31 décembre 2007
Dressed to Kill
Le choix de la tenue vestimentaire. Une raison de plus de rogner d'avantage sur un temps de sommeil déjà bien trop court. Si tant est que comme moi, tu aies un dressing et donc plein de fringues (dont un tiers que tu ne mets plus mais dont tu ne parviens pas à faire le deuil et un tiers que tu ne mets pas, celles-ci t'allant beaucoup moins bien dans la vraie vie que dans les cabines d'essayage), l'exercice tourne rapidement au cauchemard.
Mon conseil: Tout d'abord cher lecteur, n'avoue jamais que tu as plein de fringues et encore moins que tu possèdes un dressing, cela risquerait de tenter certaines personnes mal intentionnées qui s'empresseront de te qualifier de métrosexuel alors que tu n'es qu'un type normal qui ne s'habille pas comme un bucheron canadien (surchemise à carreaux et chaussures de sécurité). Pour conserver toute ta virilité, il faut que tu te saisisses du premier vêtement de chaque pile en faisant fi des convenances et de la sacro-sainte règle de la coordination des couleurs et des matières (Oui, tu as vu, je maitrise les termes techniques. Que veux-tu, je me suis un peu documenté, j'voulais que cette saga de Nowel soit à la hauteur de tes espérances).
Ah, tu es un lecteur de sexe féminin. Et bien écoute, bienvenue. Maintenant que t'es ici, je te donne quand même mon conseil. Il faut juste que tu trouves le bon compromis entre ta personnalité, la mode, le contexte et les circonstances dans lesquelles tu porteras l'ensemble que tu t'apretes à choisir. Ca ne devrait pas te prendre plus de 45 minutes. Et n'oublie surtout pas de mettre une touche sexy , je serai peut-être amené à te croiser durant la journée et je suis très sensible à cela, comme bon nombre de mes congénères. Pardon ? Tu ne vois pas l'intérêt d'être sexy en dehors du cadre sentimental ? T'es une naive toi, j'aime ca. Allez hop, dépeche toi, juste au corps suggestif juste ce qu'il faut, jupe et bas sexy et au diable les varices!
***Oui, toi le lecteur fidèle parmi les fidèles, tu viens de comprendre que cet amas de phrases un brin sexiste et raccolleur avait pour seul et unique but de servir de prétexte à cette vanne qui m'est venue un soir de débauche dont je t'épargnerais les détails. Tu me connais, tu sais que j'ai toujours été et reste un ardent défenseur de l'équité homme/ femme (D'ailleurs pourquoi dit-on "homme/femme" et non pas "femme/homme"? Pourquoi devrait-on une fois de plus céder la première place à l'homme au dépend de son égal? Oui, toi le lecteur blonde là-bas au fond, tu as sans doute raison, cela s'explique peut-être par une volonté de mettre les mots par ordre alphabétique.......). N'aie crainte, je reste fidèle à mes valeurs.
***² Ce soir si je ne me suis pas trompé dans la programmation de mes éditions, c'est le réveillon, n'oublie pas de boire une coupe à ma santé (et pense à mes étrennes).
29 décembre 2007
Good Morning Vietnam...
Une alcove théâtre des traitements les plus doux comme des tortures les plus horribles. Qui n'a jamais gouté au contact cuisant du rasoir, mécanique ou éléctrique le matin, cette effusion de mousse, de crème, d'après rasage... Et que penser du brossage du siège de l'expression, remède aux mots, prévention des maux. Ca et là des produits qui sentent le propre, le bon, le désirable parfois. Du linge propre, pret à envelopper les corps qui sortent de la douche tantôt froide, tantôt chaude (oui, écossaise si tu veux). Des fleurs de douche, une seconde brosse à dents et des palettes rapellant étrangement celles des impressionnistes suggèrent qu'une autre personne a pris possession de cet espace régénérant.
Mon conseil: Oui, le rasoir ca fait mal. Oui, l'épilateur aussi. Oui, il y a aussi les fers à lisser, le séche-cheveux, l'après-rasage qui vous écorchent, les soins exfoliants ... Mais la salle de bain, c'est avant tout un refuge, le plaisir de renaitre et muer symboliser par une seule et même pièce. Ne te prive pas de ces instants de bonheur petit lecteur, il y a fort à parier que le monde extérieur sera bien moins accueillant.
Entre ton shampoing et ton gel douche se cache un soin démélant ou un Tahiti Douche à la papaye qui n'y était pas la veille. Surpris, tu remarques au même instant qu'un linge de toilette rose trône fierement sur le seche-serviette et fait echo à cette nouvelle brosse à dent qui hier encore dormais dans le tirroir des brosses à dents dites "de réserve" ?
Fuis, cours sans te retourner (mais prends tout de même le temps de t'habiller, histoire d'avoir un tant soit peu d'élégance et de crédibilité lorsque tu te rendras au comissariat du coin pour signaler qu'une cambrioleuse rôde dans ton appart). Le ver est déjà dans la pomme...La seconde option est de demander un appui aérien afin que la zone à nettoyer soit passée au Napalm. Oui, tu devra renoncer à tes affaires et démontrer un sens aiguë du sacrifice. Mais petit, une guerre ne se gagne pas sans perte...
Lecteur féminin, pas de conseil pour toi aujourd'hui, sauf peut-être que les brosses à dents de la réserve, ca ne se prend pas, ca se mérite!
***Oui, je sais, tu voudrais le même tee-shirt. Malheureusement, celui-ci fait partie d'une édition Zara remontant à quelques années, il est donc fort peu probable que tu puisses le trouver. T'as pas de chance, c'est vraiment top comme tee-shirt pour trainer à la maison.
***Oui, c'est vraiment ma brosse à dent et c'est vraiment moi. Nous n'avons pas l'habitude de nous faire doubler lors des cascades.
