05 juin 2008
Stupeurs et larmoiements. Acte III: Parce que ce n'est pas une fin en soi
Je ne procéde pas à un résumé des actes précédents, après tout tu les as lu puis si tel n'est pas le cas, tu as la possibilité de le faire ici même.
Partir donc. Pourquoi ? Pour qui ?
Pourquoi, peut être parce qu'à la lecture de ce mail dont je te parlais il y a quelques semaines, j'ai été surpris de voir que ma vie sentimentale ne se "bornait" plus à Mélusine et que d'autres étaient dorénavant en mesure de provoquer chez moi un trouble particulier. Peut-être aussi parce ce mail est arrivé pile au bon moment (ou selon le point de vue au pire moment), dans une période où Mélusine et moi étions dans le creux de la vague depuis bien trop longtemps pour espérer à défaut de lendemains ensoleillés, une quelconque acalmie.
Pour tout te dire, je ne m'attendais absolument à ce qu'Amélie m'envoie un jour un mail pour prendre de mes nouvelles. Surtout deux ans après des événements qui nous avaient fait partager de merveilleux moments avant de nous laisser un arrière gout amer. Je ne l'avais pas oubliée, j'ai ce défaut de ne pouvoir oublier les gens qui ont à un moment donné fortement influencé ma vie, au grand dam de mes amis qui voient en cela une façon de vivre dans le passé et de ne jamais vraiment tourner la page (alors que pour moi, c'est surtout une façon de construire sur des bases solides en faisant la part belle à l'empirisme, mais ce n'est pas le sujet). Mais de là à penser qu'elle me mailerait un de ces quatres matins, franchement, je n'aurais pas parié dessus.
Reste qu'à la lecture de ces quelques mots, je crois que j'ai compris que tout était fini avec Mélusine et que j'avais bien malgré moi franchi ce jour là la ligne jaune en me prenant à penser des heures durant à ce qu'avait été mon idylle avec Amélie, ce qu'elle aurait pu être et surtout ce qu'elle pourrait être...
Là, tu t'imagines qu'il est inutile de traiter la question "pour qui", qu'il est évident que je suis parti pour rejoindre Amélie et que finallement, tout ca est bien banal, on finit toujours par céder sa place à quelqu'un, ainsi va la vie.
Et pourtant, tu te plantes royalement. Car si Amélie a été le déclencheur de tout cela, elle n'en est pas pour autant la cause profonde. Si je suis parti, c'est avant tout pour Mélusine et moi. Par respect pour ce que l'on a vécu, par respect pour elle, par respect pour moi, pour ne pas se mentir.
Alors quid de ma vie aujourd'hui ?
Et bien figures toi que je suis célibataire, et je dois dire que je ne le vis pas trop mal (en vrai je le vis très bien mais c'est toujours délicat de dire ca quand on a quitté quelqu'un). Pas d'Amélie à l'horizon, nous échangeons toujours des mails mais en gardant chacun notre réserve, et je réapprends à vivre au jour le jour.
Je sais, tu restes sur ta faim, et ce n'est justement pas la fin que tu attendais. Tu aurais sans doute voulu qu'il y ait plus de traits d'humour, de digressions à s'endormir comme j'aime en faire habituellement, de vieux jeux de mots à deux balles que ne renieraient pas mes deux amies du "Trium Vira bloguistique".
Tu aurais peut être voulu que je t'annonce mes fiançailles avec Amélie, ou à défaut mon engagement dans une nouvelle relation, ou peut-être même que je me remette avec Mélusine. Une fin à la Quatre mariages et un enterrement en somme.
