Je vis une époque formidable...

J’aurais pu me payer un psy, écrire un synopsis inspiré de ma vie, le vendre à Spielberg pour 15millions de dollars et vivre à La Barbade entouré de chèvres et de femmes nues…mais je préfère partager tout cela avec vous! Vous aimez les chèvres?

30 octobre 2007

Tranche (de comté, de jambon à l'os et) de vie...

Deux billes noires, brillantes d'arrogance et d'impétuosité, comme si la vie elle-même vous renvoyait le reflet de cet instinct animal qui se terre en vous, dissimulé et contenu par les rites sociaux, les conventions, la bienséance et toutes ces fichues barrières inutiles que des milliers d'années d'évolution ont imposées malgré vous. Deux fenêtres s'ouvrant sur l'immensité par lequelles la malice et la curiosité s'échappent pour vous frapper de plein fouet. Par pseudo-romantisme ou par poésie maldroite et paresseuse, ces deux organes sont souvent assimilés à des "miroirs de l'âme". Seulement voilà cher lecteur, tu es sans doute un ardent défenseur de la cause animale et je te concède qu'il m'arrive à moi aussi de tomber malgré moi dans le registre de l'affect quand il s'agit de nos amis les bêtes. Il n'empêche que dans le cas présent, je te mets au défi de trouver quelque chose qui apporterait ne serait-ce que le soupson d'une preuve que la "bête" en question soit pourvu d'une âme ou de quelque chose s'en approchant un tant soit peu.

Ce regard là, c'est celui du prédateur, celui que tu revêts lorsque tu te mets en chasse d'images interdites aux moins de 18 ans sur google (je tiens d'ailleurs à saluer ici publiquement ton ingéniosité: t'es vraiment trop fort, tu parviens à t'éveiller à la sensualité alors même que tes parents t'imaginent surfant sur internet pour réviser ton brevet blanc et même si tu t'es légèrement trompé en atterissant ici, tu as le mérite d'avoir essayé), celui qui effraye les petites vieilles à la boulangerie le dimanche matin à 14h (Oui, 14h le dimanche pour toi comme pour moi c'est encore le matin!) lorsque après être entré dans l'échoppe, tu t'aperçois qu'il ne reste plus que deux croissants au beurre et que les 5 personnes qui sont arrivées avant toi vont tout faire pour s'en emparer afin de s'en délecter devant Michel Drucker ("Vous aimez les chiens? Magnifique!" ...) dont l'émission connivente à souhait te donnerait sans doute une furieuse envie de régurgiter les viennoiseries en question. Ce regard vicieux, cette envie de sang que tu devines, ce besoin qu'a la bête d'en découdre à toute fin, comme pour bien te faire comprendre que l'homme ne se situe pas nécéssairement au sommet de la chaine alimentaire, tu l'as déjà croisé en regardant le premier opus des Dents de la Mer et tu en as encore froid dans le dos ( tu te rappelles ces moments particulièrement difficiles où à 6 ans, tu te rendais dans ta chambre terrifié par le film en question, la musique encore dans la tête et te cachais sous la couette, des fois qu'un horrible requin mangeur d'homme vienne croiser au large de ton lit)...

Alors que la créature me dévore du regard, retenue par une solide grille en fer forgé, je me rends compte que mon périple touche à sa fin. Je suis arrivé chez mon père pour le week-end et Yuki, son York-Shire nain vient m'accueillir avec tous les usages dus à mon rang, c'est à dire tous crocs dehors. Plusieurs heures de route pour arriver dans mon Est Natal afin de montrer à ma famille paternelle que je suis toujours en vie et le plus impatient de tous s'avère être une boule de poils d'environ 25 centimètres cubes qui prend mon jean pour un grattoir... Mon père et ma belle-mère viennent à leur tour, l'étreinte est forte et douce à la fois. Celà fait 6 mois que l'on ne s'est pas vu, touché, regardé. Il fait nuit et le climat rude de l'Alsace se fait cinglant sur nos peaux comme pour mieux nous pousser vers l'intérieur. J'ai grandi (bien que celà ne soit plus le cas depuis maintenant quelques années), cette barbe de 2 jours me va bien, je n'ai pas trop changé, est-ce que je n'ai pas trop eu de monde sur la route, suis-je fatigué, est-ce que j'ai faim?... Entre chaque question, ils prennent une respiration savamment calculée pour me laisser ébaucher des brides de réponses. Mon plat préféré (tout du moins celui qu'il réussit le mieux selon moi). Il y a pensé, il l'a préparé ce midi pour que je puisse me régaler à cette heure tardive. Nous échangeons quelques banalités sur la famille, le travail, les amis histoire de garder le meilleur pour le lendemain. Nous sommes tous crevés et ils ne m'en veulent pas lorsque je décide d'aller me coucher en leur promettant que demain, la journée de travail, les heures de route et leurs effets ne seront plus qu'un mauvais souvenir. Demain c'est promis, je serai fidèle à l'image qu'ils ont de moi, plein de peps et rayonnant.

