Je vis une époque formidable...

J’aurais pu me payer un psy, écrire un synopsis inspiré de ma vie, le vendre à Spielberg pour 15millions de dollars et vivre à La Barbade entouré de chèvres et de femmes nues…mais je préfère partager tout cela avec vous! Vous aimez les chèvres?

21 avril 2008

In vino veritas

Parce qu'en chaque lecteur someille souvent un ivrogne qui s'ignore, Je vis une époque formidable reprend ces faux airs de magazine féminin et joue aujourd'hui les docteurs Green en se lançant dans le conseil médical à deux francs six sous (Deux francs six sous, ca fait combien en euros?).

La majeure partie de mon lectorat étant jeune ou l'ayant été un jour, il est évident que parler ici de la gueule de bois et de ses conséquences directes ou indirectes est particulièrement à propos, aucun autre sujet n'étant aussi fédérateur. A part peut-être le sexe, mais tu conviendra que tout intéressant que cela puisse être, cela serait pour le moins en décallage avec la ligne éditoriale (si si, il y en a bien une) pronant innocence, abstinence et plein d'autres concepts passionnants se terminant en "ance" (Rance, impuissance, condescendance, St Paul de Vence...). Tu l'auras noté, je suis ces jours-ci d'humeur à te faire profiter de mon humour le plus douteux .

Tu sais donc qu'il est fortement préjudiciable d'abuser d'alcool, non seulement pour les dépenses de sécurités sociales occasionnées mais aussi pour ces pauvres ouvriers agricoles antillais exploités pour que tu puisses te ravager à l'aide de cocktails parfumés au Rhum planteur et surtout pour cet état semi-végétatif et assez désagréable dans lequel tu te retrouveras le lendemain matin. Parce qu'en fin de compte, l'alcool c'est un peu comme la vie de couple. Des débuts festifs dissimulants habillement des lendemains moins joyeux.

Et bien figures toi que ce matin, j'étais moi même en proie au mal de cheveux communément appelée Gueule de bois, et pas une petite crise non, le genre d'état qui vous donne envie de vous couper la tête et de la mettre dans le réfrigirateur, histoire d'avoir les idées claires.

Sauf que.

Je n'ai pas bu une goutte d'alcool depuis jeudi soir.

Mais, que se passe-t-il ?

Une tumeur maligne des cheveux dont les premiers effets se feraient sentir, me laissant présager un brillant avenir de légume d'hopital, le genre blanc et tout sec qui sert de cobaye aux infirmières perverses ?

Un enlevement par de gentils extraterrestres à l'insu de mon plein gré hier soir sur le chemin du retour, alors que je cherchais un raccourci que jamais je ne trouvas ?

Une réaction allergique de mon cerveau suite au choc traumatique de la soirée d'hier où, ayant par mégarde allumé la télé sur la troisième chaine, je lui fis subir quelques secondes (mais à l'évidence, c'en était déjà de trop) de ce magnifique chef d'oeuvre de l'industrie télévisuelle française qu'est Plus Belle La Vie?

A l'heure où je t'écris ces lignes, le mystère reste entier.

Depuis ce matin au réveil, j'ai donc pris le taureau par les cornes et ai tout tenté pour sortir de cette mauvaise passe. Et gentil comme je suis, je ne pouvais pas ne pas te faire profiter de mon expérience. Que le mal vienne ou non de l'abus d'alcool ou de colle tout court, voici donc le comportement à adopter.

A proscrire:

-Le co-voiturage avec des collègues de sexe féminin ne s'étant pas vu depuis une semaine. Ok, c'est vraiment cool de lutter contre le réchauffement de la planète mais l'avenir des ours polaires vous préoccupe finallement assez peu dès lors que vous voyez les lèvres de vos collègues s'agitant à un rythme qui n'est pas sans rappeller celui des coups de marteau piqueur qui raisonnent dans votre tête.

-Répondre honnetement à la question posée par les collègues en question et ainsi leur révéler votre état actuel. Celles-ci ayant un avis sur tout, vous ne tarderez pas à vous rendre compte de par leurs multiples conseils et expériences en la matière que leur avouer l'origine de votre silence sera clairement contre-productif. Et en plus, vous aurez le droit à des anecdotes dont vous vous foutez éperduement et auquelles vous devez faire semblant de vous intéresser, faute de passer pour l'horrible mysanthrope que vous êtes.