Désolé. Aujourd'hui, je me dis qu'à défaut de réélement pouvoir vendre le synopsis de ma vie à Spielberg, j'ai de la chance. Ce soir je dine en tête à tête avec l'une des femmes les plus charmantes que je connaisse, rafinée, drôle, subtile, cultivée, intelligente, aimante. Certes, c'est ma mère mais ca n'enelève pas la magie annoncé de nos retrouvailles. Demain je passe la nuit chez l'une des plus ravissantes femmes que je connaisse et qui en plus d'être divinement belle se paye le luxe d'avoir de l'humour, de l'esprit et ce troublant mélange d'extrème sensualité et fragilité sous-jacente qui font de sa compagnie l'une de celles que j'aprécie le plus. En effet, c'est ma meilleure amie, mais là encore, ca ne retire rien au plaisir qui sera le notre à passer la soirée ensemble. Voilà à quoi ressemble ma vie ces temps-ci.
Je me sens libre et vivant comme cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps, pas loin d'être heureux, et finallement, n'est ce pas tout ce qui compte ?
Commentaires
Je vais te dire : cette fin-là elle est mieux que celles dont tu parles dans le reste de la note, parce que là au moins tu es sûr d'être heureux. Ce me semble. Je devrais en prendre de la graine, moi :(
ah réaprivoiser sa liberté et l'apprécier à sa juste mesure (et sans la culpabilité de l'homme qui s'en va) c'est chouette, je te l'accorde. t'as l'air d'en profiter et tu as bien raison !
Dans je sais plus quel film d'art et d'essai américain (si ils en font, le festival sundance pour les indép c'est pas fait pour les chiens) vu il y a quelques années, il y avait une scène qui m'a particulièrement marquée.
L'héroïne, un peu lunaire et atypique, marche le long d'un très long trottoir dans une petite ville des états unis, avec un homme qui lui a tapé dans l'oeil. Elle ne sait aboslument pas s'y prendre pour le draguer. Ils marchent, tout droit, et ils arrivent à un resto de glaces, signalé par un grand panneau sur le trottoir "ICE POINT".
Elle lui explique qu'une histoire d'amour c'est ça, que l'on marche à deux et qu'un jour de façon claire et évidente on arrive au "Ice point", point de non retour où l'on sait que la relation ne pourra plus aller qu'en se dégradant.
Finalement la sagesse ou la maturité amoureuse c'est peut être ça, savoir repérer le Ice point d'une part, puis ne plus espérer le retour en arrière d'autre part, et puis même un troisième point plus tard, c'est de ne pas se perdre en atermoiements et quitter très vite l'autre personne.
Quant aux familles fondées sur des relations nées à l'adolescence ou la post-adolescence, tu sais ce que j'en pense. "Mariage plus vieux, mariage heureux !" (et non pluvieux...)
Good luck sur les chemins de la liberté retrouvée
zoubi
Chère Krono,
En vrai, il ne tient qu'à toi ... :)
Chère blondinette,
La culpabilité, j'en suis dispensé avant tout par la réaction intelligente de Mélusine à tout ca. C'est dans ces moments là que même après t'être rendu compte que ce n'était pas la bonne personne, les deux ans passés en sa compagnie te semblent être parfaitement légitimes.
Chère Miss 400 de mon coeur (je me permets, que Mr 400 ne m'en tienne pas rigueur),
Ou l'art de l'analogie collant à merveille.
Merci, bisous toi même.
(Je crois que parmi les quelques contributions de lecteurs se perdant ici depuis maintenant plus de 9 mois, c'est sans doute celui qui m'a le plus touché/parlé ...)
vous m'en voyez touchée en retour mon cher.
rassurez vous, mister 400 n'est point du genre jaloux-de-la-toile (ailleurs, je dis pas), et pis chut, on lui répetera rien ;-)
Blackmilk et miss400 : j'ai commencé par lire "ou l'art de l'anatomie collant à merveille" vous vous en douterez bien, j'ai rien capté... Je crois que je vais aller me coucher, moi, il est temps.
Blackmilk : la culpabilité les hommes en sont exemptés dès la naissance, non ?
On peut pas tout résumer ainsi. La culpabilité est belle et bien présente chez les hommes, elle a juste comme particularité d'être un préalable à l'acte la générant, ce qui je te l'accorde est quelque peu inhabituel.
