant et en découvrant leurs mines réjouies.

Jeff et Caro forment un couple d'ami de l'air Mélusinienne que j'ai hélas quelque peu délaissé, en grande partie du fait de mes occupations mais pour être tout à fait honnête un peu aussi parce qu'ils travaillent avec Mélusine et que lorsque je l'ai quittée, j'ai choisi de réduire le plus possible les éventuelles confrontations et autres informations par intérmédiaires. C'est un choix que je regrette en partie pour m'être éloigné de gens à qui je tenais mais qui s'avèrait nécéssaire pour donner à mon départ le moins d'ambivalence possible.

- Ca faisait longtemps qu'on ne t'avait pas vu mon petit Blackmilk !

Bon, tu te doutes bien qu'en vrai, je ne suis pas petit mais va savoir pourquoi, les gens aiment utiliser ce qualificatif de façon affectueuse avec les types d'1m95... C'est vrai, je ne m'appelle pas non plus Blackmilk dans la vraie vie mais ca, j'espère que tu l'avais compris avant que je te l'explique. Si tel n'était pas le cas, je t'invite à cliquer rapidement sur la petite croix en haut de la fenêtre... Et à ne jamais revenir. J'ai moi aussi utilisé un dérivé de l'adjectif petit, tu peux donc prendre cette invitation à déguerpir comme un geste affectueux. 

De là s'engage une conversation sur nos petites (oui, encore) vies respectives depuis la dernière fois où nous nous sommes vus, des invitations respectives pour rattraper le temps perdu, des ragots plus ou moins savoureux sur la vie des uns et des autres et milles autres choses développées en plus de temps qu'il n'en faut à un Magnum pour fondre. Fort heureusement, je ne les avais pas sorti des vitrines réfrigerées. Tout cela donc jusqu'à ce que Caro en vienne à parler de ce dont je n'avais absolument pas envie de parler: Mélusine. Et de m'annoncer l'air de rien qu'ils ne la voient plus trop et qu'ils l'ont croisée pour la dernière fois à l'occasion du nouvel an où elle était venue avec son copain.

Aie.

Un pincement. Non, pas la porte de la vitrine refrigerée des Magnums. Juste un pincement au coeur.

J'aurais aimé que cela ne me fasse rien. Je ne l'avais pas vu venir certes mais je m'y étais préparé à maintes reprises, persuadé que cela ne me ferait rien. La méthode Coué appliquée à Mélusine, c'était quand même un super plan de protection affective. Je l'avais revue à la fin de l'automne pour régler quelques affaires courantes et même si j'avais été quelque peu peiné de la voir en petite forme, je n'avais pas eu ce pincement au coeur aujourd'hui ressenti  à l'évocation de sa nouvelle vie sentimentale.

Je sais d'où ca vient pourtant. Je ne regrette rien et si j'avais le choix de retourner en arrière, malgré les merveilleux moments partagés ensemble et la multitude de choses qu'elle m'a apportée, je ne changerai pas un seul passage de notre histoire, y compris la fin où il n'y eut ni mariage, ni beaucoup d'enfants. Je sais aujourd'hui que ma vie est ailleurs, je l'ai su à l'instant même où j'ai réalisé que j'allais la quitter et j'ai toujours su que c'était le bon choix. Alors peut-être est-ce par pure vanité, blessé dans mon amour propre de macho absurde à l'idée qu'elle ait trouvé quelqu'un digne à ses yeux de me remplacer. Surement même. Peut-être aussi que cela vient de la période particulière que je traverse et dans laquelle il y a peu et pour ainsi dire pas de place pour le badinage et encore moins pour les échanges amoureux. Et que l'impression de solitude rarement éprouvée et poutant tenace ces temps-ci ne fait qu' exacerber cet étrange mélange de sentiments.

Je crois que c'est un peu tout ca à la fois. Toujours est-il que je n'aime pas être en proie à la nostalgie, en tout cas pas d'un point de vue sentimental. Et que même s'il faut bien rendre à Mélusine ce qui lui appartient, je ne suis pas parti pour rien et je m'en veux d'être en proie à ce sentiment pourtant bien humain.

Il me tarde d'être à demain. Pour aller de l'avant. Et laisser au vent cette réminiscence comme je l'ai toujours fait.

Demain c'est sûr, j'arrête les Magnums!

Posté par Blackmilk à 21:19 - Quand soudain c'est le drame... - Commentaires [11] - Permalien [#]

Commentaires

sourire/soupir

Une pensée.