-Accepter un médoc inconnu de la part de gens tout aussi bienveillants que médicalement incompétents. Vous risqueriez tout comme moi de vous faire refiler un dolirhume qui n'a a priori pas vocation à soigner cette douleur qui va en s'intensifiant ou pire, l'on vous proposera avec le plus grand sérieux un médicament contre les règles douloureuses qui soigne non seulement les problèmes féminins mais aussi les maux de tête (Véridique. La proposition, pas les effets du médoc! Comme quoi notre standardiste, en dehors de savoir répondre au téléphone... J'ai d'ailleurs une théorie sur l'embauche du personnel administratif féminin dont l'importance du quotien intellectuel comme critère de recrutement est dans bon nombre de cas inversement proportionnelle à la taille de bonnet. Mais ce n'est ici pas le propos, je te garde mes clichés misogynes pour un autre post).

-Boire du café plus que de raison. Et manger des croissants aussi. Aucun impact sauf peut-être celui d'être excité et de  culpabiliser comme à chaque fois que je céde à l'appel des croissants au beurre de la boulangerie du coin.

-Prendre tout ce qui figure dans le scénario des Bronzés font du ski comme parole d'évangile et se mutiler bêtement en pensant que le siège du mal va se déplacer dans la zone nouvellement meurtrie. Le risque est d'avoir par la suite mal à deux endroits de façon simultanée.

Autant d'options qui ne donnent pas le moindre résultat, sauf peut-être celui d'aggraver quelque peu la situation.

Alors comment faire?

Et bien après avoir songé  à ce remède miracle à la migraine qu'est l'activité sexuelle, en ayant rapidement identifié les obstacles potentiels, à savoir le fait que cela était quasiment impossible au bureau sous peine de me faire virer (de mon travail et de chez moi), de pietiner mes principes et puis avouons le de ne pas forcément trouver de partenaire disposée, l'idée de génie s'est présentée à moi comme une révélation:

Soigner le mal par le mal.

Alors je me suis souvenu du pot/repas de vendredi et de ses bouteilles rescapées. Plus de champagne, une bouteille de champomy trainant dans le réfrigirateur de la caféteriat depuis Mathusalem et un soupson de côte de provence qui finallement devrait faire l'affaire.

Et bien crois moi si tu veux mais depuis que j'ai cédé à la tentation du rosé pour accompagner mon poisson ce midi, exit le mal de crane.

Il n'empêche qu'à cet instant précis, je suis à nouveau frais et dispo...

Mon conseil donc, sombrer dans l'alcool. Ne serait-ce qu'un instant, histoire d'éprouver ce bien être et cette chaleur apaisante, réparatrice, pour ne pas dire bienfaitrice. Bon, le problème c'est que les effets euphorisants risquent de céder rapidement la place au mal qu'ils devaient annihiler. Mon conseil dans ce cas, doubler la dose, et poursuivre le traitement jusqu'à ce que cyrose s'en suive la disparition définitive des symptomes.

Je vois d'ici les esprits bien-pensant s'offusquant d'une pseudo apologie de l'abus d'alcool, s'appuyant sur le fait que l'alcool détruit, l'acool tue, l'alcool désociabilise et vous plonge dans la déchéance. Le mal utlime, le symbole même de la maltraitance et de la perte de contrôle par l'addiction. En somme, un mauvais traitement.

Et bien je vous répondrais, à vous, la France du Vittel Menthe que ces accusations n'ont aucun fondement.J'en veux pour preuve le fait qu'aucune bouteille n'ait été maltraité durant la rédaction de ce post.

A ta santé camarade!

Nb: L'auteur (donc moi) se dégage de toute responsabilité en cas d'abus prononcé conduisant au retrait de permis, au strip-tease en réunion de service ou à toute régurgitation involontaire. Prévoir une période post-traitement sans contact important suffisante pour ne pas se trahir et foutre sa carrière en l'air semble être la moindre des précautions. Bon après, si t'es barmaid, policier ou ministre d'Etat à l'Ecologie, c'est différent...

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15 avril 2008

2 ans.

C'était un matin d'août, à l'heure où les hommes aiment à se réunir pour arroser simplement le fait d'être ensemble. Ce matin là, ta fille unique t'offrit l'occasion de sabrer ce nectar gazeux auquel tu avais en partie voué ta vie, faisant de toi une jeune patriarche de 46 ans et laissant d'après Papa apparaitre au contour de tes yeux des larmes que pour ma part je ne vis que deux fois en 23 ans.