"Rayonnant"? Tu trouves que le choix de ce mot est exagéré, voir vaniteux ? Il n'en est rien. Depuis mes 4ans, mon père et moi sommes séparés par plusieurs centaines de kilomètres qui n'ont pas favorisé nos rapports. Au fil des ans et au rythme de 3 semaines en été et une semaine en hiver, nous avons appris à nous connaitre de loin, d'une façon superficielle qui a été pour lui comme pour moi le terreau idéal aux fantasmes et aux éxagérations de tout ordre. L'absence sublime les choses, le fait de ne pas voir la personne ou de ne l'appréhender que par des brides de situation ou des faits rapportés a tendance à enjoliver la réalité. Nous sommes devenus l'un l'autre des êtres irréprochables, des caricatures inversées de père et de fils. La différence entre nous deux, c'est que moi j'ai fini par en revenir en comprenant que la distance géographique n'expliquait pas tout, et il ne peut désormais plus se targuer d'incarner le père idéal.

Ils habitent un petit village de 230 âmes, le genre de village typique avec des colombages, des tracteurs et un nombre d'élécteurs d'extrème droite honteusement elevé. Le choix n'est pas délibéré et leurs vies professionnelles leur ont permis de rester à proximité du berçeau familial en s'exilant dans ce temple du baeckeofe (un plat traditionnel alsacien) . Eh oui cher lecteur, toi qui m'imaginait déjà en mangeur de Choucroute et buveur de Schnaps confirmé, tu n'as pas tout à fait tort mais il faut néanmoins que tu saches que je suis tout sauf alsacien. Notre fief, cet endroit chéri où la dynastie blackmilkienne sévit depuis des siècles n'est pas si éloigné et la journée suivante sera l'occasion d'aller en pélerinage dans notre Mecque à nous, une grosse bourgade du Doubs en Franche-Comté, le pays de la bonne chair et des paturâges mêlés aux forêts de connifères nordiques. J'avais pensé qu'après le petit déjeuner comme à l'acoutumée déraisonnablement copieux,  nous irions d'abord mangé en montagne mais la météo ne fut hélas pas au rendez-vous. Nous nous sommes donc précipités de l'autre coté de la "frontière", histoire de voir s'il faisait toujours aussi bon vivre du côté des "français de l'intérieur".

Et nous ne fumes pas décus. Gastronomie locale le midi, visite culturelle en famille à l'heure de la digestion suivi d'une virée dans une fruitière et un tuyé comtois (pour toi lecteur profane, une fruitière est le le lieu où l'on élabore les fromages fruités et le tuyé celui où l'on fume la viande - rien à voir avec tes pratiques de junkie) à l'initiative de ma belle-mère, histoire de compléter le colis qu'ils m'ont préparé et qui devrait me permettre de faire du prosélytisme culinaire une fois rentré dans mon "autre chez moi". Plus le temps file (à une allure délirante comme à chaque fois que je retourne là bas), plus je m'interroge sur ces gens pour qui passer un week-end avec leurs parents de temps à autre est une corvée. Je n'arrive pas à la conçevoir et à l'instant même où je t'écris, j'ai du mal à imaginer que l'on puisse se priver sciemment d'un tel bonheur.

Arrive la fin d'après-midi et ses promesses de retrouvailles poignantes. Il y a déjà presque un an que mes grand-parents paternels ne m'ont pas vu, un an que je n'ai pas chahuté ma cousine, écouté ma tante faire le sermon à mon oncle parce qu'il reprend du désert. Il est là, il trône toujours fierement au coeur de la rue centrale, ce paquebot qui symbolise notre famille dans son ensemble. La maison de mes grand-parents, celle qui a vu grandir mon père puis moi, celle dont l'immensité ressentie alors que j'étais enfant est intacte, semble même avoir grandi avec moi. Je n'y ai passé que la première année de ma vie et même si en toute honnêteté je ne m'en souviens absolument pas, je suis ici chez moi.

