08 juin 2008
In the sky with diamonds ...
La nuit passée, pour la seconde fois en quinze jours, je n'ai pas dormi seul.
Enfin, il y a bien eu la semaine dernière où nous nous sommes écroulés dans mon lit avec mon ami Christophe après cet épique déménagement mais je ne saurais dire si cela vient du fait que nous soyons tous deux de jeunes hétérosexuels convaincus, qu'il n'ait pas les cheveux longs et soyeux ou qu'il ne portait pas de nuisette à mi chemin entre le négligé chic et l'expression de la sensualité dans sa forme la plus simple, toujours est-il que ce n'était en rien comparable avec les deux fois précédemments abordées.
La nuit passée, pour la seconde fois en quinze jours, je l'ai passée avec Lucie, ma meilleure amie.
Et sache que pour tuer dans l'oeuf toute pensée lubrique que ton esprit torturé aime à enfanter à la simple évocation d'une couche partagée par deux jeunes gens de bonne famille, sache que ce post ne te donnera en aucun cas l'occasion de te dirvertir en lisant un obscur résumé de quelque joute charnelle savament orchestrée.
La nuit passée, pour la seconde fois en quinze jour,s j'ai froissé les draps de Lucie sans qu'il ne se passe rien de croustillant.
Et je crois bien que c'est ce qui m'a justement permis de savourer cette soirée avec un immense plaisir.
Lucie, c'est la quintescence de la féminité. Une brune au regard changeant qui ne laisse pas indifférent, des courbes envoutantes qui distraient aisément le prétendant d'un coeur qui se laisse difficilement caresser. Et puis il y a cette franchise désarmante, cette générosité rare, cette étonnante fidélité qui la rendent indispensable aux rares personnes pouvant se targuer de la compter parmi leurs proches. Ma meilleure amie donc, comme dans la chanson de Lorie, le caractère ridicule de la "fonction" à l'identique, les années et la maturité en plus.
Lucie sait tout de moi. Ou tout du moins, elle en sait beaucoup plus que les autres dans ce qui reste du domaine de l'avouable. Lucie s'ouvre à moi sans peur, consciente de la force de notre amitié malgré cette ambiguité qui nous colle à la peau, des situations desquelles nous nous sommes déjà tirées l'un l'autre, comme autant de trophées d'un safari au cours duquel nous n'avons malheureusement pas pu éviter tous les coups de griffe et autres balles perdues.
Alors quand comme hier nous nous retrouvons sous une pluie battante après ne pas s'être vu pendant quinze jours avec un sourire partagé et des effleurements exprimant le plaisir des retrouvailles, on a du mal à croire qu'il y a peu nous nous étions "perdus de vue" (désolé cher lecteur, je n'ai pas trouvé plus classieux pour dire que je l'ai laissé tomber pendant deux ans pour éviter tout conflit avec Mélusine).
Séance de cinéma au début de laquelle nous avons eu du mal à epargner aux autres spectateurs nos chuchotements exprimant tout ce que l'on avait à se raconter (Et pourtant, moi non plus je n'aime pas les gens qui chuchottent au cinéma et je ne manque pas de leur faire remarquer si cela devient trop long à mon gout. Ma chance, c'est que je suis très grand, alors même si je ne suis pas -vraiment- méchant, on ne me fait jamais remarquer ce genre de chose). Diner chez Flo où nos conversations débridées et passionnées m'ont fait renvoyer 3 fois le malheureux serveur chargé de prendre notre commande. Coucher dès le retour pour mieux s'adonner à notre activité préférée: parler des heures la tête sur nos oreillers respectifs, face à face, les yeux dans les yeux, le ton charmeur qui ne trompe plus personne depuis bien longtemps, les questions existencielles, les ragots superficiels, les échanges culturels, autant de bonnes raisons de se dire 6 fois "bonne nuit" avant justement que ce soit la bonne.
Et puis ce matin, le douce vision de ses comissures figées, lascives, tout comme elle endormies, cette bretelle qui en l'occurence ne cache pas cette épaule qu' à force je sais voir. La douce impression de faire plaisir sur le chemin de la boulangerie, au retour du fleuriste, lorsque je me recouche dans ce lit bien chaud pour mieux préserver l'effet de surprise.
Lucie, c'est tout simplement la seule personne de sexe féminin et n'étant pas de mon sang à laquelle je peux offrir une rose et des croissants au beurre un matin tous les deux ans sans qu'il n'y ait d'arrière-pensée d'un côté comme de l'autre. C'est peut-être aussi la seule personne de sexe féminin, n'étant pas de mon sang et partageant mon intimité pour qui je me permets d'attendre deux ans entre deux fleurs offertes.
Alors oui, je l'aime ma Lucie. Comme une amie, comme sans doute la seule amante avec qui je ne voudrai consommer. Un peu comme l'effet qu'a sur moi le morceau Soul Salsa Luol de Saint Germain. Il me fait aimer la salsa, il me fait vivre la danse, le rythme, l'esprit. Et pourtant, ce n'est pas pour ca que j'ai envie de danser, loin s'en faut.
Lucie, c'est une mélodie, un air ennivrant.
Et je ne te parle pas de chansons mièvres propres à la variété française. Obispo est un ringard. Un mec qui porte un bonnet par 40°C, qui est ami avec Johnny et Florent Panny et qui est capable de massacrer un si joli prénom en s'en servant comme titre d'une chanson dans laquelle il ose écrire "Le temps, c'est de l'amour", y a franchement pas de quoi parler de démarche artistique (Ok, Mea Culpa, Mea Maxima Culpa, toi qui est membre du fan club des chanteurs chauves au sourcil abimé, ne te sens pas spolié, ce n'est que mon avis après tout. Dis toi qu'en ce qui me concerne, la pratique musicale se limite à deux trois morceaux joués gamin sur feu mon clavier éléctronique Bontempi).
