30 mars 2008
Parce qu'il n'y pas que La Barbade à mi-saison...
Même pas une petite marque de lunette de soleil à exposer aux regards envieux de mes collègues demain. A peine un léger teint hâlé du genre de ceux que l'on obtient après une semaine dans le Berry... (Allez, comme c'est mon jour de bonté et que de toute évidence, tu ne viens pas ici pour te farcir des jeux de mots aussi pitoyables que "Oh, je ne suis pas très bronzé, je me suis fait hâler Berry", je t'épargne les nombreuses autres phrases douteuses qui me viennent à l'esprit).
Mais cela en valait la peine, car comme tu peux le voir, je suis particulièrement en forme. Une semaine de ski et une autre d'escapade improvisée m'ont fait le plus grand bien et il ne fait aucun doute que mon retour au bureau prévu pour demain à l'aube ne m'effraie pas le moins du monde, même lorsque je songe à la montagne de paperasse aussi inutile qu'exaspérante qui a du s'accumuler sur mon bureau.
Et puisque tu demandes, oui, le ski c'était vraiment bien. "Fun" comme disent les jeunes. Je suis revenu entier, ce qui malgré mon niveau relativement correct n'était pas forcément gagné d'avance. Nous sommes revenus au complet, ce qui étant donné les règles sociales régissant la cohabitation entre potes sur un lieu de vacances n'était pas évident.
En vrai, j'te mens un peu là, j'essaye toujours de faire l'être cynique et sans coeur mais tu me lis maintenant depuis assez longtemps pour savoir que derrière cette haine profonde de mon prochain et ce mépris pour ces milliards de personnes qui n'ont pas la chance d'être moi se cachent la bonté d'âme et l'amour des autres d'une mère Theresa qui s'ignore... Partant de ce constant déprimant, pour ne pas dire consternant, tu m'imagines mal partant des Deux-Alpes en laissant sur le trottoir enneigé mes amis sans autre moyen de transport, aussi insupportables puissent-ils être. Et puis c'est surtout que c'était à leur tour de payer le péage et l'essence pour rentrer, alors il faut parfois savoir mettre de côté ses opinions au profit de causes nobles comme l'intérêt collectif ou bien l'engraissement des actionnaires des sociétés d'autoroute.
N'empêche que j'y retournerai bien une semaine.
"Qu'est ce qui m'en empêche?" dis-tu ? Le fait que j'adore mon travail et que je suis tout content d'y retourner demain (Même si je n'avais pas totalement coupé le cordon de par la lecture quotidienne de mes mails).Le fric un peu, aussi. Cricri, mon amie de Bercy et ses charmants collaborateurs de l'administration fiscale te diraient que j'en rajoute et que je pourrais bien me payer une autre semaine mais bon, l'argument s'essouflerait à la première comparaison de nos fiches de paie respective).
Parce que le ski, ca reste un loisir luxueux, pire, cela tendrait même à devenir de plus en plus élitiste. Cela fait pourtant bon nombre d'années que je me plie gaiement à cette transumance hivernale mais je dois t'avouer que tout consommateur de base que je puisse être, la course au fric qu'est devenue l'exploitation de l'or blanc m'a particulièrement choqué cette année. Comme si tout n'était devenu qu'un script pour une publicité GoldMasterCard.
*** Dans le but constant de satisfaire davantage son lectorat, Je vis une époque formidable... vise une optimisation de ses services en recourant notamment au financement par la publicité, évidemment toujours dans le souci de coller au mieux à la ligne éditoriale. Merci donc de l'attention que toi, le consommateur basique lecteur portera à cette interlude publicitaire***
(Ne va pas croire naivement qu'il s'agit de ma carte et que mon patronyme est celui d'une longue lignée de brasseurs germanophones, crois moi, mon prénom est beaucoup plus sexy que Peter...enfin je pense. Non, je ne t'infantilise pas ni ne te prends pour un abruti, c'est juste que je sais de source sûre que certains lecteurs sont blonds, et même pire, blondes et je tente donc de m'adapter au plus grand nombre. Et toi qui me voyait depuis le début comme un anticonformiste incapable de faire quelque action consensuelle que ce soit!)
