30 mai 2008
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la cuisine...
Aujourd'hui, 69e commentaire.
J'en suis tout retourné.
A événement exceptionnel post exceptionnel (allez quoi, fais semblant d'y croire ne serait-ce qu'un peu !)
Alors, parce que Je vis une époque formidable, c'est aussi des conseils pour faire de ta vie un rêve et t'aider à apparaitre sous les traits d'une vraie petite femme d'intérieur, même si comme moi à la base, tu ne disposes pas forcément des attributs adéquats (Je vois déjà les plus pointilleux d'entre mes lecteurs, pour ne pas dire les feministes s'offusquer de l'utilisation d'un tel raccourci, une occasion de plus de stigmatiser un genre asservi et méprisé qui n'en avait vraiment pas besoin. Alors qu'il s'agit uniquement d'une petite allusion somme toute déplacée mais à forte connotation affecteuse!), je t'offre aujourd'hui la clé qui ouvre la porte de "mon jardin secret".
Et je t'invite à venir t'essayer avec moi... à la cuisine.
Toi le lecteur masculin qui te demande pourquoi une requête sur "69" ou "retourné" t'oblige à te taper une soupe "littéraire" ayant pour seule vocation de te pousser vers une activité qui a priori te rebute fortement, ne fuis pas. Tu vas vite comprendre que dès lors que tu ne vis pas en ermite et qu'une entité non plastifiée partage ta couche et t'oblige à penser à deux, cet article est fait pour toi.
Toi le lecteur féminin qui te demande dans quelle mesure ce post va donner dans le graveleux, pour ne pas dire le scabreux dans les prochaines lignes, reste aussi, tu risques d'être surpris(e) (j'ai un doute sur l'accord mais après tout, si tu es un fidèle parmi les fidèles, tu sais bien que je suis forcément plus doué pour les conseils culinaires qu'orthographiques).
Alors pourquoi la cuisine ? Tout simplement parce c'est l'un de mes domaines de prédilection en ce qui concerne la médiocrité. Ayant brillament débuté dans la partie en inventant des recettes que les grands chefs se sont arrachées par la suite (Qui n'a jamais entendu parler de mon fameux "Cornflakes 'n milk on the rocks", de ma délicieuse "Pizza Sodebo con supplément Chorizo Justin Bridoux précoupado" ou bien encore du légendaire "Crousti Bat' au vinaigre de Xérès"), j'ai ensuite décidé de m'essayer à des créations dont l'originalité n'avait d'égale que le dégout de mes convives (qui de ceux qui l'ont gouté a pu oublier ces magnifiques tagliatelles à la tome de Savoie et au poivre de Cayenne savamment dosé ?).
Avant de finallement comprendre que je n'étais pas fait pour ca et de me retirer définitivement des fourneaux, aimant trop la cuisine, la vraie, la grande pour continuer à la massacrer de la sorte. Reste qu'aujourd'hui, il fallait donner de ma personne en faisant partager au lecteur l'une de mes passions les plus secrètes. Voyant ca et là fleurir les blogs culinaires et autres pages perso consacrées au scrapbooking, n'étant pas original pour un sous et n'ayant jamais pratiqué la torture de livres précédement ennoncée, le choix s'est imposé comme une évidence.
Je te propose donc aujourd'hui un aller simple pour l'empire des sens à la sauce blackmilkienne....ou ce que l'on appelle communément la "recette du brownie à la crème anglaise".
Le tout comme dirait Jean-Pierre Koffe, c'est d'avoir de bons ingrédients. Ainsi je t'invite à te rendre en tout premier lieu au Carrouf du coin histoire d'avoir de la matière et peut être un peu aussi de draguer la caissière en lui faisant remarquer par le choix de tes articles que derrière ton image de gros lourd qui martyrise les caissières se cache un cuisinier émérite qui saura ravir ses sens (Va pas t'imaginer que je drague moi même les caissières, sache que je ne drague ni les caissières, ni les préposées aux postes, ni les videuses de truite. En fait, je ne drague pas, tout simplement).
Là, tu vas prendre un paquet de farine, le plus petit modèle possible, un peu de beurre, une boite d'oeufs (là encore la plus petite, en général par 4), du beurre si tu n'en as pas déjà à la maison ainsi qu'un sachet de sucre vanillé (en général, ils se vendent par paquet mais il arrive d'en trouver référencés à l'unité) et un paquet de sucre en poudre classique.
Tu vas également acheter une bouteille de crème anglaise allégée Elle & Vire ainsi qu'un American Brownie de Brossard.