28 décembre 2007
"Moi des princes de Lu, j'en mange 12 tout les matins au petit déj'!"
Non, tu n'as pas oublié tous ces mercredis passés à éviter que ta grand-mère à moustache ne te barbe avec ses histoires d'enfance entre La chanse aux chansons et Derrick. Lors de ces interminables longues après-midis chaintes paisiblement rythmées par les battements de l'horloge trônant sur la cheminée où ta seule envie était de mourir rapidement afin que l'on abrège tes souffrances partager le savoir de tes aïeux, ta grand-mère te faisait souvent partager son goût pour les proverbes. C'est là que tu as entendu pour la première fois l'expression "Comme on fait son lit on se couche".
Et bien voilà, des années après, tu peux enfin t'en servir en la transposant au petit déjeuner. Car cher lecteur, la réussite de ton petit déjeuner tient non seulement à ses ingrédients mais également au contexte. Ainsi, si une attention toute particulière doit être apportée au respects des apports nutritionnels journaliers, on ne doit pas négliger le confort de l'acte.
Mon conseil: Choisis un lieu cosi, un lieu dans lequel tu te sens bien, quitte à en changer assez souvent au gré de tes envies. Pour ma part, je me partage entre la cuisine les jours où je veux du calme, le salon lorsque je veux m'abrutir devant la TV et la voiture les jours où le réveil n'a pas fait son boulot.
Si tu choisis l'option TV, prudence. Il sera plus opportun de choisir de regarder une chaine info, toujours pratique pour frimer le midi au boulot quand on a préféré écouter le dernier album de Didier Super plutôt que de se régler sur France Inter et beaucoup moins dangereux qu'une chaine musicale où l'on est jamais à l'abri d'une diffusion d'un titre de Lorie ...et du drame culturel qui s'en suit.
Et comme je suis d'un naturel généreux, laisse moi te donner une dernière orientation, cette fois-ci diététique. N'oublie pas la sacro-sainte règle des Lipides/Protides/Glucides, mais sans bouder ton plaisir. Si tu as des enfants, n'aies donc pas honte de leur subtiliser leurs choco pops et princes de Lu en les agrémentant du petit verre de jus de fruit qui va bien. Si comme moi tu n'en as pas, il faut que tu parviennes à dépasser cette honte illégitime ressentie à chaque passage en caisse. Sans oublier que les céréales, c'est Hype!
Et puis ne t'inquiètes pas, si toi aussi tu es accroc à la caféine, tu auras bien l'occassion de te faire plusieurs fixs de café au bureau durant la journée...en en profitant pour utiliser la paille magique trouvée dans le paquet de Chocapic!
26 décembre 2007
Bip Bip Bip Bip....
A évènement merveilleux appareil merveilleux. Car le réveil, au delà de l'acte et de l'appareil mécanique, éléctronique, sub-sonique ou tout ce que tu veux qui en est le prolongement, c'est un avant-goût du reste de la journée, comme une façon de t'aider à comprendre qu'aujourd'hui, il vaut mieux rester au lit parce que tout va être aussi agressif que cette sonnerie stridente qui te rappelle étrangement les tonalités des engins explosifs dans des films d'auteur tels que L'Arme fatale, L'Arme fatale 2 ou L'Arme fatale 3 (Non, je ne parle pas de la "4", je ne l'ai pas vu. J'suis déjà pas sûr qu'il y ait une bombe dans ceux que j'ai vu alors...).
Ou une façon de t'aider à comprendre qu'il vaut mieux rester au lit car à l'évidence, le traitement que l'on t'infligera dans le monde extra-couette ne sera pas aussi doux et voluptueux...
Mon conseil: Si comme moi tu as la main lourde dès lors que l'on tente de te faire sortir du lit par la force d'une sonnerie calquée sur les mélodies de recul des engins de chantier, je t'invite à investir dans un réveil solide et à ne surtout rien laisser trainer sur ton chevet. Pour étayer mes propos, je te préciserai seulement que la lampe de chevet que tu distingues au fond est la 3ème d'une lignée de malheureuses...disparues bien trop tôt.
23 décembre 2007
Je suis venu te dire que je m'en vais....
Il va falloir que tu sois fort.
Et oui, après une période de 6 mois me séparant de mes dernières vraies vacances, quasiment sous la contrainte de mon cher employeur jugeant que je ne pouvais pas revendre tous mes congés et qu'il fallait que je prenne quelques jours histoire de rester opérationnel sur le long terme, me voilà sur le point de partir.
Mais je penserai à toi.
Hors récup, j'ai la chance d'avoir en moyenne plus de 50 jours de congés par an seulement voilà, malgré ce que tu pourrais croire, j'ai une masse de travail telle que je ne les pose jamais dans leur intégralité. Je sais que toi, lecteur de mon coeur et par extension les multiples entités qui te composent (j'en profite au passage pour te souhaiter la bienvenue à toi, nouveau lecteur régulier des Iles Samoa, je ne sais pas comment tu es arrivé là mais félicitations, tu es le premier de ce beau pays!), tu as souvent du mal à obtenir des congés, n'as souvent que 25 jours par an ou pire, tu n'as pas les moyens de partir durant ces périodes d'oisiveté que l'on te jette dédaigneusement comme on balance des miettes à un peuple qui crie famine pour mieux l'aider à se taire. Ou comment notre époque moderne perpetue et décline le principe du pain et des jeux pour mieux vous anesthésier, toi et tes amis les pauvres. Mais je m'égard. Pour moi, la situation est assez différente et je vais donc aller joyeusement dépenser cet argent amassé tout au long de l'année (enfin quand je dis cet argent, ne va pas non plus t'imaginer que j'ai un accés VIP chez IndoSuez, je ne suis pas encore millionaire...) et me consoler en faisant mienne la devise des cartes (bleues): "J'achète donc je suis".