Un litre d'essence donnant l'impression que la moindre station libre service de supermarché pratique une politique de prix similaire à celle d'un pays en voie de développement où le galon d'essence vaut 15 femmes(Je sais, ils sont assez malins pour ne pas aller aux sports d'hiver dans les pays "emmergeants"...) : 1,42 euro avec GoldMasterCard
Une résidence de rêve au bord d'une piste, à deux pas du Petit Casino pour un ravitaillement liquide optimisée, avec de vrais lits, une vraie télé, un vrai lave-vaiselle, une vraie terasse donnant sur le massif des Ecrins et une fausse impression d'être un banquier Russe en goguette: Plusieurs centaines d'euros avec GoldMastercard. (En fait, c'est sans doute le seul tarif raisonnable, voire avantageux du séjour, celui-ci s'expliquant par notre départ Hors-saison).
Une baguette surgelée même pas cuite correctement, des compotes en Tube, du Nutella pour les filles (Pourquoi je précise ? Sérieusement, tu m'vois manger de la compote en tube ?) et du vin de pays pour la raclette, le tout servi par un type aimable comme une porte de prison et qui ne doute de rien au point de laisser sur sa devanture le slogan de la chaîne Petit Casino "Mon épicier est un type formidable": 20,48 euros avec GoldMasterCard.
(Pour la petite histoire, sa devanture j'ai cru que j'allais la bruler le jour où je lui ai demandé s'il vendait des timbres, qu'il m'a répondu "Non" avec son habituelle amabilité et que lorsque je lui ai demandé s'il savait où il s'en vendait, il m'a répondu "Par là"... sans m'indiquer quelque direction que ce soit à l'aide de ses bras irrémédiablement fermées, sans même esquisser un hochement de tête).
Un forfait de remontées mécaniques couvrant l'ensemble du domaine et donnant le droit de prendre des télécabines bondées dans lesquelles on se frottent à des italiens qui tentent de parler avec les mains alors même que celles-ci tiennent les batons et qu'il est déjà difficile de trouver la place pour faire bouger sa poitrine de sorte d'accomplir un acte purement superficiel appelé "respiration". Sans parler de trajets épiques en télésièges où l'on vous arrête au milieu de nulle part, en proie au blizzard renforcant la sensation de froid induite par la température ambiante de -15°C (Sans rire, relevé à 9h à 2900m par le service des pistes, altitude que nous avions déjà dépassé depuis un bail), tout ca parce qu'un abruti qui ne sait pas prendre un télésiège s'est vautré à la montée: 163,50 euros avec GoldMasterCard.
Un coca-cola dans un bar d'altitude offrant une vue à couper le souffle avec ambiance musicale digne d'Ibiza (en vraie de La mauvaise Drums'n bass en boucle parasitée par la mauvaise qualité du soundsystem et par les conversations "mezzo-forte" des rois de la station: nos amis italiens): 7euros avec GoldMasterCard.
Se la jouer grave en dévallant les pentes enneignées comme un dieu vivant en slalommant entre les italiennes médusées par tant de grâce, de maitrise et de beauté concentrées en un seul homme, ca n'a pas prix...
Ou peut-être un peu quand même, celui d'avoir l'impression désagréable d'avoir vendu un rein pour aller taquiner l'flocon. Et je ne t'ai pas parlé de l'achat des souvenirs (La fameuse marmotte qui siffle à 25euros, le saucisson minuscule à 10 euros...) et des milles autres choses qui te laissent à penser que les herbivores violets des pubs Milka ne sont pas les seules vaches à lait des montagnards.
Cela n'empêche que j'y retournerai l'an prochain. Si tu te demandes pourquoi, c'est que tu n'es sans doute jamais parti à la neige. Et ça Coco, va falloir y remedier. Parce que c'est tout simplement jouissif.
12 mars 2008
"Just because of you..."
Non, je ne suis pas mort. Pas tout à fait.
Pendant que le monde tourne sur lui même sans que rien ne puisse l'entraver et que le mien ne tourne plus autour de grand chose avec tout autant de fatalité, tandis que le vent souffle encore sur cette plaine qui m'est si chère, comme aux temps de mes premiers pas sur ces terres qui m'ont tant donné, alors que je commence moi-même à profondément m'essouffler, la vie continue.