Et cloturer tes amplettes par l'achat de deux chandelles et d'un sachet de bougies chauffe-plat pour accompagner la bouteille de Krug (dans le meilleur des cas) qui t'attend à la maison.
Une fois chez toi, tu n'as qu'à sortir le brownie de sa barquette en aluminium, à le poser sur une assiette et à le laisser dans le micro-onde afin de pouvoir le réchauffer rapidement avant consommation. Pense également à mettre la crème anglaise au frigo.
Et c'est à ce moment là que la recette prend toute sa dimension...
Tu vas te séparer de 3 oeufs, vider 60 grammes de farine du sachet, amputer le beurre de 150g et vider le sachet de sucre en poudre de 150g. Tu vas ensuite les disposer bien en évidence dans les placards et le réfrigirateur en faisant bien attention qu'ils ne soient pas exactement rangés à leurs places habituelles afin que l'on s'aperçoive au premier coup d'oeil que tu as utilisé les ingrédients en question. C'est sans doute le moment le plus délicat de la recette. Il te reste à disposer les bougies de manière stratégique et à sortir deux coupes.
Tu n'as maintenant plus qu'à attendre que ton cher/ ta chère et tendre revienne pour lui faire ton plus beau sourire et lui dire que tu as passé l'après-midi à lui faire un brownie, que c'était super difficile mais que ca en valait la peine parce tu jubiles rien qu'à l'idée de le/la regarder se sustanter de l'objet du délit.
Et que bien évidemment, tu n'es pas assez doué en cuisine pour avoir fait toi même la crème anglaise, mais normalement, ca il/elle ne devrait même pas l'entendre, emerveillé(e) par une si délicate attention.
Et le tour est joué. Dans le meilleur des cas, vous n'aurez d'ailleurs pas le temps de pouvoir déguster le brownie en question, trop occupés à savourer le plaisir d'être ensemble...
Attention toutefois à ne pas commettre d'impaire en étant léger lors de l'effacement d'éventuelles preuves accablantes. Un emballage American Brownie aperçu dans la poubelle lors d'un passage en revue des lieux s'avérerait pour le moins contre-productif, si ce n'est dans certains cas extrèmes mortel.
S'endormir sur le canapé après de vifs échanges, c'est bien ! Ca l'est déjà moins si l'on s'endort seul...
26 mai 2008
Stupeurs et larmoiement. Acte II: Parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir un cancer.
C'est un fait communément admis (tout du moins par quiconque a déjà vécu une relation sentimentale), les relations les plus merveilleuses finissent toujours par prendre une tournure tragique, pour ne pas dire dramatique. Alors je te vois déjà dire que non, l'amour éternel existe et que Catherine Ringer était une sombre idiote de penser que "les histoires d'amour finissent mal en général" alors qu'elle et son compagnon se sont aimés jusqu'au bout.
Je te répondrais simplement que Fred Chichin est mort d'un cancer foudroyant et qu'il y a tout de même plus abouti comme concept de happy end. En effet Coco, quoi que tu fasses et même si tout va bien, il y en a toujours un des deux (je pars du postulat que la grande majorité des relations échappent au principe de polygamie et/ou de libertinage sentimental) qui meurt à la fin (voire même les deux mais j'ose espérer que tu auras saisi le sens de mon propos quelque peu maladroit du premier coup). A partir de là, on peut clairement considérer que même quand ca finit bien, ca finit mal (je suis pas sur d'être super clair mais tant pis)!
Bref, je te rassure, Mélusine et moi même sommes bien en vie (tout du moins à l'heure où j'écris ce mail), reste que les choses n'en ont pas moins pris une tournure tragique. Car aussi surprenant que cela puisse paraître, il y eu un moment où Mélusine n'aimat plus que je lui caresse les cheveux. Rien de très grave me répondras-tu, sauf si par malheur j'avais été une sorte d'obscure fétichiste des cheveux (toi ami fétichiste qui à l'instar d'autres personnes quelque peu perturbées est arrivé ici suite à une requête assez particulière, sois sans crainte. Je n'ai rien contre les fétichistes et je ne voudrai certainement pas ajouter ta respectable confrérie à la longue liste des gens qui n'aiment pas ce blog et au sein desquels figurent déjà pêle-mêle les féministes, les écologistes, les apprentis fachistes, les coloristes, les communistes, les vieux sans parler de ceux qui pensent qu'un commentaire laissé sur le blog de leur copine est une tentative de séduction alors que franchement, j'ai ces temps-ci bien d'autres soucis en tête que la godriolle!).