Mais je penserai à toi.
Peut-être vas-tu passer les fêtes de fin d'année loin de tes proches, loin de ceux que tu aimes, voire sans personne à aimer. Dommage en effet. Pour ma part, je vais aller rejoindre les miens et distribuer les fortunes que j'ai depensé en cadeau de Noël dans une orgie mélant amour familial, alcools hors de prix et mets n'arrangeant pas mon taux de cholesterol avant d'aller m'oxygener un peu la tête, histoire de te revenir frais et dispo, comme aux prémices de notre histoire. Là-bas, loin de nos vies de nos villages, j'oublierai ta voix, ton visage. (Ok, c'est pas de moi, c'est de Jean-Jacques Goldman. C'est vrai que j'aurais pu faire mieux au niveau du choix de l'interprète, et même de l'idée. Mais laisse moi te répondre que tu n'as pas à avoir peur, je n'aime pas Goldman et qu' étant donné que c'est la fin de l'année et que les stocks de vanne sont au plus bas, tu sera déjà content que je te consacre du temps en t'informant de mon départ alors que je devrai avoir le nez dans mes valises).
Mais je penserai à toi.
Et puis il y aura la fête désormais incontournable de la Saint Sylvestre. Haut les coeurs...Haut de coeur. Tout ce champagne, ces airs ennivrants, cette débauche de strass, paillettes, couleurs destinée à nous faire avaler la pilule, celle d'une année de plus qui s'achève et qui nous aura vu vieillir, devenir heureux parfois, s'enfoncer souvent. Enfin moi je dis ca rapport aux autres dont tu fais peut-être partie parce qu'objectivement, je n'ai pas trop à me plaindre. Bien sûr, il reste certaines ombres au tableau de ma petite vie, et non des moindres mais globalement, je peux me féliciter de ne pas avoir reculé. Et puis cette année fantasmée s'annonce merveilleuse, pleine d'avancés et je l'espère de surprises (bonnes si possible). Je ferai donc la fête sans retenue, hormis peut-être celle de rester habillé mais c'est un challenge qui me semble facilement réalisable. Joie, joies, jouissances donc au menu de ce 31 décembre durant lequel je laisserai quelques-uns de mes squellettes au placard, histoire de m'abandonner une fois encore à la frénésie ambiante.
Mais une nouvelle fois, je penserai à toi. Et pour te prouver à quel point je pense à toi, je t'offre pour la première fois une note de fraicheur, de légereté et sutout d'intimité matinale. Je pars en vacances, certes mais je t'ai préparé une petite série matinale sobrement intitulée Blackmilk your morning. Ainsi durant la période allant de ce soir jusqu'au 2 Janvier, date de mon retour en vrai chez toi, tu vas pouvoir découvrir une série de clichés commentés te donnant quelques conseils pour gérer ta vie en t'inspirant de la mienne, mais uniquement le matin en période de boulot. Elle est pas belle notre vie ?
***Oui tu as bien lu, des posts seront publiés en mon absence par la magie de la diffusion différée. Tu veux avoir les mêmes pouvoirs blogguistiques sur l'espace-temps, facile, adhère à canalblog la Blackmilk Foundation.
19 décembre 2007
Détresse
Non, je ne t'ai pas oublié. Non, je ne te délaisse pas pour un autre lecteur. Non, je ne remets pas en cause 4 mois d'amour (enfin 4 mois demain en fait, t'as vu que j'ai pas oublié notre anniversaire) et je ne tente pas de te quitter comme un lâche en me faisant de plus en plus distant, voire insaisissable.
En bref, non, je ne suis pas mort. Enfin pas tout à fait. Car je dois t'avouer que depuis deux trois jours, ca ne va pas fort, limite tel que tu me lis là je vais puiser au plus profond de moi, dans mes dernières forces pour trouver l'energie nécéssaire à l'écriture de ce post. Un peu à la manière de cet auteur paraplégique (dont le nom m'échappe et vu ma faiblesse, je m'vois mal faire des recherches dans wikipédia pour tes beaux yeux) qui rédigeait à l'aide d'une machine capable de retranscrire ses battements de paupières en mots, je fais abstraction de l'état qui est le miens pour te faire partager mes dernières impressions, aidé en cela par un ordinateur et une connexion internet gentiment fournis par mon cher employeur, quatre tasses de café servi par Jean-Claude, un correcteur orthographique (Si si, je tassure. Le seul problème, c'est que désormais je le desactive car tout ce rouge m'enervait) et deux strip-teaseuses (une blonde, une brune pour la parité) en guise d'assistantes et d'auxiliaires médicales.
Et crois le ou non, mais je garde le moral et me sens serein. J'ai en effet tout essayé: Remèdes variés (je te recommande l'intraveineuse d'Hennessy XO, une pure merveille. Inefficace certes, mais delectable à souhait), consultations à foison (Je te deconseille le proctologue, là tout de suite c'est moins fun que le cognac), délivrance de mandats à divers marabouts (Et dire que je ne profiterais jamais des bienfaits de ces gens sur ma virilité) , lecture de Pélerin Magazine (Oui, oh c'est bon hein, tu t'es jamais planté de bouquin au Magpresse toi?), rien n'y fait. Je pars donc tranquille, conscient d'avoir tenté l'impossible pour me sauver.
Mais non sans regret. Car en ces heures difficiles, ma première pensée va vers Nicole Kidman qui devra vivre avec le poid de n'avoir jamais pu me rencontrer. Je regrette aussi d'avoir céder aux sirènes de la belle petite infirmière qui faisait les vaccins contre la grippe payés par mon employeur il y a une semaine, j'ai usé une dose pour rien. Celui-ci étant efficace au bout de seulement 10 jours et étant donné que je ne pense pas passer la nuit, je regrette d'avoir pris la place d'un de mes vieux collègues qui lui en aurait eu d'avantage besoin (En même temps, toi le lecteur jeune, remercie moi, ca t'fera toujours ca de gagné en cotisation retraite). Et puis il y a ces lieux mythiques où je ne me serai finalement pas rendu. La cité interdite en Chine, le Madison Square Garden de New York, les terres désertiques d'Irlande, Montauban, l'arrière-cuisine du Balto...