Une corne d'abondance. C'est l'effet que me fait notre tablé sous le regard bienveillant de mon grand-père, patriarche d'un autre temps donnant le change au véritable maitre des lieux tirant les ficelles dans l'ombre, ma grand-mère. C'est un festin de sucre, de sel, arrosé de deux vins somptueux que mon grand-père m'a laissé choisir dans sa cave. Je ne suis certes pas expert en vin mais certains noms et certaines années rendent toute erreur impossible...Abondance de nectar, abondance de chair, abondance de rire, trop plein d'amour. Je te vois déjà me conspuer en te disant que j'ai le chic pour dépeindre ces tableaux de vie familiale avec une connivence et un embelissement candide qui prête à l'insolence. Peut-être, peut-être que la joie et l'ivresse de ces moments rares me poussent à les voir plus beaux et plus parfaits qu'ils ne le sont en réalité. Mais pour être honnête avec toi, je m'en contrefous car moi, c'est comme celà que je les vois, c'est comme ca que je les vis.

Ma cousine n'est pas là, j'ai prévenu au dernier moment et son ami et elle s'étaient déjà engagés à recevoir de la famille. Qu'importe, mon père, d'autres et moi décidons de répondre présents à son invitation de passer pour dessert alors que nous l'avons déjà pris chez mes grand-parents. Nous arrivons là-bas déjà joyeux, et mon père qui jouait l'un des chauffeurs et était donc contraint à la sobrieté était tout aussi en forme que nous autres passagers légèrement ivre de bonheur (et d'alcool). Rires, pleurs (de rire) thé à la menthe servi à la marocaine et préparé par le concubin de ma cousine, (car toute traditionnaliste qu'elle puisse être de par certains de ses membres -mon grand-père pour ne pas le citer-, ma famille paternelle n'en est pas moins devenue cosmopolite) manque de respect flagrant pour leurs voisins qui viendront se plaindre le dimanche matin, nous faisons tout à coup fi de nos bonnes manières, comme portés par la frénésie collective de cette douzaine de personnes évoluant dans ce 4 pièces à 1heure du matin. Et puis plus tard dans la nuit, il faut partir, aller voir si Yuki (Teddy de son vrai nom - pas forcémment moins ridicule selon moi) est toujours en vie, excuse minable et ne trompant personne pour aller nous effondrer dans nos lits respectifs, terrassés par cette journée pleine à raz-bord d'émotion. L'abondance, encore et toujours, poussé quasiment jusqu'à l'excès. Mon grand-père cède à la mièvrerie en me tendant son couteau suisse:

-Tu as toujours lorgné desssus. Il est à toi, c'est le début de l'héritage! dit-il en riant.

Ma grand mère m'embrasse, met (tant bien que mal) ses deux mains frèles sur mes épaules qui lui semblent démesurément hautes:

-Merci d'être venu nous voir, c'est très gentil.

Pas un reproche quant à la durée séparant nos deux dernières rencontres, comme par pudeur et par respect de la réciproque. Ils ont eux aussi brillé par leur absence sous couvert de l'éloignement kilométrique, ils acceptent donc malgré eux cette situation dont ils sont en partie responsables.

Mon père dit à mon grand-père qu'ils passeront les voir Jeudi 1er. Mon grand-père ne peut s'empêcher de plaisanter en disant que le 1er Novembre, il sera peut-être mort. Je remonte les deux marches que je venais de descendre, lui lancant sur un ton aussi complice qu'irrespectueux:

-T'as pas intérêt à crever avant que je revienne. J'reviendrais t'chercher moi tu sais!

Il rit de bon coeur à ces paroles peu agréables mais que le ton assuré et joyeusement irrévérencieux fait passé comme une lettre à la poste. Mais tandis que j'écris cette phrase, je ne peux m'empêcher de la regretter, de me dire que cette fois encore j'en ai fait trop.

Lendemain matin, petit déjeuner à rallonge, eux dans leurs peignoirs brodés à leur prénom comme une caricature de couple idéal, moi dans ce peignoir vert pâle aux manches deux fois trop courtes pour moi qu'ils m'avaient acheté "pour la maison" il y a quelques années... Discussion surréaliste mêlant politique et couleur des cheveux de ma belle-mère. Mais déjà la vraie vie, celle qui m'éloigne d'eux me rappelle à elle.