Non, Lucie, c'est le suave de St Germain, la légereté de ses airs. Mais pour moi, c'est surtout la Lucy de Julian Lennon. J'ai beaucoup d'affection pour Lucie. Je sais ce que cette affection n'est pas, mais de là à savoir précisement ce que c'est...
J'en suis loin.
NB: Pour toi le lecteur inculte, un lien expliquant la genèse de Lucy in the sky with diamonds des Beatles. Comme ca tu saisiras peut-être davantage le sens de mon propos. Et si t'es sage, sur la même page tout en bas, tu peux même l'écouter via Deezer.
05 juin 2008
Stupeurs et larmoiements. Acte III: Parce que ce n'est pas une fin en soi
Je ne procéde pas à un résumé des actes précédents, après tout tu les as lu puis si tel n'est pas le cas, tu as la possibilité de le faire ici même.
Partir donc. Pourquoi ? Pour qui ?
Pourquoi, peut être parce qu'à la lecture de ce mail dont je te parlais il y a quelques semaines, j'ai été surpris de voir que ma vie sentimentale ne se "bornait" plus à Mélusine et que d'autres étaient dorénavant en mesure de provoquer chez moi un trouble particulier. Peut-être aussi parce ce mail est arrivé pile au bon moment (ou selon le point de vue au pire moment), dans une période où Mélusine et moi étions dans le creux de la vague depuis bien trop longtemps pour espérer à défaut de lendemains ensoleillés, une quelconque acalmie.
Pour tout te dire, je ne m'attendais absolument à ce qu'Amélie m'envoie un jour un mail pour prendre de mes nouvelles. Surtout deux ans après des événements qui nous avaient fait partager de merveilleux moments avant de nous laisser un arrière gout amer. Je ne l'avais pas oubliée, j'ai ce défaut de ne pouvoir oublier les gens qui ont à un moment donné fortement influencé ma vie, au grand dam de mes amis qui voient en cela une façon de vivre dans le passé et de ne jamais vraiment tourner la page (alors que pour moi, c'est surtout une façon de construire sur des bases solides en faisant la part belle à l'empirisme, mais ce n'est pas le sujet). Mais de là à penser qu'elle me mailerait un de ces quatres matins, franchement, je n'aurais pas parié dessus.
Reste qu'à la lecture de ces quelques mots, je crois que j'ai compris que tout était fini avec Mélusine et que j'avais bien malgré moi franchi ce jour là la ligne jaune en me prenant à penser des heures durant à ce qu'avait été mon idylle avec Amélie, ce qu'elle aurait pu être et surtout ce qu'elle pourrait être...
Là, tu t'imagines qu'il est inutile de traiter la question "pour qui", qu'il est évident que je suis parti pour rejoindre Amélie et que finallement, tout ca est bien banal, on finit toujours par céder sa place à quelqu'un, ainsi va la vie.
Et pourtant, tu te plantes royalement. Car si Amélie a été le déclencheur de tout cela, elle n'en est pas pour autant la cause profonde. Si je suis parti, c'est avant tout pour Mélusine et moi. Par respect pour ce que l'on a vécu, par respect pour elle, par respect pour moi, pour ne pas se mentir.
Alors quid de ma vie aujourd'hui ?
Et bien figures toi que je suis célibataire, et je dois dire que je ne le vis pas trop mal (en vrai je le vis très bien mais c'est toujours délicat de dire ca quand on a quitté quelqu'un). Pas d'Amélie à l'horizon, nous échangeons toujours des mails mais en gardant chacun notre réserve, et je réapprends à vivre au jour le jour.
Je sais, tu restes sur ta faim, et ce n'est justement pas la fin que tu attendais. Tu aurais sans doute voulu qu'il y ait plus de traits d'humour, de digressions à s'endormir comme j'aime en faire habituellement, de vieux jeux de mots à deux balles que ne renieraient pas mes deux amies du "Trium Vira bloguistique".
Tu aurais peut être voulu que je t'annonce mes fiançailles avec Amélie, ou à défaut mon engagement dans une nouvelle relation, ou peut-être même que je me remette avec Mélusine. Une fin à la Quatre mariages et un enterrement en somme.
Désolé. Aujourd'hui, je me dis qu'à défaut de réélement pouvoir vendre le synopsis de ma vie à Spielberg, j'ai de la chance. Ce soir je dine en tête à tête avec l'une des femmes les plus charmantes que je connaisse, rafinée, drôle, subtile, cultivée, intelligente, aimante. Certes, c'est ma mère mais ca n'enelève pas la magie annoncé de nos retrouvailles. Demain je passe la nuit chez l'une des plus ravissantes femmes que je connaisse et qui en plus d'être divinement belle se paye le luxe d'avoir de l'humour, de l'esprit et ce troublant mélange d'extrème sensualité et fragilité sous-jacente qui font de sa compagnie l'une de celles que j'aprécie le plus. En effet, c'est ma meilleure amie, mais là encore, ca ne retire rien au plaisir qui sera le notre à passer la soirée ensemble. Voilà à quoi ressemble ma vie ces temps-ci.
Je me sens libre et vivant comme cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps, pas loin d'être heureux, et finallement, n'est ce pas tout ce qui compte ?