Ce qui me rassure quelque peu, c'est que je disparais en pleine gloire, aidant ainsi ma légende à se former rapidement. Les lecteurs (dont toi) en étaient arrivés à me déifier, et même à m'ériger au rang de sex-symbol et cette suite tragique que semblent prendre les événements va enfoncer s'il en était besoin un peu plus le clou, faisant de moi le premier être humain elevé au rang de symbole éternel de la perfection (et je le dis en toute modestie). J'en veux pour preuve ce commentaire tentant d'user de ma notoriéré pour faire de la pub à un obscure site canadien, ou encore ce mail reçu il y a peu d'une bloggeuse débutante me demandant de la parrainer pour l'aider à se faire connaitre (depuis, il semble que son site pourtant assez drôle periclite quelque peu faute d'alimentation régulière. Faut-il y voir une manifestation de la malédiction blackmilkienne ? Je ne pense pas), les demandes en mariage incessantes, les propositions de tournage (parfois indecentes) et les e-card aux couleurs flashy et tu comprendra que je parte le coeur léger.
Alors voilà, puisqu'il faut savoir partir, je pars (enfin pas tout de suite, t'as failli y croire hein). Car j'ai beau m'emmitoufler et me couvrir au maximum (Un jour, en exclusivité ici, j'te montrerai comment que j'suis trop "beau" dans ma tenue d'hiver), avoir rendu visite à ma jolie petite pharmacienne (première fois que j'y allais depuis mon déménagement, jolie surprise. A croire que j'ai un truc avec le personnel médical ou apparenté) en implorant son aide pour abréger mes souffrances, m'être shooté au dolirhume, avoir enchainé les fix à base de strepsil Miel Rosa (Oui, je sais la classe) coupé à la farine Maizena, avoir pour finir tenté de combattre le mal par le mal en cédant à l'appel du grogue, rien n'y fait.
J'ai le rhume mon petit lecteur. Cette saloperie aura finalement réussi à avoir ma peau. Et tu peux me croire, tandis que je sens la vie quitter peu à peu mon corps mutilé par la maladie, je garde une certaine rancoeur contre ces gens qui m'entourent et qui ne savent pas profiter de moi tant qu'il en est encore temps. La plupart d'entre-eux étant accroc à l'information et les conditions météorologiques aidant, figure toi que ces ingrats préfèrent ignorer mon état de délabrement pour offrir leur compassion à des types qui pourtant ne le mérite pas: les sans-abri.
Car ces gens là eux, ils ont la chance d'être malheureux, miséreux, sales et désocialisés. Et ca, ca marque bien plus les esprits qu'un pauvre petit jeune homme de classe moyenne propre sur lui. Ces pauvres bougres habituellement laissé-pour contre de la société en général et des médias en particulier sont absents des esprits de chacun, comme invisibles jusqu'à cette période de l'année où apparaissent les premières gelés. Parce qu'il faut parler clairement, entre Mars et Octobre, les sans-domicile-fixe, tout le monde s'en fout. Mais dès qu'il fait froid, là on ne sait plus quoi faire pour éradiquer la misère de nos rues et se donner bonne conscience juste avant les fêtes de Noël, juste pour se prouver à soi même qu'on est généreux lors de la seule période où cela est nécéssaire. On va même jusqu'à leur payer des tentes et monter des villages-vacances dans des lieux paradisiaques, au coeur de la capitale avec vue imprenable sur des édifices emblématiques sous couvert d'alerter l'opinion sur le malaise sociale. Et je ne te parle pas de ceux qu'on nourrit, qu'on transporte, qu'on bichonne en leur dédiant un SAMU rien que pour eux, qu'on exempte même d'impôts et... de redevance TV!
Moi, personne ne m'offre de lieu de villégiature privilégiée au sein de la capitale, personne ne s'inquiète de mes conditions d'hebergement (ce matin par exemple, le gardien n'avait pas encore rentré les containers-ordure lorsque je suis sorti, j'en suis encore tout choqué), je dois me déplacer pour aller faire mes courses moi-même et je n'ai jamais eu la chance de recevoir de l'argent de quelqun dans la rue! Et en plus, je paye des impôts moi Madame. Et malgré cela, je suis en train de crever, et tout le monde s'en fout. Même mes collègues ne s'appitoyent pas sur mon sort malgré mon teint blafard, mes yeux rougis, mon nez disloqué. Non, il n'y en a que pour les pauvres, ceux pour qui la saison se prete à l'empathie.
Ces dizaines de milliers de gens sans toit, les autres millions qui se saigneront aux quatre veines pour payer un cadeau de Noël décent à leur progéniture, ceux qui seront seuls, accablés et dont l'on se fout toute l'année. Ces gens-là n'ont même pas la correction de la mettre en sourdine durant les fêtes comme ils le font le restant de l'année. Il faut encore qu'ils se montrent, histoire de venir gacher le bonheur des riches, et d'éviter à de pauvres petis enfants gatés comme moi de se plaindre d'aise. Et ca, plus que le rhume, ca me rend malade.