Il me regarde à nouveau avec la même lueur dans le regard et dans son petit esprit canin, mon visage est vraisemblablement assimilé à une surface sur laquelle il est agréable de passer sa langue (mais reprends toi cher lecteur feminin, je ne suis sans doute attirant que pour les Yorshire...). Les étreintes sont une nouvelle fois de circonstance et le moteur de ma voiture qui démarre tout à coup ne lui laisse aucun doute sur la proximité du déchirement annoncé. Ils sont cette fois trois derrière les lignes noires de fer forgé, comme emprisonnés par ces "choses de la vie" qui nous empêchent de partager plus de temps ensemble. Celà fait maintenant deux jours que je les ai quitté et l'on ne se reverra probablement pas avant un long moment. Ce matin encore, face au miroir je ne peux m'empêcher de voir ce que les personnes de mon entourage actuel ne peuvent deviner, ce regard dans lequel se mêle la joie des retrouvailles et la tristesse de la séparation. Ce sourire pincé par la mélancolie, celui que j'arborerais déjà il y a 21 ans lorsqu' après plusieurs jours passés ensemble, je voyais partir au loin mes espoirs et mes rêves d'avoir un "vrai" père à mesure que sa voiture s'approchait de l'horizon.

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24 octobre 2007

(R)Evolution...

Je comprends le choc auquel je te soumets. Mais celà devait arriver cher lecteur, je ne pouvais continuer plus longtemps à me moquer ouvertement de ta bobine (Oui, l'expression est particulière et son choix assumé est justement destiné à te montrer que toi, petit lecteur bien-aimé tu as une place toute particulière dans mon coeur) en me dévoilant à toi sous un design certes épuré mais surtout légèrement baclé.

Je l'admets, celui-ci l'est aussi, mais beaucoup moins. Sache que je me suis fendu d'au moins 20 minutes de mon précieux temps (et vu la fréquence à laquelle je post ces temps-ci, tu conviendra que celui-ci l'est tout particulièrement ("précieux", tu ne suis pas, comme d'hab')) pour offrir à tes petits yeux éblouis ce nouveau décor que ne renierai pas Julien Sorel.

J'espère que cet écrin taillé pour notre idylle naissante te contentera et surtout que tu passera outre le fait que je sois un bien pètre utilisateur des interfaces graphiques...

Posté par Blackmilk à 10:48 - Aucune catégorie ne convenait... - Commentaires [9] - Permalien [#]

18 octobre 2007

Avec le temps va...(post rédigé à la demande générale)

Notre président divorce. Il pense être une de fois plus à la pointe de la communication et du scoop mais il se trouve qu'il n'est pas le seul pour qui l'automne rime cette année avec séparation (Bon, ok ca rime pas. Et alors?).

Tout a commencé un jour de primtemps il y a deux ans. Je me complaisais à l'époque dans ma vie de célibataire, arborant fierement cette indépendance et cette liberté à laquelle je tenais tant. J'allais de ci de là au grè de mes humeurs et de mes envies sans m'emcombrer d'aucune considération morale ou sentimentale. Ou les plaisirs d'une vie de bohème malgré l'argent et l'assise sociale.
Comme tout jeune homme célibataire qui se respecte, je partageais mon temps entre amis, amantes (Oui je sais cher lecteur, l'utilisation du pluriel suggère au choix un fort potentiel de séduction et une pléiade de relations sous le signe du pêché ou bien une tendance certaine à exagérer les choses et à tenter de se faire mousser en forçant le trait. Tu commences un peu à me connaître, tu sais donc que ce n'est ni l'un ni l'autre) et tâches ménagères accomplies dès que possible scrupuleusement dans une solitude que ne renierait pas Lucky Luke lorsqu'il chante "I'me poor lonesome cowboy" (C'est aussi ca Je vis une époque formidable, des références littéraires précieuses et ridicules recherchées qui t'aideront à t'la jouer en société, voire réussir ton commentaire de texte au bac français ou plus fort que le roquefort étayer un rapport demandé par ton boss à l'aide d'exemples d'une qualité sans commune mesure).

Ainsi, repassage, vaiselle, lessives, ménagerie: veau, vache, cochon, poulet, descente de poubelles (non pas en rappel et malgré l'absence de gilet adpaté) étaient autant de moyens de prouver à mon entourage quel homme moderne j'étais, m'épargnant ainsi la nécessité de m'épiler les sourcils ou pire d'avouer mon addiction pour Intérieurs sur Paris première (Chers lecteurs, toi qui ne comprend rien à l'engoument actuel pour la déco et ne jure que par Turbo sur M6 -bon choix au demeurant- ou toi le lecteur fille là-bas dans le coin qui pense que la déco ca consiste à faire de ton appart une horreur fushia, chocolat et vert anis avec des sols pvc imitation acier brossé et des stickers à la con parce que Valérie Damidot t'a dit dans son émission à deux balles que ca faisait "Loft branché", il est tant que tu découvres cette émission et que tu brules ton intérieur façon appart témoin d'Ikéa).
Au milieu de cette liste jouissive se dressait ce rite commun à toutes les sociétés occidentales et désigné par l'expression  Faire les courses (prononcez le avec un vieil accent anglais trafiqué, ca fait plus glam').