Pas sûr (sous-entendu "pas sûr qu'il n'y ait rien de grave. C'est le problème des digressions mal controlées, elles perdent souvent le lecteur). D'autant plus que ce n'est pas la seule chose qui dans son comportement est tout à coup devenue déroutante. Oui, à la lecture du mot déroutante, tu penses toi aussi à cette conception toute particulière qu'elle a de la conduite automobile en générale et du depassement en côte conduisant au bas côté en particulier mais sâche qu'il a bien plus terrifiant. Et cette chose dont il y a quelques mois encore j'aurai eu du mal à parler se câche sous un mot à l'apparence presque anodine qui a pourtant terrifié des centaines de milliers de jeunes gens "bon à marier":
(Afin de profiter pleinement de la dimension dramatique du concept, il faut t'imaginer à la lecture du mot en question une sorte de musique terrifiante, un peu à la façon de la mythique bande originale des Dents de la Mer, la soif de rester sur le même bateau en plus, la scène du prédateur explosant alors qu'il ingére une bouteille d'air comprimé en moins)
L'Engagement.
Oui, je sais, il y a de quoi donner des sueurs froides aux plus courageux. Et pourtant, j'étais moi même assez confiant par rapport à tout ce qui concernait cet engagement que j'avais fuis comme la peste avant de l'éprouver avec un certain plaisir. Je sais, c'était trop beau.
Forte donc de cette victoire sur la philosophie blackmilkienne et de cette incroyable évolution qu'elle avait fait subir à ma respectable personne (oui je sais, ca c'est moi qui le dit), Mélusine décida qu'il ne fallait pas en rester là. Sur le principe, j'étais assez d'accord. Là où nos opinions divergeaient, plus encore que sur le timing, c'était sur les motivations qu'avancait ma charmante compagne. Il était selon elle opportun de construire ensemble quelque chose de concret pour, comme elle le formula si bien une fois sceller un peu plus notre union et faire que si un jour j'avais l'audace de croire que je pouvais partir, j'y réflechisse à deux fois.
De quoi refreiner les ardeurs du plus fleur bleue des hommes.
Ajoute à cela un caractère changeant, plusieurs tentatives avortées d'imposer une dictature féminine sur des terres sentimentales où l'égalité des deux parties en présence était justement considérée comme un principe fondateur et une propension aux caprices à faire pâlir le plus exigeant des multimilionnaires excentriques et tu comprendras aisément que j'en arrive moi même à changer, et pas forcément dans le bon sens.
C'est alors que je me suis mis à devenir à mon tour mélusinien. Et à adopter une posture pour le moins radicale: celle d'avoir justement l'audace de croire que peut-être...je pouvais partir...
22 mai 2008
Un voiture à vivre baclée, un post facile qui ne l'est pas moins.
Je ne voulais pas céder à mon tour à la mode du commentaire de requêtes... et pourtant, quand aujourd'hui je suis allé jetter un coup d'oeil, je me suis dis que ca ferait un joli post d'interlude ... et qu'une fois n'est pas coutume, j'ai moi aussi le droit à un post "facile" (et peut-être un peu baclé, mais ca finalement, ca ne regarde que moi).
Voici livrés pêle-mêle quelques exemples de requêtes aboutissant sur ce blog et m'invitant à réfléchir sur les messages véhiculés malgré moi (au prix qu'est maintenant l'essence ma pauvre dame!)
Blackmilk:
Bon, jusque là, ca va. Le mot-clé donnant le plus de visites se trouve être quelque chose d'assez cohérent. Comme quoi Je vis une époque formidable, ce n'est pas seulement un point de rendez-vous pour les pervers et déviants sexuels de tout poil (aucune vanne douteuse ne me vient à l'écriture de ces mots...), je suis aussi lu de quelques personnes attirées par mon humble personne (et donc éligibles de fait à une thérapie).
Grosses femmes nues:
Aie, la deuxième source de visites fait pour le coup moins rêver. C'est d'autant plus consternant que si l'on y ajoute toutes les requêtes contenant le mot "nu", ce blog doit sa gloire aux mêmes raisons qui pousseraient les visiteurs à venir s'il s'intitulait blackmilknaked.com... Bien que je te l'accorde, l'hypothése de me voir nu n'est pas quelque chose de réjouissant en soi, loin s'en faut.