***Pour toi lecteur inculte qui ne connait pas encore Didier Super: http://www.dailymotion.com/video/xhq8s_marre-des-pauvres
***Pour toi lecteur riche qui a déjà donné plus d'un million de dollars à la Blackmilk Foundation: http://www.secourspopulaire.fr/donnez.0.html
***Pour toi lecteur qui a du temps mais pas trop d'argent: http://www.restosducoeur.org/frameset.php?r=3
***Pour toi le lecteur qui veut travailler plus pour gagner plus et dont le sort des pauvres n'est pas ta priorité: http://www.elysee.fr/accueil/
12 décembre 2007
Parce que derrière chaque lecteur se cache une lectrice...
Je ne me l'explique pas mais la plupart des mes lecteurs sont en fin de compte... des lectrices. Oui oui, toi le lecteur là, tu appartiens à la gente féminine alors qu'à l'origine tu n'es absolument pas le coeur de cible de "Je vis une époque formidable" (ben oui, tu ne bois pas de bière, tu parles d'engagement à tout va, tu crois que Boris Becker est une marque de scie sauteuse et en plus, tu mets plein de fond de teint sur les téléphones portables et les cols de chemise). Seulement voilà, maintenant que tu es là à te limer les ongles et à attendre que ton masque aux concombres séche tout en lisant un nouvel épisode de ma petite vie trépidante, je m'vois mal te raccompagner jusqu'à la sortie, d'une part parce que les filles avec des masques, moi ca m'fait peur et puis aussi parce qu'il se pourrait bien que tu participes au financement du Lapin de mes rêves.
Partant de ce constat et sachant que tout compte fait, c'est toi Mademoiselle qui fais tourner ce blog, je me suis dis que j'allais (une fois n'est pas coutume) prendre en considération tes besoins et tes aspirations et trouver un sujet de post qui comblera tes attentes. Il convenait donc de se documenter quelque peu sur le sujet. Et quel meilleur réservoir documentaire que mes chères collègues de travail. Je partais donc à l'affut d'un sujet en arpentant les couloirs de l'agence.
- Hey Sophie, t'es une fille, c'est quoi les trucs de filles dont tu parles avec les filles lors de vos conversations de filles ?
- Euh ben, là tu vois, faut que je me rachète de la poudre pour pas briller parce que là j'ai la peau qui brille carrément trop et...
C'est à ce moment précis que j'ai décroché. Je vais donc voir une autre de tes semblables, en pleine discussion avec une autre collègue.
- C'est vrai que les enfants, ca te changent la vie. Puis les premières années, ils sont tellement mignons. Tiens Clémence l'autre jour, elle rentre de l'école et...
Raaa le piège! C'est une manie! Je décide de prendre part à la discussion, histoire de voir si l'esprit féminin m'habite déjà:
- Moi les enfants j'en veux pas, c'est trop mignon. J'aurais peur de devenir gateux avant l'âge. Puis faut dire que tu ne peux plus aller au ski sans que ca te côute une fortune.
- Tu sais Blackmilk, t'as pas tort, nous maintenant on est obligé de prendre un appart plus grand, et des forfaits en plus... C'est sûr que tu ne peux plus avoir la même vie avec des enfants, ca nous coûte les yeux de la tête.
- Ah mais moi j'parlais plutôt de l'obligation de reserver pendant les vacances avec un surcoût de 30% par rapport au hors-période. L'appart à la limite, t'as pas besoin dans prendre un plus grand pour les gosses, du moment qu'y a une cave avec ou au pire un casier à ski. Puis pour les forfaits, pas besoin, z'ont des jambes quand même, ils peuvent monter à pieds.
Je pensais la choquer, histoire de voir ce qu'est l'instinct maternelle et ainsi m'impregner d'avantage de cet état d'esprit qui est le tiens chère lectrice. Et elle de me répondre:
- Oui, une cave c'est pas mal. Ou mieux, si t'as un coffre de toit, tu peux les laisser dedans, comme ca t'es sûr de les retrouver facilement au moment du départ. Puis dans le casier à ski c'est pas possible, y a déjà les paraboliques qu'on s'est payé avec les allocations familiales...
OK. Comme quoi faire le malin, c'est parfois se risquer à ce que l'autre en face le fasse beaucoup mieux, qui plus est si comme toi lectrice l'autre en question est une femme. Histoire de garder un minimum d'amour propre, je m'empresse de répliquer par un commentaire hautement sexiste du genre "Ce genre de pratique maternelle, t'as trouvé ca dans le dernier Glamour? " Et là, c'est le choc. La voilà ma source d'inspiration: Glamour, 20ans, Biba et autres Cosmo. Alors pour toi lectrice, je céde moi aussi à la folie des magazines féminins et te propose d'être une femme actuelle en te prêtant à un QCM qui ne manquera pas de faire ressortir ce qu'il y a de plus profond en toi.
Es-tu plutôt Blackmilkienne ou Blackmilkiale ? (si tu te demandes, oui, j'ai honte)
ou en plus compréhensible et moins graveleux "Pratiques-tu le blackmilk way of life au quotidien?"
Question 1. Le but ultime dans cette fête constante qu'est ta vie, l'achèvement rêvé de ce chemin vers l'élévation du corps et de l'esprit, pour toi c'est :
A) Etre la nouvelle égérie des crêmes de jour Nivéa Young et vivre ainsi de ta passion, à savoir ton combat quotidien contre les comédons et le libre accés des pays en voie de développement aux cosmetiques de première nécéssité
B) Etre riche, célèbre, et qu'on parle de toi (partout dans la rue) après ta mort comme d'une épicurienne qui n'a qu'un seul regret, celui de ne jamais avoir pu séduire Nicole Kidman (t'aimes pas les femmes ? Ben tu fais genre stp, joue le jeu quoi!)...
C) Etre l'heureux possesseur d'une Golf 3 kittée tunning avec sièges Recaro, jantes Remus, pare-soleil Olympique de Marseille et une sono à faire palir le Macumba du coin. Bref, de quoi séduire facilement les jeunes de 14 ans.