Les courses, cet acte si souvent villipandé et aux enjeux et vertus pourtant méconnus. Faire les courses, c'est d'abord une manifestation du courant hédoniste (Ouais je sais, j'me la raconte un peu là mais fallait bien que je le place celui là, histoire de contenter aussi mes 3L -Lecteurs Lyonnais Lettrés- et c'est pas avec Lucky Luke que je vais  y arriver). Les courses, c'est à la base un acte vital, la satisfaction simultanée des besoins physiologiques (achat de denrées de première nécessité telles que le nutella ou les chocopops) détournée dans un but de plaisir et d'assouvissement de ses désirs et envies (comme par exemple acheter le tout dernier modèle de brosse à dents éléctrique...mais je n'en dis pas plus, ce blog n'ayant pas vocation à vous offrir une vue imprenable sur mes fantasmes) les plus secrets. Au delà de cette ligne directrice du plaisir, les courses sont également le moyen d'entrer dans une caste, d'appartenir à un groupe dont les membres sont sans cesse plus nombreux, celui des consommateurs. Il est en effet désormais impossible de passer au travers des mailles du filet marketing qu'est devenu notre environnement et les courses nous permettent donc à nous, dociles clients d'agir et d'exister dans le respect des sacro-saintes règles de la mercatique, et cela de la façon la plus naturelle et naïve qui soit.

Mais je m'égare et t'invite donc à developper seul ce sujet maintes fois traité en découvrant les travaux d'un psychologue fan de Patrice Laffont et ayant des théories fortes intéressantes sur le sujet: Abraham Maslow.

Je faisais donc mes courses au carrouf du coin ce fameux jour de printemps, allant de rayon en rayon, m'extasiant tour à tour sur les tomates cerises ou sur la PLV (Pour toi lecteur qui a fait L et qui ne connait rien au commerce, ca veut dire "Publicité sur le lieu de vente") du nouveau Babybel quand au détour d'une gondole, ce fut le choc.

Elle était là, rayonnante et irradiant soudain le monde entier de sa présence, rendant tout à coup futiles les années séparant ma naissance de ce jour béni où elle se décidait à apparaître dans mon monde. Sa silhouette gracieuse aurait sans doute mérité à elle seule que je perde tout contrôle, hypnotisé par ses lignes d'une inhumaine perfection. Mais ce qui m'acheva ce jour là plus que son galbe poussant au vice, c'est résolument le contraste provoqué par cette sophistication, ce raffinement froid et cette finesse affichée mêlant rigueur et sobriété et par cette chaleur intérieur que l'on devinait, cette erruption bouillante et trop longtemps contenue qui ne demandait qu'à être décelée, révélée et finallement sublimée dans une ôde sensuelle au cinq sens...

Par pudeur, je ne m'étenderai pas sur la suite de cette journée magnifique qui fut le point de départ d'une merveilleuse idylle. Durant ces deux années, nous avons partagé quasiment chaque matin le plaisir de s'offrir ensemble au monde un jour de plus dans une union chaleureuse et electrisante. Nous avons eu d'inombrables occasions de sortir simultanément de la torpeur dont la nuit souvent trop courte nous avait enveloppé, tour à tour de façon douce et agitée... Ce furent deux années merveilleuses au cours desquelles nous avons avancé de concert sur le chemin tortueux de notre vie, se regardant évoluer l'un l'autre. Nous avons vécu cette union pleinement, nous sommes prêtés serment selon la formule consacrée "pour le meilleur et pour le pire." Elle m'a tout donné, se nourrissant et s'abreuvant de moi dans une symbiose que nos voisins nous enviaient, lassés d'être souvent les témoins involontaires de nos relations déléctablement torrides et irraisonnablement répétées. Rien ne laissait présager la tournure tragique qu'allaient prendre les évenements.

Seulement voilà, Catherine Ringer m'avait prévenu en le ressassant inlassablement des années durant, Les histoires d'amour finissent mal en général. Car oui cher lecteur fais tes jeux, rien ne va plus. On se prend à y croire, à se dire que ca durera toujours, que l'on s'aime trop pour vivre l'un sans l'autre et que finallement, ce genre de choses n'arrivent qu'aux autres. Et bien non lecteur, je te le dis avec l'amertume et le profond désespoir auquels je suis en proie depuis des semaines: CA N'ARRIVE PAS QU'AUX AUTRES.