Résumer ta vie à ces 23 années serait occulter tout ce qui te permit de te construire et te trahir en faisant mine d'oublier ces longues conversations passionnantes durant lesquelles nous avons partagé ton amour de la vie, de ta vie. Ton enfance pauvre et pourtant très heureuse, cet amour sans limite pour un père qui forçait l'admiration, le spectre de la tuberculose qui te prit 8 mois de ta vie, repousant d'autant les plaisirs d'une jeune fille se frottant à la vie de femme, rapidement compensé par les badinages amoureux au cinéma de quartier et dans les jardins publics sous couvert de sortie avec ta meilleure amie. Cette rencontre avec l'homme de ta vie lors d'une mise au vert estivale qui transforma ton quotidien, t'offrant les faveurs d'un homme bon, droit, doux, un homme qu'aujourd'hui je prends pour modèle sans pour autant imaginer arriver un jour à son niveau. Il y eu votre fille, cette enfant gatée mais également emprisonnée dans un rôle qu'elle ne put jamais vraiment s'approprier faute d'être conformiste. Les soucis et les peurs créés par cette jeune fille qui venait entacher cette réussite sociale à laquelle vous accédiez enfin à force de sang et de sueur, réussite futile en comparaison de ce que vous attendiez les uns des autres. Puis les nuages s'éloignèrent, la jeune fille se raisonna, trouva l'amour et t'ammena à ce matin d'août.

Mais tu sais l'égoïsme dont font preuve les hommes et tu ne t'étonneras sans doute pas d'aprendre que pour moi, tout ceci ne fut qu'un préalable, un avant propos à cette symbiose qui fut la nôtre. Car sois-en sûre, je ne serai sans doute pas celui que Maman aime et celui que globalement j'aime à être si tu n'avais pas bercé mon enfance, mon adolescence et ma vie de jeune adulte de ta bienveillance quasi maternelle.

Le premier souvenir qu'il me reste de nous, de toi, c'est ce trajet en train que nous fîmes au retour de Langres, vraisemblablement à l'aube des mes 4 ans. Cette permanente impeccable et cette couleur orangée assez particulière resteront si Dieu le veut à jamais dans mon esprit comme l'écrin assez particulier de ton sourire magnifique. Le corail me semblait immense et les gens passant dans l'allée avaient sur moi l'avantage de la taille qui me permet aujourd'hui de toiser avec fierté la plupart de mes congénères. J'étais heureux, heureux d'être avec toi et de rejoindre celui qui partageait ta vie, sûr de le reconnaitre dans la hall de gare grâce à l'inévitable casquette, signe particulier qu'aujourd'hui encore il arbore fièrement dès que le thermomètre se pare de son voile de givre.

A partir de ce moment, il ne se passa pas un jour sans que tu fasses tout pour faire de ma vie une route sans encombre, combattant parfois farouchement les embûches ou les personnes qui tentèrent de mettre à mal cette joie de vivre qu'aujourd'hui je te dois. Toi et Papy, vous firent votre possible pour nous donner à mes deux cadets et à moi-même l'enfance heureuse dont tu avais bénéficié et qui lui avait cruellement fait défaut. Il y eu ces quatre années ténébreuses où tu aidas Maman à nous porter à bout de bras, il y eu ces années d'incertitude où vous fûtes au coté de votre fille des parents formidables. Ces bisous, ces calins, ces tartines de confitures à la fraise, ces vacances à la Mer, ces cadeaux merveilleux, ces poèmes et conseils écrits de ton sang qui me rendent aujourd'hui triste à en pleurer mais font de nous, de notre famille un ensemble soudé comme nul autre, toutes ces choses incroyables m'habitent à chaque instant et m'aident chaque jour à avancer.

Plus encore, nous deux étions proprement inséparables et nos coeurs même éloignés géographiquement parce que la vie en avait décidé ainsi semblaient battre dans un rythme commun, celui d'une mélodie faisant vivre notre amour, cette chose incroyable et inexplicable dont tu m'avais gratifiée. Tout ce que tu n'avais pu construire avec Maman passait désormais dans notre relation, tout ce qu'elle ne parvenait à te montrer s'affichait en moi, nous unissant, nous réunissant enfin malgré les doutes et les blessures que chacun d'entre nous avait eu à subir. C'est ce cocon, fait de deux femmes et d'un homme incroyable qui m'a permi à mon tour de m'unir à des gens dont je n'aurais jamais osé imaginer l'existence, même dans mes rêves les plus fous.