Question 2. Ta condition blackmilkienne te permet de cotoyer des stars internationales dans les plus beaux clubs de Miami, Saint-Tropez et Palavas-les-flots. Ainsi, alors que tu te sustantes d'une olive délicatement posée sur ton martini blanc à la meilleur table de l'Etoile en bavardant avec Tony Gomez et Greg le millionaire, un jeune hippie barbu sappé de façon minimaliste, shorty blanc ultrafashion et couronne d'épine dessinée par un couturier israélien s'invite à votre table. Alors que ce con tache ta chemise blanche Carven avec ses mains pleines de sang, te piétine avec ses nu-pieds J.M Weston tout en essayant de t'filer du pain sans que t'y comprennes quoi que ce soit, tu mattes fièvreusement Lorie qui est en train de se trémousser sensuellement sur de la Tektonite en l'écoutant te faire une drôle de proposition tandis qu'il te tend un verre de chianti: Blackmilk, bois, c'est mon sang. Et tant que t'y es, je t'offre la possibilité de changer ce que tu veux dans ce monde, et de le rendre ainsi meilleur.
Que fais tu (Ok, ca fait un peu scénario à deux balles digne de Jim Carrey. Mais tu vas pas te plaindre hein, je post alors que j'ai pas le temps alors fais pas la fine bouche et enjoy) ?
A) Tu te dis que la faim dans le monde, et la guerre , et la pauvreté ainsi que les pluies acides qui viennent ruiner ta décoloration, ca peut plus durer et tu demandes à ce que l'humanité vive dans la paix et la prospérité pour des siècles et des siècles Amen.
B) Tu te dis que le monde attendra bien un peu, et tu optes pour une serenité toute personnelle et confortable. Après tout, il est dit dans la Bible que les premiers seront les derniers, et les derniers les premiers. Plus nébuleux tu meurs. Il est par conséquent difficile de définir une quelconque priorité.
C)Tu te dis que s'il pensait que tu allais aider le monde, il peut faire une croix sur ses projets. C'est l'occasion rêvée pour changer de voiture sans perdre à la revente et tu demandes en prime 5 packs de Kro pour féter ca avec les pôtes au Pink devant des bombes qui n'avaient jusqu'ici vu des Kro qu'en photo dans les magazines.
Question 3.Ta boisson préférée c'est:
A) Le jus de tomate bio avec une pincée de poivre et du tabasco, la ligne c'est important.
B) Une coupe de Krug collection 1985, sans doute l'un des seuls champagne de garde au monde qui tout comme toi s'est bonnifié avec le temps.
C) Un Ricard-un café-un paquet de gitane et le 15 gagnant dans la 5ème stp Maurice.
Question 4. Tu te balades tranquilement dans la rue. Et là, Mike Brandt apparait devant toi, comme tout droit sorti d'un épisode inédit de La Quatrième Dimension (Avec les lumières éblouissantes, la soucoupe volante entourée de fumée pour cacher les fils et une musique à la Mike Oldfield, en moins bien parce que justement Mike Oldfield n'était pas encore compositeur-interprète à cette époque). Là, il te propose l'expérience sexuelle ultime, tout de suite ou aux environs de l'été indien, c'est au choix. Tu décides que:
A) C'est une bonne occasion d'enfin mettre une sensation sur un mot, parce que depuis le temps qu'on te parle d'orgasme, tu te demandes ce que ca peut bien être de plus qu'une simulation assistée. Et puis t'as toujours eu envie de planer, comme lui...
B) Tu déclines poliment l'invitation. Un mec qui chante Laisse moi t'aimer toute une nuit ne peut être qu'un fabulateur, au mieux un vantard. Puis les chemises à jabot et les costumes bleu ciel, ca a jamais été ton truc.
C) Tu te dis que ce soir, c'est ton soir... Fini les galères des plans meetic. Ce Mike Brandt, finalement, il est presque aussi bien que Johnny, la moto en moins...
Question 5. Le sport. Activité noble héritée de l'Antiquité où la devise "Mens sana in corpore sano" (j'te l'ai mis en latin, j'me suis dit que ca faisait longtemps que je ne m'étais pas occupé de ton instruction) guida nombre d'athlètes vers le bien être total. Pour toi, le sport c'est :
A) Le footing. Shorty galbant tes formes parfaites, gourde (Non non, aucune insulte déguisée derrière le choix de ce mot) Isostar pour tenir le rythme alors que tu arpentes le bitume dans tes petites New Balance roses et blanches raccord avec ton bandeau Roxy. Tu as beau courir 42,195km, pas une goute de sueur ne vient perler sur ta peau impeccable et te donner ce teint luisant qui rend (dans des proportions raisonnables) les femmes si sensuelles. Une sorte de poupée barbie, figée et inhumaine.
B)Le Karting. Cette envie d'être toujours devant, d'aller toujours plus vite, l'odeur des vapeurs d'essence au petit matin qui t'excitent comme cela n'est pas permis (à peu près autant que certains actes réprouvés par la morale et interdits dans plusieurs états d'Amérique, mais je m'égard). Et qu'importe si le port du casque vient défaire ton beau brushing, toi tu sais que se "salir" et avoir les cheveux en bataille n'est rien en comparaison du plaisir procuré par certaines sensations.
C)Le foooooooooooooooot bien sûr. Tu t'es même acheté un nouveau fauteuil Stressless pour la reprise du championnat. Et puis, comment ne pas céder au charme d'un sport dont le porte-parole est depuis quelques mois Estelle Denis...
Il convient désormais de calculer le nombre de réponse A, B et C et de définir à quelle lettre correspondent la majorité des réponses. Comme dans tout les tests de filles en fin de compte!