Je me morfonds profondément mais je suis au final le seul responsable de cet échec monumental. Car la nature humaine fait de nous (les hommes, les hommes de sexe masculins au cas ou tu ferais l'amalgame) des salauds, des êtres méprisables qui ne peuvent résister à ce besoin génétique de nouveauté et qui par simple envie d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs tirent sans hésiter un trait sur des années de vie commune, détruisant en un instant ce qui avait été construit avec l'autre au fil des ans. C'est cette faim insatiable d'innovation, cet incontrolable besoin d'épancher cette soif de découvrir autre chose et de m'aventurer sur des terres devenues au fil du temps inconnues qui m'ont poussé à m'éloigner d'elle peu à peu. J'ai commencé à regarder ailleurs, mon corps et mon âme étant à la merci de ce mal incidieux qui prenait possesion de ma faible personne sans que j'y puisse quoi que ce soit. A ma décharge, je ne lui infligerai jamais le déshonneur d'une trahison voyante et palpable. Non, je la trahis chaque jour, je la poignarde dans le dos mais j'ai la délicatesse de le faire avec respect, comme pour mieux la pousser à retourner elle-même le couteau dans la plaie. Pire, mon amour inconditionnel de la fidélité m'empêche de la bannir de ma vie de façon brutale en la confrontant à l'avenir comme pour mieux lui faire comprendre qu'elle est depuis longtemps maintenant un passé sur lequel je ne veux plus m'attarder. Je n'y peux rien, elle ne peut croiser dans ma vie celle (hypothétique) qui lui succédera en faisant à son tour de mes matins des moments merveilleux. Faute de lui être fidèle d'esprit, je lui laisse le monopole de ma chair, le temps que nous nous séparions pour de bon.

Alors tu te demandes sans doute pourquoi je te raconte tout cela alors que je fais d'habitude preuve d'une extrême discretion quant à ma vie privée. Pour tout te dire, je fais celà pour elle, pour que quelqun prenne enfin soin d'elle comme elle le mérite et profite pleinement d'elle en l'utilisant et en l'exploitant machinalement encore et encore, parce qu'au fond c'est ce qu'elle aime. J'ai déjà essayé de la recaser auprès de certaines connaissances, vantant sans retenue ses mérites et argumentant sur sa chaleur incroyable, sans succés à ce jour. Alors je compte sur toi pour m'aider à tourner défintivement la page cher lecteur ésseulé, ne boude pas ton plaisir et viens la prendre pour découvrir toi aussi ce que les mots "force", "chaleur" et "excitation" veulent dire. Pense à moi, débarasse moi de celle qui n'aspire qu'à devenir ta chose et à oeuvrer nuit et jour pour ton bonheur égoïste.

Fais toi plaisir, achète la moi et vérifie qu'il s'agit effectivement d'une première main. Tu ne le regretteras pas. Cette  cafetière Senseo là mon vieux, elle est terrible!

Posté par Blackmilk à 21:41 - Quand soudain c'est le drame... - Commentaires [14] - Permalien [#]

08 octobre 2007

Ah, si tout était aussi facile...

maiteEn ces temps de "malbouffe" et de junkfood standardisées qui apparaissent comme une sérieuse menace sur nos traditions culinaires, à l'heure où le débat sur les ogms fait rage et où les maladies touchant les animaux à la base de notre alimentation progressent comme une trainée de poudre, il est parfois bon de se recentrer sur des valeurs sûres. Le respect et l'humilité face à la nature comptent parmi mes principes fondamentaux et c'est donc dans cette ligne que je souhaite partager avec toi ma fascination pour une oeuvre majeure du XXIème siècle. Cette réalisation est extraordinaire et si je ne voulais pas en faire trop, je dirais que c'est la plus belle chose que l'homme ait créé depuis le rasoir éléctrique avec crème hydratante incorporée. Mais si! Le phillips là pour lequel tu t'es endetté sur 15 générations, celui que tu regardes non sans admiration s'autonettoyer en te disant que le summum de l'electroménager, ca serait quand même une assiette et des couverts qui s'autonnettoieraient (oui, y a le lave vaiselle mais c'est pas tout à fait ca, faut quand même le remplir et le vider), une salle de bain qui s'autonettoierait, un appartement qui s'autonettoierait, un monde autonettoyable ... J'ai fait un rêve mon ami, celui d'un monde où tout s'autonettoierait, où la saleté serait jugulée dans les plus brefs délais... Je rêve d'un monde où les ballets brosses et les serpillères se donneraient la main (Oui, c'est vrai que c'est chaud de se donner la main quand justement celle-ci te fait défaut mais bon, on va pas pinailler) et uniraient leurs efforts à ceux des swifers pour rendre le monde plus beau, plus net, plus propre... Un monde dans lequel regnerait une sympathique odeur de Bref Javel Net et dont la clareté des vitres lavées au Monsieur Propre spécial vitres donnerait à ses habitants une impression de lumière, une lumière de propreté guidant le peuple à travers les siècles...