Tu étais là aussi, pour m'encourager, pour tenter de me dissuader de commettre d'irréparables erreurs, pour me sortir des enfers dans lesquels certaines m'avaient envoyés. Tu fus de toutes les peines, m'offrant ton épaule quand même les mots ne pouvaient plus sortir. Tu assistas et participas à ma résurrection, ma réussite et à mon entrée dans la vie d'adulte dans laquelle nous pourrions selon toi désormais jouer d'égal à égal.

Et nous n'en avons pas eu le temps.

Tu te demandes pourquoi celà s'exprime ici, de cette façon impudique et superficielle à souhait. Sache que ce vulgaire amas de mots, d'essais et de phrases brinquebalantes à la syntaxe incertaine est sans doute l'espace le plus intime de ma vie juste après les méandres tortueux de mon esprit torturé. Et qu'en dehors de ce bout de cailloux sur lequel les fleurs viennent faner et qui de par sa froideur et son aspect lisse ne te ressemble pas du tout, je me dis que ce n'est peut-être pas si absurde de m'adresser à toi par un moyen impalpable et immatériel.

Cela fait aujourd'hui deux ans que tu es partie Mamie, laissant ce jour là dans nos bras mon grand-père abattu, dans une détresse à la mesure de la détérmination qu'il manifeste aujourd'hui à profiter de la vie. Et je pense à toi chaque jour, dans les moments de peine certes mais surtout dans les occasions propres à se réjouir, chaque fois que je suis heureux, chaque fois que je fais abstraction du monde qui m'entoure et que je sens mon coeur battre. Je suis triste de ne pouvoir le partager avec toi, mais heureux de ne pas avoir à rougir devant toi de ce que je suis devenu et de ce dont tu fus l'un des principales artisans: mon bonheur. Certes relatif, certes perfectible, certes en devenir. Il n'empêche qu'aujourd'hui, je vais bien. Et c'est aussi grâce à toi.

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04 avril 2008

Question pour un rejeton

Des enfants ? Pourquoi faire ? Pourquoi moi ? Pourquoi pas ?

Mais pas tout de suite.

Allez, fais pas l'innocent, je suis sûr qu'en vrai tu t'es déjà laissé aller à rêver de charmantes têtes blondes trainant dans tes pattes pendant une bonne vingtaine d'années.Cela s'est fait de façon insidieuse, comme une addiction à laquelle tu avais resisté jusqu'ici et qui s'était finallement emparée de toi par des voies détournées. Alors que tu écoutais Prendre un enfant par la main d'Yves Duteil un soir d'égarement où tu avais décidé de mettre fin à ta misérable vie, écoutant Nostalgie jusqu'à ce que mort s'en suive, tu avais eu cet éclair de génie.

-Et si la solution à cet immense vide ressenti dans cette interminable succession d'échecs qu'est ma vie était de perpetuer l'espèce en cédant moi aussi à l'appel de la paternité / maternité ?

La vraie révélation, c'est que t''avais quand même du sacrément forcer sur la dose en te poudrant le nez ce soir là et cet état second était à l'évidence renforcé par cette erreur d'appréciation lors de la répartition des volumes eau/pastis, cet alcool absurde qui devait t'aider à enfoncer un peu plus le clou.

Un enfant. Sans rire, tu t'crois prêt ?

Réfléchis bien, ta vie est en jeu. En ce qui me concerne, la réponse semble assez évidente. Il est urgent d'attendre, pour son bien mais aussi et surtout pour le mien. Oui, je te vois déjà me casser du sucre sur le dos et être décu que je sois moi même en proie aux travers nombrilistes et égoïstes de la jeune génération. Seulement voilà, en y réfléchissant bien et en objectivant ce qui ne devrait jamais l'être, est ce qu'il y a vraiment de quoi grimper au rideau?

Bien sûr, il y a cette envie de donner un sens à une vie qui pour le moment n'en a pas trop, cette envie de se lancer dans une aventure palpitante et passionnante, faite de joies et de peines, de sang, de larmes, de sueur et de talc. Il ya la pression sociale, celle qui pousse les non-parents à rentrer dans le moule et à se lancer dans la quête du mini-moi, cet être dans les yeux duquel ils pourront se regarder murir en même temps que l'objet du délit.

Il y a le poids de l'évolution et cette envie primaire de perpetuer l'espèce en accomplissant l'acte de reproduction (Mais ca, il y a quand même moyen de s'y adonner très régulièrement sans risque polichino-tirroiridien. Un jour peut-être, je t'expliquerai).