Solution:
Tu as une majorité de réponses A: Tu es probablement blonde. Comme on dit, l'essentiel c'est de participer. Il te reste encore beaucoup de travail pour pouvoir espérer atteindre un jour le stade blackmilkien. Courage, et sache que pour t'aider dans ce long cheminement, un guide de la pensée blackmilkienne sera prochainement disponible pour une somme assez modique qui reste toutefois à déterminer. Il va sans dire que le but n'est pas de faire de l'argent sur ton dos et tu peux être sûre que l'intégralité des fonds recoltés ira dans la poche d'un nécéssiteux...
Tu as une majorité de réponse B: Tu es en quelque sorte la femme parfaite, la quintescence de la blackmilkitude, une sorte de moi avec des cheveux longs (oui, "une sorte de moi avec des cheveux" était une expression qui collait également) et des jeans miss sixty portés comme il se doit. Félicitations, je songe à t'épouser. Et bienvenu dans le monde merveilleux de la perfection. Ne quitte pas la ville, je pourrais bien sonner à ta porte un de ces quatre matins (dans les années à venir).
Tu as une majorité de réponse C: Toi, t'as du te tromper quelque part. En effet, tes réponses suggerent le fait que tu appartienes au genre masculin...et ici malheureusement, il n'y a pas de mecs (enfin trop peu). Alors, soit le bienvenu, tu es ici chez toi et même si tu es ringard et qu'on ne partage pas forcément les même centres d'intérêt, crois moi ca fait plaisir de te voir ici! (Puis pour être tout à fait honnête avec toi, il m'arrive aussi d'être parfois ringard, t'as qu'à passer un dimanche après-midi suivant une semaine chargée, tu t'apercevras que je partage ton goût pour les états végétatifs prolongés, la junkfood et les séries télévisées dont Chuck Norris est le héros. Non là quand même, je déconne...
Chuck Norris...Tu m'as bien vu ?
07 décembre 2007
'cause i've got you under my skin...
Oui Christine, je t'aime. Parce que tu n'as mis que quelques jours à me rendre l'argent que tu m'avais volé. Faisons donc fi du passé, depuis ce matin et le moment où j'ai vu sur mon compte que tu étais revenue à la raison, j'ai décidé de t'aimer, comme sans doute personne ne t'a jamais aimé avant...jusqu'au prochain couac de tes services tout du moins.
So Darling, sans rancune. See you tonight.
NB: Toi le lecteur auprès de qui je m'étais engagé à résoudre tes problèmes avec les services de ma nouvelle grilfriend, tu te doutes bien qu'à présent la situation est toute autre.
C'est toujours comme ca, les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Et comme on dit, on est jamais mieux servi que par soi-même ;)
05 décembre 2007
Le lapin et la madeleine
Des faux airs de Time Square (du pauvre), une avalanche de néons, lumières et publicités ayant pour but de rendre les gens complétement dingues et de les faire sombrer dans une frénésie consommatrice. L'éléctricité qui plane dans l'air de nos centres ville et de leurs abords commerciaux ne laissent aucun doute sur l'imminence d'un évenement grave, pour ne pas dire terrifiant. Les pères noël fleurissent comme les rameaux de houx (Oui cher lecteur tatillon et botaniste dans l'âme, le houx ne fleurit pas. C'est une image) et les mannequins logeant dans les vitrines des grands magasins se parent de leurs plus beaux atours pour racoller les clients hésitants. Le tout assorti de chants de noël se situant entre le répertoire des petits chanteurs à la croix de bois et d'interprètes aux noms de scène commencant par "Tin" (Tino Rossi, Tina Arena...). La révolution de la culture des fêtes de fin d'année est en marche.
Hier alors que je rentre d'une journée de travail harassante ne m'incitant pas forcément à partager cette ambiance festive qui semble s'être emparée de la ville, je passe comme chaque jour par LA place. Cette place ressemble aux mille et une place de centre ville. Une place commercante, vaste et emblématique autour de laquelle la ville semble tourner, comme un revival des forums qui faisaient jadis l'animation des cités romaines. Un lieu de vie situé à deux pas de chez moi que j'ai appris à aimer au fil des mois, séduit par cet écrin discret que lui confére l'éclairage subtil et gracieux une fois la nuit tombée. Toujours est-il qu'hier soir, le charme n'opérait plus. En effet, sous couvert des fêtes de fin d'année, les services municipaux transformaient sans scrupule la beauté raffinée de l'espace en une sorte de condensé des horreurs "noëlisitiques" que l'on trouve ca et là depuis quelques jours. Une ébauche de patinoire disproportionnée, de la neige de pacotille, des sapins en veux tu en voilà, un massacre. Et juste des sapins, aucun boulot, aucun chêne, pas même un hêtre. Imagine ce vide resenti lors de cette vision lorsqu'on sait que selon la formule consacrée, un seul hêtre vous manque et tout est dépeuplé. Un choc qui me fit accélerer, comme pour ne plus m'obliger à contempler l'horreur de la scène. Je rentrais donc chez moi avec empressement, effaré par tant de rouge, vert et blanc.
Je te fais grâce des prospectus remplissant ma boite aux lettres en vantant les promotions de Nowel, le gardien croisé dans le hall avec son Normann de Nowel dans les bras (Non, ca rien à voir avec d'éventuels penchants pour les suédois répondant à ce doux prénom. Tu l'as comrpis, il s'agit de la variété de sapin qui ne perd pas ses épines) et l'impression désagréable d'être le dindon (ou le chapon, c'est selon) de la farce en payant un abonnement TV pour se faire refourguer des coupures pub de 15 minutes sur Nowel quelque soit la chaine. La magie de Noël prenant des faux airs de propagande commerciale si tu préfères.
Une seule réaction s'imposait suite à ce constat amer de l'instrumentalisation d'un évenement portant à l'origine un message à mille lieues de cette marketisation (tu aimes les mots inventés, moi aussi) actuelle. J'ai donc décidé de penser un peu à moi toi en te faisant participer à ce détournement massif des valeurs chrétiennes et en t'imposant MA vue de l'esprit de Noël.