Mais je m'égare. Cette merveilleuse invention donc, c'est une montagne d'ingéniosité, c'est un roc de créativité (C'est un roc!...c'est un pic!...c'est un cap!...Que dis-je c'est un cap?...C'est une péninsule! Oui, tu as vu juste, c'est de moi). Le compromis idéal entre la grande gastronomie à la française, la cuisine en lien avec le développement durable et surtout le respect des valeurs de terroir, le tout aggrémenté d'une pointe de mondialisation d'exotisme (encore et toujours):      Le 280 de chez MacDonald's.

Car oui cher lecteur, le 280 est bel et bien le fleuron de la gastronomie française. Tout d'abord, n'en déplaise à ses détracteurs écolos et altermondialistes, le 280 est garanti 100% français. Les aliments sont français, la masse de tout ces pauvres petits étudiants exploités la main d'oeuvre est française, l'éléctricité est française, le sol de fabrication est français, même l'huile utilisée pour le saturer de cholestérol est française. Ca ressemble à s'y méprendre au chapitre du programme politique de notre cher président concernant l'immigration, sauf qu'ici on ne se risque pas à faire un test ADN aux tomates pour rapprochement familial de peur qu'elles ne soient pas 100% garanties sans OGM. Car l'opinion publique l'oublie trop souvent, l'amendement Mariani va mettre de pauvres gens sur la touche, laisser-pour-compte de la société par un durcissement illégitime des contrôles de l'immigration dont les tomates seront manifestement les premières (mais pas les dernières) victimes (Un mec courageux et assumant son humour pourri vous dirait que "l'amendement Mariani, c'est le pied de tomate qui cache la forêt" mais je ne suis pas ce genre de mec). Bref, le 280 est franco-français et dame ainsi le pion aux fachos extremistes nationalistes (oui je sais le raccourci est facile, il n'en reste pas moins que cela reste une vérité facilement vérifiable) et altermondialistes qui seraient tentés de le qualifier d "'instrument de la mondialisation".

Ensuite, quoi de plus écologique qu'un 280 ? Il est entièrement biodégradable, ne dégage aucun gaz à effet de serre et en plus, il est "vert" (Oui, la salade, essaie un peu de suivre!). Il est également écologique de par sa conception. En effet, la plupart des "équipiers McDo" qui le fabriquent sont exploités jusqu'à la moëlle pour un salaire de misère et le fait qu'on les presse comme des citrons garantit une production de masse où le rendement est optimisé. Aucune déperdition d'énergie donc. Et je ne te parle pas du fait que je n'ai même pas besoin de prendre ma voiture quand je veux m'en faire un (de 280, pas d'équipier McDo; tu ne suis vraiment pas, ca en devient fatiguant) et que son emballage est 100% recyclable et me permet donc de faire un geste pour l'environnement lors du tri des déchets. Tu l'as bien compris, au delà même de sa valeur écologique intrinsèque, le 280 participe à la responsabilisation et à la prise de conscience des citoyens du monde que nous sommes toi et moi (enfin surtout toi vu que t'as lu dans le dernier cosmo que c'était "vachement hype" de recycler et que les plus grandes stars comme Lorie ou Christophe Lambert s'y étaient mis depuis longtemps ).

Enfin, le 280 c'est cette nourriture magnifique qui fait vivre l'économie française, notamment les praticiens spécialisés en chirurgie cardio-vasculaire mais aussi les fabriquants de lessive, les industriels du soft drink, les spécialistes des pèse-personnes et même les pompes funèbres! Alors comment ne pas s'extasier devant ce petit bijou alimentaire!

Hier donc comme tous les ans, j'ai débuté ma cure de 280. Cette année, miracle du marketing, Ronald a eu la merveilleuse idée de décliner son sandwich phare en 4 versions à la sauce changeante, histoire d'assoir d'avantage son leadership sur le marché mondial du hamburger mortel. Poivre, cheesy, moutarde, classique, je ne vais même pas pouvoir y resister par le biais de la lassitude! Il pense quand même à tout ce Ronald.

