11 juillet 2008
"Ca y est c'est le week-end"...
Le vendredi après-midi.
Au bureau.
Comme tous les vendredi après-midi, je me suis arrangé pour ne rien faire en m'planquant dans mon bureau sans en sortir de peur d'avoir à bosser pour donner l'exemple alléger quelque peu mon emploi du temps et jouir comme il se doit de cette nonchalance de fin de semaine tolérée dans la plupart des boites françaises.
Ainsi, alors que je me tiens paisiblement à mon poste, rêvassant devant les gouttes de pluie ruisselant sur la vitre tout en faisant semblant d'écouter avec attention ma collègue Carole venue me parler pour elle aussi tuer l'ennui (alors que franchement, sa vie, ses filles qui vont rentrer au collège et sa passion dévorante pour des sujets brulants tels que les soldes ou le nouvel album d'Enrique Iglesias, je m'en tape comme de ma première feuille de RTT), je ne peux m'empecher de rêver à autre chose...
Là, dans ce bureau avec vue imprenable sur le parking vide qui me fait me demander pourquoi je n'ai pas posé ma demi-journée et alors que je m'escrime à fabriquer à Carole un magnifique collier en trombones comme pour mieux l'aider à partir vite et à revenir tard en lui faisant comprendre par ce cadeau cheap au possible que sa compagnie n'est pas des plus agréables, je rêve au week-end que je peux presque toucher du bout des doigts, à la fois si proche et si lointain.
Proche parce que finalement, l'un des luxes que me confère ma place et mon employeur, c'est d'être dans les faits en week-end le vendredi midi, l'activité du vendredi après-midi étant proche de zéro. Lointain parce passer plusieurs heures à ne rien faire, c'est beaucoup moins fun que ca en a l'air. Et dans le dédale des couloirs déserts et des bureaux abandonnés d'une agence le vendredi après-midi, personne ne vous entend crier...
Je sais ce que tu te dis mais contrairement à la croyance populaire, je passe toute la semaine la tête dans le guidon et le vendredi après-midi, c'est pas tant que je n'ai pas de travail en attente, c'est juste que j'arrive presque à chaque fois à saturation. Et que le besoin d'être en week-end devient une obsession. Et puis si tu penses que je suis vraiment un glandeur, laisse moi te dire que tu te trompes totalement...et que ta jalousie ne m'atteint pas!
Alors, chaque vendredi, au milieu des dossiers qui s'entassent, des post-it recouvrant l'écran plat comme pour atténuer sa luminosité et me mettre en condition à l'aube du sacro-saint moment de relâche hebdomadaire, je m'autorise à me perdre dans mes pensées, m'imaginant quel merveilleux week-end je vais passer.
Je sais ce que tu te dis (Oui, ca fait deux fois mais si tu viens souvent ici, tu as appris à te faire à l'idée que je suis en effet omniscient, que deux c'est mieux et que de toute façon comme je t'aime, je ne compte pas): Ce Blackmilk a sans doute une vie merveilleuse faite d'expériences de vie incroyables et ses week-ends ressemblent probablements à d'intenses moments de bonheur, hors du temps et libres de toute contrainte que le commun des mortels n'approchera malheureusement pas, ne serait-ce qu'en rêve.
Et tu n'as pas tout à fait tort. Depuis mon célibat, je ne crois pas avoir passé un seul week-end entier chez moi. Les soirées s'enchainent et mon entourage d'autrefois se réapproprie ma compagnie, ma famille goûte à nouveau au plaisir de ne pas se contenter de me voir une fois par mois, mon compte en banque (en fait surtout mon banquier) se ravit de ces escapades à répétition et j'ai finalement l'impression de ne pas beaucoup toucher terre. Alors pendant un moment, c'est vraiment excitant et relaxant mais il vient forcémment un moment où l'on a besoin d'autre chose.