Ours palmidé:
Hum. Oui, si tu veux. Là encore, je ne vois pas comment tu peux arriver ici en tapant cela mais bon, les voix de google sont impénétrables. Tu m'aurais dit escargot martyrisé encore, j'aurai compris mais là. Après, je ne suis pas expert en zoologie donc je t'inviterai à te rapprocher de personnes compétentes ... A moins que tu sois un cinéphile tentant de monter un festival alternatif à Plougastel en faisant un mix de Berlin et Rome mais je dois t'avouer que je ne vois pas davantage ce que tu fais ici ...
Courrier des lecteurs de plus belle la vie:
Ah dommage, c'était presque ca, il y a bien ici une rubrique courrier des lecteurs mais c'est sur le contenu et le support multimédia que tu t'es légerment planté. Je dois t'avouer que des gens qui regardent un programme stupide à la tv ne peuvent malheureusement pas prétendre au statut de lecteur parce qu'ils se sont fendus d'une lecture du résumé sur le télérama. De plus, je t'avouerai sans honte que je ne maitrise pas trop le concept, m'étant imposé un quota d'heure de visionnage de programmes navrants à ne pas dépasser. Et puis franchement, quand je veux du romanesque et du rebondissement, je vais chez la blonde , ca a le mérite d'être bien écrit, et même que parfois dans ses illustrations, il y a de belles pin-up dénudées et ca franchement, ca doit pas trop se faire dans plus belle la vie. Allez, comme tu as pris le temps de venir et que là, tu dois rester sur ta faim, je te mets le lien.
Pourquoi est ce que tu viens pour les vacances de david et jonathan a eu autant de succés:
Alors là, bravo. Je viens de vérifier, c'est même pas un canular des gens de chez canalblog, cette requête google mène effectivement ici! Tu veux pas non plus que je te dise qui a tué Kennedy ou quel sera le prochain recul social fromenté par notre cher président ? Je suis pas expert en résolution de mystère tu sais, c'est d'ailleurs ce qui complique particulièrement mes relations sentimentales depuis toujours. Un indice néanmoins, je pense que la chanson doit beaucoup à son clip (va le voir, rien que pour le moment émouvant de la photo recomposée), concentré de fautes de goût symbolisant à merveille le fait que le ridicule ne tue pas ... et qu'il peut parfois vous faire gagner beaucoup d'argent.
Allez, une dernière, histoire de finir sur une note de poésie.
Position sexuel dans une twingo:
Bon, je ne commenterai pas l'accord douteux, étant moi même le Garcimore de l'orthographe ("Ouh ouh ouh, encore raté"). J'aimerai d'abord savoir d'où tu tiens que je suis expert dans le domaine et j'aimerai aussi que tu m'expliques pour quelles raisons je devrais partager avec toi ce savoir essentiel dans le cas où j'aurais effectivement quelque chose à partager avec toi. Maintenant, je bluff, je bluff pas, c'est pas le sujet. Demande toi simplement si tu es prêt à voir la vie sous un angle complétement différent après que quelqun t'aie initié à une activité symbolique du savoir faire-français que le monde entier nous envie.
Ah, utlime précision. Non, ce n'est pas moi dans la voiture, je ne suis pas fan de boucle d'oreille.
18 mai 2008
Stupeurs et larmoiements. Acte I: Once upon a time...
Tout commence par un mail.
Un simple message ouvert par un matin pluvieux de Mars, alors que j'arrive tout juste au bureau. Quelques phrases écrites avec ce style élégant et simple, reconnaissable entre mille. Comme un vent de fraicheur négligeamment laché sur moi alors que je suis encore frèle, désarmé par cet état d'éveil qui peine à s'emparer de moi.
Une missive envoyée l'air de rien, comme pour mieux accentuer le choc voulu par l'auteur en utilisant le jeu de la litote. Un séisme donnant à mon coeur l'impression de remonter sur ces montagnes russes qu'il avait pourtant juré de ne plus fréquenter. La réaction est pour le moins paradoxale, mon esprit conditionné par d'habiles manoeuvres me ramène en effet à Mélusine, un peu à la façon de ces alliages métalliques dit "à mémoire" qui reprennent leur forme d'origine sous l'effet de la chaleur.
Mélusine ? Qui est-ce ?
Ah oui, tu es sûr, je ne t'ai jamais parlé de Mélusine ? Etrange en fait vu que ce blog est justement le fruit de nos premiers heurs, de nos premiers doutes sérieux quant à cet osmose que nous avions créée, entretenue, sublimée. Je t'aurais donc sciemment caché l'une des composantes essentielles de ma vie, l'un des éléments nécéssaires à l'appréhension du méchanisme blackmilien. Corrigeons cela de ce pas.