Il y a également la perspective d'un bonheur incommensurable, idée véhiculée par la croyance populaire, les médias, les milliards de parents qui semblent y trouver leur compte,sans oublier les fabricants de bavette. Cette envie irracible de donner à l'autre de façon inconditionnelle, ce besoin de s'approcher de l'amour pur qui vous unit déjà à vos propres parents.

Autant de bonnes raisons de se ruer chez Aubert pour acheter des millions de peluches, une cross-poussette à trois roues et le dernier modèle de stérilisateur à biberon élaboré grâce aux travaux de la Nasa.

Et pourtant, avoir un enfant, ce n'est pas que cela. Hélas. Bien sûr, certains désagréments matériels et pratiques sont de notoriété publique. Exit les rêves de voitures puissantes et bruyantes, bonjour les allées et venues en Laguna break avec l'autocollant "Bébé à bord" sur la lunette arrière (pas vraiment pratique pour draguer en déplacement, tu en convienderas). Finis les petits week-end à l'improviste et les vacances hors-saison deux fois moins chères, les nuits de 12 heures, les grasses matinées et les siestes crapuleuses, il faut s'impliquer pleinement dans son rôle de parent, lâcher toute idée de plaisir égoiste et s'accommoder des plaisirs solitaires sous la douche, faute d'accès libidineux de votre femme, trop occupée à vénérer celui qui doit justement la vie à la bagatelle. Et que penser de cette quasi-obligation de déhambuler dans les jardins publics (à défaut de pouvoir se bécotter sur les bancs) les week-end et durant la sacro-sainte journée du mercredi, histoire de sortir le fauve de son antre pour finallement le parquer dans une aire de jeu? Comment s'ennorgeuillir de l'espoir commun à tous les parents de voir leur fils s'imposer et régner en maitre sur le bac à sable, répétition générale de sa vie d'adulte durant laquelle il ne devra pas jouer la politique de l'autruche? L'abnégation petit lecteur, tout simplement. C'est un mot que tu devras intégrer à ton vocabulaire le jour où tu décideras (ta femme décidera) d'arreter la pilule. Il y vraiment de quoi être perdu, pour ne pas dire complètement terrorisé.

Mais il y a pire (Il ya toujours pire tu me diras). L'éducation et les doutes quant au fait de pouvoir en prodiguer une convenable, si ce n'est la meilleure qui soit. Le fait de se projeter dans le futur en tant que parent, cette nécéssaire certitude d'être assez responsable, assez exemplaire, assez aimant, assez bon parent pour assurer à sa progéniture un avenir à sa mesure, on serai refroidit pour moins que ca.

Et pourtant. Moi je crève d'envie d'être papa, malgré et finallement pour tout ca.

Seulement voilà, il est à mon sens trop tôt. Je ne suis pas prêt, j'ai d'autres choses à vivre avant de me lancer, j'ai besoin de me préparer d'avantage à aimer un être sans condition, sans restriction, juste l'aimer pour ce qu'il est.

Et puis surtout, il y a un obstacle de taille. Quelque chose que beaucoup considéreraient comme un simple détail technique et qui pourtant fait aujourd'hui tout la différence.Je n'ai pas de mère.

Non pas que je sois orphelin, ma mère va très bien et j'ai la chance de la connaitre, merci pour nous. Non, le problème est ailleurs. Celle qui aujourd'hui partage ma vie ne parvient pas à s'imposer comme la mère de mon enfant. Elle est merveilleuse, elle ferait une très bonne mère, mais serait-elle à la hauteur de mon enfant, en l'occurrence de notre enfant. Et à défaut de l'être aujourd'hui à mes yeux, parviendrons nous à dépasser nos différences pour qu'un jour la chose devienne envisageable?

C'est toute la question, c'est ce qui m'empêche de dormir depuis plusieurs mois, c'est une interrogation qui justifie en grande partie la naissance de ce blog.

Je suis conscient que dans le cas présent, je suis le seul à pouvoir répondre à cette question mais je me dis qu'on ne sait jamais, tu pourrais peut-être me donner un coup de pouce.Alors je te sollicite, et pour une fois, ce n'est même pas pour te soutirer de l'argent. Alors j'me lance, mettant pour une fois de côté mon cynisme et mon faux détachement pour m'en remettre à toi comme "une pauvre midinette" que je suis et je te demande de me répondre ici ou par mail, selon ton bon vouloir:

Dis, est-ce qu'on sait un jour si c'est "la bonne personne" ?

Posté par Blackmilk à 12:58 - Aucune catégorie ne convenait... - Commentaires [14] - Permalien [#]



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