Ce week-end donc, je profite de moi! Tout commencera par un petit footing en rentrant, histoire d'évacuer le stress de l'après-midi causé justement par le manque d'activité. Ensuite, je pense m'autoriser ce que je ne me suis pas permis depuis des semaines, à savoir commander une pizza, l'accompagner d'une bière mexicaine et voir si elles et moi nous faisons bon ménage sur mon canapé à la lueur tamisée de la télévision. En plus ce soir, il y a KohLanta et Thalassa sans parler de deux ou trois émissions de télé-réalité américaines pleines d'ados attardés et bodybuildés qu'il doit y avoir comme toujours sur la Tnt (le jour où le ministère de la culture impose des quotas de productions françaises comme ce qui se fait déjà à la radio, c'est la mort de la Tnt...). Du rêve donc, rien que du rêve, il y a des chances pour que la pizza se laisse endormir par tant d'exotisme et d'exhaltation intellectuelle.
Demain matin, psicine, sauna, jacuzzi, aller et retour à pied histoire de flaner un peu en ville, déjeuner sur le pouce avant des retrouvailles annoncées avec celle que je délaisse depuis trop longtemps (des semaines que je ne l'ai pas touché, je serai encore plus doux que je ne le suis à l'acoutumée): ma Wii. Sans doute un peu de lecture et beaucoup d'oisiveté, le soir un ciné avec une amie, le dimanche un peu de ménage avant de profiter du bonheur de ne rien faire. Du bonheur je te dis, rien que du bonheur.
Lundi golf puis déjeuner avec mon Juju qui descend exprès pour l'occasion, et Dieu sait que ca nous fait du bien de nous retrouver parfois sans nos chères et tendres (enfin en ce qui me concerne du temps où j'en avais une). Et puis un après-midi dont le programme reste à determiner avant un probable footing et une nouvelle soirée en tête à tête avec moi-même.
Oui, je sais, bien loin de l'idée glamour que l'on pourrait se faire d'un week-end passé en tant que jeune homme célibataire, libre et insouciant.
Et pourtant moi ce week-end, j'en rêve déjà, j'en ai besoin avant de repartir sur un rythme plus soutenu. Et si tu trouves ca triste et ne comprend pas qu'on puisse passer un week-end sans se mettre minable ou sans se livrer à tout un tas d'acte que la morale réprouve, je ne t'en veux pas. Sache juste que tu passes selon moi à côté de quelque chose.
Mais dis moi, toi, ca ressemble à quoi un de tes week-ends type ?
Commentaires
Arf, mes week-ends ressemblent à ça aussi, à peu près. Et je trouve ça très bien comme ça ! ;)
(sauf que moi je suis encore en week-end aujourd'hui et demain) (promis j'aurai une pensée émue demain vers onze heures sous la couette :p)
Oui vive les vendredis, c'est d'ailleurs mon jour préferé de la semaine...Il paraitrait que les célibataires ne sortent pas beaucoup, alors déculpabilises, c'est pas parce qu'on est seul(e) qu'on doit courir tout le temps
Attention, roman !
Non seulement mon vendredi après-midi ressemble au tien (de temps en temps, et je n'aime pas trop ça non plus, je préfère bosser comme une malade, ne pas voir le temps passer et Paf ! tu es en week end), mais mon week end aussi (sur le principe car ça dérape toujours). En fait voici ce que j'avais prévu de faire :
- vendredi soir : repos, repos, repos
- samedi : grasse matinée – banque – soldes – petites soirée entre amis
- dimanche : grasse matinée – piscine – ménage – bal des pompiers
- lundi : grasse matinée – cuisine – travail (et ouais, un jour en moins dans ma semaine, ça fout tout en l'air) –télé – repos
Et voici ce qu'il s'est passé :
- vendredi soir : resto avec des amis
- samedi : grasse matinée – soldes (en vain) – soirée entre amis qui a largement dérapé puisque l'on s'est couchés à 6 h et qu'on a dansé comme des fous
- dimanche : très grasse, la matinée – sieste – opéra – tournage d'un clip pour un ami musicien – pizza
- lundi : grasse matinée – observation des bébés pigeons qui vivent à côté de mon balcon – montage du clip – feu d'artifice
Humpf, j'ai l'impression d'avoir oublié de faire certaines choses…
Chère Krono,
Il est 11h, je te maudis :p J'aime aussi ce genre de week-end, après je pense qu'il m'en faut tout de même plus.