Posté par krono, 26 janvier 2009 à 21:40

Chère Krono,

Je n't'oublie pas hein. J'ai même trouvé du temps pour toi il y a peu. Tout ira bien / mieux ;)

Posté par Blackmilk, 26 janvier 2009 à 21:51

j'ai pas compris la métaphore de la Gare Saint LazarE...
faut que tu m'esspliques, c'est ptete sous un angle provincial ;-)

et ptin! t'as fait un billet! wou-ouhouh!

bon à part ça, rien non rien de rien, non ne regrette rien

Posté par miss400, 27 janvier 2009 à 14:11

pas tout compris mais je m'en fiche,
au moins j'ai bien rie
et je n'ai même pas cliqué sur la petite croix rouge en haut à droite...
pourtant... 1m95 mmmmm bon du calme!!

bon ben pour le coup appel moi la grande-Marie

ps pour prouver que j'aime à vous lire je vous ai même mis dans mes marques pages (oui je suis sous firefox...)

Posté par Marie, 27 janvier 2009 à 15:19

J'aime ce billet... sous l'humour, les traces d'une histoire passée.
Permets moi de te parler de moi, ou plutot de ma mère, (ce ne sera pas long).
Postulat de départ : je n'aime pas les plantes, je n'ai pas la main verte, j'ai certes un appart assez grand mais pas pour accueillir autant de chlorophylle. Qu'à cela ne tienne, à chaque grande occasion (c'est à dire mon anniversaire) elle m'offre des plantes.
Si !
Les plus petites j'arrive à les faire expirer rapidement... mais pas les grandes, celles qui demandent lumière, eau, attention. Je les oublie, je leur parle mal mais elles s'accrochent. Rien à y faire.
Heu voilà... c'est tout. Je sais, tu t'attendais à une histoire de Mélusine au masculin... ben non, des plantes, juste des plantes...
;)

Posté par Cloudy, 27 janvier 2009 à 19:55

Chère Miss400,

J'ai essayé de lui offrir un contexte, histoire de voir si c'était davantage intelligible. J'aime pas faire de l'explication de texte (même lorsque je ne suis pas clair), tu sais bien.

Oui, j'ai posté. Ca m'arrive parfois ;)

Rasurre toi, rien de rien...

Chère "la grande-Marie" (je suis sage et discipliné, c'est ta première fois ici),

C'est normal que tu n'aies pas tout compris. D'une part parce que tu n'as sans-doute pas lu les posts évoquant plus ou moins clairement mon passé Mélusinien. Ensuite parce que mon style n'est pas connu pour être clair, léger et ordonné, malheureusement.

A plus forte raison lorsque comme ce fut le cas pour ce post j'écris d'une traite et me force à ne pas trop remodeler pour ne pas perdre en spontanéïté.

Ce blog, il est là avant tout pour moi, comme une sorte de carnet de bord alors j'essaye de l'ouvrager le moins possible histoire de garder le plus d'authenticité, pour quand je me relirais dans quelques années.

Je suis donc dans tes marque-pages, c'est trop d'honneur.

Et c'est bien firefox ? ;)

Chère Cloudy,

Merci, encore (j'vais tourner en Michel Drucker à force de remercier tout le monde)

Bon la règle ici c'est qu'en général on ne parle que de moi mais bon, pour cette fois-ci je te permets ;) Puis comme ce n'est pas long...

Je crois que tu ne devrais pas resister à la voix que tente de te faire emprunter ta mère. La mienne (la plus merveilleuse d'entre toutes bien évidemment, c'est pas Oedipe qui dira le contraire) a toujours su que je n'avais aucune prédisposition culinaire ou aucune accointance avec la cuisine en tant qu'activité.

Pourtant, forte du principe selon lequel quand on aime se sustanter, on aime soi-disant créer, elle n'a cessé de m'acheter mille et un ustensiles et livres dont même célibataire je n'ai jamais eu l'utilité.

Puis j'my suis fait, je me laisse doucement apprivoisé, j'fais même mes premières tartes et mes premiers gateaux.

Fais toi à l'idée que tu seras une grande jardinière. Ce que femme veut ...

Posté par Blackmilk, 27 janvier 2009 à 22:58

:)

Posté par Gaëlle, 28 janvier 2009 à 14:59

Chouette texte !

J'aime vraiment beaucoup ton écriture et cette manière de décrire ton quotidien mêlé d'émotions passées et présentes... Vraiment bien !

Posté par Jade, 28 janvier 2009 à 20:20

Chère Gaëlle,

Euh, oui, :) aussi

Chère Jade,

Merci merci et comme dirait Gaëlle : ":)"

Posté par Blackmilk, 29 janvier 2009 à 20:54

ahlala... C'est de la vanité, je confirme. Tu aurais préféré qu'elle porte ton deuil, ou du moins qu'elle attende que toi tu aies une amoureuse avant d'avoir un elle z'aussi un copain de son côté.
C'est normal que ça fasse ça, on est tous humains...

Posté par une blonde, 06 février 2009 à 11:46

Chère Blondinette,

Je sais pas trop. Et même si je sais que c'est normal, j'aime pas être normal, tout du moins dans ce cas précis. Mais bon, j'en fais pas une maladie non plus, ca m'est passé :)

Posté par Blackmilk, 06 février 2009 à 18:37

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