Hier donc, avec la bonne excuse de sortir du golf et de ne pas avoir envie de cuisiner quoi que ce soit (peut être un reflexe de survie, ce n'est pas un hasard si je me mets aux fourneaux en moyenne une fois l'an, je suis un piêtre cuistot et j'en suis conscient) et surtout d'être seul pour diner, je suis passé à RonaldLand, histoire d'assouvir cette envie irrépressible.

Bilan des courses  (là j'ai franchement hésité à te mettre une vieille vanne du genre "Photo entre le 14 et le 3 à la corde pour la première place suivi du 12 Jackson du Crépuscule monté par Jos Verbeck" mais non, j'me suis dis que d'une tu ne comprendrais pas forcément et de deux tu valais mieux que ca)? Un Maxi Best of (un menu xl si tu prefères, avec grande frite et grand sprite) McDeluxe avec à coté...un 280. Je n'ai pas voulu pousser le vice jusqu'à prendre un dessert, je fais quand même un minimum attention à ma ligne! N'empêche que ce soir, c'est piscine pour avoir bonne conscience.

Posté par Blackmilk à 16:41 - J'assume! - Commentaires [9] - Permalien [#]

05 octobre 2007

Perdu de vue

pradelCher petit lecteur,

Si je t'écris ce post aujourd'hui, c'est pour te rassurer. Je sais en effet qu'il devient de plus en plus dur pour toi de voir défiler les jours sans avoir ta dose quotidienne de chronique blackmilkienne. Je comprends ton désarroi et sois sûr du fait que je sois désolé de te faire autant de mal en te délaissant quelque peu. Ne va pas te faire de mauvais sang en pensant qu'il m'est arrivé telle ou telle chose: je n'ai pas été enlevé par les Farcs (non, ce ne sont pas des extraterrestres malgré leur belle couleur verte) durant un voyage d'affaire à Bogota et heureusement vu l'éfficacité avec laquelle notre diplomatie s'escrime à libérer Ingrid Betancourt depuis plusieurs années, je ne suis pas mort dans un accident de voiture au cours duquel la dernière chose qui me serait passée par la tête aurait été ma colonne vertébrale (les plus drôles d'entre toi comme dirait Meryll auront vu dans cette phrase un vil plagiat d'une blague très connue, les autres vous pouvez sans problème louer une fois de plus mon humour si fin et efficace) et je n'ai pas non plus assumé l'entière responsabilité de la nullité de mes propos depuis un mois et demi de la pauvreté de la ligne éditoriale de ce blog (Comment ca "Quelle ligne éditoriale?" ?) en me retirant définitivement de la rédaction de post.

Alors ne te démène pas pour ramener Jacques Pradel sur les ondes hertziennes en mobilisant les foules pour que l'émission Perdu de vue soit à nouveau diffusée, le tout dans le but inavoué de me retrouver enfin et de vivre ta vie par procuration (j'l'assume pas cette référence là) en te nourrissant de mes aventures palpitantes, cela ne servira à rien.

Je devrai revenir à un rythme régulier d'ici peu, il se trouve juste qu'en ce moment je croule sous le boulot. Voilà pourquoi, même si je m'autorise quelques instants de répit pour répondre à tes commentaires, je ne peux en ce moment pas me permettre de partager avec toi les pensées s'entremêlant dans mon esprit tortueux par la voie habituelle des billets joyeusement postés ici.

Pour te dire, il est 17h45 passées, nous sommes vendredi et ... je suis encore au travail!!!

Tu comprendra donc que je ne m'attarde pas d'avantage et que je te laisse comme ca, en plan, sans relire et avec encore plus de fautes de frappe et/ou d'orthographe qu'à l'accoutumée.

Il est un temps où il faut savoir partir... mais dès la semaine prochaine, à l'instar d'un T1000 (Chère lecteur blonde, le T1000 est avec le padawan l'élément culturel indispensable à la compréhension du raisonnement masculin de tout homme de moins de cinquante ans alors renseigne toi!)...

I'll be back.

NB: Oui, oui, c'est vrai, toi qui n'est pas blonde, tu sais que le T1000 ne revient effectivement pas et qu'il ne prononce en aucun cas cette phrase mythique. Seulement voilà, il faut bien que j'y aille étape par étape dans l'optique de ne pas perdre mon lectorat dans les méandres de la culture cinématographique de haut vol!

Et pour te faire patienter, je fais preuve d'une fougue sans précédent en t'embrassant dans le creux situé juste au dessus de la hanche, tu sais just à l'endroit où c'est particulièrement doux.

Ton Blackmilk

Posté par Blackmilk à 17:47 - Vis ma vie - Commentaires [9] - Permalien [#]



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