Tu vas donc pouvoir investir durablement et en toute confiance ta modeste personne et surtout tes économies dans ce qu'il convient de définir comme une "cause d'intérêt public" : M'acheter un cadeau.
Rassure toi, fini les goûts de luxe et l'intérêt pour des objets extravagants dont la valeur approche le Produit Intérieur Brut du Bostwana. Il y a 1 an , je t'aurais demandé une porsche carrera gt, une tank Cartier de 1967 ou encore le dernier ensemble son de Bang & Olufsen. Mais aujourd'hui, je suis plus humble dans mes volontés et j'ai su redéfinir mes priorités pour me concentrer sur l'essentiel. Ainsi, dans une optique de démocratisation mais également de prise de responsabilité, j'ai décidé aujourd'hui de te commander quelque chose qui sera le symbole de ma nouvelle condition modeste.
<<< Lui. C'est lui que je veux. Nabaztag (http://www.nabaztag.com/fr/index.html).
Un Lapin tu dis ? Non, LE Lapin, le Lapin ultime même. La quintessence de la fraicheur et de la branchitude agrémentée de deux oreilles. Ou comment faire d'un rongeur une icône de la mode en lui permettant de jouer un rôle dans la vie des tous les jours. Un Yatch ou une belle italienne de Maranello aurait été synonyme de caprice, Nabaztag lui est un symbole du blackmilk way of life. Il est donc scandaleux que je n'en ai pas encore un et je t'invite à m'en offrir un de suite. Ou à passer ton chemin.
Je sais, il n'y a pas de plus beau cadeau que celui auquel on ne s'attend pas et qui viendra par sa présence combler ce manque qu'on n'avait pu identifier pendant toutes ces années.Et puis, selon la maxime, c'est l'intetion qui compte... Mais là, crois moi, je ne m'attends vraiment pas à ce que mon lecteur chéri (oui, toi que je bichonne depuis maintenant plus de trois mois, suant sang et eau pour te satisfaire chaque jour d'avantage) me l'offre. Tu peux donc me l'offrir, ce sera une vraie surprise qui me comblera comme tu ne peux te l'imaginer. Et puis seul l'intetntion de m'offrir le Lapin s'avèrerait payante en ces temps (pour moi) difficiles. Comme un symbol du renouveau Blackmilkien.
Car tu sais, ce lapin me rappelle un peu ces playmobils que j'avais convoité des mois durant en passant chaque jour devant la vitrine du jouéclub en rentrant de l'école. Des playmobils de compét' s'il te plait, rien de moins que la cavalerie des playmobils avec le petit chariot et les revolvers qui leurs permettaient de défendre leur scalp face au indiens (Toi le lecteur qui jouait aux playmobils, tu partages d'ailleurs avec moi cette spécificité technique des personnages en question dont les cheveux en dents de scie étaient amovibles et simulaient donc à merveille le cow-boy scalpé - et contribuaient par la même occasion à la hausse du taux de mortalité infantile par étouffement chez les moins de 36 mois). Chaque jour, je me disais que je les voulais et chaque jour je m'imaginais quel scénario je pourrais leurs faire jouer. Plus que la possession, le fantasme de pouvoir un jour les toucher me procurait déjà beaucoup de plaisir avant même d'avoir pu approcher ne serait-ce que l'emballage. Et quelle joie de les découvrir au crépuscule du 24 décembre, cette fois-ci bien présents sous le papier brillant de mille feux comme pour mieux faire écho au petillement de mes yeux à l'instant précis ou je me les appropriais. Ce Lapin, c'est le moyen de me souvenir de tous ces noëls heureux passés avec mes proches en perpetuant la tradition.
Une revanche sur le présent qui m'éloigne sans que j'y puisse quoi que ce soit de ce que je considère à présent comme la vraie magie de noël, à savoir le regard de mes parents et grand-parents fous de joie de nous voir découvrir avec bonheur ce qu'ils avaient choisi justement dans ce but précis. Ce lapin, tu l'as compris lecteur de mon coeur, je ne veux pas que tu me l'offres (enfin un peu quand même mais bon), à part peut-être si tu es ma mère, mon grand-père ou mon père (Mais Maman, si tu es arrivée jusqu'ici, les éventuels passages sous-entendant une sexualité latente sont purement fictifs, tu sais bien que je serai toujours ton petit garçon innocent ...). Ce lapin tout merchandisé, ciblé, conceptualisé et brandé qu'il soit, il a tout compris à la magie de Noël lui (par opposition à toi). Il sait que Proust n'a rien inventé, que la nostalgie se répand sans qu'il y ait besoin d'une quelconque patisserie et que ce phénomène merveilleux revient chaque année à la même date, aux alentours du 24 Décembre pour nous pousser un peu plus dans nos derniers retranchements et nous rappeller à des moments marquant de nos vies.
Parce que Le Lapin lui, (contrairement à toi) il sait que Noël est sans doute la fête la plus commerciale qui soit. Mais il n'oublie pas que derrière ces décors inventés de toute pièce, derrière ces sapins en plastique, cette neige en bombe, ces décorations enlaidissant (dans certain cas) le patrimoine historique et esthétique de nos villes se trouvent des trésors de bonheur à l'état pur, autant de moyens de revivre chaque année ces moments qui nous ont construit et ont scellé à jamais dans nos corps d'adulte ces éternelles âmes d'enfant que nous laissons ressortir trop rarement.
Alors toi aussi, participe à l'achat de mon Lapin, envoie tes dons à la Blackmilk foundation, Rabbit departement (modalités de paiement expliquées sur simples demande à commentmejoindre@hotmail.fr).
Merci pour lui.