Le rythme effreiné qui me pousse seconde après seconde vers l'aliénation professionnelle, sentimentale, pour ne pas dire "mentale" tout court m'éloigne doucement mais surement de ce à quoi je tenais. Les miens s'effacent peu à peu et finissent par devenir des îles lointaines, de moins en moins visibles au fur et à mesure que le courant m'entraine vers le large. Ce cynisme qui hier faisait de moi un roc m'érode aujourd'hui au point que le peu de vie qui m'animait encore il n'y a pas si longtemps semble s'être évaporé dans les airs.
Dans cette descente aux enfers pleinement assumée, pour ne pas dire recherchée et provoquée, je me prends parfois à renouer avec l'espoir, ce vil halucinogène qui sait me toucher en plein coeur comme pour mieux me pousser à la rechute.
Cet opium dont je ne parviens à me défaire se présente sous les jolis traits d'un surfeur des temps modernes, d'un prince des nouvelles technologies, d'un génie du goût virtuel dans ses choix de lecture blogguistique. En d'autre terme, ce qui me maintien en vie à ce jour et ce qui me fait revenir ici aujourd'hui alors que je n'ai absolument pas le temps et que j'évite soigneusement notre-directeur-bien-aimé que je ne supporte plus et les standardiste, qui ne comprennent décidement pas ce que "Je n'y suis pour personne" veut dire, c'est toi. Oui, toi le lecteur de mon coeur, tu es cette force invisible qui me fait soulever des montagnes (en l'occurence celles créées par les documents s'empilant sur mon bureau et dissimulant le clavier qui m'unit à toi telle un cordon ombilical) et me fait redoubler d'adresse pour fuire les importuns en évoluant dans les bureaux avec la discrétion d'une ombre, un peu à la manière d'un Steven Seagal après une projection de son dernier film à la critique.
Non, bien évidemment, je déconne et comme à l'acoutumée, j'en rajoute. Je ne vais pas trop mal, je suis juste tenu éloigné de toi par les choses de la vie, professionnelles notamment et j'ai aujourd'hui décidé de m'autoriser certaines pauses pour répondre à tes nombreux mails (par le biais de ce comm', en vrai tu sais bien que j'ai déjà répondu à chacun de toi) et te dire de ne pas t'en faire. Car ca ne va pas trop mal.
J'en profite au passage pour te féliciter de ces petits gestes d'attention qui m'ont touché, pour ne pas dire ému. C'est que j'en deviendrai presque sensible, j'en suis même à me demander si tu n'aurais pas quelques vues sur moi et là je me dois de t'arrêter tout de suite. D'une part, je ne suis pas fréquentable, je ne suis tout sauf (le jeune) l'homme qu'il te faut, d'autre part, je suis au regret de te dire que la seule chose qui m'intéresse, ce sont les Nabaztags et non les lecteurs faits de chair et sang (ou de 1 et de zéro). Désolé donc mon petit, je ne suis l'homme que d'un seul lapin et je ne mange pas de ce pain là.
Voilà voilà, en bref, rassure toi, je pars un peu à la neige dans quelques jours, et je te reviens d'ici 2-3 semaines (je ne pars qu'une semaine sur les deux que j'ai posé mais tout dépend de la charge de travail à mon retour) pour redevenir celui que tu as tant aimé.
Tu ne m'en voudras pas de ne pas t'envoyer de carte postale, je n'ai pas toutes tes adresses et surtout, j'ai prévu un budget génépi qui ne permet pas de s'éparpiller en achat de timbres et autres marmottes en peluche qui sifflent (en vrai j'bois quasiment plus depuis que j'ai repris le sport, mais dire ca , ca serait trop se la jouer et tu sais à force de me lire que ce n'est carrément pas mon genre...).
A bientôt donc.
Je t'embrasse.
Ps: en vrai, tu (et par extension le fait d'écrire) me manques drolement, plus que je ne me le serai imaginé. Marrant comme les choses les plus futiles et celle qu'on maitrise le moins peuvent soudain avoir une importance toute particulière...