Mélusine et moi sommes ce que l'on appelle communément un couple. Ou tout du moins nous l'avons été il fut un temps... Nous habitons ensemble, nous dormons ensemble, nous payons nos factures ensemble,nous jouons au mariokart ensemble, nous nous déchirons ensemble. Ni plus ni moins que la plupart des binômes sentimentaux partageant notre situation.
Tout avait un peu commencé par hasard, par une de ces rencontres improbables et incongrues qui une fois sur un million débouche sur la naissance d'une idylle. Nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre presque malgré nous, nous complaisant tout deux à l'époque dans le confort douillet et sans risque du célibat depuis quelques mois. Le choc n'en fut que plus rude quand nous nous sommes aperçus très vite que vivre l'un sans l'autre était tout simplement inconcevable. Trois mois seulement après la première fois où elle s'était laissée caresser les cheveux avec un plaisir non dissimulé, je demandais ma mutation pour venir voir si l'herbe était effectivement plus verte dans la contrée Mélusinienne. Laissant derrière moi famille, amis et repères, je découvrais pour la première fois ce qu'était l'engagement sentimental, transformant des souhaits formulés à plusieurs reprises par des ersatz de Mélusine en actes biens concrets.
Les débuts comme toujours furent euphoriques, me donnant pour la première fois l'impression d'avoir trouvé mon équilibre. Il faut dire que la cohabitation était de fait facilitée par nos emplois du temps respectifs. Mon travail me laissant pas mal de temps libre et le sien l'obligeant à travailler en soirée et week-ends, le besoin de solitude dont j'avais toujours été empreint se mariait à merveille avec le concept de vie maritale que j'experimentais pour la première fois. J'arrivais même à faire le deuil de mon ancien appartement cosy et de son environnement ultra citadin pour découvrir les joies d'une autre ville, moins étendue, moins vivante mais il est vrai beaucoup plus conviviale.
Forte des constatations de son évidente influence sur le Blackmilk way of life, Mélusine s'est alors décidée à passer à la vitesse supérieure. Et c'est là que les choses se sont sérieusement dégradées...
02 mai 2008
Le 1er Mai, choisi ton camp, fais ce qu'il te plait camarade!
Tout lecteur abruti par un trop plein de tecktonik et/ou de substances pas toujours licites que tu sois, tu n'es certainement pas passé à côté du fait qu'hier, nous étions le 1er Mai.
La fête du travail. Rien que ca...
Je vois à ton regard légèrement embué ainsi qu'à l'expression de ton visage n'étant pas sans rappeler celle de certains bovins que cela te laisse toi aussi perplexe. Pourquoi donc s'escrimer à fêter quelque chose qui la plupart du temps se veut être désagréable, qui plus est en s'essayant à un principe pour le moins contraire à l'objet de la célébration, l'oisiveté?
Certes, cela pourrait aisément s'expliquer par l'exception culturelle française qui veut que l'on ne se sente jamais aussi bien à l'évocation du travail que lorsque justement l'on en (et je te prie par avance de me pardonner l'expression) branle pas une si la fête en question n'était pas célébrée tout autour du monde.
Cette fête revêt pourtant une importante symbolique, celle de ce vieux rêve d'égalité qui une fois par an se réalise en permettant aux pauvres comme aux riches de célébrer gaiement ce qui tue les premiers pour justement éviter au second de s'y astreindre: le travail
Il était donc hier de bon ton de ne rien faire, histoire de sentir puis de s'imprégner de cette liesse s'emparant de la plèbe, un des rares acquis auquel notre cher président ne s'est pas encore attaqué:
Ne pas travailler pour gagner autant.
Et de se faire le chantre de l'égalité.
C'est ainsi que porté par ces notions de défense des intérêts prolétariens, ces défilés annoncés de banderolles rouges suppliant les élites dirigeantes de prendre en considération leur mal-être, le tout agrémenté d'une ambiance éléctrique suggérée par le parfum ennivrant du muguet et les lointains échos de l'Internationale, je me suis moi aussi mis dans le bain.
Je te vois déjà t'étonner de m'imaginer scandant des slogans derrières des instits barbus et des délégués syndicaux dont la conception toute particulière de la mode vestimentaire est habillement dissimulée par une pléthore d'autocollants aux sigles évocateurs. Là, dans cette atmosphère chargée en odeur de merguez grillées recylées après congélation lors de la dernière fête de L'Huma, tu aurais pu penser que je me serai senti comme un poisson dans l'eau, défendant ardemment la veuve et le sans-papier au nom du sacro-saint principe de Justice Sociale.