Chère Zygaena,
Mais je ne culpabilise pas ! Le vendredi est aussi mon jour préféré, sans doute aussi parce qu'il vient gommer ce jeudi que je hais tant.
"C'est pas parce qu'on est seul qu'on doit courir tout le temps". Je suis assez d'accord avec toi, j'dirais même que j'ai plus tendance à courir lorsque je ne le suis pas. Rien que pour me débarasser le plus rapidement possible du superflu.
Chère Perruche,
Un week-end où l'on s'adonne à ce point à des activités culturelles et sociales ne peut pas foncièrement être mauvais, même s'il n'y a pas de sport.
Puis ce qui est fun dans le fait d'avoir un programme, c'est justement de ne pas le suivre :)
Putain, perso je suis incapable de ne rien faire. C'est plus fort que moi, mais je n'arrive pas à glander. Un peu hyperactif sur les bords les gars.
Week-end type chez moi ça 'existe pas vraiment étant donné que je bosse (enfin bossais) deux week-ends sur trois. Même si le week-end ça ressemble à grasse mat, un petit dej en terrasse au bord de la mer, prendre l'air, traîner avec elle, acheter des disques, etc.
Putain, perso je suis incapable de ne rien faire. C'est plus fort que moi, mais je n'arrive pas à glander. Un peu hyperactif sur les bords les gars.
Week-end type chez moi ça 'existe pas vraiment étant donné que je bosse (enfin bossais) deux week-ends sur trois. Même si le week-end ça ressemble à grasse mat, un petit dej en terrasse au bord de la mer, prendre l'air, traîner avec elle, acheter des disques, etc.
marché et cuisine avec mister400, déjeuners et dîners avec ou sans amis, siestes, lecture de la presse, ...les week-ends sont majoritairement parisiens et sous le signe de la relâche :)
Cher Bernie,
Ton week-end ressemble à quelque chose de fort agréable. Trainer avec elle, en plus en bord de mer...La vie est dure!
Chère Miss 400,
Oserai-je dire que te concernant, je m'attendais exactement à ce genre de week-end ? Un mélange de luxe, calme et volupté ;)
hier j'avais laissé un message et ton interface me l'a scratché alors que c'était pourtant super intéressant, ce que je racontais.
Je tenais à le dire.
(et si je me fais scratcher de nouveau, je tente un procès)
Chère Blondinette,
Ca m'est arrivé une paire de fois et je ne suis jamais venu geindre. Je note néanmoins ;)
Un procès tu dis ? En province ni tribunal, ni loi applicable. Je sais, ca se juge (presque) toujours chez le plaignant mais bon, techniquement, là où je suis, je ne suis pas amendable.
Et puis bon, au pire j'trouverai bien des hommes de main d'ici là.
Tout d'abord, bonjour. Ensuite...
"Les soirées s'enchainent et mon entourage d'autrefois se réapproprie ma compagnie, ma famille goûte à nouveau au plaisir de ne pas se contenter de me voir une fois par mois"
=> c'est tout à fait ce qui se passe pour moi. Enfin, comme Bernie, je dois être hyperactive, alors ne rien faire, ce n'est pas possible.
La semaine, je cours. Le weekend, encore plus. Ce n'est que quand mon corps épuisé crie grâce, ou que ma tête trop chargée explose que je daigne éteindre l'ordinateur, le portable, couper le contact de la voiture, refuser des invitations et faire l'ermite. Un jour. Deux maxi. Et encore...
Chère Claire,
Bonsoir, et bienvenue :)
Se comparer à Bernie, c'est pour le moins faire preuve de vanité ! J'espère que tu as les moyens de tes allégations...
Blague à part, attention tout de même. A force de frôler le "Nervous Breakdown", on finit par y succomber. Mais quelque part, je comprends très bien cette envie de se sentir constamment en mouvement.
J'te souhaite de tenir longtemps ;)
Envie de se sentir constamment en mouvement... oui, c'est tout à fait ça.
Chère Claire,
Merci, j'aime qu'on se rende compte du fait que j'ai toujours raison ;)