Et pourtant, je n'y étais pas.
Connaissant mon récent penchant pour la nature (surtout si tu es comme ma conscience écologique Les 400clics, ), tu t'es peut-être pris à esperer que je céderai à l'appel de la forêt. Que j'irai gaiement crapahuté au milieu des ronces et autres boas constrictors peuplant nos campagnes à la recherche de la sainte clochette blanche, le tout bien évidemment dans une logique respectueuse de l'environnement en essayant de réduire au maximum l'impact de mon passage sur la faune et la flore locale.
(Au cas où tu serai du genre parisien(ne) n'ayant jamais eu la chance de voir des brins de muguet "évoluer" dans leur habitat naturel sans être emprisonnés dans un interflora, j'te met une photo du spécimen végétal en question)
Non mais tu m'as bien vu ? Rassure toi, je me suis bel et bien plié à la tradition et ai offert quelques brins courageusement ramassés ... sur les étagères du fleuriste. Préservation de la nature oblige ...
D'ailleurs, en parlant de cloches, tu n'as pu manqué à la télévision le spectacle pitoyable du "traditionnel" défilé du Front National. Des rangs décimés par le siphonnage présidentiel, quelques vieilles bourgeoises défendant le vieux chef comme si de rien, le melting-pot déconcertant (le parti n'étant pas connu pour son amour du métissage...) d'anciens combattants au cerveau ravagé par le gaz moutarde croisant de jeunes skinheads dont les seuls faits d'armes se résument à de courageux actes de barbarie à dix contre un. (Celui qui est tout seul, c'est pas un skin en l'occurence, c'est un malheureux dont le seul crime est d'avoir été différent).
Je n'y étais bien évidemment pas, seulement j'ai moi aussi vu la diffusion du non-événement sur les chaînes de télé nationales. Je me suis dans un premier temps dit qu'ils avaient franchement de sâles tronches dans ce groupuscule antidémocratique, cédant moi aussi à ce délit de faciès que j'execre tant ... avant de réaliser qu'au milieu des crânes rasés et des vieilles rombières se trouvaient des Monsieur et Madame Tout le monde. Effrayant quand on y pense, de se dire que son voisin, son collègue ou son banquier est peut-être un xénophobe en puissance, un de ceux qui n'auraient vraisemblablement pas été du côté le plus dangereux des mitraillettes allemandes il y a 60 ans ... Effrayant de se dire que le coup du "détail" a une fois de plus trompé les rédactions et fait le jeu du vieux fou provocateur en lui offrant une tribune qu'il n'espérait plus.
Alors, loin de ces considérations partisannes, sociales, écologiques ou confinant à l'aliénation, je me suis moi aussi laissé aller à fêter le travail en piétinant allégrement toutes les valeurs positives qu'il pouvait véhiculer ... et en allant me détendre dans le cadre buccolique du Golf ou j'aime à me rendre pour redécouvrir ce que sont luxe, calme et volupté (l'ordre et la beauté sont deux notions que je maitrise carrément moins pour tout te dire).
Aux antipodes de mes convictions de gauchiste convaincu tu dis ? Absolument pas.Si tu veux tout savoir, j'ai contrebalancé par une soirée plateau tv ayant pour baseline (pour les moins pubeux/pubères d'entre toi, rien à voir avec le lubrifiant) le militantisme avec Arthus-Bertrand suivi de Georges Marchais. Emouvant, passionant et efficace dans une émission d'une grande qualité, le premier fut le préambule idéal au documentaire consacré au second, personnage complexe et finallement précurseur de ce que devait être le parcours du parti communiste. Grandiose à ses débuts, certes drôle et attendrissant par la suite mais malheureusement pitoyable et oublié de tous sur la fin.
Voilà ce que fut pour moi le 1er Mai. L'occasion de voir que les luttes sociales ne me mobilisaient plus, que l'argent était finallement une solution viable aux problématiques écologiques, que l'intolérance était davantage dissimulée qu'enrayée, que les idéaux pronant l'égalité n'étaient plus seulement utopistes mais obsolètes ...et que les golfs avaient de beaux jours devant eux.
Constat pour le moins mitigé.
Vivement le 14 juillet et sa floppée de découvertes liberticides ! Plus que deux mois pour améliorer mon swing.

